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Critique d'album

Genesis


Foxtrot


(06/10/1972 - Charisma - Rock progressif / pop rock - Genre : Rock)
Produit par Dave Hitchcock, Genesis

1- Watcher of the Skies / 2- Time Table / 3- Get 'Em Out by Friday / 4- Can-Utility and the Coastliners / 5- Horizons / 6- Supper's Ready
Note de 5/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Le dîner est prêt pour qui mange de ce pain là"
François, le 23/01/2022
( mots)

Suite à Nursery Cryme, Genesis avait atteint une côte de popularité assez exceptionnelle dans le monde du rock progressif, devenant une des références du genre aux côtés de Yes, King Crimson ou ELP. Son aura dépassait le simple cadre britannique, si bien qu’il put s’exporter jusqu’en Europe continentale, notamment en Italie où la tournée fut triomphale. Il est vrai que la botte était une terre particulièrement réceptive pour ce style musical, voire même créative, l’année 1972 marquant le véritable essor du Rock Progressif Italien (RPI). Il se pourrait même que Peter Gabriel ait eu l’idée de se costumer sur scène au contact des formations locales, à l’image des membres d’Osanna, toujours grimés sur scène. 


Nursery Cryme avait également définitivement assis le niveau exceptionnel des musiciens de Genesis, aussi bien en termes d’exécution que de composition. Foxtrot, quatrième album paraissant en 1972, enfonce le clou : il manquait à Genesis une longue pièce dépassant les vingt minutes, King Crimson, Focus, Pink Floyd ou ELP avaient déjà accompli cet exploit. En 1972, alors que Jethro Tull utilise les deux faces pour développer "Thick as A Brick" et que Yes dévoile "Close to the Edge", Genesis offre au monde les vingt-trois minutes de "Supper’s Ready", pièce découpée en plusieurs actes, introduite par un court "Horizon" où Hackett témoigne aussi bien de son savoir-faire guitaristique que de ses inspirations baroques. 


Incontestablement culte et impressionnant, le morceau appelle néanmoins un commentaire nuancé. On peut s’émerveiller de l’ampleur du projet, de la théâtralité dans le chant, du côté sautillant et comique du passage intitulé "Willow Farm", du final épique, et bien sûr de la mise en scène de la pièce lors des concerts quand Gabriel trouve à s’occuper sur les parties instrumentales en multipliant les costumes et personnages. Mais on peut également déplorer certaines longueurs (ce n’est clairement pas le plus imparable des morceaux de vingt minutes composés durant les 1970’s) et un côté patchwork dans l’assemblage des différentes parties. L’ambition et le savoir-faire sont bien présents, mais Genesis n’évite pas les écueils inhérents à ce genre d’entreprise. Malgré ces limites, "Supper’s Ready" n’en reste pas moins un voyage musical et surréaliste souvent enivrant. 


Foxtrot ne se résume pas à "Supper’s Ready" et comporte d’autres titres au moins aussi importants dans l’histoire du groupe. On évoquera "Watcher of the Skies" avec ses relents baroques et son intensité imminente (le travail sur le rythme y est essentiel) ou "Get ‘Em by Friday", un peu sous-estimé, avec ses belles lignes de basse et ses variations maitrisées dans les couleurs mélodiques. La pièce pourrait revendiquer le sommet de l’album. 


Parmi les pièces plus courtes, "Time Table" est peut-être un peu plus anecdotique avec ses aspérités plus classiques et pop (dont une mélodie instrumentale qui évoque "Time and a Word" de Yes). On lui préfère sans hésitation "Can-Utility and the Coastliners", associant, au profit de mélodies subtiles, des parties de guitare et de claviers exceptionnelles. 


Sans vouloir paraître iconoclaste, il nous semble que cet album soit le moins mémorable au sein de l’âge d’or genesien, quand bien même celui-ci est globalement très bon et comporte un morceau de bravoure comme "Supper’s Ready". Il est à la fois moins surprenant et plus monotone, sûrement trop inspiré par le reste de la scène (Yes en partie) – de là à dire que Genesis a un côté opportuniste, il y a trop de talent pour que nous souscrivions à ce reproche un peu injuste. Une conclusion s’impose malgré tout : même en faisant la fine bouche, Foxtrot reste incontournable pour qui s’intéresse à la scène progressive dans ce qu’elle eut de plus exaltant.


A écouter : "Supper's Ready', "Get ‘Em by Friday", "Can-Utility and the Coastliners"

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