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Critique d'album

Kasabian


For Crying Out Loud


(28/04/2017 - - Pop-électro-rock - Genre : Rock)
Produit par

Note de 3/5
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Note de 1.5/5 pour cet album
"Kasabian tente le coup de l'album festif et se rate en beauté avec cet enchevêtrement de titres lourdingues. L'album sera peut-être sauvé par le live, car le groupe reste une bête de scène, comme en témoigne le live ajouté à la version deluxe."
Raphaëlle, le 26/07/2017
( mots)

Les musiciens sont des êtres humains comme les autres : ils ne naissent pas tous avec les mêmes dons. De la même façon que les gens normaux se répartissent entre différents stéréotypes comme le petit génie en maths du premier rang (qui peut d’ailleurs être une fille, car chez Albumrock on a décidé de lutter contre les clichés) ou le rigolo de la bande qui ne sera jamais plus qu’un ami, les créations musicales des groupes permettent d’entrevoir leur personnalité et de les classer, eux aussi, dans des cases bien rangées.

Dans le rôle de l’intello de service, on trouvera l’impayable Thom Yorke ou le groupe Alt J, c'est-à-dire des groupes produisant une musique défrichant sans cesse de nouveaux terrains d’expérimentations. A l’autre bout du spectre, il y a les parfaits branleurs, ceux qui viennent en cours sans stylo ni papier, et qui vous expliquent qu’ils ont un plan pour devenir très riche sans effort. Les rois du domaine sont évidemment Oasis, depuis leur hold up sur le début des années 90 et, reconnaissons-le, quelques chefs-d’œuvre déposés avec une facilité déconcertante.

Le groupe dont il est ici question se revendique sans fard du second clan, avec une méticulosité qui éveillerait presque les soupçons. Les leaders de Kasabian, Tom Meighan et Sergio Pizzorno, combinent à eux deux tous les attributs de l’Angleterre prolo : la référence au foot, l’accent du Nord de l’Angleterre (dans un pays encore très marqué socialement par l’origine géographique), une certaine passion pour la boisson au détriment de leur présence sur les bancs de l’école (on y revient...). Depuis 2009 et West Ryder Pauper Lunatic Asylum, leur album le plus abouti, il semblerait que le groupe ait progressivement abandonné toute recherche artistique. En proposant 48 :13 en 2014, leur credo commençait à devenir « Plus c’est épais, mieux c’est » (rime riche). Leur précédent effort alignait en effet des hymnes de rock stadium gonflés aux beats techno, clin d'oeil appuyé à Madchester, ce courant qui traversa le Nord de l'Angleterre en proposant ce genre de mélange. Le cliché était poussé à fond, mais de la même façon qu’on tolère les agitations des enfants turbulents, le monde du rock a souri avec bienveillance. Après tout, c’est Dylan et non Gallgher qui a été reçu le prix Nobel de Littérature: on n’attend pas non plus de Meighan et Pizzorno qu’ils écrivent des textes évolués ou des mélodies délicates.

A la livraison de leur dernier opus, on se prépare donc pour une plongée dans un rock stadium efficace et sans fioriture. A la première écoute, le doute terrible assaillit le malheureux auditeur : et si, finalement, la musique intello n’avait pas quelques avantages, à commencer par le respect de nos oreilles? Faites le test : cliquez sur 'III Ray (The King)', le premier titre de cet album épouvantail, et priez pour survivre à cette expérience. Dans une même chanson, Kasabian fourre donc : des boîtes à rythme, un solo épique, une voix déformée au vocoder, des changements de rythme brutaux qui rendent le titre incohérent, un pont incompréhensible suivi d’un crescendo en choeur… Et ce n’est que le premier titre ! Autant vous dire que s’ils sont tous sur ce format, vous n’allez pas tenir longtemps. 'You know my name/ be king for a day' annone Meighan pendant qu’une guitare capricieuse déverse des déluges de décibel parfaitement inutiles. Ladies and gentlemen, bienvenue dans For Crying Out Loud !

