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Art Rock 2011


Marc, le 18/06/2011

Samedi 11 Juin


18h30. Le soleil est de la partie, le centre ville est bondé, les jeunes comme les plus vieux sont de sortie et une très longue file d'attente s'enroule le long de la cathédrale devant l'entrée de la grande scène. Lilly Wood and the Prick a commencé. Pour éviter le déjà vue et le passe partout, je fais l'impasse pour profiter du soleil sans piétiner en plus d'aller visiter l'exposition d'art numérique et celle de Miss.Tic. C'est aussi cela Art Rock. Un tour au village pour se désaltérer et en route pour la place Poulain Corbion. Yann Tiersen est sur le pont avec son violon et une coupe de cheveux improbable. Son passage à la dernière Route du Rock, avec moult musiciens et choristes, m'avait laissé un peu sur ma faim. En formation restreinte les envolées se font encore plus rares. J'apprécie son talent mais il ne m'emporte pas. Le public applaudit sans plus, aussi. Aloe Blacc est forcément beaucoup plus attendu par une jeune foule qui a complètement rempli la place. Le soul man américain, vêtu d'un léger blouson en cuir et d'un chapeau, entre après ses musiciens. Sa prestance et sa voix charment de suite. Il rend hommage à James Brown, Stevie Wonder ou Al Green en les imitant. Je m'attends alors à un vrai show mais Aloe n'a pas encore en lui toutes les ficelles du métier et se contente d'interpréter ses chansons avec le sourire. Ses très bons musiciens, dont un batteur au talent certain, ne jouent malheureusement que leurs partitions. Aloe Blacc a pourtant assez de classe et de feeling pour conquérir un public aux anges. Avec "I Need a Dollar" tout le monde devient riche de ses love, peace and soul. Les rappels ne se font pas attendre, je sais déjà qu'il ne se lâchera pas complètement. Un jour viendra, sûrement.


23h. Entre Cali et The Raveonettes mon coeur de rockeur a vite choisi. Direction la salle du Forum pour juger en live la toute dernière mouture du duo danois. Le set est bien attaqué par des morceaux de Raven in the Grave mais ce sont les plus anciens, plus rock et psyché, qui me font le plus d'effets. Saturé à souhait, leur mur de sons grattés est accompagné de deux percussionnistes sur leurs flancs. Sharin Foo est à la basse et le timide Sun Rose Wagner a bien en lui toutes les allures shoegaze. Ils alternent les moments délicats dans leur chant respectif avec d'autres beaucoup plus troublants musicalement, dans une quasi pénombre, bleutée ou rougie, flashée par quelques lumières stroboscopes en fond de scène. "Love in a Trashcan" résume parfaitement ce dont ils sont capables d'envoyer avec quelques effets psychédéliques à l'appui. Une chose est certaine, j'ai rarement entendu une telle maîtrise de la réverbération. La transe n'est pas loin mais la mollesse de certains morceaux l'en empêche. J'avais presque oublié que The Raveonnettes était plus pop que rock. Malgré tout, la performance est appréciée et le public, ravi, en a redemandé.

0h30. Fidèle à sa réputation Cali a paraît-il mis la place en ébullition, mais c'est l'heure d'Aaron. Quatre ans après, le duo revient jouer sur le lieu de son tout premier festival, devant une toute autre audience. Le duo m'a toujours laissé une impression diffuse et ne semble pas parti pour m'en donner beaucoup plus. Bien entouré, avec une jolie fille à la guitare et aux claviers, Simon Buret montre plus d'entrain que je ne pouvais l'imaginer. Le tout me fait parfois penser à Massive Attack, en beaucoup moins tripant, forcément. Je ne ferai pas l'offense de comparer les voix non plus. Toujours est-il qu'au fil du concert l'ennui me gagne malgré leurs louables efforts. Trop de mid-tempo et de piano, je n'attends pas "Lili" et comme il n'y a pas que le physique dans l'envie je me dirige avec hâte vers le Forum pour voir ce que nous réserve Laurent Lacrouts et Mathieu Jourdain.


2h. Changement radical de décor et d'allure(s) avec The Inspector Cluzo. Le duo d'agitateurs gascons assène d'emblée une couche à Ben l'Oncle Soul et remercie ceux qui viennent de s'échapper d'Aaron car, selon eux : "c'est de la merde". Le petit gros barbu et le plus élégant jouent les provocateurs et revendiquent fièrement leurs racines jusqu'à déclamer la devise de leur région. Un drapeau et un ballon de rugby coiffé d'un béret sur l'ampli soulignent leur provenance, si besoin était. Les rires sont de mise dans le public. "Ici on joue à quatre mains sans aucune aide extérieure", Laurent Lacrouts, le chanteur-guitariste, insinue même que certains groupes qui viennent de passer à Art Rock font du play-back... Si nos deux lascars sont avant tout là pour s'éclater et nous amuser on sent rapidement une pointe d'aigreur de ne pas être reconnus à leur vraie valeur, eux qui sont plus célèbres à l'étranger qu'ici, notamment au Japon. Le set commence enfin par "The French Bastards", ce que nous sommes tous à cette occasion en kiffant leur mélange de hard-rock-funky-soul. Mathieu Jourdain frappe fort, et Laurent Lacrouts a une putain de voix lorsqu'il monte dans les aigus. Il en fait même une caricature avec une chanson soul qu'il dénigre en suivant, assurant une fois encore que c'est de la merde. Il est tard, l'ambiance est surchauffée, des chaussures, chaussettes ou gobelets envoyés sur la scène commencent à valser en direction de l'émeutier de la soirée qui veut avant tout nous inviter à casser la salle. Pour ce faire, en vain, un seul autre morceau sera joué. Une très longue improvisation guitare batterie avec des soli hardos bien impressionnants. Le jeu de scène est à l'avenant, cymbales envoyées en backstage et danse sexy du batteur. Le temps imparti est déjà passé, dommage qu'ils n'aient pas eu la volonté de jouer quelques vrais morceaux de leur dernier album qui mérite plus qu'un délire sur l'instant. Mais après tout, c'est aussi ça le rock'n'roll !
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