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Solidays 2015: Day 2


Raphaëlle, le 02/07/2015

Solidays, festival solidaire organisé par Solidarité Sida, se déroulait cette année encore à l'hippodrome de Longchamp. Le grand soleil a ravi les festivaliers qui ont pu profiter de l'écletisme de la programmation. Albumrock y était pour la journée du samedi et vous livre ici ses impressions.

Remember 2014...


Avant de commencer à parler de Solidays édition 2015, un petit rappel de l’année précédente s’impose. Solidays 2014 fut un cru plutôt pluvieux : festivaliers amassés sous les chapiteaux (et tant pis si on n’est pas vraiment fan de la musique), trempés et gelés, impossible de grignoter son hamburger frites au sec, sans parler des grandes scènes où on se donnait des coups de parapluie en essayant de ne pas s’enfoncer dans la boue.



Il faut donc être vraiment fan pour revenir en 2015 (ou alors un brin maso). Pour ne pas rester sur une mauvaise impression, j’y suis retournée avec l’espoir de me réconcilier avec ce festival solidaire.

Solidays et l'engagement associatif


A peine arrivée sous un grand soleil, je suis plongée dans l’ambiance très particulière de Solidays. Je tente de commencer par de la musique en allant voir Taïro sur la grande scène de Bagatelle… Mais vraiment, non, le raggae, je bloque. Pourtant le saxophoniste se lance dans des solos inspirés… Mais non, vraiment, pas possible.


Avant qu’il n’y ait encore trop de monde, direction la tente des associations. Relater une expérience à Solidays passe forcément par un petit couplet sur le message de prévention que le festival s’efforce de dispenser. Au-delà des artistes et de la musique, il est important de rappeler combien le Sida et les maladies sexuellement transmissibles continuent de faire des ravages, même en France. Il est toujours frappant de constater le lien entre malades du sida et situation de pauvreté ou de précarité. Solidarité Sida, l’association qui porte le festival, se fait ainsi le relai de la lutte contre le sida auprès d’associations locales.


Sous la tente des associations, toutes les causes sont réunies, ce qui donne presque une impression de fourre-tout de la cause associative : soutien aux mal-voyants, aux jeunes homosexuels, défense de la cause écologique, etc. J’en profite quand même pour vous parler de Ecolo-geek, qui propose plein de petits gestes pour faire des économies. J’ai aussi promis aux jeunes volontaires du service civique de vous en parler ici. Si vous avez entre 18 et 25 ans et que vous avez envie de vous rendre utile pour votre pays, il suffit d’aller faire un tour sur leur site pour essayer de concilier ça avec vos études ou votre parcours professionnel.

Feu!Chatterton met tout le monde d'accord


Place maintenant à la musique pour de bon ! Il n’est pas loin de 18 heures, le moment de filer sous le chapiteau Domino pour assister au concert de Feu!Chatterton.


Première chanson, atmosphère un peu angoissante : pour les festivaliers, passer de Taïro aux dandys parisiens est un sacré choc. Surtout qu’on enchaîne avec "Côte Concorde", qui raconte un naufrage dans une ambiance un peu anxiogène. Les gens observent poliment, sans trop oser bouger. Pourtant, le groupe arrive à gagner la confiance de l’auditoire progressivement. Les musiciens bougent dans un bel ensemble tandis que le chanteur, plus statique, incarne de sa voix puissante la tragédie que ses paroles évoquent.


Pour nous achever, ils entament "A l’aube". Le public est suspendu aux paroles, à la fois poétiques et évocatrices de paradis perdus. Est-ce la fumée des cigarettes autour de moi, si ma gorge se serre ? Ca y est, nous sommes conquis. "La mort dans la pinède" alterne avec brio entre paroles subtilement subversives et explosion d’énergie, ce qui réveille des envies de danser chez les spectateurs. Pour enfoncer le clou, ils finissent en beauté par "la Malinche". Portée par une ligne diablement efficace, cette dernière chanson soulève le chapiteau et me convainc définitivement. Ecrire des textes renversants, ils savent faire, électriser une foule, ils savent faire, faire pleurer les filles, ils savent faire, relier leurs morceaux avec des textes bien écrits pour éviter les moments de flottement, oui ils savent faire aussi ! Rendez-vous est pris pour aller les voir dès qu’ils passent à Paris.

