↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.

Art Rock 2011


Marc, le 18/06/2011

Vendredi 10 Juin


18h30. Le festival briochin a beau avoir été décalé au mois de juin et précéder le lundi de pentecôte, la météo n'a déjà pas l'air de goûter ce changement. Alors que je profite de la première atmosphère musicale sous la tente du village, la pluie vient de s'inviter à l'évènement annuel de la cité gentille. A deux cent mètres de là, Hindi Zahra a déjà ouvert le bal sur la grande scène. L'éclaircie revenue, je vais à sa rencontre pour entendre sa touchante et délicate voix et apprécier la prestation de ses musiciens métisser leur pop-folk avec des sonorités de jazz et de blues du désert. Une entrée en douceur qui fait du bien au coeur. Le mien et celui des spectateurs s'emballent un peu plus encore avec les Congolais de Staff Benda Bilili. Ce groupe, composé de huit musiciens et chanteurs dont quatre souffrent de poliomélytes, respire la joie de vivre malgré ses handicaps. Que l'on aime ou pas les rythmes africains, les sourires, le dynamisme des chanteurs en fauteuil roulant et la qualité de l'ensemble emportent le public dans une belle communion. Le côté répétitif des chansons et leur longueur ne changent en rien l'impression finale : partager quelques instants de bonheur est visiblement plus fort que tout.


21h30. Le coeur bien activé, le trio new-yorkais The Jon Spencer Blues Explosion peut alors entrer en scène pour me remuer les tripes et m'allumer les tympans. Dire qu'ils portent bien leur nom est quasiment une litote, car ce n'est pas une explosion mais une déflagration qui vient d'emblée terrasser le chapiteau de la place Poulain Corbion. Le son est fort, authentiquement garage et saturé à point pour saisir l'animalité qui se dégage de Jon Spencer, sapé de son célèbre futal moulant en cuir noir. Les morceaux sont raccourcis, entre une à deux minutes chacun, et enchaînés à la vitesse grand v par cette bande on ne peut plus rodée ; "She Said" passe même quasiment inaperçue. Leur soul-blues-punk-rock furieux sévit durant 25 minutes avant que le trio nous autorise une toute petite pause. Le temps de lui témoigner enfin mon contentement. Je suis loin d'être le seul même si certains spectateurs restent éberlués. Pour le bien ou le mal, peu importe, Jon Spencer et Judah Bauer aux guitares, Russel Simmins à la batterie sont repartis de plus belle avec "Hell" ! Jon éructe ses paroles en gobant et en inondant son micro, il pousse ses harangues et assène ses riffs en les ponctuant d'assauts "génuflexés". Ce rock'n'roll est cru, sexuel et bestial mais laisse place à une vraie richesse musicale. Elle est encore plus présente dans le rush final. Judah nous montre quelques étendues de son talent pendant que Jon se joue de son theremin. Ils laissent Russel terminer le set seul sur scène avec ses deux fûts comme uniques martyrs. En l'espace d'une heure et dix minutes, plus que prévu, The Jon Spencer Blues Explosion ont une nouvelle fois transcendé le rock'n'roll des sixties et m'ont ébranlé. Seuls les plus avertis ont peut-être compris ce qu'il vient de se passer. A défaut, certains peuvent encore être convertis, cela fait maintenant près de vingt ans que ces trois là jouent à ça.


23h. Avec The Hives, la différence ne peut sauter qu'aux yeux et aux oreilles. Car si les cinq Suédois ont peu ou prou les mêmes influences que JSBX, le contraste entre les deux groupes est évident. Entre le pur rock'n'roll américain incarné par le charismatique Jon Spencer et la mascarade d'une escouade de scandinaves, mon coeur ne balance pas. Avant même le début du concert leurs accessoiristes en tenue ninja sont déjà too much et me filent un début d'urticaire. HIVES trône en grandes lettres blanches en fond de scène et c'est en queue de pie, chemise blanche et haut de forme que le groupe apparaît, "le meilleur du monde" selon leur chanteur Pelle Almqvist... Cette bande de comiques marient bien le second degré mais pour faire passer leur show grandiloquent il faut aussi jouer de la vraie et bonne musique. Et c'est là que l'arrogance, les mimiques, la provocation et leur vrai-faux narcissisme atteignent très vite leurs limites. Le groupe qui se la pète sans se la péter tout en se la pétant, c'est un peu puant sur les bords. Non ? Bien sûr, les morceaux sont entraînants et il se passe quelque chose sur scène, mais les riffs garage punk on ne peut plus simplistes et la voix sans relief de Pelle finissent par m'éloigner de ces conquérants auto-proclamés. "Tick Tick Boum" et les précédents morceaux ont pourtant ravi la plus jeune audience. Les moins avertis n'ont peut-être pas tout compris ? A moins qu'ils n'aient pas bien écouté en préférant la forme au fond... Un énième travers musical d'aujourd'hui !

Après cette mauvaise sensation personnelle, quoique d'autres proches sont du même avis, je n'attends pas grand chose de Yelle. Elle revient tout juste d'une belle tournée américaine et doit défendre sa nouvelle renommée sur ses propres terres, devant sa famille et ses amis. En guise de surprise, c'est recouverte de plusieurs kilos d’algues vertes en soutien à sa région qui souffre de cette pollution qu'elle entre en scène, à moins que ce ne soit une tenue de camouflage... Malheureusement, quelques rythmiques de son Safari Disco Club plus tard, sa voix est découverte et me laisse à marée basse. La place est de plus en plus clairsemée et il fait froid. Mon chauvinisme s'arrête là et je pars me réchauffer auprès du son des Gallois de The Joy Formidable qui passent au Forum. Le quart d'heure de retard pris, il est 2h15 du matin quand le groupe débute, la fatigue et la foule ne m'autorisent pas à profiter pleinement de leur dream pop aux envolées pixiennes. Je pars avant la fin, tant pis, demain la journée s'annonce tout aussi chargée...
Commentaires
Soyez le premier à réagir à cette publication !
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Publicité
Album de la semaine
À lire également