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Le Free Wheels, festival rock : les gardiens du Temple.


Christine, le 31/08/2011

Dans les allées du Free Wheels...

Marcus est le gérant de la Société Free Wheels, qui appartient aux Hell's Angels. Il coordonne et organise le Festival avec le concours de tous les Frères Hell's Angels de France. Il nous a reçu malgré un agenda surchargé, pour nous expliquer ce qu'est le Free Wheels, et nous aider à comprendre les liens entre Bikers et culture Rock.


Marcus nous retrace brièvement l'histoire du festival : "Quand nous avons stoppé en 2001, c'était la 14ème édition. La première s'est passé à Nice. C'était un tout petit truc, on nous avait refilé une place genre un lit de rivière (rires), c'était pas terrible, mais il y avait un peu de monde.
Des Frères qui connaissaient un peu le coin venaient à Cunlhat (prononcer quin-ya), en Auvergne, et voilà, on s'est retrouvé là. Petit à petit au bout du troisième ou quatrième rassemblement, c'est devenu un truc monumental ! Pour le dixième anniversaire, il y avait 25000 personnes sur le site et 100 000 personnes à Cunlhat.
En 2001 nous avons eu beaucoup de problèmes, il a plu pendant 3 jours sans arrêt. Et il fallait investir, dans la sécurité par exemple. Il y avait des passerelles partout, pour ne pas que les gens traversent la route. Tout ça a représenté un coût, et la météo par là dessus, ça a coulé la société de l'époque. On a voulu refaire, mais on nous a créé quelques difficultés, on a eu des bâtons dans les roues, alors on a laissé tombé complètement.
Et puis en 2009, les gens étaient nostalgiques, ils nous parlaient de revenir, et on s'est décidé. En 2010, à Courpière, les festivaliers ont répondu tout de suite
"


Le Free Wheels est un rassemblement de bikers au milieu duquel festivalier lambda peut se plonger dans l'univers du rock : moto, concerts, look et attitude.
"Les gens viennent pour la musique, pour les motos et pour voir les bikers." explique Marcus."J'ai tous mes Frères d'Europe qui viennent, c'est le seul endroit où on voit tant de motards. Ça a toujours été ouvert au public, ça favorise la rencontre et la découverte .
Beaucoup de festivaliers viennent juste pour les concerts. A une époque, il y avait des punks...On ne les voyait pas trop la journée, mais juste avant le concert, plein de punks arrivaient, et tout le monde se mélangeait, tout le monde s'entendait bien, c'était super.
"


Pendant presqu'une semaine, le petit bourg de Courpière vibre à l'unisson des moteurs 4 temps et des cylindres en V. La commune est entièrement réaménagée pour à la fois accueillir toute cette population motorisée, venant des quatre coins de la France et de l'étranger et pour assurer la sécurité des habitants et des visiteurs. Les curieux viennent nombreux admirer le ballet des choppers, cruisers, et autres Harley qui offrent un show mécanique dans les rues du village et sur les petites routes du Livradois-Forez.

A l'entrée du village, un champs accueille le festival : deux scènes, des espaces pour les traditionnelles activités prisées des motards, et un village de 150 stands. Sans oublier parkings et camping, pris d'assaut pendant la manifestation.

Sur le site, le son est omniprésent : entre les balances des différents groupes, les hauts parleurs diffusent des titres de Led Zep, d'ACDC, repris par les bandes sons qui accompagnent performances et animations.


Le Guerlain est-il soluble dans l'huile de moteur :

On croise de joyeuses équipées dans les allées : motards en gilet de cuir, floqués d'écussons aux couleurs du Moto-Club, jean et santiag, tatouages colorés ...mais des effluves parfumées nous rappelle que la ménagère de 50 ans vient aussi s'encanailler au Free Wheels, en couple, avec les amis : Trois jours où tout est permis : siffler pendant les concerts, danser, boire de la bière au gobelet (de marque aussi, "Free Wheels"...) .

Le village, c'est le lieu du business : fringues, équipement et accessoires, customisation, concessionnaires moto, on peut admirer, toucher, enfourcher de superbes engins, on peut rêver...

Les copains d'abord.

Le Free Wheels, c'est un moment privilégié pour retrouver les potes venus d'un peu partout en Europe. Nous avons assisté à de nombreuses scènes de retrouvailles et de camaraderies, autour des activités traditionnelles chères aux bikers :
Bras de fer mécanique, (le challenge féminin a été remporté par une frêle jeune fille , une poussée de 7 bars, messieurs...), performances diverses : montage d'une moto en 3 jours, course d'unibike (motos à une roue), funambules à moto sur un fil tendu à 15 mètres du sol, etc....

Et pourtant elle tourne !

Parmi les nombreux concours et challenges que se lancent les festivaliers motorisés, celui qui rassemble le plus de monde est le concours de customisation. Chacun va tenter de décrocher le prix pour la technique, l'originalité, le design, en présentant son cruiser (sur lequel vous êtes en position droite ou légèrement en arrière) ou son chopper (moto dépouillée de tous ses accessoires). Les festivaliers et le jury ont eu le loisir de les admirer sur un espace d'exposition pendant deux jours. Sur la scène, pour la remise des prix, vont se succéder les Jimmy Neutron du bricolage. La personnalisation n'a pas de limite, si ce n'est celle de la technique. On voit passer des choppers aux fourches longues...très longues...
"Et pourtant, il a pu prendre les virages pour venir jusqu'ici" s'exclame le commentateur.