Évacuons tout de suite les autres accidents industriels du disque. Oublions donc 'Twentyfourseven' dont le but est nous faire hurler "Ohohohhhhh" en concert (dommage, la ficelle est un peu grosse), 'Comeback Kid' qui est consternante dans son absence totale de songwriting maquillée grossièrement par l’énergie déployée, 'Bless this acid house' sur laquelle on ne sait même pas quoi dire tellement c’est déplorable (oui, cela ressemble fort à un bulletin de note), 'Good Fight' (idem), et la geignarde 'Put your life on it' qui tente la ballade sans avoir les reins pour tenir la route. Avec le crash initial de 'III Ray (The King)', cela fait tout de même cinq chansons tout simplement ratées. Aucun intérêt, aucune recherche, aucune mélodie, juste des cris, de l’agitation, des faux rythmes imposés pour masquer l’absence totale de création artistique. On recycle les bons vieux trucs encore et encore, jusqu’à l’écœurement de l’auditoire. Non, Kasabian, ça commence à bien faire : notre patience est à bout !

Que reste-t-il donc dans cet album ? Quelques pop songs passables et quelques pépites d’autant plus ravissantes qu’inattendues. 'You’re in love with a psycho' évite la catastrophe mais ne propose pas grand-chose non plus (les exigences baissent avec les cancres du fond de la classe). 'The party never ends' tente probablement le couplet de la rock star blasée de la célébrité mais hélas, Alex Turner et ses Last Shadow Puppets le font aussi, et mieux. 'Wasted' propose une première bonne surprise : les chœurs se mêlent efficacement à la ritournelle, c’est bien ficelé et enlevé. Ok, ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais au point où on est, on ne fait plus le difficile.

Les réussites de l’album sont au nombre de trois et ont le mérite de s’enchainer, de façon à nous éviter de perdre notre temps en slalomant entre les horreurs des autres titres : 'Are you looking for action ?', 'All through the night' et 'Sixteen blocks'.
Avec 'Are you looking for some action', Kasabian renoue enfin avec ce pourquoi on signait jusqu’ici les yeux fermés : un refrain imparable (ici dopé à de la disco), à reprendre en chœur en préférence et des lignes de basses qui donnent envie de bouger sur les couplets. De quoi nous réveiller de l’abattement dans lequel les sept (!) titres précédents nous avaient plongés. Changement d’ambiance radical avec 'All through the night', qui surprend par un texte délicat évoquant la réminiscence de l’être aimé. Oui oui, vous avez bien lu, délicatesse et Kasabian dans la même phrase ! Ce qui nous fait à peu près le même effet que quand la brute qui nous terrorisait dans les couloirs du collège relâchait avec tendresse la coccinelle grimpant le long de son pull over : on se sent tout chose en présence de cette douceur insoupçonnée.
Enfin, 'Sixteen Blocks' dépose son rythme chaloupé, alimenté par des chœurs (un peu lourds) et des sons rappelant le thérémine (mais si, vous savez ce que c'est). Voilà un titre qui serait probablement anecdotique sur un autre album mais qui sonne un petit miracle de légèreté sur For Crying Out Loud.

A la fin de l’album, c’est surtout l’amertume qui nous envahit. Sans qu’on n’ait jamais eu de grandes attentes, on a quand même le sentiment que les cancres se paient notre tête avec cet album boursouflé et incohérent. Le naufrage est d’autant plus marquant que sur la version deluxe, un live enfonce le clou en soulignant la réussite de leurs titres précédents.

De la même façon que 'III Ray (The King)' agit comme un repoussoir instantané en ouvrant 'For Crying Out Loud', le premier titre du live, 'Underdog', nous rappelle pourquoi on a adulé Kasabian. On se prend à regretter de ne pas avoir eu l'idée, un beau jour de 2016, de nous rendre à Leicester, un coin perdu d’Angleterre, et plus précisément au King Power Stadium, voir les héros du pays débarquer dans une ville chauffée à blanc l'improbable victoire en Premier League du Leicester City Football Club.


