
Lazuli
ETRE ET NE PLUS ETRE
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1- Etre Et Ne Plus Etre / 2- Chaque jour que soleil fait / 3- Sourire / 4- MATIERE PREMIERE / 5- L'eau qui dort / 6- Une chanson Cherokee / 7- Quel dommage / 8- L'instant / 9- L'HOMME SUR / 10- Mon body se meurt / 11- Les 4 raisons / 12- AU BORD DU PRECIPICE


Fer de lance des musiques progressives françaises, jouissant paradoxalement d’une plus grande reconnaissance à l’étranger que dans l’hexagone, Lazuli nous revient avec un douzième album toujours enregistré dans leur studio L’Abeille Rôde situé à proximité d’Alès. La formation gardoise fondée en 1998 par les deux frères Claude et Dominique Leonetti peut se targuer de posséder une discographie exemplaire, entre rock progressif et chanson française, avec un grand talent pour l’écriture de paroles très poétiques et imagées qui constituent le cœur du processus créatif.
Comme le font supposer ces visages sculptés dans la glace et destinés à disparaître, ce nouvel opus baptisé ETRE ET NE PLUS ETRE interroge sur la fugacité de l'existence, parfaitement introduit par l'ouverture éponyme dotée de motifs élancés et solaires et qui interroge sur le devenir de l’homme face à la menace climatique. Ce douzième album poursuit l’orientation du précédent avec une part plus importante laissée à l'approche en termes de "chanson" et des parties instrumentales très douces. L'instrumentation met en valeur la voix haut perchée de l'équilibriste Dominique Leonetti, qui rappelle d'ailleurs par moment celle de William Sheller, déclamant comme à son habitude des salves de métaphores filées. Le groupe démontre d'ailleurs de ce point de vue une nouvelle fois à quel point la langue de Molière et ses subtilités peuvent formidablement se marier au rock, non sans humour comme sur le sautillant "Sourire" ou à l'opposé sur le très noir "Mon Body se Meurt".
Plus intimistes comme sur le dépouillé "L'instant", seulement accompagné de quelques arpèges acoustiques, les titres brillent par la délicatesse de leurs arrangements, du métallophone de "Matière Première" qui accompagne un texte très sombre sur la condition humaine à l'amplitude des mouvements de cordes du poétique "Les 4 Raisons". Lazuli démontre une nouvelle fois son talent pour composer de nouveaux écrins de douceur comme "Chaque Jour que Soleil Fait" avec sa boucle d'arpèges, son cor et sa belle envolée finale ainsi que des mélodies légères et entraînantes à l'instar d' "Une Chanson Cherokee".
Sans surprise les morceaux les plus longs marqués par des inflexions progressives sont particulièrement réussis et bénéficient de ponts aériens superbement travaillés comme sur "L'Eau qui Dort" et "L'Homme Sur" qui servent de rampes de lancement pour des finaux grandioses marqués par d'excellents soli de guitare et de Léode. Le titre "Quel Dommage" qui se penche avec amertume sur les amitiés oubliées est également mémorable avec son piano classique et ses lignes de guitares électrisantes tandis que l'album culmine sur son ambitieux titre conclusif. Le titre le plus progressif de l'album, "Au Bord du Précipince", est une petite merveille portée par ses gouttes de piano et son apothéose délivrée par un nouveau solo lumineux à la Léode.
Lazuli semble s'être assagi et livre un album globalement moins aventureux que par le passé mais marqué par une grande finesse dans tous les aspects de sa conception. Un nouvel opus délicatement ouvragé qui marque une nouvelle réussite pour l'un des tous meilleurs groupes français actuels et qui vient enrichir une discographie d'une qualité et d'une régularité stupéfiante. Chapeau bas messieurs les gardois, encore une fois.

















