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Critique d'album

The National


I Am Easy To Find


(17/05/2019 - - Indie Pop - Genre : Rock)
Produit par

1- You Had Your Soul With You / 2- Quiet Light / 3- Roman Holiday / 4- Oblivions / 5- The Pull of You / 6- Hey Rosey / 7- I Am Easy to Find / 8- Her Father in the Pool / 9- Where Is Her Head / 10- Not in Kansas / 11- So Far So Fast / 12- Dust Swirls in Strange Light / 13- Hairpin Turns / 14- Rylan / 15- Underwater / 16- Light Years
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"La mélancolie, c’est le bonheur d’être triste"
Maxime L, le 18/06/2019
( mots)

« La mélancolie, c’est le bonheur d’être triste ». Cette citation qu'on attribue à Victor Hugo sied parfaitement à la musique de The National, et ce depuis le début de leur discographie, initiée en 2001 et leur album éponyme. Du temps est passé depuis, et c'est avec curiosité et empressement que l'on scrute désormais leurs productions. I'm easy to find arrive donc cette année et constitue le 8ème album du quintet américain.


Qu'il est difficile de chroniquer un tel album. Il s’agit d’ailleurs avant tout d’être honnête : on ne s'est pas franchement battu chez albumrock pour s'occuper de son cas. C'est donc moi qui m'y colle, volontairement, de surcroît après avoir considéré Sleep well Beast comme une des sorties majeures de 2017.


La musique des américains n'est jusque là pas simple à aborder frontalement : elle est lente, fouillée, ciselée et s'égrène tout doucettement au fil des écoutes. Alors quand il s'agit d'évoquer ce nouvel opus, long de 16 titres, avec toute une flopée de chanteuses invitées et illustrant un court métrage de Mike Mills, la tache promet d'être ardue.


Le groupe restait donc sur un Sleep well Beast auréolé de succès (avec un titre comme "The system only dreams in total darkness" vanté, entre autres, par Barack Obama, et qui faisait office, pour une fois, de vrai "single" radiophonique). Les américains reviennent donc à peine 2 ans plus tard, laissant fuiter quelques singles depuis le début de l'année, jusqu'à la sortie officielle de l'album le 17 mai dernier. Cette nouvelle mode, qui consiste à sortir 2,3, ou même 4 singles des mois avant le jour J est très discutable d'un point de vue cohérence artistique, et il s'agit certainement davantage d'une velléité des maisons de disques plus que des artistes. Outre le fait qu'elle a tendance à "spoiler" l'écoute de l'album, elle n'est absolument pas avantageuse pour un groupe comme The National, qui est l'antithèse même d'un groupe à singles.


La première écoute des singles sortis, à savoir "You had you soul with you", "Light Years" , "Hairpin Turns" et "Rylan"  est donc sans surprise : fade, terne, lisse, lente, sans liant apparent entre eux (d'ailleurs leurs places respectives sur l'album le prouvent : 1, 17, 14 et 15.). Mais nous ne sommes pas dupes, et savons attendre la sortie de l'album pour une écoute plus cohérente, dans les bonnes conditions, qui nous permettront d'émettre un avis bien plus "juste" et conforme à la réalité.


Le temps est une fois de plus la clé de voûte quant à l’appréciation de la musique du groupe. The National n’est pas un groupe de rock au sens premier du terme. Il faut chercher longtemps dans leur discographie une trace de guitare saturée, ça n’est pas non plus un groupe à soli de guitare flamboyants. Leur démarche est différente, toujours très pensée et réfléchie, là où le rock se veut d’ordinaire instinctif et spontané.


Cela fait il de The National un groupe d’intellos ? Oui, intello, réfléchis, arty, appelez ça comme vous voulez. Dans ce sens, le groupe peut faire penser à R.E.M dans la démarche (même si Stipe & co proposaient davantage de « tubes ») mais était également un groupe très lettré, avec une image très intellectuelle qui les fait échapper des listes (souvent sans interêt) des groupes Historiques qui ont compté.


La réalité est en fait simple jusque là pour l'oeuvre de The National : nous apprécions leur musique à l'échelle du temps qu’on veut bien lui accorder. Et la profondeur et l’intelligence de cette musique fait que notre amour pour eux croit sans discontinuer depuis notamment High Violet, pierre angulaire de leur discographie jusqu'à Sleep well Beast sorti il y a moins de 2 ans.


C'est de prime abord curieux pour le groupe de se ruer, si tôt, sur une nouvelle sortie, alors que Sleep well Beast résonne encore dans toutes les têtes. Mais le contexte de création de ce nouveau disque est très particulier, car issu d'une collaboration inhabituelle avec le cinéaste Mike Mills qui désirait travailler avec eux sur un clip dans un premier temps, pour terminer sur un court-métrage retraçant l'histoire d'une femme, jouée par Alicia Vikander (oscarisée dans The Danish Girl en 2016).


Je n'irais pas plus loin dans la description du court-métrage, ne l'ayant pas vu. Je préfère par essence me faire mes propres images de la musique que j'écoute, peu importe si les deux n'ont pas forcément de lien, c'est mon imagination et elle m'est propre. Mais nul doute que le court-métrage est très réussi, de par le peu que j'en ai vu, l'image et les couleurs sont soignées à la perfection et nos américains ont un tel sens du détail qu'on peut leur faire confiance quant à la qualité du film.


C'est la première particularité de ce I'm easy to find, même si nous n'avons à aucun moment la sensation d'écouter une bande originale de film. 


