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Critique d'album

Avenged Sevenfold


The Stage


(28/10/2016 - Capitol Records - NWOAHM - Genre : Hard / Métal)
Produit par Avenged Sevenfold / Joe Barresi

1- The Stage / 2- Paradigm / 3- Sunny Disposition / 4- God Damn / 5- Creating God / 6- Angels / 7- Simulation / 8- Higher / 9- Roman Sky / 10- Fermi Paradox / 11- Exist
Note de 5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"L'album de 2016. Complet, complexe, puissant et intelligent."
Erwan, le 19/12/2016
( mots)

Nouveau batteur, nouvel album, tombé du ciel à la surprise générale. Avec The Stage, Avenged Sevenfold a tué le game de l’année 2016 et coupé l’herbe sous le pied à Metallica.


Hail To The King avait-il vraiment permis à Avenged Sevenfold de faire le deuil de The Rev, son regretté batteur d’origine et merveilleux compositeur ? On eut été tenté de le croire. Arin Ilejay semblait avoir trouvé sa place derrière les fûts. Et Hail To The King ressemblait à une façon de tourner définitivement la page. Avenged avait fait des choix forts, rompu avec une partie de ses codes habituels, pour sortir un disque dans lequel on pouvait retrouver toutes ses influences, de Metallica aux Guns en passant par Pantera. Mais Hail To The King, tout formidable et lourd qu’il était, avait quelque chose d’ambigu, de bancal. En gommant trop sa personnalité pour chercher gagner en légitimité, Avenged a joué un jeu qui ne lui ressemblait pas et qui a également un peu déstabilisé les fans.


D’ailleurs, toute la période entre Hail To The King et The Stage était un peu étrange. Personne n’avait trop compris pourquoi Avenged avait décidé de remercier Arin Ilejay. Shadows a récemment éclairci ce point, expliquant qu’il n’était tout simplement pas dans la bonne dynamique, et ne faisait pas les choses à la bonne façon par rapport aux quatre autres membres du groupe. Il faut dire que la tâche n’est pas facile. Syn, Matt, Zacky et Johnny sont amis depuis le départ et ont des relations très fortes ensemble. Arin avait en tout cas mal vécu cette façon de se faire virer, d’autant plus qu’il semble qu’Avenged, et Matt en particulier, avait déjà commencé à préparer son remplacement par Brooks Wackerman avant d’avoir clarifié les choses avec Arin.


Quoi qu’il en soit, une fois la surprise passée, Brooks Wackerman n’étant clairement pas un choix qu’on aurait pu anticiper, nous voilà en 2016 face à un album que personne n’attendait non plus. Quelques bruissements de-ci de-là sur la toile tout au plus, avant la sortie du premier single, qui annonçait forcément une nouvelle production. Mais la date de sortie de cette nouvelle production n’est finalement pas évoquée avant le mercredi, alors que The Stage va bien sortir le vendredi 28 octobre. Une façon, pour Shadows, de ne pas créer d’attentes et d’a priori sur le disque, et de faire l’évènement tout en s’épargnant une phase promo qui n’intéresse personne dans le groupe, pour pouvoir ensuite parler de l’album une fois que tout le monde l’a écouté. La recette, utilisée par de nombreux autres artistes cette année, a certes créé autour de The Stage un buzz certain, bien que ce buzz ne se soit pas retrouvé dans les chiffres de ventes, The Stage s’étant deux fois moins vendu la première semaine que Hail To The King.


Alors prenons-le, cet album. Et parlons-en. The Stage est la meilleure chose qui soit arrivée à Avenged depuis City Of Evil en 2005. Qui soit arrivé, et non pas qu’ils aient fait. Puisque Nightmare, Hail To The King, et même leur album éponyme, avaient tous des qualités. Mais qui leur soit arrivé car contrairement aux albums cités précédemment, toutes les bonnes idées de The Stage devraient, en théorie, plaire à tous les fans d’Avenged Sevenfold depuis le début des années 2000. The Stage est la meilleure synthèse possible entre les qualités de City of Evil, de Nightmare et de Hail To The King.


Alors qu’à l’écoute de "The Stage" (parce que oui Matt, déso pas déso, on s’est quand même fait un avis sur l’album avant qu’il sorte en écoutant le single), on pouvait craindre à un nouvel album dans la même veine que Hail To The King. "The Stage" aurait très bien trouvé sa place dans l’opus précédent. Même façon de se développer autour d’une longue ligne solo après une intro un peu longue, comme "Hail To The King". Un riff de guitare très Metallica… Et un solo de Syn qui ravit les oreilles en retrouvant un son assez proche de celui utilisé pour "Acide Rain". Mais heureusement, quelques raisons d’espérer. Déjà, le jeu de batterie. Rien à voir avec ce qu’on avait pu entendre auparavant dans Avenged. Le jeu est ravageur, plus atypique que Ilejay, et le son beaucoup plus chaud, beaucoup plus rond que celui de The Rev. Ensuite, un refrain plus nuancé, assez surprenant d’ailleurs. On n’a pas ce côté attendu qu’avaient ceux de Hail To The King. Et surtout une seconde partie de morceau après le solo de Syn complètement folle où Shadows dégage vraiment quelque chose de puissant. Enfin, en plus d’être virtuose pendant trois longues minutes, Syn termine sur une partie acoustique jazzy à souhait comme on en entendait plus dans Avenged depuis… City of Evil. Et elle est là la vraie satisfaction. Parce qu’enfin, Syn replonge dans un de ses registres préférés, qu’on lui connaît finalement peu et qu’on avait vraiment hâte d’entendre à nouveau.


