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Critique d'album

Cold War Kids


Loyalty To Loyalty


(23/09/2008 - Downtown - - Genre : Rock)
Produit par

1- Against Privacy / 2- Mexican Dogs / 3- Every Valley Is Not a Lake / 4- Something Is Not Right With Me / 5- Welcome to the Occupation / 6- Golden Gate Jumpers / 7- Avalanche In B / 8- I've Seen Enough / 9- Every Man I Fall For / 10- Dreams Old Men Dream / 11- On The Night That My Love Broke Through / 12- Relief / 13- Cryptomnesia
Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Avant la soupe FM, retour sur un fleuron de l'indie-rock US "
Quentin, le 16/11/2023
( mots)

Plutôt que de tirer à boulets rouges sur la dernière livraison des Cold War Kids qui ne présente malheureusement pas plus d'intérêt que la trilogie précédente, nous jugeons préférable de revenir sur leur second album paru en 2008, et qui reste selon nous leur meilleur.


Formés au milieu des années 2000 et originaires de Californie, les Cold War Kids (l'origine du nom serait à trouver dans un parc de Budapest où des enfants jouaient près de statues vestiges de l'ère communiste) se font connaître sur internet (via notamment un bashing viral et polémique sur leur musique) et à travers une première tournée nationale entre 2005 et 2006 organisée par leur label underground Monarchy Music. Repérés par Dowtown Records sur la scène indie-rock américaine, ils sortent finalement leur premier disque Robbers & Cowards, qui obtient un premier succès critique annonciateur d'un avenir prometteur et une jolie promotion radiophonique avec le tube "Hang Me Up And Dry", donnant à apprécier une mélodie bluesy un peu foutraque et la voix haut perchée de Nathan Willett.


Après deux ans de tournée internationale, le groupe remet le couvert avec le même producteur, se préserve du stress généré par l’épreuve du second album et met en boite Loyalty to Loyalty, emmené par la ligne de basse discoïde du single "Something Is Not Right With Me". On retrouve toujours au premier plan des compositions la voix reconnaissable de Willett, à l'énergie authentique, pas toujours extrêmement juste ni maîtrisée, qui surjoue parfois un peu et qui divise profondément dès la première écoute. On pourra y déceler quelques échos d'un certain Jeff Buckley ou du chanteur d'un autre groupe d'indie-rock américain, Hamilton Leithauser des Walkmen.


Explorant toujours l'Amérique des bas-fonds qui nous voyait croiser sur le précédent album des voleurs, des meurtriers attendant dans le couloir de la mort ou encore des jeunes désœuvrés, les californiens sortent du format piano-rock et diversifient leur palette de sonorités. Pour le meilleur, souvent, avec les percussions tribales de "Welcome to the Occupation", titre qui dénonce le système éducatif américain, avec l'intensité imparable de "I've Seen Enough", qui dénote au cœur de l'album, ou encore avec la belle inspiration des lignes de guitare sur "Dreams Old Men Dream" qui pourrait presque évoquer un tube de U2. Mais également pour le pire, parfois, avec l'interminable et dissonant "Avalanche in B" où l'on croit assister à la prestation d'un ivrogne ayant bu un coup de trop en studio. On passera également rapidement sur "Relief" qui nous procure effectivement du soulagement une fois le morceau terminé, lorsque le falsetto de Willett et la rythmique syncopée ne nous vrillent plus les tympans.


La voix du chanteur est à la fois la force et la faiblesse du groupe puisqu'elle phagocyte l'ensemble de la dynamique de création instrumentale. S'adonnant à la construction d'ambiances troubles et angoissantes, les californiens font reposer l'ensemble de leur force de frappe sur le chant habité de Willett, avec des motifs de guitares globalement taillés à la serpe et noyés dans la réverbération et une section rythmique assez discrète. Cet accompagnement minimaliste fonctionne la plupart du temps très bien, à l'image de l’envoûtant "Every Man I Fall For" où Willett prend le rôle d'un personnage féminin avec une raideur remarquable sur les refrains. Mais il s'avère parfois trop rudimentaire pour ne pas lasser et on aimerait pouvoir savourer des montées en puissance plus savamment orchestrées sur le titre d'ouverture "Against Privacy", s'attardant sur les chaussures Prada du Pape, ou sur le conclusif "Cryptomnesia".


En vérité, les Cold War Kids ne sont jamais aussi bons que lorsqu'ils renouent avec leurs racines bluesy un peu décalées à la White Stripes, et à ce jeu, "Mexican Dogs", qui aborde la condition des wetbacks mexicains, possède une tension vibrante particulièrement addictive avec ses rebonds de guitares. On retrouve également les fameuses ballades signatures du groupe telles que "Every Valley Is Not a Lake" et "Golden Gate Jumper", un peu déglinguées avec leur piano de saloon tandis que "On the Night That My Love Broke Through" offre une prestation sensuelle convaincante malgré un final un peu trop dissonant.


Un album donc pas exempt de défauts, mais à l’identité propre, marqué par la volonté de creuser son propre sillon. Plus diversifié que Robbers and Cowards, Loyalty to Loyalty reste la preuve que Cold War Kids était capable de composer de bons albums, loin des standards aseptisés de la soupe pop-rock des ondes FM. Allez écouter leur dernier album paru il y a quelques semaines et rendez-vous compte du fossé qui sépare ces deux productions... Le groupe ne sera finalement pas resté longtemps loyal à ses idéaux de jeunesse. 

Commentaires
Quentin, le 16/11/2023 à 22:37
Merci Kukuro pour ton retour ! Je partage ton analyse et effectivement, mieux vaut te préserver et ne pas écouter leur dernière livraison... quel gâchis.
kukuro, le 16/11/2023 à 18:47
Plutôt d'accord avec cette review. Loyalty to Loyalty semble être l'opus mal aimé de la discographie des Cold War Kids, et pourtant c'est certainement le meilleur ! Sa réception par le public explique peut-être aussi le virage FM du groupe... Mine is Yours sorti 3 ans après m'avait sérieusement refroidi et j'avais donc zappé mon tour pour les voir en live dans une petite salle près de chez moi. Dommage, Dear Miss Lonelyhearts (2013) relevait clairement le niveau et constitue, à mon sens, la meilleure facette pop de Cold War Kids. La suite s'embourbe de plus en plus. Hold My Home recommence la même recette en moins bien, L.A. Divine se voulait comme une galette charnière et grossit finalement le trait pour que la trilogie finale New Age Norms confirme le deuil du rock. Je n'ai pas écouté la dernière sortie mais... la France a peur...
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