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Critique d'album

Big Thief


Dragon New Warm Mountain I Believe In You


(11/02/2022 - 4AD - Indie /Folk/Rock - Genre : Rock)
Produit par James Krivchenia

1- Change / 2- Time Escaping / 3- Spud Infinity / 4- Certainty / 5- Dragon New Warm Mountain I Believe In You / 6- Sparrow / 7- Little Things / 8- Heavy Bend / 9- Flower of Blood / 10- Blurred View / 11- Red Moon / 12- Dried Roses / 13- No Reason / 14- Wake Me Up To Drive / 15- Promise is a Pendulum / 16- 12,000 Lines / 17- Simulation Swarm / 18- Love, Love, Love / 19- The Only Place / 20- Blue Lightning
Note de 4.5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Big Thief poursuit sa razzia sur l'indie."
Diego, le 15/02/2022
( mots)

 


Big Thief. Des dégaines co-inspirées par le guide vestimentaire de Hipster&Vegan Magazine et par celui du Chasseur Français, une production musicale à faire passer Alexeï Stakhanov pour un cossard et probablement la frontwoman la plus charismatique et énigmatique de la scène indie : tous ces éléments ne pouvaient que nous destiner à parler de ce quator.


La sortie de la dernière galette du groupe, "sobrement" intitulée Dragon New Warm Mountain I Believe in You, est une formidable occasion de revenir sur l’histoire du chouchou de la critique spécialisée. Petit coup d'œil dans le rétroviseur donc, Big Thief est avant tout le projet d’Adrianne Lenker, au chant, à la guitare et à l’origine de la grande majorité des compositions du groupe. Lenker a passé ses premières années dans une secte chrétienne de l’Amérique profonde, puis a été élevée (formatée) par son père dans le but de devenir une jeune star de la pop. Elle sortira même ses deux premiers albums solos entre 13 et 16 ans. Vînt ensuite l’émancipation : son talent lui ouvre les portes de la prestigieuse école de musique Berklee, puis elle s’installe à New York. Elle y rencontrera Buck Meek, qui endossera les rôles de mari puis de guitariste solo dans la nouvelle formation de Lenker, Big Thief. Les deux artistes partagent la culture de la musique américaine du sud, de l’heartland rock à la country, en passant par la folk. Le bassiste Max Oleartchik et le batteur James Krivchenia complètent le tableau, et Big Thief se révèle au public au travers de Masterpiece (littéralement “chef d’oeuvre”), premier album sorti en 2016. La formation new-yorkaise rejoint ainsi une de ses illustres aînées, Interpol, au palmarès des baptêmes pompeux d’une première œuvre (on rappelle ici que le premier morceau du premier album de Paul Banks and co avait pour titre “Untilted”). Cependant, Big Thief a de quoi assumer ses ambitions : la folk faussement fragile et la qualité des compositions de Lenker font le succès de ce premier disque. Essai plus que transformé avec Capacity, seulement un an plus tard, qui ajoute la corde “hymne rock” à l’arc du groupe, avec “Shark Smile”, bijou énergique, mélodique et favori immédiat des fans. 


L’année 2019 verra Big Thief sortir non pas un mais deux nouveaux LP, U.F.O.F. au printemps, puis Two Hands à l’automne. Nouveaux succès critiques et publics pour les deux galettes, sur lesquelles le groupe continue de manier à la perfection le jeu d’équilibre entre folk écorchée vive et rock brut, parfois cacophonique mais tellement rafraîchissant. C’est ainsi tout sauf un hasard si Matt Berninger propose une reprise de “Not”, titre phare du dernier album de Big Thief, lors de certaines représentations live. L’adoubement d’un des patrons de la scène indie, ce n’est pas rien.


En complément, la discographie solo de Lenker continue de gonfler, avec notamment l’excellent Songs sorti en 2020, et celle de Meek se construit, à la faveur de deux albums solos entre 2018 et 2021 et une collaboration avec Sarah Tudzin sur le dernier Illuminati Hotties.


Autant dire que lorsqu’est tombée la nouvelle d’un titanesque album de 20 titres et d’une heure vingt (durée assez anachronique), Big Thief était attendu au tournant. 