Une fois passée cette fellation en règle du premier single et premier titre de The Stage, toute crainte d’une redite de Hail To The King disparaît. La deathbat s’envole et régale. Riff encore très Metallica pour le refrain de "Paradigm", après un couplet matraqué à la perfection comme si Syn et Zacky avaient troqué leurs guitares contre des mitraillettes, mais surtout retour très surprenant des voix en scream alors que Shadows avait été par le passé très catégorique sur son aversion pour ce type chant. Celles-ci ne font cependant qu’accompagner le refrain. Nouveau retour, encore plus jouissif, de vraies parties de guitare jazz sur "God Damn". Avenged navigue entre le brutal et le plus mélancolique avec une intelligence folle. "God Damn" est d’ailleurs une bonne synthèse de ça, à un point presque caricatural. L’atmosphère est parfaite, épique et lunaire, et pour le coup la pochette de The Stage la reflète parfaitement.


"The Stage", "Paradigm", "Sunny Disposition", "God Damn" et "Creating God" sont déjà cinq gros morceaux. Et on n’a pas encore parlé de l’idée de génie de mettre des cuivres sur "Sunny Disposition", un choix fort et inédit chez Avenged qui a lui seul rend le morceau unique. Et globalement, s’arrêter là dans l’écoute (ce qu’il ne faut pas faire, parce que quand on ouvre le paquet de haribo, on le termine comme un gros gourmand) suffit pour tout saisir de l’entièreté de The Stage. Mais les phases plus atmosphériques de "Sunny Disposition" et de "Creating God" amorcent la seconde chose qui fait de The Stage un disque si complet : les intentions prog du disque.


Soyons clairs d’emblée : toutes ces petites touches prog à droite à gauche ne sont là que pour une chose, nous préparer à la dernière et plus importante pièce que The Stage va révéler, "Exist". Un morceau de metal prog de plus de 15 minutes. Et là encore, Avenged revient à des choses qui nous manquaient. Nightmare avait été un disque très marqué par ces intentions prog. Sauf qu’elles venaient de The Rev. The Rev parti, dans de telles circonstances, on n’osait même pas imaginer Avenged y revenir. Mais Shadows et sa bande ont fait un nouveau choix fort, payant, qui est évidemment un mur porteur de ce que le groupe construit dans ce disque. Et qui en plus sert parfaitement le propos global des textes, sur l’intelligence artificielle, ses risques et le rapport que nous entretenons avec ce qui nous dépasse, notamment notre univers et le concept de dieu.


La robe spatiale qui habille The Stage se tisse par la suite dans les lignes de voix de Shadows sur "Angels" et les couplets de "Simulation", le refrain extraterrestre de "Higher" et sa fin très épurée et légèrement expérimentale, ou encore la seconde partie de "Fermi Paradox", autre énorme pièce de l’album, bien que le texte ne soit clairement pas à la hauteur du concept mobilisé par son titre.


Tout ça pour "Exist" donc. 15 minutes. Belle performance, c’est le morceau le plus long jamais composé par le groupe, devant "Save Me", titre qui clôturait Nightmare avec exactement les mêmes ambitions et intentions. Majoritairement instrumental, "Exist" mélange plusieurs couleurs de son en commençant par une introduction presque électro avant d’exploser sur un solo harmonisé, puis un riff de trash, puis d’autres solos, et d’autres riffs, le tout propulsé par une batterie extraordinaire (le passage de 4’ à 5,30’ particulièrement). Shadows n’arrive finalement qu’au bout de sept minutes, sur un passage acoustique qui décolle assez rapidement et où les chœurs sont également très importants. Shadows et le groupe décrivent "Exist" comme une retranscription heavy metal du big bang, le chant marquant l’apparition de la vie alors que Matt aurait préféré que le titre reste uniquement instrumental. "Exist" se termine sur un discours de l’astrophysicien Neil deGrasse Tyson écrit spécialement pour The Stage, qui traite du sort de l’humanité avec une certaine poésie et d’espoir tout en tirant un constat assez sombre sur notre comportement actuel, nous humains.


"There are more stars in the universe than grains of sand on the world's beaches.


More stars in the universe than seconds of time that have passed since Earth formed.


More stars than words and sounds ever uttered by all humans who have ever lived.


The day we cease exploration of the cosmos is the day we threaten the continuance of our species.


