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Art Rock 2011


Marc, le 18/06/2011

Dimanche 12 Juin


19h30. Il a plu toute la journée, ou presque, et parce que le reggae ne me fait plus rien depuis la perte de mon Bob, la vue de Julian Marley tombe à l'eau. Je me décide tout de même à sortir quand, par miracle, les ondées cessent.


Anna Calvi est la révélation de l'année pour beaucoup, je demande à voir, même si j'ai bien entendu qu'elle avait quelques atouts à faire valoir. Le regard perçant, les lèvres écarlates et vêtue d'un blouson noir, elle s'avance timidement avant de faire corps avec sa Telecaster pour "Rider to the Sea". Un batteur, une fille à l'harmonium et un autre guitariste l'accompagnent ensuite vers une plongée au coeur d'un flamenco-gothico-rock aux sonorités 50's. Cette enfant prodige du violon n'en joue pas sur scène, c'est avec sa voix qu'elle se joue de moi. Entre Siouxsie et Florence Welch, sa force d'interprétation est réelle. Avec "Blackout" la puissance est bien là, mais c'est aussi et surtout quand elle gratte ses cordes que le frisson est au rendez-vous. "I'll Be Your Man" me transporte. Allez savoir pourquoi... "Desire" et "The Devil" font écho à ce qu'elle émet. Sous sa retenue se cache un tempérament de feu. Hélas, elle délaisse parfois la guitare à son partenaire et n'a qu'un album à son répertoire. D'où ce seul morceau lors du rappel et ces trois quarts d'heure vite passés. Cette belle anglo-italienne est-elle surestimée ? La réponse reste difficile à donner. Le public a apprécié, elle ne m'a pas déçu. Avec le temps, elle prendra réellement la place qu'elle semble mériter.


21h20. Je connais une personne pour qui Bryan Ferry représente beaucoup. Elle n'est sûrement pas la seule à ce moment présent puisque le directeur du festival désespérait d'avoir cette icône glamour de la pop depuis 1983. Comme l'attente est souvent l'antichambre du bonheur, je me doute que le dandy est alors pressé de les contenter. Avec un quart d'heure d'avance, il s'avance en veste noire, chemise violette et cravatte noire. Il porte ses soixante cinq ans comme un charme, qu'il n'a jamais cessé d'exercer auprès de la gent féminine durant toute sa carrière. Deux danseuses se trémoussent en fond de scène devant un écran où des vidéos sont projetées. En avant scène, deux choristes l'encadrent. Autour de lui, sept musiciens ont pris place. Dont une belle et brillante saxophoniste-clarinettiste et son fils Tara, batteur de son état. Avec sa troupe et une voix pratiquement intacte il séduit d'entrée l'assistance, "I Put a Spell On You" oblige. "Slave To Love" est enchaîné avant d'alterner avec des morceaux moins identifiables comme ceux de son dernier album Olympia. La classe du Monsieur, au piano comme à l'harmonica, le talent de ses musiciens, dont le tout jeune prodige guitariste Oliver Thompson (21 ans), font fondre l'assistance et les plus hésitants. Il faut reconnaître que le son est nickel et contraste avec l'approximation sonore de quelques autres concerts donnés sur la place. En plus de l'évidente expérience de l'ensemble, le don est bien là. "Don't Stop The Dance" emballe, "Avalon" régale. Quand les morceaux sont moins parlants, les soli instrumentaux finissent par nous ravir. Souriant, généreux et visiblement aimable, Bryan Ferry remercie le public de cette chaleureuse communion après deux rappels et pas loin d'une heure trente d'un show sans fausse note. Je connais une personne qui s'en souviendra. En croisant le regard de ceux qui m'entourent je constate qu'elle n'est pas la seule.


23h. Dernier passage au Forum, pour découvrir sur scène The Legendary Tiger Man, aka Paulo Furtado. Pas de quoi flipper, mon portugais préféré ne va pas nous la jouer fado. Artiste complet (vidéo, cinéma et photo), il est aussi et surtout en passe d'être reconnu en France en tant que One Man Band depuis la sortie de l'album Femina, où, en featurings, des voix féminines mettent en valeur ses compositions dirty sexy blues. Faute de pouvoir les inviter sur scène, c'est par l'intermédiaire de la vidéo qu'ils jouent en duo. Il entame le set avec avec "Life Ain't Enough For You" et le visage mutin d'Asia Argento en grand écran. S'il est bien armé de son complet jeu de Gretsch, guitare, grosse caisse et caisse claire aux pieds, le duo semi-dématérialisé me touche d'emblée. La voix chaude et les accords profonds de Furtado sont aussi ensorcelants lorsqu'il les joue en solo. Comme lors de son "Naked Blues" avec ses images de joueuses de poker dénudées qui font encore monter un peu plus la température... Je parie déjà qu'elle ne retombera pas. Lisa Kekaula (chanteuse des BellRays) me l'assure de sa puissante voix soul avec "The Saddest Thing To Say". Entre les morceaux, Paulo Furtado nous présente, en français s'il vous plaît, le pourquoi du comment de chacun de ses titres. Le charme n'est visiblement pas que dans l'image, il est aussi en lui. Tout de noir vêtu, chaussé de ses lunettes fumées, il nous lâche des riffs de plus en plus tendus. D'abord intime, puis ténébreux, son blues devient de plus en plus poisseux. La proximité du large sans doute. "Big Black Boat", avec son cor de brume et ses différents effets de voix, transporte le forum bien au-delà. Avant de nous quitter, il tient à nous révéler "She Said". Je ne peux raconter ici ce qu'elle a dit, j'en suis reparti bouche bée. Assurément l'un des concerts du festival !

0h10. Par curiosité, je retourne vers la grande scène voir si les Klaxons sonnent encore. Malheureusement oui. C'est braillard, répétitif et brouillon. Fort heureusement, la new rave n'atteindra jamais la profondeur humaine d'un simple blues. Les Klaxons sont donc vite oubliés et c'est avec The legendary Tigerman en tête que se termine mon festival.

Comme lors de toutes les éditions, il y en a eu pour tous les goûts. The Jon Spencer Blues Explosion et The Legendary Tiger Man m'ont conquis mais Bryan Ferry, Anna Calvi, The Inspector Cluzo, The Raveonettes et quelques autres n'ont pas déçu, chacun à sa façon. Avec un euphémisme non dissimulé, je ne peux pas en dire autant de The Hives. Les tableaux et affiches de Miss.Tic ont enjolivé le centre ville même si le beau temps, pour une fois, n'a pas complètement suivi. C'est sûrement l'une des raisons de la baisse de fréquentation de cette édition avec 3000 entrées payantes de moins que l'année dernière. Autre raison : Art Rock a pour tradition d'ouvrir le bal estival des festivals. Cette année, les dates de la Pentecôte tombaient un peu tard. Juste avant le baccalauréat et les révisions. Aucune crainte pour l'année prochaine, la 29è édition se déroulera du 24 au 27 mai 2012. On y sera !
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