Ce qui surprend davantage à la première écoute, c'est le chant qui se partage entre Matt Berninger et une foultitude de chanteuses extérieures, parmi lesquelles Gail Ann Dorsey, Sharon Van Etten, Mina Tindle, Kate Stables de This is the Kit, Lisa Hannigan ou Eve Owens.


Et disons le franchement, c'est assez gênant, voire décevant à la première écoute. La voix de baryton de Berninger est LA marque de fabrique du groupe, loin devant tout autre élément propre à The National. Il en est le leader, le porte-voix et possède ce timbre, si particulier (qui peut d'ailleurs rebuter les non-initiés) et qui est surtout reconnaissable entre mille. Alors non, nous n'avons pas l'impression d'écouter une BO mais les premières écoutes laissent surtout la sensation d'un projet parallèle et à part de l'oeuvre de The National. C'est le plus gros obstacle à franchir, pas des moindres, pour pouvoir avancer et laisser une chance supplémentaire au disque. 


Evidemment, toute la promo autour du disque permet à l'auditeur de ne pas être surpris s'il a suivi les différentes communications du groupe. Mais pour le profane qui écoute l'album sur un site de streaming, nulle mention n'est faite sur la participation des chanteuses, ni dans le libellé des titres (on aurait aimé un "feat Gail Ann Dorsey"), ni dans aucune des minces informations autour de l'album, en tout cas sur Spotify. Je ne sais pas si les supports physiques proposent davantage de précisions, mais c'est dommageable. D'autant plus que lorsqu'on commence à se familiariser avec certaines chansons, difficile de savoir quelle chanteuse intervient sur quel titre, et ce sans dénigrer leurs talents. Il faut bien avouer que mis à part Gail Ann Dorsey dont le timbre est reconnaissable (merci David Bowie), les autres ont une notoriété somme toute assez relative.


Cela en fait des embûches à passer avant vraiment de pouvoir intégrer ce I'm easy to find comme un disque de The National à part entière. Mais si vous avez patienté et lutté jusque là, il y a fort à parier que vous retrouviez enfin les ingrédients qui font le sel de la musique du groupe. Ces ambiances très arrangées, raffinées, et paisiblement mélancoliques. L'entrée en matière est d'ailleurs trompeuse car elle propose une énergie inhabituelle : la rythmique syncopée de "You Had your soul with you" est efficace, réhaussée par la participation de Gail Ann Dorsey, très réussie. Les puristes du groupe préféreront sans doute des titres plus "automnaux" comme "Quiet Light", un des vrais highlights de l'album : entre son intro au piano typique du son du groupe,  et la voix brumeuse de Berninger, la chanson porte parfaitement son nom : c'est le rayon de soleil qui traverse une clairière au début de l'automne, avec cette lumière qui s'en dégage et la batterie chaloupée de Bryan Devendorf. Il faut le souligner : Bryan Devendorf tire une nouvelle fois son épingle du jeu, comme sur chaque album. Son jeu de batterie est très marqué, presque reconnaissable, et il s'en sort toujours très bien en proposant beaucoup de variété dans son jeu, là où l'espace qui lui est proposé ne permet pourtant pas beaucoup d'extravagance.


Le rythme de la musique ralentit au fur et à mesure, et cette sensation est accentuée par la façon de chanter de Berninger sur certains morceaux en "coupant" les mots en plein milieu. Ces césures, déconcertantes au début, servent au final parfaitement l'ambiance mélancolique du disque, comme sur "Roman Holiday", ou "Hey Rosey". Les chanteuses se suivent sans se ressembler, mais ne nuisent pas à la cohérence de l'ensemble, si tant est bien sûr qu'on ait intégré et validé le concept. Dans ce sens, c'est mission quasi impossible de détacher un "single", quand bien même ceux choisis avant la sortie officielle sont plutôt représentatifs. Ceux qui vouent comme moi une véritable admiration à High Violet se pencheront sans doute sur "Oblivions", belle à pleurer, où l'alternance de chants fonctionne à merveille. Ceux, avides de nouvelles sonorités préféreront "Not in Kansas", qui du haut de ses 6 minutes à le temps d'installer tout un décor visuel, dicté par la voix chaude et abyssale de Berninger, rejoint par une chorale d'une pureté grandiose et qui aurait mérité peut être sa place en titre de fin....si The National n'avait pas eu la lumineuse idée d'y placer une mélodie piano-voix aussi simple que sublime "Light Years" et qui conclut parfaitement un voyage sépia, empreint d'une vraie couleur sépia automnale.


L'album aurait sûrement gagné à être plus court, et ce I'm easy to find n'est peut être pas la porte d'entrée idéale pour faire connaissance avec le groupe, mais pour l'auditeur aventureux qui connait un peu les ambiances ténébreuses et sépulcrales de The National et qui n'est pas contre l'idée de s'infliger un soupçon de vague à l'âme...nul doute qu'il saura y trouver la mélancolie suffisante à son bonheur...

Avis de première écoute
Note de 4/5
Si l'on devait tenter de résumer cet album en un mot - ce qui n'est permis que dans le cadre de cette rubrique première écoute - , ce serait sophistication. Mais sophistication dans le bon sens du terme, richesse des atmosphères, rythmiques complexes mais sans lourdeur. Un peu long néanmoins, du coup il peut manquer un second souffle une fois passée la première demi-heure. Et en même temps, quelle chanson serait à jeter? Coup de coeur : Quiet Light
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Barème
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Décevant
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Bon album
Très bon album
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Excellent
Culte
Critique d'album

The National


High Violet


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In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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