In that bleak world, arms-bearing, resource-hungry people and nations


Would be prone to act on their low contracted prejudices,


And would have seen the last gasp of human enlightenment —


Until the rise of a visionary new culture once again embraces the cosmic perspective;


A perspective in which we are one, fitting neither above, nor below, but within."


The Stage est-il pour autant un disque parfait, sans aucun défaut, même aux yeux d’une personne qui rédigerait ces lignes en étant éventuellement une grosse groupie de Syn et Shadows ? Non. Quelques inquiétudes se dessinent avec le recul, nécessaire pour le digérer. La première, la longueur. Aussi bonne que soit la tartiflette, on n’en finit pas seul une pleine marmite. Alors on n’en mange que quelques délicieux gros bouts, laissant les autres aux oubliettes. Impossible donc de s’approprier, à moins d’une écoute régulière de l’ensemble du disque, tout ce qu’il renferme. Ce qui n’est pas un défaut pour nous, auditeurs, qui prendront un plaisir fou à retomber sur "Roman Sky" après s’être habitué à "Creating God". Mais malheureusement pour Avenged, une grande partie du travail sur The Stage sera reconnu mais pas retenu.


Autre point inquiétant, et vraiment très inquiétant, le chant. La voix de Shadows a toujours clivé, comme celle d’Axl Rose, oh surprise ils ont eu le même professeur de chant. Ce côté criard, nasillard, dans les aiguës, a toujours été là, si on se souvient de "Lost" (album éponyme), ou du refrain de "Welcome To The Family" (Nightmare). Un fan répondrait que ses graves sont ravageurs et surtout que Shadows n’a jamais eu de soucis pour être juste, même en poussant énormément, et dégage une puissance incroyable. Mais avec The Stage se posent deux problèmes. La voix sur l’album a bénéficié d’un mixage qui la rend parfois très différente de ce qu’on connaît de Shadows. Moins rocailleuse, un peu plus lisse. Et sa nouvelle façon de chanter déstabilise un peu. Mais le pire reste le live publié sur YouTube par Avenged pour marquer la sortie de l’album. Un live enregistré certes sur le toit de la tour de leur label dans des conditions sans doute pas folles pour la qualité du son, mais sur lequel Shadows ne passe pas loin de massacrer ses morceaux et semble très limité, dans le dur sur chaque poussée. Et il serait vraiment dommage qu’un disque si osé, si complet, si plein, ne puisse pas se retranscrire correctement en live.


The Stage est pour certains l’album de l’année. Pour d’autres, il n’est qu’un disque de plus dans la discographie d’un groupe sans intérêt. D’autres encore le voient même prétentieux. A la bonne heure ! Avenged a trop souvent ces derniers temps essayé de faire plaisir à son public en lui donnant ce qu’il attendait, en vain. Tu veux des ballades qui font chialer ? Tiens, Nightmare en est plein. Zut, c'est trop larmoyant. Tu veux du metal bien classique ? Tiens, tout un album, Hail To The King. Oh zut, finalement c’est trop classique. Cette fois-ci, Avenged n’a cherché à contenter personne. Juste à se faire plaisir avec surtout un maximum d’ambition. Quitte à passer pour prétentieux. En résulte un album complexe à différents degrés de lectures qui contient des riffs ravageurs et de nouvelles lignes solos extraordinaires. En ne cherchant à contenter personne, The Stage est peut-être finalement l’album d’Avenged qui contentera le plus de monde.

Note de 2.5/5
Je vais être beaucoup moins élogieux que mes camarades, n'ayant pas été convaincu par cet opus malgré un certain nombre de qualités, notamment quelques mélodies appréciables. Ces nouvelles compos d'AS demeurent dans les balises d'un metal prog finalement assez simpliste dans sa construction, on a l'impression que les interludes plus calmes et/ou acoustiques sont plaqués pour faire genre. Au-delà de ça, le groupe conserve des travers irritants : batterie stroboscopique sans aucune musicalité, riffs assez banals, soli de guitare fatigants à force de se regarder dans le miroir, et chanteur emphatique manquant de subtilité. Là-dessus j'ai trouvé le son de cet album assez fade, ça manque de tripes dans les basses. Je vais lui donner une seconde chance, mais ce ne sera certainement pas l'album de l'année en ce qui me concerne.
Note de 4.5/5
Quel album mes aïeux ! Prenant tout le monde de court, annonçant la sortie de The Stage la veille de sa publication, Avenged Sevenfold montre l'étendue de son immense talent. Un concept appuyé et sensé, des morceaux aventureux, imposants, parfaitement maîtrisés, le groupe sort l'artillerie lourde. Là où son prédécesseur était rétrograde et peu enthousiasmant, The Stage se montre varié, intelligent et immédiat. Et là où M.Shadows et sa troupe pouvaient passer pour des 'ricains républicains bas du front, The Stage adresse un joli pied de nez à tous ses détracteurs en se dévoilant critique et légitime. Un très grand disque.
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