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Critique d'album

Porcupine Tree


Stupid Dream


(07/03/1999 - Kscope - Rock/metal progressif - Genre : Rock)
Produit par Steven Wilson

1- Even Less / 2- Piano Lessons / 3- Stupid Dream / 4- Pure Narcotic / 5- Slave Called Shiver / 6- Don't Hate Me / 7- This Is No Rehearsal / 8- Baby Dream in Cellophane / 9- Stranger by the Minute / 10- A Smart Kid / 11- Tinto Brass / 12- Stop Swimming
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Ne vous laissez pas abuser par le titre : cet album est essentiel !"
Nicolas, le 13/04/2008
( mots)

free music
A l'époque de la conception de cet album, Steven Wilson cherchait par tous les moyens à brûler l'étiquette "progressif" qui collait à la peau de sa formation. En effet, même si The Sky Moves Sideways constitue certainement le sommet du rock progressif des années 90, rien n'est plus facile que de cataloguer sentencieusement et définitivement les groupes dans certains genres musicaux, surtout ceux qui sont un peu difficiles à cerner. Or, même si Wilson n'a jamais renié son admiration pour Pink Floyd, il a très mal pris (du moins, à l'époque) l'indexation de Porcupine Tree au rang des groupes progressifs, terme synonyme pour lui de complexité, de cérébralité, de manque d'émotion et surtout représentatif d'un courant que lui-même considérait comme has been. Déjà, avec Signify, il avait tenté de casser ce carcan étriqué où on voulait le reléguer. Mais même si l'album proposait des titres plus formatés dans la longueur, son caractère plutôt expérimental n'avait pas vraiment réussi à brouiller les pistes, malgré quelques saillies pop déjà remarquables comme "Waiting". Et puis vint Stupid Dream, et la situation du groupe s'en trouva instantanément éclaircie.

C'est peut-être avec cet album que l'on se rend compte le mieux du phénoménal talent de songwriter de Steven Wilson. S'adaptant donc à un ton volontairement plus pop-rock (formatage temporel, alternance simple entre couplets et refrain, sonorité beaucoup plus conventionnelle), mais sans renier la spécificité de son écriture (mélodies sensibles et mélancoliques, inventivité sonore à toute épreuve), il propose avec Stupid Dream un album accessible mais étonnamment riche. Quelques titres dépassent cependant les 5 minutes, mais ce n'est pas forcément pour cela qu'il faut les qualifier des progressifs. Notamment, l'envoûtant "Even Less" qui ouvre le récital garde une structure très standardisée, simplement rallongée au début et à la fin par des ambiances sonores mystérieuses qui définissent d'emblée la tonalité onirique du disque. Puis survient "Piano Lessons", et là, il n'y a plus qu'à se caler dans son fauteuil et à tenter de garder la bouche fermée devant une telle virtuosité. On n'a rapidement plus qu'un seul mot à la bouche : "Whaou !". La très, très grande classe, l'un des tous meilleurs titres du groupe, où le mariage entre piano et guitare n'a d'égal que l'intelligence et, encore une fois, l'accessibilité de la mélodie.

Mais, et c'est là que Stupid Dream fait très fort, "Piano Lessons" est loin de constituer le clou de l'album. "Pure Narcotic" puis "Don't Hate Me" représentent ainsi le coeur du disque, son âme si j'ose dire. Deux morceaux tristes, désespérés, mais profondément touchants. Deux morceaux qui se répondent en écho, dans lesquels Wilson s'adresse à cette femme tant désirée avec laquelle il ne peut vivre car étant trop exigeante à son égard : "I'm sorry that I'm not like you, I don't like the way you want me to", puis "Don't hate me, I'm not special like you". Ces complaintes déchirantes, baignées dans un étonnant dépouillement et marquées par ce troublant complexe d'infériorité de Wilson, bouleversent autant qu'elles impressionnent par leur redoutable pertinence, et c'est encore loin d'être terminé. Si "Slave Called Shiver" et "This Is No Rehearsal" tissent une froide toile sonore en imprimant un peu de peps au coeur du CD, anticipant déjà sur les couleurs métalliques et glacées de Lightbulb Sun, c'est le magnifique "Baby Dream In Cellophane" qui s'offre ensuite à nos oreilles, évanescent, éthéré, retravaillé électroniquement pour susciter une torpeur ouatée à peine entrecoupée par quelques riffs incisifs, avant d'enchaîner sur "Stranger By The Minute", titre pop rock flottant dans une ambiance beaucoup plus lumineuse, comme si l'on s'éveillait serein d'un songe douloureux. Puis arrive "A Smart Kid", qui rajoute encore une pierre délicate à cet édifice de toute beauté. En toute fin d'album, après avoir définitivement conquis son auditoire, Wilson s'autorise deux titres plus progressifs dans l'esprit : un "Tinto Brass" instrumental tout en tension, explorant encore une fois une foultitude d'univers sonores entre rêve et cauchemar, et un "Stop Swimming" renouant avec le côté apaisant et aérien de la formation, achevant au mieux ce disque d'une rare élégance.

Vous l'aurez compris : Stupid Dream n'est pas qu'un excellent disque, non plus qu'un exercice de style à l'envers, et encore moins uniquement le premier vrai succès commercial de Porcupine Tree - toutes proportions gardées, bien entendu. Cet album représente un virage plus que réussi vers une musique moins hermétique et de fait beaucoup plus grand public que les précédents opus, sans pour autant que Steven Wilson n'ait été obligé de rogner sur ses convictions musicales. Et surtout, il constitue la porte d'entrée idéale sur l'univers foisonnant d'un groupe d'exception, trop peu connu, trop peu reconnu, et qui ne cesse depuis cet album de ravir les oreilles averties par ses compositions ambitieuses. Que ce soit par ce disque ou par un autre, une chose est certaine : il vous faut absolument découvrir les oeuvres de Porcupine Tree, et ce par tous les moyens légaux à votre disposition. Car il serait vraiment stupide de se priver de tels joyaux qui, encore une fois, n'ont absolument aucun équivalent dans le paysage rock actuel.

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