Commençons l’analyse de ce disque par l’expression d’un regret : 8 titres ont été distillés par le groupe depuis l’été 2021 pour promouvoir la sortie de l’album. 8 titres (même sur 20), c’est bien trop, d’autant que la plupart sont parmi les perles les plus scintillantes de Dragon (...). Ce phénomène est tout sauf nouveau, mais il continue d’être fâcheux. 


Atténuons quelque peu notre propos, en justifiant le fait qu’il n’est pas déraisonnable d’accompagner l’appréhension d’un album si dense en révélant un bon nombre de morceaux au compte-gouttes. Car il est vrai que ce nouveau disque a un côté effrayant à la première écoute, tant le quatuor fait état de sa capacité à adopter des styles musicaux divers, de la folk traditionnelle (le poignant “Change” ou le sublime “Certainty”), du rock (la bombe “Little Things”, un des points d’orgue de ce LP), de la country cosmique (“Spud Infinity”, tout droit sorti de la rencontre en O’Brother des frères Cohen et de Midnight Special de Jeff Nichols), ou plus classique, comme sur "Red Moon", à des sons plus expérimentaux (“Time Escaping” et sa rythmique frénétique).


La prouesse principale de Lenker et de ses compagnons réside dans l’aptitude de faire cohabiter en harmonie des comptines à l’aspect enfantin comme “Dried Roses” et ses harmonies ou “No Reason” et son solo de flûte, des ballades aériennes et contemplatives comme le titre éponyme (une merveille !), et la trip-hop redneck de “Wake Me up to Drive”.


Ces ondoiements musicaux et la sensibilité des textes, parfaitement mise en relief par la voix sur le fil du rasoir de sa chanteuse, constituent un arsenal imparable. C’est également le cas sur la sensuelle ode à la petite mort “Flower of Blood”. La performance de la section rythmique, souvent en retrait et parfois en ordre de marche militaire, comme sur le presque folktronique “Heavy Bend”, est un autre point fort du disque. Krivchenia, en plus d’officier derrière les fûts, en assure également la production, avec brio. La guitare dissonante de Meek est la bienvenue sur “Simulation Swarm” et “Love Love Love”, en charge de raviver la flamme après plusieurs ballades folks. Quant aux arpèges de “The Only Place”, ils sont une délicatesse faisant état de la versatilité du guitariste.


Les textes et les sujets abordés par les chansons de Dragon ne dérogent pas aux conclusions établies plus haut. Avec une apparente naïveté, mais une profonde clairvoyance, Adrianne Lenker fait l’éloge du changement sur le bien nommé “Change” : “Would you stare forever at the sun, Never watch the moon rising? Would you walk forever in the light, To never learn the secret of the quiet night?”/”Regarderais-tu toujours  le soleil, et jamais la lune se lever ? Marcherais-tu toujours dans la lumière, pour ne jamais apprendre le secret de la nuit calme?”


L’autrice se rappelle à son éducation religieuse sur l’apathique “Sparrow” : “She has the poison inside her, She talks to snakes and they guide her”/”Elle porte le poison en son intérieur, Elle parle aux serpents et ils la guident”. Elle se soumet par ailleurs au destin sur l’émouvant “Promise is a Pendulum”: “I can never t?ll you now what I had often said before, B?cause promise is a pendulum just swinging at the door”/”Je ne peux désormais plus te dire ce que je disais souvent, car la promesse est une pendule, se balançant sur la porte”.


S’il est établi que l’on reconnait les cons à leur faculté à tout oser, l’affirmation est également vraie pour les artistes en confiance. Ces-derniers ont cependant une fâcheuse tendance à convertir l’entreprise initiée en succès. Il s’agit bien ici d’un nouveau coup de maître pour Lenker et sa bande, qui continuent de naviguer avec aisance et talent entre les styles, portés par les compositions et les textes lumineux de la frontwoman. L’inquiétude d’un gavage musical se dissipe naturellement avec le paisible déroulé des titres convaincants. Une question subsiste toujours à l’issue de la digestion de cette heure et demi (ou presque) de bonheur : jusqu’où Big Thief pourra aller à ce rythme ?


A écouter : "Little Things", "Simulation Swarm", "Certainty", "Love Love Love".


 

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