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Critique d'album

John Frusciante


Inside of Emptiness


(26/10/2004 - Record Collection - Guitariste des Red Hots ! - Genre : Rock)
Produit par John Frusciante

1- What I saw / 2- The World's edge / 3- Inside a Break / 4- A firm kick / 5- Look on / 6- Emptiness / 7- I'm around / 8- 666 / 9- Interior two / 10- Scratches
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"L'album énervé de John Frusciante, et une réussite totale"
Maxime L, le 16/06/2020
( mots)

La carrière solo de John Frusciante est quand même sacrément difficile à suivre. En faisant l’état des lieux de la seule année 2004, il nous a sorti, entre autres, et dans le désordre : un disque de pop-folk très varié Shadows collide with people, un projet expérimental et fiévreux avec Ataxia, et un bijou de folk racé et mélancolique au travers de The Will to death.


Difficile donc de pronostiquer sur quel pied dansera cet Inside of Emptiness, 5ème album de 2004. Si vous vous attendez à un « changement dans la continuité » du DC Ep, autant vous le dire : vous faites fausse route puisque John Frusciante a décidé de monter le son, et de nous proposer un disque de rock noisy, enlevé et abrasif.


Le ton est donné dès « What I saw », avec une guitare inhabituellement rêche et une batterie dont les coups de battoirs sur les toms basse résonnent tout au long des 4 minutes très efficaces de ce titre inaugural. L’Américain n’est là ni pour perdre du temps, ni pour faire dans la dentelle. On peut se laisser berner par l’intro toute en douceur de "The World’s Edge", mais c’est pour mieux se faire surprendre une nouvelle fois par une section rythmique très puissante et une rage savamment contenue.


Quel changement de cap par rapport à ses dernières sorties ! C’est à se demander s’il ne prend pas un malin plaisir à brouiller les pistes et enchainer les albums comme de véritables exercices de style.C’est un peu étonnant de le dire pour un musicien qui en est à son 9ème effort solo et qui a vendu des kilotonnes de disques avec les Red Hot Chili Peppers, mais Inside of Emptiness peut avoir des allures de disque de la « maturité », pour un bonhomme au parcours long comme le bras ...mais seulement âgé de 34 ans à la sortie.


De la maturité peut être, de l’expérience certainement, mais c’est surtout une vraie plénitude dans sa vie artistique qui peut être l’une des raisons de cette sensation assez palpable à l'écoute. En 2004, John Frusciante est à l’apogée de sa créativité, et parvient toujours à mener brillamment cette double carrière : guitariste des Red Hot le jour, artiste indépendant et libre la nuit.


Un musicien qui continue de s’affranchir de ses collègues californiens, tout en ayant formé son propre clan, puisqu’on y retrouve ici le fidèle Josh Klingoffer (batterie, basse, claviers, et certaines parties de chant et de guitares), ainsi que l’apparition d’Omar Rodriguez-Lopez, (alors ex guitariste d’At the Drive In et membre des géniaux The Mars Volta), sur la chanson « 666".


Outre des goûts musicaux psychédéliques en commun, les deux larrons partagent une certaine forme de frénésie créatrice, ont l’habitude de produire chacun beaucoup de musique, et de s’inviter mutuellement. Nous sommes en 2004, et Frusciante a déjà posé quelques plans sur De-loused In Comatorium, premier effort de The Mars Volta sorti l’année précédente. Il interviendra aussi sur les 2 albums suivants, Frances the mute et Amputechture,  à chaque fois en y prenant davantage de place.


Pour revenir à ce Inside of Emptiness, sa première grosse qualité est son homogénéité, qu’on ne retrouve pas sur tous les albums de Frusciante, loin de là (exception faite de The Will to death). Oui, il y a des compositions plus « apaisées » (« A firm kick » par exemple), mais qui s’inscrivent totalement dans l’esprit du disque, et qui sont surtout de vraies bonnes chansons d’un point de vue mélodique. « A firm kick » bottant d’ailleurs le cul de pas mal des meilleures chansons « mid-tempo» de By the way de qui vous savez. C’en est presque à se demander si Inside of Emptiness ne serait pas meilleur que By the way tiens...et gageons que se poser la question... c’est déjà y répondre en quelque sorte, mais là n’est pas le débat.


De l’homogénéité donc, dénuée de toutes fioritures, l’album étant ultra compact : 39 minutes pour 10 titres. Les chansons sont directes et foutrement efficaces, et parviennent, même après des centaines d’écoutes, à accrocher l’oreille de l’auditeur, avec un choeur, un riff, un fill de batterie, ou un solo bien senti, comme sur « Look on » et son solo mélodique très « californicationesque ».


Laissons le soin à chacun de classer Inside of Emptiness sur l’échiquier du rock : indie-rock, noise-rock, alternatif, etc. Là n’est sans doute pas l’essentiel. Inside of Emptiness est une vraie réussite, dans sa globalité, avec cette touche typiquement Frusciantesque (cette voix en falsetto que l’on retrouve ici et là, comme sur la magnifique « Interior two ») et cette production (made by Frusciante) à mi-chemin entre une volonté de sobriété totale et un besoin de spontanéité presque féroce.


Comme souvent dans les oeuvres très uniformes, il n’y a pas réellement de  morceau qui ressort du lot, mais pas un seul temps faible non plus. Certains seront conquis par la déflagration rageuse et très inspirée d’ "Emptiness", là où d’autres frissonneront sous les riffs staccato en palm-mute d’ "Inside a Break », titre aussi concis qu’intense.


On peut penser également à « 666", de par la présence d’Omar Rodriguez-Lopez, avec un solo psyché très reconnaissable et qui construit avec Frusciante des riffs d’une aridité implacable, avec une fois encore, cette batterie mixée très en avant et très destructrice, soutenue par une ligne de basse prête à bondir en même temps que les cris rageux de John Frusciante. 


Mon choix se portera lui sur « Scratches » qui clôt l’album et qui parvient sous ses arpèges et sa batterie binaire à proposer en 4 minutes une multitude de trouvailles qui semblent naturelles, comme ces choeurs délicats (et que mon oreille trouve un peu faux au démarrage à 1’24 ?), ces notes de xylophone discrètes, ou ce solo de guitare au second plan à mi-parcours.


C’est en tout cas une vraie réjouissance de voir Frusciante mettre enfin quelques potards dans le rouge, avec des morceaux plus âpres et plus rugueux. Mais le plus intéressant concernant Inside of Emptiness, c’est que sous ses airs de disque « simplement » énervé et en roue libre se cachent quelques indices quant aux futures sorties de John Frusciante. Comme l’importance croissante de ses choeurs (marque de fabrique très réussie du très moyen Stadium Arcadium) ou la nouvelle et discrète utilisation de nappes de claviers (sur la fin de « I’m Around » notamment) dont on se délectera goulûment sur The Empyrean 5 ans plus tard.


Autre qualité et pas des moindres, c’est un disque qui vieillit parfaitement (on ne peut hélas pas le dire de tous ses albums ) et qui semble même se bonifier avec le temps, une énième écoute pour les besoins de cette chronique se révélant en tous points très agréable et révélatrice de secrets passés jusque là inaperçus.


 

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