A noter deux femmes parmi les lauréats, une bonne manière de prouver que la gente féminine excelle aussi dans ce domaine et n'est pas cantonnée à l'autre animation phare du rassemblement :


Cachez ce sein que je ne saurais voir...

Marcus nous explique : "Entre chaque passage de groupes auront lieu des strip-tease. En fait, cette année, ce sont des effeuillages, c'est plus sympa, on voit la féminité autrement, c'est plus joli.
Ça fait partie du Free Wheels!Le t-shirt mouillé c'est exactement la même chose, ce sont des volontaires qui viennent, pas pour gagner quelque chose, c'est plus pour s'éclater. Tu as tous les genres, des jeunes ou des moins jeunes, des un peu grosses....il en faut pour tous les goûts, on se permet le laisser-aller, les gens viennent là pour oublier leurs soucis.
"

Les effeuillages donnent effectivement lieu à de jolies chorégraphies, et le dynamisme est à l'œuvre au moment du concours de t-shirts mouillés : les artistes d'un jour s'éclatent sur la scène sur "Born to be Wild" et "Thunderstruck". Le show est ...chaud, les t-shirts sont vite abandonnés. Dans le public, les gars applaudissent, pas d'agressivité, pas de manque de respect. C'est la fête.
"Tout le monde est pareil ici, argent ou pas, beau ou moche, on met ses soucis familiaux, ses problèmes de boulot de côté pour passer un super week-end. Et si un gars a un peu trop bu, sa moto est sur le parking, il va se coucher dans sa tente et c'est fini."


My My, Hey Hey, Rock'n Roll is here to stay....

Evidemment, si je vous cite "Born to be Wild" ou "On the Road Again", tout de suite vous fredonnez les riffs et les mélodies avec dans la tête des images de motards chevauchant des Harley sur la route 66, cheveux longs et gilets de cuir. C'est ancré désormais dans notre mémoire collective. Il existe des groupes étiquetés motards, et qui le revendiquent (Black Label Society), ou d'autres qui font leur promo concert autour des rassemblements. Le blues et le rock sont intimement liés à la culture bikers, laissant la porte entrouverte à leurs émanescences : le punk est admis, le rockabilly et la country bienvenus, le grunge accepté et parallèlement, on a du mal à imaginer de la programmation pop sucrée ou reggae sur ce type de rassemblement.

Ce qui n'empêche pas, comme nous l'a rappelé Marcus, que chaque festivalier ait ses propres préférences et écoute des musiques très différentes. Le rock est fédérateur, c'est un point de repère. Avec les copains, c'est la fête, c'est le rock, c'est une attitude.

Aussi loin que remontent les témoignages sur le Free Wheels, il a toujours eu une réputation de programmation de grande qualité, qui s'étendait au-delà des frontières auvergnates.
Marcus nous en parle : "Il y a une équipe qui gère ce domaine, mais tout le monde s'en occupe un peu. Si j'entends un truc, je leur propose. Yann Lem par exemple, a gagné au festival Blues sur Seine, c'est comme ça que je l'ai connu. J'ai écouté et j'ai dit "Ah, c'est bien ça !"
Beaucoup de membres de l'équipe travaillent dans le spectacle, on a les avis où il faut les demander. Mais on n'écoute pas que les spécialistes. Cette année, j'ai souhaité un cocktail. Avant, ce n'était que du hard rock, c'était comme ça. J'ai souhaité qu'il y ait du blues, de la country, sur la petite scène par exemple. Ce que je veux, c'est que tout le monde vienne ici et se reconnaisse à un moment dans SA musique. Mais même si j'aime moi, à titre personnel, la new-wave, on n'en verra pas demain au Free Wheels !
".

Sur la petite scène sont reçus les groupes qui concourent pour le Tremplin Free Wheels.
" Nous avons un site internet sur lequel les groupes peuvent s'inscrire, mais nous n'en gardons que dix. C'est sûr que beaucoup sont déçus, mais on ne peut pas prendre tout le monde ! On essaye de valoriser des groupes qui font leurs propres morceaux, pas seulement ceux qui font des reprise . Cette année on a eu de super sponsors. Le premier prix, c'est de jouer l'année suivante sur la grande scène, et cette année en plus, le premier gagnera une batterie et les autres une guitare. ".

Les vainqueurs cette année : Massive Audio Distorsion.

Chasseurs de têtes :

Motorhead et Twisted Sisters en 2010, Molly Hatchet et Joe Cocker cette année, comment font-ils ?
Marcus se frotte le front : "Les têtes d'affiche, c'est difficile, on n'a pas un très gros budget musical, on prend des gens qui font des tournées et qui passent. Joe Cocker va sur Monaco, il s'arrête ici. On n'aurait pas pu se permettre de le faire venir juste pour nous ! Et puis avant, les groupes gagnaient de l'argent en vendant des disques, maintenant, avec le téléchargement illégal, ils n'en vendent plus. Ce que les groupes gagnent, c'est par la scène, et tous les prix sont multipliés par quatre. On voit la différence entre les années 2000 et aujourd'hui. On avait moins de difficultés, on s'est payé des groupes qu'on ne pourrait plus avoir maintenant.".

A notre question sur les groupes préférés des bikers, il répond :
"Il n'y a pas de groupes spécifiques bikers, il y a ceux qui sont branchés moto, et Harley, parce que c'est la mode ! mais bien sûr, si tu fais venir ZZ Top, les gars, ça les branche vraiment ! Et puis tu as ceux qui te disent : "ACDC, c'est pour quand ?" Tu penses, c'est hors de question !".
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