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Critique d'album

Karnivool


Asymmetry


(19/07/2013 - Cymatic Records - Metal progressif - Genre : Hard / Métal)
Produit par Nick DiDia

1- Aum / 2- Nachash / 3- A.M.War / 4- We Are / 5- The Refusal / 6- Aeons / 7- Asymmetry / 8- Eidolon / 9- Sky Machine / 10- Amusia / 11- The Last Few / 12- Float / 13- Alpha Omega / 14- Om
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Une plongée passionnante dans l’univers asymétrique de Karnivool"
Franck, le 20/01/2022
( mots)

Quatre ans auront été nécessaires au quintette australien pour donner un successeur au magistral Sound Awake (2009). Une longue absence durant laquelle le groupe mené par Drew Goddard et Ian Kenny a pu tourner à guichet fermé à travers toute l’Australie, mais aussi pu étendre son influence jusqu’aux États-Unis et en Europe par l’intermédiaire d’une conséquente tournée mondiale. C’est donc un groupe dans une dynamique incroyable et ayant côtoyé les plus hautes sphères du metal progressif qui reprend la direction des studios. Au préalable, chacun des membres a pu se ressourcer ou bien aller explorer d’autres horizons artistiques à l’image du chanteur Ian Kenny qui gère en parallèle (depuis 2004) une carrière au sein des Birds of Tokyo, groupe évoluant dans un style nettement plus pop.


Comme vous l’aviez compris avec nos précédentes chroniques, Karnivool n’est clairement pas du genre à faire du surplace et à se reposer sur ses acquis. Avec Asymmetry, le groupe pousse sa musique dans ses derniers retranchements, faisant voler en éclat toute forme de commodité. L’auditeur non initié pourra alors se heurter à une certaine froideur mélodique - provoquée par une musique hybride située quelque part entre Tool et Radiohead - et rebrousser chemin immédiatement. Progressions complexes, rythmiques syncopées déconcertantes et superpositions presque inconcevables, la perte de repère peut en effet paraitre vertigineuse à l’image d’un début d’album sans concession porté par les jusqu’au-boutistes "Nachash" et "A.M. War". La structure sonore impressionne par sa densité, et on en vient régulièrement à se demander comment un tel assemblage a pu voir le jour, et surtout comment Ian Kenny parvient à poser sa voix sur ces épaisses couches de mesures asymétriques et de polyrythmies… 


Pourtant quand on écoute Karnivool, tout semble couler de source. C’est ainsi qu’avec un peu de patience (plus que pour les albums précédents) vous parviendrez à vous frayer un chemin à travers cet étrange labyrinthe sonore, révélant ainsi plusieurs passages en tout point somptueux, à l’image du chant polyphonique sur "We Are" et "Eidelon". Le morceau "We Are" est par ailleurs un condensé du savoir-faire de la bande et un des sommets de l’album : le chant atteint ici un nouveau niveau de pureté et de justesse, l’émotion contrastant d’autant plus avec le flegme d’une section rythmique à la précision chirurgicale. La violence des riffs laisse peu à peu place à la beauté troublante d’un final qui s’immiscera au plus profond de votre subconscient, laissant raisonner à l’infini ces quelques mots : ”These words of wisdom come with lack of vision. This is the first day I've ever had to stand and witness”… Pour l’auteur de ces lignes l’expérience a été sans retour…


Fidèle à son habitude, le groupe fait part d’un sens du détail hallucinant, et chaque nouvelle écoute au casque permettra son lot de découvertes, un peu comme si la musique des Australiens présentait différents visages selon l’angle d’approche. Vous l’aurez compris, plus qu’un simple nom donné à une œuvre, la notion d’asymétrie joue un rôle central tout au long de cet album. Énigmatique et itératif, l’interlude "Asymmetry" - placé méthodiquement en milieu d’album - marque d’ailleurs une subtile rupture entre une première partie d’album sans concession et une deuxième plus apaisée et accessible à l'instar de l’épuré "Float" lors duquel le chanteur se livre à un joli instant d’émotion. Paradoxalement, on remarquera que le groupe retrouve un certain équilibre sous cette forme de dualité. Équilibre que l’on retrouve dans la gestion de la basse et des guitares : alors qu’elles étaient un peu en retrait sur Sound Awake, les six-cordes retrouvent ici tout leur panache. Mais aussi en faisant de ce troisième album un carrefour de toutes les influences et les facettes de Karnivool : le retour à un metal plus brutal ("The Refusal") dont le chant hurlé rappellera les premières heures du groupe ; ou à travers quelques incursions pop ("Eidolon") qui renforcent le lien avec le précédent opus. Les natifs de Perth n’en oublient pas non plus leur part la plus aventureuse au détour de morceaux nettement plus longs et progressifs tels que "Sky Machine" et "Alpha Omega".


L’harmonie ne se trouve-t-elle pas dans l’asymétrie ? Les Australiens de Karnivool apportent une réponse plus que probante à la question. Nettement moins accessible que les précédents albums du groupe, Assymetry nécessite qu’on lui laisse le temps de se livrer entièrement. Il est clair que ce troisième album n’atteint pas les sommets de Sound Awake, mais il confirme le talent d’un groupe à part, pour lequel les fans attendent patiemment - depuis 2013 - un retour en studio. Il n’y a plus qu’à espérer que le titre dévoilé récemment confirme la mise en chantier d’un nouvel opus. Comme on dit : "A qui sait attendre, le temps ouvre ses portes". Une chose est sûre, nous serons prêts !


 


A écouter : "Nachash", "We Are", "Eidolon"

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