La déception de la soirée: The Vaccines


On sort de là en pleine forme, avec l’impression que le festival commence sur les chapeaux de roues. Du coup, il se dépêcher de traverser tout le festival vers la scène Bagatelle. Les Vaccines vont enfoncer le clou de cette énergie rock.


Leur dernier album n’a pas déchainé les passions à Albumrock, mais je leur fais confiance pour nous faire danser malgré tout. Tout commence plutôt bien : ils ouvrent sur Handsome, petite boule d’énergie qui donne envie de sautiller.


Malheureusement le chanteur a peu de coffre et sa voix passe mal. Difficile de voir en quoi the Vaccines n’est pas juste encore un groupe de rock anglais. Où est la personnalité ? Peut-être est-ce juste moi qui ne suis pas réceptive, mais j’ai l’impression de passer à coté de leur concert. L’interaction avec le public tombe à plat, probablement parce qu’on ne connaît pas assez bien leurs titres. A vrai dire, au bout d’un quart d’heure, je me lasse et décide de retourner de l’autre côté du festival pour voir Yaël Naïm. Au moins ici ça groove et ça danse !

21h-22h: Heure de pointe


C’est l’heure de la pause, le temps de déguster un délicieux burrito de Senor Boca (ils sont rue Mouffetard pour les parisiens en manque de street food mexicaine). Il faut en effet se préparer au mieux pour affronter l’épreuve qui va suivre. Pourquoi les organisateurs ont-ils programmé Grand Blanc ET Brigitte ET Cerrone en même temps à 21h ? Mystère. J’imagine bien qu’il y a des contraintes matérielles indépendantes de leur volonté, mais c’est dommage quand c’est justement les trois artistes qu’on est venu voir.


Je choisis de me poster aux premières loges pour le début du set de Grand Blanc. Scène surréaliste: le groupe fait ses balances et sa répétition pendant la demi-heure qui précède le set. Du coup le public se demande si on n’a pas commencé en avance, applaudit sans trop savoir quoi faire, sans parler de la confusion qu’on lit dans les yeux des musiciens. Heureusement, ils ont le temps de disparaître en coulisses pour souffler un peu avant de revenir à 21h tapantes.


Groupie de la première heure du quator messin, j’aime beaucoup les voir progresser au fur et à mesure que leur expérience de la scène s’étoffe. Le groupe semble de plus en plus à l’aise, Camille danse même lorsqu’elle interprète "L’homme serpent" ! On partait de loin pourtant, il y a six mois à leur release party elle se cachait encore derrière ses claviers.Les chansons évoluent aussi, leur son s’affine et une identité Grand Blanc se dessine. Quel plaisir d’entendre encore une fois la voix délicate de Camille quand elle ouvre le set avec les premières mesures de "Degré Zéro" ! Ils enchaînent avec "Nord", qui figure sur le dernier single dans une version plus brute et plus électro. Je m’y perds, la bonne aventure tourne au grand inventaire… Ils ne pouvaient pas me faire plus plaisir ! Je reste aussi le temps de découvrir leur petite dernière, "Bosphore", qui fait danser la foule. A propos de danser, il ne faut pas perdre l’heure de vue !


Je m’extirpe du César circus à regret pour filer à la Greenroom écouter Cerrone. Comment ne pas aimer  ce son à la fois ringard et irrésistible ? A voir la foule compacte, le disco a encore de beaux jours devant lui. Le dj ne boude pas son public en sautillant sur place, on dirait un enfant. Mais ne perdons pas le rythme !


Juste à côté il y a Brigitte qui finit la chanson "Plurielle", véritable hymne féministe 2.0. Je me précipite donc vers leur chapiteau où la foule est aussi bien dense. En terrain conquis, les deux chanteuses semblent ravies d’être là et l’ensemble du chapiteau baigne dans la bonne humeur. Je reste le temps de rire sur "Jesus superstar" et je hurle de joie en entendant le début de "Hier encore", en forme de déclaration d’amour.


