↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Critique d'album

Band Of Horses


Things Are Great


(04/03/2022 - BMS Rights Management - Indie Pop-rock US - Genre : Pop Rock)
Produit par Bridwell

1- Warning Signs / 2- Crutch / 3- Tragedy Of The Commons / 4- In the Hard Times / 5- In Need of Repair / 6- Aftermath / 7- Lights / 8- Ice Night We're Having / 9- You Are Nice to Me / 10- Coalinga
Note de 4/5
Vous aussi, notez cet album ! (2 votes)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 3.5/5 pour cet album
"Le galop des évidences plus ou moins heureuses"
Mathilde, le 15/03/2022
( mots)

Disparu des radars depuis 2016 et Why Are You Ok, Band of Horses revient avec un 6ème album. La désillusion (la perte teintée de gâchis) serait ce qui caractérise la nouvelle génération, le cynisme est partout en ces temps particuliers. Et c’est ce genre de niveau de désespoir qui émane du à-contre-pied (sabot)-nommé Things Are Great. Même si l’enveloppe prend la forme d’une folk lumineuse et candide, le fond est du genre introspection abyssale. Le contexte de pandémie est en filigrane même si l’écriture de l’album la précède. La remise en question relationnelle est au premier plan.


Cela fait 5 ans et demi que le groupe n’avait rien sorti de conséquent, et si l’état d’esprit a pu évoluer, la composition du groupe est aussi nouvelle: toujours Bridwell au chant, toujours Monroe aux claviers et Barett aux drums. Et puis des remplacements: Matt Gentling (ancien bassiste des Archers of Lost) et le guitariste MacDougall (Broken Golden). L’album précédent produit par Jayson Litle de Grandaddy en avait déçu certains. De fait l’ambiance était tendue dans la composition du groupe, et déjà appelait le changement. Comme Dave Grohl a pu le faire avec les Foo Fighters, avec sincérité et aussi à contre coeur, Bridwell veut les meilleurs musiciens pour l’accompagner. Déconstruction il y a eu, et c’est comme si l’ordre des titres suivait également cette tendance. Car l’album s’ouvre sur un moment fort, du genre titre de fin de concert: "Warning Signs", qui parle de la fois où Bridwell a perdu sa voix au Sydney Opera House, du fait qu’il a du s’adapter, se dépasser. Une entrée fracassante, écrasée d’une lumière lunaire. BOH n’attend même pas un peu pour balancer la sauce -pour lâcher les chevaux - il nous illumine de ses parois facettées. Aussi beau que le "Warning Sign" des Coldplay dans leurs bonnes années (sur le pont on entend les mêmes radars), la descente dans les tréfonds Bridwell-iens -suspendus entre la pénombre et les éclaircies- peut commencer (les "long time ago" en écho nous y entrainent). "Aftermath" et "Coalinga" suivent cette tendance, en moins dense, composés de fines couches de cordes pour un retour au folk retenu et vibrant. On est sur du typique BOH mais avec une impulsion nouvelle. 


Tout va super alors apparemment pour Band Of Horses? La réponse est définitivement "pas vraiment". Le nom Things Are Great est une parade ironique pour décrire la dose (de cheval) de frustration et de rappel violent de la réalité, de ces fois où on ne peut que faire le constat amer de situations de vie, tout en ne perdant pas espoir. Et c'est là la force et la définition des BOH: une observation fine et sans détour, une mélancolie "gazing" planante, et toujours, heureusement, un regain d'optimisme et de confiance en l'avenir. "Things are gonna be great", ça aurait pu s'appeler. Comme pour tous les autres artistes, le confinement a été une occasion (un peu malheureuse dans le contexte) de se livrer d'avantage, d'aller plus loin dans les confidences. Une introspection partagée. De fait Bridwell est un fin observateur, un grand sensible qui récolte les éléments pour en faire des prédictions voire des avertissements. Un genre d'extra lucidité qui jalonne ses titres pour guider son auditoire, tout en ne lui épargnant pas les mauvais côtés, l'évidence qui blesse."Crutch" fait référence à un crush qui n’est plus puisqu’il a été conclu par une rupture. Il y a ici du Travis période 12 Memories, plutôt country side avec une guitare plus sèche, ensoleillée. Très pic nique friendly. "Tragedy Of The Communs" est lancinant, avec une bonne reverb sur pont, qui fait toute la grandeur du morceau avec ses guitares en gouttes d’eau. La voix a l’adulescence de Cage The Elephant et l’élégance des belges Girls In Hawaii. La plus belle porte de sortie réside dans le fédérateur "In Need Of Repair" et son refrain révélateur (à reprendre en choeur, en levant les bras): "It's not enough, it's not enough/ Every single day I hide from hurt". La quête de soi dans une période de tumulte, c'est là où on en est tous. Un besoin de réparation individuelle et un "need" de repère collectif aussi. 


Ils nous ont fait absolument chialer avec "No One’s Gonna Love You" et "The Funeral", ils nous attrapent ici avec "Warning Sign" sans ménagement. Cet album est une ballade de nostalgie avec un regard au plus bienveillant vers le futur. C’est les Lumineers qui auraient continué de mûrir sur l’arbre. Pour tendre vers un Neil Young (sur "Lights") qui est une des influences principales de Bridwell. Ça fleure aussi souvent bien sûr la sophistication timide de The Shins. La bande des chevaux a bien lâché la bride, a lâché la bride well, si on veut tenter un jeu de mots approximatif. Une évolution réelle sous forme de résilience face aux éléments qu’on ne maitrise pas/plus. "Good things take time" comme on dit. Evoluer ne veut pas dire briller, avoir du succès, ou se démarquer d'un coup, cela prend du temps, comme cet album qui reste finalement simple et donc pas particulièrement ultra remarquable. Et sans doute que ce n'est pas son intention première de toutes façons. Il ne nous donne pas forcément ce dont on a envie, mais ce dont on a besoin. Band of Horses est bel et bien de retour, et brille avec un son et une identité reconnaissable, donc rassurante. Pas l’album de l’année, mais en tous point un hors d’oeuvre honnête. Et juste grâce à ce dernier qualificatif, c’est le genre de repas qu’on reprendrait volontiers à la cantoche en ce moment.

Commentaires
MathildeAR, le 18/03/2022 à 09:07
Merci Diego ! Effectivement "Warning Signs" quel titre !!
DiegoAR, le 16/03/2022 à 10:33
Jolie chronique pour un album que j'ai écouté avec plaisir, effectivement entre faux optimisme et mélancolie douce-amère. La référence aux Shins est bien vue ! "Warning Signs" est un des morceaux de l'année !
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Barème
Sans intérêt
Raté
Très faible
Décevant
Moyen
Bon album
Très bon album
Coup de coeur
Excellent
Culte
Critique d'album

Band Of Horses


Why Are You Ok


Critique d'album

Band Of Horses


Mirage Rock


Critique d'album

Band Of Horses


Infinite Arms


Album de la semaine

Pure Reason Revolution


Above Cirrus


"

La résurrection inespérée de Pure Reason Revolution, survenue en plein premier confinement, a maintenant laissé place à la perspective d’un groupe de nouveau pérenne, en témoigne cet Above Cirrus paru moins de deux ans après son grand frère - autant dire qu’on n’en espérait pas tant, et surtout pas aussi vite.

"
À lire également