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Critique d'album

Dream Theater


A Dramatic Turn Of Events


(13/09/2011 - Roadrunner - métal progressif - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- On the Backs of Angels / 2- Build Me Up, Break Me Down / 3- Lost Not Forgotten / 4- This Is the Life / 5- Bridges in the Sky / 6- Outcry / 7- Far from Heaven / 8- Breaking All Illusions / 9- Beneath the Surface
Note de 3/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Le départ de Portnoy réoriente Dream Theater vers le progressif épique"
Nicolas, le 22/09/2011
( mots)

Tentative de formulation mathématique pour noter un album de Dream Theater : prendre la durée totale de l'album, retrancher la durée des passages merdiques, puis diviser le résultat obtenu par le temps total et rapporter le tout à 5 selon une règle de 3. Soit, dans le cas qui nous occupe : 77 moins 19 égale 58, que divise 77 rapporté à 5, soit une note de 3,73 arrondi au demi point inférieur (parce que bon, c'est quand même leur onzième album) : 3,5 / 5. CQFD.

Mike Portnoy a-t-il tué ses petits copains en quittant la formation qu'il avait contribué à fonder ? C'est à cette interrogation que cette "tournure dramatique des événements" apporte un élément de réponse aujourd'hui, et soit dit en passant, on peut difficilement proposer un titre d'album plus psychanalytique. N'y allons pas par quatre chemin : non, Dream Theater n'est pas mort, ce serait même plutôt l'inverse. Blessés douloureusement dans leur estime, Petrucci & co se sont branchés en mode survie, et c'est peut-être ce qui pouvait leur arriver de mieux. Car quand on souffre, on se rabat sur ses fondamentaux, à savoir ici de la mélodie, du souffle épique et de la musique simple et directe. Enfin, aussi simple que Dream Theater en soit capable...

Techniquement parlant, le départ du batteur prodige est tout de même lourd de conséquences, certaines mauvaises, mais d'autres bonnes, et c'est ce dernier point qui s'avère le plus inattendu. Point de vue batterie, on le sentait venir gros comme une maison, Mike Mangini ne fait pas le poids. Bien sûr le type est une bête de frappe, il joue très proprement, mais ça s'arrête là : on est loin du jeu subtil et surprenant de Portnoy qui sous-tendait la plupart de l'allant rythmique de Dream Theater. Ici, le remplaçant de luxe se contente d'assurer le boulot et d'être dans le temps, ce qui n'est déjà pas évident quand on connait les tarés qui officient dans le groupe. Mais les quatre autres ne s'y sont pas trompés et ont entériné ce déclassage par un mixage qui relègue la batterie loin en arrière des autres intruments. Inversement, l'un des gagnants de la fuite de Barbe Bleue n'est autre que le timide John Myung. Pensez : on entend enfin sa basse et, plus surréaliste encore, l'homme a même droit à des solos ! Mais celui qui profite le plus du départ de Portnoy est Jordan Rudess, qui peut ici laisser libre court à une inspiration qu'on sentait auparavant bridée. Le gain est surtout flagrant en terme de sonorités : le virtuose au bouc délaisse partiellement ses synthés cheap pour se recentrer sur le piano ou des sons plus modernes, ce qui n'est pas forcément un mal.

Ce n'était un mystère pour personne, Mike Portnoy souhaitait entraîner son groupe dans une direction de plus en plus heavy et complexe / progressive. Sa défection permet aux rescapés... de repartir dans le sens diamétralement opposé. A Dramatic Turn Of Events est donc un album beaucoup moins prise de tête que les dernières réalisations du groupe, un disque qui tente de recentrer le propos sur la mélodie et sur une certaine clarté sonore, et surtout un disque beaucoup moins metal que les quatre derniers (même si Octavarium n'était pas non plus un exemple de violence sonore). Qui plus est, cette réorientation s'effectue pour une fois sans nombre de tics désagréables du théatre à rêves : James LaBrie se contente d'un chant minimal qui évite de partir dans des octaves mal contrôlés, et surtout les cinq hommes ne se sentent plus obligés de tendre vers l'hommage bancal (Pink Floyd, Rush, Metallica) ou le plagiat de mauvais goût (Muse, U2). Retour à Images & Words en terme d'intention, donc, soit une époque où le groupe essayait simplement de faire de la bonne musique sans s'encombrer d'héritage ou de concepts.

On trouvera donc de l'excellent sur cette galette, de l'épique enflammé dopé aux synthés royaux, du metal mélodique, simple, binaire et rythmiquement entrainant, mais aussi, on ne se refait pas, des morceaux de bravoures exécutés à toute berzingue, des breaks en pagaille, du changement de tempo à tout va et des torrents de notes déversés en mode branlette autistique. Avec donc des partis pris sympathiques : nombreuses envolées orientalisantes ("Bridges In The Sky", merci Mr Rudess), enchevêtrements alternés d'apèges guitare - synthé ("Lost Not Forgotten", très impressionnant), mais surtout effort certain de musicalité et de dépouillement (certaines parties de "Breaking All Allusions" sont presques psychédéliques, avec petit motif de basse répétitif, samples vocaux et six cordes lascives). Des quatre poids lourds de l'album, "Outcry" est probablement le moins intéressant en raison d'une partie centrale inutilement boursoufflée, et ce malgré quelques ponts atmosphériques bienvenus. On rajoutera à cela deux singles bien calibrés metal épique, bien que parfois un peu maladroits (effets d'échos de voix et boite à rythme kitchos sur certains passages de "Build Me Up, Break Me Down"). Finalement, "On The Backs Of Angels" est un bon exemple de ce qui vous attend sur cette galette : grands refrains vibrants d'intensité, bons riffs cognés, rythme trépidant, intermède au piano, solo de guitare sous amphétamine, nappes orchestrales lustrées et petits gimmicks japonisants. Bref, du bon, du varié, et enfin du son qui flatte le coeur autant que l'intellect. Par contre on préfèrera oublier les tendances toujours exagérément emphatiques du combo (franchement, certains passages technico-onaniques dissonnants auraient pu nous être épargnés) et surtout la niaiserie des trois ballades de l'album (soit deux de trop, au bas mot). Mais bon, que voulez-vous : ces types là ont peur du vide, et comme il restait quelques octets vierges sur la galette...

Si vous aimez un Dream Theater progressif, mélodique et flamboyant, n'hésitez pas : A Dramatic Turn Of Events est fait pour vous. A l'inverse, si vous préférez un Dream Theater violent, glacé et ultra-métallique, retournez aux plus récents albums. Inutile de préciser, pour conclure, que le départ de Portnoy n'a pas modifié d'un iota l'élément fondamental du cahier des charges du groupe, à savoir la réalisation d'une musique tellement complexe techniquement et rythmiquement que seuls les virtuoses du quintette sont en mesure de l'exécuter. Aucune révolution, aucune avancée, aucune réelle remise en question ne sont à signaler ici. Quand on a admis ce postulat à jamais immuable (il ne faut plus trop rêver), on sera encore une fois amené à encenser ou à conchier à l'excès le groupe selon l'importance que l'on accorde à la technique dans le rock, et en ce sens, la note ci-dessus n'a finalement que peu d'importance...

 

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