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Critique d'album

Dream Theater


A Change of Seasons


(19/09/1995 - Warner - métal progressif - Genre : Hard / Métal)
Produit par David Prater

1- A Change of Seasons / 2- Funeral for a Friend / Love Lies Bleeding / 3- Perfect Strangers / 4- The Rover / Achilles Last Stand / The Song Remains the Same / 5- The Big Medley
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Un EP très bien garni et qui compte beaucoup dans la discographie de Dream Theater"
Maxime L, le 23/02/2021
( mots)

EP : "extended play", soit un "disque d'une durée plus longue que celle d'un single et plus courte que celle d'un album". Voici ce que dit Wikipedia quant à la définition de l'EP. Définition dont se contrefichent éperdument nos New-Yorkais préférés puisque l'EP A Change Of Seasons affiche un total de..57 minutes et 30 secondes


Alors pourquoi donner l'appellation d' "EP" à une galette remplie à ras bord ? Parce que pour Mike Portnoy, il était alors important que le public ne considère pas A Change Of Seasons comme un nouvel album. Nous sommes à l'automne 1994, les Américains de Dream Theater sont une nouvelle fois face à un nouveau tournant de leur carrière. Si la sortie de leur troisième album, Awake, est plutôt très bien accueillie par les fans, les scores de vente sont eux un peu décevants, et aucun single ne parvient à réitérer l'exploit de "Pull Me Under" et sa percée dans les charts.


Et puis en interne, il faut faire face à un récent changement de line-up, avec le départ de Kevin Moore, pour des raisons que l'on peut simplifier à des divergences musicales. Il sera d'abord remplacé le temps d'un concert par un certain ... Jordan Rudess, considéré, à l'image de nos New-Yorkais, comme un prodige de son instrument (exception faite de James Labrie bien sûr). Rudess gravite autour des Américains depuis pas mal de temps, et alors que tous les fans de Dream Theater espèrent son intégration rapide, Rudess décide de refuser le poste pour se consacrer pleinement à son autre groupe, les Dixie Dregs (où officie notamment Steve Morse, actuel guitariste de Deep Purple). C'est finalement Derek Sherinian, musicien ayant travaillé entre autres avec Alice Cooper qui décroche le job très convoité de claviériste de Dream Theater.


1995 arrive très vite et la communauté de fans, déjà aussi conséquente qu'exigeante, lance une pétition à destination du groupe pour que celui-ci sorte de façon très officielle, une chanson, dont tout le monde a entendu parler sans jamais en entendre la moindre note, et qui dort dans les cartons depuis les sessions d'Images and Words. Ce morceau, sorte d'Arlésienne ou de Chinese Democracy avant l'heure, fut composé en 1989, devait apparaitre sur Images and Words, mais fût écarté in-extremis en raison de sa durée : 17 minutes.


Dream Theater ayant toujours eu une relation particulière avec ses fans, la formation décide de prendre la pétition au pied de la lettre et de profiter de l'accueil mitigé d'Awake pour enfin travailler sérieusement sur ce titre que tout le monde attend. Et comme rien d'autre n'a été composé jusque là, Portnoy and Co se décident de publier ça avec quelques reprises, sous la forme d'un "EP", qui permettra en outre de présenter Derek Sherinian de façon très officielle. Et comme le groupe est connu pour son perfectionnisme exacerbé, ils retravaillent le morceau "A Change Of Seasons" depuis le départ, pour en proposer une durée finale de 23 minutes.


Et le moins que l'on puisse dire, au risque de gâcher tout suspense, c'est qu'il n'y a pas une seconde en trop tant la chanson est réussie. Elle est divisée en chapitres, et ce dès le boitier du cd, sans doute pour ne pas rebuter les moins téméraires qui n'auraient pas l'habitude d'écouter de longs titres fleuves. C'est un arpège de guitare qui ouvre les hostilités, rejoint bientôt par quelques notes de piano et nappes de claviers. La mélodie prend forme tranquillement avant l'arrivée dévastatrice de la batterie de Mike Portnoy, toute en contre-temps et qui permet à Petrucci d'asséner ses premiers riffs musclés. Une fois encore, on ne peut que saluer et s'incliner devant l'efficacité de la section rythmique qui vous prend à la gorge dès les premières mesures. James Labrie n'arrive qu'au bout de 4'30 (et c'est encore trop tôt diront les mauvaises langues), avec un chant contenu, bien loin des envolées vertigineuses d'Images and Words, et si son vibrato peut parfois apparaître un peu insistant, il fait le (bon) choix de la sobriété d'un bout à l'autre du titre. Mike Portnoy est une fois de plus partie prenante, le génial batteur signant l'intégralité des paroles. Des textes simples, personnels mais empreints de beaucoup de sincérité, comme souvent avec Portnoy, et qui traitent du "cycle de la vie", en intégrant des samples audio du "Cercle des Poètes Disparus" (le "Seize the Day" en est un exemple).


