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Critique d'album

Mount Eerie


Sauna


(03/02/2015 - P.W. Elverum & Sun - Post-rock - Genre : Autres)
Produit par Phil Elverum

1- Sauna / 2- Turmoil / 3- Dragon / 4- Emptiness / 5- (Something) / 6- Boat / 7- Planets / 8- Pumpkin / 9- Spring / 10- Books / 11- This / 12- Youth
Note de /5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"A la force de la sueur"
Kevin, le 10/02/2015
( mots)

Cet album débute comme tout bon sauna qui se respecte, le bruit de bûches qui crépitent puis une quiétude brumeuse, qui colle à la peau, avant de se dissiper et de se mêler à la vapeur. Des dix minutes qui composent l'introduction, le bien-nommé "Sauna", peu importent les mots que Phil Elverum balbutie de sa voix d'éternel enfant candide ; ne compte, ne résiste même à la moiteur que l'impression. Cette lourde chape de chaleur qui s'abat et qui plonge tout corps immergé au plus près de la frontière entre l'éveil et le sommeil, entre le réel et l'onirique. Et si au loin on tend l'oreille, on l'entend marmonner "I don't think this world still exist." Au cas où, comme un passage entre le monde de son corps et celui de son esprit. Tout l'album ne s'emploie qu'à guider l'auditeur quelque part dans l'abstrait, dans l'immatériel, dans une paresse si abrupte qu'elle en est insurmontable, sinon par la passerelle entre les deux mondes qui se font face. D'un chapelet de morceaux courts disséminés juste avant le sommeil paradoxal ("(Something)", "Boat", "Planets"), on ne retient que les traces de songes épuisés, de vagues réminiscences ombragées, comme des treize minutes de "Spring" que les différents tableaux d'un rêve troublé. Sauna est musical, pondéré, pesé, mais Sauna est avant tout un voyage de volutes en volutes, sans l'ambition d'être initiatique ou porté par des desseins nobles, il n'est que lui-même un concours de nuages qui se juxtaposent dans le confinement d'une cabane en bois surchauffée.


On pourrait s'amuser à les prendre un par un, ces songes, les disséquer, relever les bourdonnements des drones, les paroles évasives, cette voix haut perchée mais étrangement rassurante, évoquer une folk décomposée dans un post-rock si proche de l'ambient que toutes ces étiquettes se décollent à la vapeur. On pourrait, mais leur force n'est pas dans leur unité. D'ailleurs, à bien chercher, on se rend compte que ces douze morceaux ont tellement en commun que leur ordre importe peu. Le premier single, le scintillant "This" se retrouve ainsi à une bien singulière onzième place, parce qu'au final ça n'a pas plus de sens que ça. Sauna s'en moque des codes et se prélasse dans son oisiveté, assis sur son banc. Mais cette oisiveté n'est pas sans noirceur, sans doute. Dans ce monde qu'il créé de ses méninges alanguies, il distille un festival de questions sans réponse, d'histoires de rivières qui se perdent et elles tissent un inconfort léger, un goût sur la langue qui démange mais qui fait tout le sel de cette entreprise narcissique. Rien n'est vain et rien n'est superflu. Tout ce qu'il nous donne à entendre provient du foisonnement de ses illusions. D'où l'extrême soin apporté à ses mélodies alambiquées, qui piochent autant dans le métal ("Youth", brillant de ses changements d'ambiances) que dans la comptine classique ("Books" et ses entrelacs de pianos et de cordes). Entre drones tourbillonnants et murs d'orgues, il peint une esthétique de l'instable, comme lorsqu'il ordonne "more emptiness again" dans "Emptiness". Comme celui qui créé les décors de sa rêverie sur l'instant.


Quelque part entre la grâce de Grandaddy et la pureté maléfique de Marissa Nadler , Phil Elverum a conjuré toutes ses influences pour n'en retenir que la sève : la poésie que tout son cortex retient. Et il n'est pas si frivole que de rêver des mondes pour y placer ses songes, comme il le soulève avec tout le poids de la responsabilité qui en découle dans "Planets" : "when I'll die, everything will vanish". En assemblant toutes les pièces de sa chimère, Mount Eerie a enfanté une pièce unique, spatiale avec un fort impact sur l'auditeur. Car après une heure d'errance, difficile de s'estimer apaisé, détendu ou n'importe quelle sensation provoquée par un sauna ordinaire. Difficile même de sentir parfaitement indemne.  

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VOLA


Witness


"

Il leur aura fallu le temps, mais on peut désormais l’affirmer sans fard : sur son troisième album, Vola a trouvé tout à la fois son style et sa force de composition. Si les danois avaient su jusqu’ici faire preuve d’éclectisme et d’ouverture d’esprit dans leur metal progressif à accointances électro-djent, on ne les avait encore jamais vus aussi robustes que sur ce Witness qui jette un très gros pavé dans la mare du milieu, au point désormais d’éclabousser à grosses gouttes les cadors du genre, TesseracT en tête. Carrément.

"
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