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Critique d'album

Grandma's Ashes


The Fates


(15/01/2021 - Nice Prod - math-rock / stoner / garage / - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- A.A / 2- Radish Cure / 3- Daddy Issues / 4- Song For Fiona / 5- Outro
Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Un numéro d'équilibriste entre rock et stoner savamment réalisé par un power trio hexagonal des plus prometteurs."
Olivier S, le 24/02/2021
( mots)

Il était une fois, trois filles issues d'horizons bien différents, mais reliées par l'amour inconditionnel de la musique. À  l'orée de leur adolescence et par une chaude nuit d'été sans nuages, elles firent toutes trois un songe particulier dans lequel apparut leur grand-mère défunte, un instrument de musique dans les bras. Modèles féminins de force et de positivisme par excellence aux yeux de leurs petites filles, ces figures tutélaires n'eurent pas grand mal à convaincre leur descendance de la nécessité de se mettre en quête de leur instrument totem. Eva tomba sous le charme de la basse et développa grâce à cet instrument et à sa voix, le pouvoir de l'émotion, au moyen d'une approche mélodique mise en avant par le grunge et le rock "symphonico-baroque". Myriam trouva dans la guitare, le pouvoir de l'évasion, grâce à l’approche psychédélique du rock 70's et l'effet hypnotisant du stoner. Édith quant à elle, hérita, au travers de sa batterie, du pouvoir du renouvellement perpétuel, au moyen d'une approche aux multiples changements rythmiques, offerts par le math-rock et le post-punk.
Quelques années passèrent et une nouvelle apparition en rêve de leur défunte aïeule respective se produisit. Il s'agissait cette fois, de la révélation du véritable but de leur quête de pouvoir personnel. L’existence d'âmes sœurs  musicales cachées leur fut révélée, ainsi que la nécessité, par leur réunion, de l'accomplissement de la prophétie : la constitution d'une triforce musicale, capable de fédérer et de réconcilier la communauté rock et métal, disséminée en clans de plus en plus hermétiques et minée par de nombreuses décennies de schismes musicaux. Les trois femmes se réunirent bientôt et leur premier jam se solda par la matérialisation fantomatique d'une vieille femme aux contours de visage à l'exact croisement des traits de leurs trois grands-mères respectives. L'apparition s'évapora bien vite dans un sourire radieux qu'un superbe panache de cendre dispersa bien vite. Grandma's Ashes était né.

L'histoire aurait pu s'écrire ainsi. Ou l'on pourrait lui préférer le mythe des trois Parques de la destinée humaine, habillement revisité pour ce premier EP (et agrémenté pour l'occasion d'une très belle pochette), offrant l'occasion de proposer une métaphore dans la construction des morceaux et le rôle de chacune dans son déroulement narratif. Qu'importe, elles traduisent toutes les deux, la perception générale de la signature sonore de ce power trio parisien : la création d'une unité narrative d'une cohérence à toute épreuve, assemblée à partir d'un métissage stylistique extrêmement diversifié.

Ainsi "A.A" le titre d'ouverture, ouvrant le bal par une procession pachydermique qu'un Monolord n'aurait pas reniée, toute en basse claquée, tempo en semi-hibernation et guitares enrouées, évite l'écueil d'une redondance propre au stoner, lorsqu’au bout d'une toute petite minute, le tempo s'emballe et le titre se mue en une chevauchée psychédélique tout en réverbs, moments d'accalmie sur coussins d'instrumentaux feutrés, changement de signatures rythmiques en mode boite de vitesse automatique et lead vocal évanescent. Toutes les ficelles du rock progressif sont là et la transition d'une jam apaisée aux accents jazzy vers une montée fiévreuse aux ressorts funky (basse slappée d'Eva en tête) est remarquable. Non-content de proposer un voyage de plus de cinq minutes sans aucune structure classique couplet/refrain, le titre se paye le luxe de marquer les esprits dès la première écoute, par le renfort d'un riffing central très typé Queens of The Stone Age, dont l'efficacité en dispute avec sa généreuse rugosité.

La filiation avec le rouquin du désert se fera encore plus évidente sur "Radish Cure", plus direct et rentre dedans façon garage rock à la sauce western (Them Crooked Vultures n'est pas loin), dont la dernière minute, est une occasion toute trouvée pour une joute verbale entre la guitare enrouée de Myriam et la basse roublarde d'Eva.

"Daddy Issues" et "Song For Fiona", se montrent un brin plus versés dans le post-métal et le math-rock par leur approche plus versatile. La théâtralité dont fait preuve "Daddy Issues" par ses changements de rythme abrupts à mi-chemin entre la nervosité d'un System Of a Down et la grandiloquence mélodique d'un Muse période Showbiz, en fond la pièce la plus tape-à-l’œil et efficace de l'EP. Les deux pièces sont surtout l'occasion de creuser un peu plus le fossé entre un instrumental volontairement taillé à la hache et un lead vocal aérien, bien au-dessus de la mêlée sonore ambiante (on pense immédiatement à Mars Red Sky). Qu'elle soit prise pour une certaine pudeur de la part d'Eva ou un parti pris délibéré, voir inconscient de ne pas trop tirer la couverture à elle (et les projecteurs), cette relative retenue, finie au fil de plusieurs écoutes, par trouver grâce aux oreilles d'un auditeur s'attendant davantage à une explosion de rage, en lieu et place d'une tirade mélodique contenue.  

Le power trio hexagonal aura réussi son pari de sonner lourd, tout en proposant un vocal accessible aux allergiques du chant saturé. Pire, Grandma's Ashes peut même se prévaloir d'avoir doté ce premier EP d'arrangements vocaux de bien belles factures. Les trois Parisiennes défendent avant tout, un rock conscient de son essence première, à savoir le vecteur d’une énergie brute, qu'il est nécessaire de canaliser, de filtrer, pour en délivrer un élixir magnifiant les éléments essentiels de chaque ingrédient qui le compose. Grandma's Ashes, nourri par les interactions directes et spontanées de l'ensemble de ses musiciennes, se pose en matrice d'une musique libérée des carcans, parfois trop rigides, des différents courants qui l'abreuvent.

L'autre atout de The Fates est très certainement d'avoir réussi à rendre justice, en studio, à ces cinq compositions taillées pour l'expérience live et fruits d'une gestation scénique de trois ans. Trois années nécessaires, qui les ont fait grandir, s'affiner au contact des réactions du public et des trouvailles de leurs génitrices, pour finalement être figées dans le marbre dans les mythiques studios parisiens Ferbert.  

En explosant sans vergogne les genres musicaux qui l'ont vu naître, pour mieux les réagencer à sa sauce, Grandma's Ashes tend à démontrer que les bornages stylistiques ne sont que des limitations de l'esprit. Certes, les références envers certains artistes fraîchement digérées et relativement appuyées peuvent faire grincer un auditeur tatillon. Toutefois, leurs diversités ainsi que la sensation de n'avoir jamais affaire à une quelconque tentative de plagiat, font bien vite oublier ces clins d’œil hommages envers leurs héros.
Un détail qui ne pèse vraiment pas bien lourd dans la balance, au regard de la qualité, de la richesse et de la justesse d'interprétation de ces cinq titres imparables ("Outro" instrumentale incluse). Grandma's Ashes prouve, s'il était encore besoin de le faire, que la force d'un collectif soudé et complice, a bien plus de valeur que tous les regroupements d'égos individualistes, aussi virtuoses soient-ils.
Une formation prometteuse à ne surtout pas perdre de vue.

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