Difficile (et inutile surtout) de décrire les 23 minutes, qui alternent passages calmes, envolées vigoureuses, accélérations progressives avec de longues (et très réussies) plages instrumentales. Et si l'apport de Derek Sherinian est discret et canalisé, il à le mérite de s'intégrer parfaitement à la technicité de Portnoy, Petrucci et consorts ; proprement hallucinants sur certains chapitres (tentez de reproduire uniquement le rythme de caisse claire sur "The Darkest of Winters" par exemple). La production est ultra soignée, Dream Theater ayant rappelé ici David Prater, responsable (coupable ?) du son d'Images and Words, même si fort heureusement, le groupe a désormais suffisamment d'expérience pour pouvoir contrôler certains choix (cf le son de batterie de Mike Portnoy sur Images and Words).


Ces 23 minutes sont également une excellente porte d'entrée pour qui veut se familiariser avec le métal progressif, genre souvent enclin on le sait à fourguer dès que possible des titres qui dépassent allègrement le quart d'heure : variées, changeantes, avec quelques points de repères mélodiques pour réussir à rapidement accrocher l'oreille (comme cette toute fin qui retombe impeccablement sur les pieds de l'arpège inaugural), et surtout, qui ne tombent pas dans le piège de parties de claviers complètement tarabiscotées (coucou Jordan Rudess).


Mais résumer cet EP à cette fabuleuse chanson serait une grossière erreur, tant le reste du disque regorge de grands moments parmi les reprises proposées. Des covers issues d'une soirée très spéciale : l'anniversaire des 10 ans du groupe. Le rendez-vous est pris à Londres le 31 janvier 1995, au Ronnie Scott's Jazz Club, et à cette occasion Dream Theater va se livrer à un concert axé exclusivement sur des reprises, certaines avec quelques guests prestigieux : Barney Greenway de Napalm Death (pour une relecture de "Damage Inc" de Metallica), de Steve Howe de Yes, ainsi que 2 membres de Marillion : Steve Hogarth et Steve Rothery.


Si ces versions très bien accompagnées ne se retrouvent pas sur A Change Of Seasons  les fans de la première heure les connaissent très bien grâce à la VHS "5 years in a Livetime", dont certains extraits se retrouvent facilement sur les différentes plateformes vidéo, où l'on voit Portnoy et Petrucci tout sourires au moment de partager la scène avec leurs glorieux invités.


Mais Dream Theater n'a pas besoin d'invités pour magnifier de très bon choix de reprises. Que ce soit le fantastique diptyque "Funeral For A Friend-Love Lies Bleeding" d'Elton John, exécuté à la perfection, où le medley Zeppelinien "The Rover-Achilles last Stand- The Song Remains the Same", nos virtuoses préférés s'en donnent à coeur joie avec des interprétations qui tiennent bien plus de l'hommage sincère que de la démonstration technique à tout va. Le duo basse-batterie est une nouvelle fois à un niveau exceptionnel, et ce concert fait encore partie des prestations où la basse de Myung est très bien mixée, ce qui nous permet une énième fois de constater à quel point son apport est colossal, particulièrement sur la piste consacrée à Led Zeppelin (et cet enchainement magistral entre "The Rover"et "Achilles Last Stand") où il se montre au premier plan, groovy, tentaculaire, et totalement dans l'esprit de l'assise rythmique qu'avait John Paul Jones.


SI le groupe va par la suite se montrer spécialiste des concerts thématiques (avec parfois des albums entiers repris, de The Number of The Beast à The Dark Side of The Moon), cet hommage à Led Zeppelin fait incontestablement partie des grands moments, tout comme "The Big Medley", dernier titre qui voit les Américains reprendre là aussi leurs plus grandes sources d'inspiration : de Pink Floyd à Queen en passant par les Dixie Dregs ou Genesis. Et là encore, aucune note n'est à côté, c'est enjoué, habile, efficace, respectueux, avec en plus cette prouesse de passer d'un morceau à un autre avec une facilité déconcertante, comme ce bend astucieux de Petrucci entre "Carry On Waywayd Son" de Kansas, son riff à tiroirs et la partie Hard-Rock de "Bohemian Rhapsody".


Des reprises réussies en pagaille, un titre culte (et qui l'était avant même d'être joué) enfin gravé sur disque, autant dire que Dream Theater a su être à la hauteur des espérances des fans, ce qui leur permettra d'accéder à un peu de sérénité, avant le retour aux choses sérieuses : un nouvel album original, attendu au tournant, autant par les fans que par la maison de disques...

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