Il faut entendre ce 'Ok, Leicester' de Meighan, déjà probablement ivre mort, décidé à en découdre, à mettre toutes ses tripes sur scène pour que le monde entende la joie revancharde de sa ville adorée. Se souvenir de cette ligne de guitare rugueuse, ses paroles hargneuses crachées par Meighan et les refrains entamés en chœur par tout un stade… Alors qu’on n’en est qu’au premier titre, au tour de chauffe devrions-nous dire ! Voilà qui nous réconcilie avec ce groupe de tocards, disons les choses comme elles sont.


La revue du catalogue continue de nous ravir dans la débauche sonore absurde ('bumblebeee' et son 'When we’re together I’m in ecstaaassssyyyy' répété par un Meighan halluciné, 'eez-eh' dont le rythme sous amphet semble aller trop vite pour Meighan) et les guitares folles ('Fast Fuse' comme un cheval lancé au grand galop, 'Take Aim', le classique 'LSF' qui débute par une reprise du classique des Fatoby Slim, 'Praise You'). Le tout est ponctué de Meighan qui remercie la foule et sa famille aux premières loges de la consécration du fiston. Ce soir-là, Meighan est l'incarnation vivante de toute une ville ivre de sa gloire.

Tout ceci n’est qu’une longue introduction qui ne prend véritablement son sens qu’à la conclusion : 'Fire'. Le titre a été choisi par le manager de Leicester pour accompagner son équipe vers le titre: cet aller-retour entre rock et foot, sacrés dans le même stade, donne au titre live le piquant supplémentaire qui le fait basculer dans la légende. Il faut avoir vécu au moins une fois dans sa vie un concert de Kasabian (quitte à supporter les quelques titres inutiles qui les émaillent parfois), pour tenir jusqu’à cet instant où Meighan entonne 'Shake me into the night/And I’m an easy lover', cet instant où la foule comprend qu’on entame là le round final pour en découdre. Il faut entendre, sur ce live, la foule qui scande les paroles, et soudain, lorsque Pizzorno répond 'I’m on fiiiiiireeeeeee', l’explosion d’énergie. Il faut imaginer, et je peux d’autant plus facilement le faire que je l’ai vécu (et raconté ici), la fosse entière qui se soulève, Pizzorno qui hurle, la foule qui répond à sa guitare avec des 'ouhouhouh' de plaisir, alors que Meighan reprend son couplet pour nous dire tenez-vous encore, laissez monter le plaisir de la délivrance toute proche… Et soudain, au nouveau 'I’m on fire', lâchez prise, sautez sur place, tandis qu’un Meighan goguenard commente d’un 'Oh yeah'... Mais attendez, ce n’est pas encore fini, 'You’ve got to move on, I’m gonna get you real good so you shake on' nous exorte Pizzorno, tandis que Meighan exhorte le stade à base de 'Leicester, it’s coming'… Et de nouveau, le stade entier qui hurle comme un seul homme.

Rien que pour vivre encore les intro sur ‘Underdog’ et les finish sur ‘Fire’, on continuera d’aller aux concerts de Kasabian. En se bouchant de plus en plus les oreilles entre les deux s’il le faut…


A sauver: Are you looking for some action, All through the night, Underdog en live, Fire en live.


Note de 3.5/5
Finalement, Kasabian n'aura toujours pas réussi à ré-atteindre le niveau de son chef d'oeuvre "West Ryder Pauper Lunatic Asylum" (leur 3ème opus), mais à la découverte de ce "For Crying Out Loud" nous découvrons plusieurs choses. La première, c'est que le premier extrait "You're In Love With A Psycho", qui n'avait pas vraiment emballé la rédaction, est le morceau le plus faible de la galette, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. La deuxième, c'est que sans atteindre des sommets, le groupe prouve une fois de plus que sa discographie ne comporte aucun raté. Oui c'est du rock de stade qui s'essaie même ici à quelques folies orientées "dance". Mais que voulez-vous ? Ca marche avec moi. Certains fans feront la gueule, les autres chanteront sous la douche.
Commentaires
simonritchie, le 28/07/2017 à 12:09
je confirme: l'interet de cet album n'est que dans le live bonus fourni avec la version Deluxe. Bref, vivement leur prochain concert pour les apprécier à leur juste valeur et surtout oublier cet album juste après afin d'attendre le prochain...
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