Mais déjà il est 21h43 et je ne veux surtout pas rater la fin de Grand Blanc ! Demi-tour, sprint échevelé vers le César Circus. J’entends l’intro de samedi la nuit de loin alors je force l’allure, c’est le slalom entre les festivaliers, je débarque sous le chapiteau, "Saturday ça te dit, t’en veux, t’en as, t’en es, j’en suis" et je bondis au milieu de la foule en même temps que "Samedi la Nuit" explose. La claque que je prends à ce moment-là dépasse tout ce que Grand blanc m’a jamais envoyé. Je déconnecte totalement, je m’époumone, je saute sur place et je me laisse porter par la puissance incroyable de leur hymne. Visiblement émus, ils prennent le temps de nous remercier et je reste comme sonnée. Vivement l’album en 2016 !

22h: incursion du côté de Marseille


Pas le temps de souffler, il faut courir sur la scène Paris pour applaudir IAM. Une petite parenthèse est nécessaire ici. Oui, IAM c’est du rap et nous à Albumrock on aime le rock, pas le rap. Mais pour une fois, faisons preuve d’ouverture d’esprit car ce n’est pas tous les jours qu’on peut voir une légende vivante sur scène.Histoire de bouger sur le riff samplé de Je danse le MIA et d’écouter aussi la réalité crue décrite dans leurs paroles...


Le public connaît les paroles par cœur des vieilles chansons, j’ai rarement vu une atmosphère aussi survoltée. Par contre, pour les plus récentes, difficile de suivre les tauliers qui se prennent quelques sérieux moments de solitude. Et tant pis pour Rone qui a intelligemment été programmé en même temps, à l’autre bout du festival… Décidemment l'organisation était en grande forme cette année.

Descente électro tout en douceur avec Caribou


23h, heure de souffler un peu. Je tente d’aller danser sur Electro Deluxe mais je suis trop fatiguée pour les suivre dans leur jam endiablé. C’est dommage car ils dégagent une belle énergie et ils arrivent parfaitement à embarquer le public avec eux. Je file donc m’asseoir à l’autre bout du festival dans l’obscurité naissante, pour planer sur la pop rêveuse de Caribou. Die Antwoord est programmé juste après mais la cavalcade du créneau 21h-22h a épuisé mes batteries. Je quitte donc cette édition 2015 presque réconciliée avec le festival.



Bilan 2015 plutôt positif



Presque réconciliée, car il y aurait bien des choses à redire sur le choix des scènes et des horaires pour chaque artiste. Difficile de rester concentré sur la pop de Brigitte (au Dôme) quand on entend les lourdes basses de la Greenroom attenante ! Les fans de Brigitte s’entassaient sous le Dôme tandis que la greenroom était au bord de d’explosion devant Cerrone. Pourquoi mettre Caribou à 23h sur une scène trop grande pour sa musique aérienne ? Pourquoi avoir mis deux artistes français en même temps (Brigitte et Grand Blanc) ? Pourquoi ne pas avoir décaler les différents sets de 30 minutes, comme cela se faisait avant ? Et surtout : comment se fait-il que l’eau courante a été si difficile à trouver alors qu’il faisait très chaud ? On flirte avec l’inconscience… Les organisateurs doivent avoir des raisons à tout cela, mais sur le moment c’est très décevant.


Malgré tout cela, concentrons-nous sur le positif. Solidays ne cesse de battre des records de fréquentation (180 000 entrées cette année!) sans que cela ne perturbe une organisation par ailleurs bien rôdée (à part l'eau, quoi). On peut saluer l'électisme des styles musicaux représentés, ce qui permet de toujours trouver quelque chose de nouveau à découvrir. L'atsmophère y est aussi très particulière, quelque part entre le bobo et le baba cool, loin du nombrilisme de Rock en seine. Et si en plus tout ce petit monde est sensibilisé au passage à la luttre contre le sida et les inégalité... Que demande le peuple?

Copyrights


photo the Vaccines: © Isabel VM


photo IAM: © Ben Viaperalta

En savoir plus sur Yael Naim, The Vaccines, Grand Blanc, Brigitte
Commentaires
Etienne, le 02/07/2015 à 13:43
Quel dommage que Grand Blanc soit programmé en même temps que les Eagles of Death Metal aux Eurocks, ça donnait envie ce Live Report à Solidays !
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