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Critique d'album

Pure Reason Revolution


Amor Vincit Omnia


(09/03/2009 - Superball - Electro-prog - Genre : Rock)
Produit par

1- Les Malheurs / 2- Victorious Cupid / 3- i) Keep Me Sane/Insane / 4- ii) Apogee iii) Requiem For The Lovers / 5- Deus Ex Machina / 6- Bloodless / 7- Disconnect / 8- The Gloaming / 9- AVO
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"La révolution électro-progressive est en marche"
Nicolas, le 08/04/2009
( mots)

Rares sont les groupes de rock à se mettre réellement en danger, au point de prendre le risque de s'aliéner inexorablement les critiques, leur milieu d'attache et leur fan base. Pure Reason Revolution vient pourtant d'entrer par la grande porte dans cette catégorie de formations qui ne reculent devant aucune expérimentation. Avec Amor Vincit Omnia, les quatre anglais viennent en effet de prendre un virage à 180° en délaissant le rock progressif traditionnel pour un genre... complètement inclassable, si tant est que l'on puisse relier un jour polyphonies vocales, prog rock, métal, électro et eurodance.

Ceux qui ont suivi le groupe depuis ses débuts savent bien que celui-ci s'est fait débarquer de Sony en 2006 peu après la sortie de The Dark Third (voir ici pour les retardataires), premier album extrêmement abouti qui n'avait pourtant pas eu le succès commercial escompté. Cela n'a pas empêché un certain Steven Wilson de s'enthousiasmer pour les PRR et de les prendre sous son aile en leur offrant d'assurer la première partie des tournées de Blackfield puis de Porcupine Tree en 2007-2008. A cette occasion, les amateurs avaient déjà pu découvrir de nouveaux titres assez déroutants, plus orientés électro et dancefloor, délaissant les guitares pour les synthés et les platines de mixage. Un volte-face déstabilisant qui a fait naître les supputations les plus folles auprès des déjà nombreux fans de la formation. La réponse à ce revirement est désormais connue : c'est une totale réussite.

"Les Malheurs" se charge d'ouvrir les hostilités, et c'est d'emblée un uppercut fracassant. Synthés crépusculaires vibrants, beats cadencés, déferlantes sonores futuristes, Pure Reason Revolution vient de rentrer de plein pied dans le vingt-et-unième siècle. Le titre se voit doté d'une ligne mélodique en béton armé, et bénéficie de surcroît de l'immense science vocale et harmonique de Jon Courtney, toujours épaulé par la brillante Chloë Alper. Le chant demeure donc le point fort de PRR, même s'il se fait plus épuré sur cet album. Malgré tout, les guitares n'ont pas pour autant été remises totalement au placard. Pour preuve "Victorious Cupid", qui déchaîne un air complexe et très rythmé sur des riffs asymétriques puissants toujours gonflés d'une électro omniprésente. Si le titre est un peu plus difficile d'accès, il se transforme très vite en une petite dose de cocaïne qu'on a tôt fait de se réinjecter régulièrement. Ensuite, c'est au tour du triptyque "Keep Me Sane/Insane / Apogee / Requiem For The Lovers" de débouler, renouant avec les origines progressives du groupe - on ne se refait pas totalement - et alignant des envolées baroques bigarrées portées par des strilles de violons/clavecins et des petites piqûres de metal en arrière fond : un excellent morceau, bizarrement coupé en deux plages alors que sa continuité ne saurait être mise en cause. Puis c'est sans ménagement que les lézardements technoïdes de "Deus Ex Machina" secouent l'auditeur, réalisant un titre miraculeux qui parvient à marier à merveille une électro moderne et prégnante à de puissantes guitares électriques. Gros tube en perspective, et énorme potentiel de gigotage. Et si l'électro-rock avait finalement un avenir devant lui ? En tout cas, à ce stade de l'écoute, on ne peut que rester pantois devant une telle perfection qui confine quasiment au génie, sans exagérer.

Alors, chef-d'oeuvre ? Eh bien pas tout à fait, notamment parce que la deuxième partie de l'album est un bon cran en dessous de la première. Ceci dit, difficile de maintenir un tel niveau pendant plus 45 minutes, même si on peut regretter qu'à l'instar de nombreux groupes actuels les PRR aient tiré leurs plus belles cartouches d'entrée de jeu. Les quatre derniers titres sont 100% électro mais explorent des territoires plutôt vastes, jugez plutôt. Si "Bloodless" calme les ardeurs fastes du disque en développant une mélopée reposante s'appuyant sur un duo piano-cuivres, "Disconnect" va carrément tutoyer les Daft Punk avec sa voix robotique rebondissant sur des synthés rutilants. Surprenant, et un rien en inadéquation avec le reste. Avec "The Gloaming", Pure Reason Revolution s'attaque à une eurodance suédoise des 90's rappelant furieusement Ace Of Base, et remet le genre au goût de notre époque en développant le titre sur plus de huit minutes de variations subtiles qui s'avèrent un peu redondantes à la fin (même si le début du morceau est de très bonne tenue). Enfin, c'est "AVO" qui clôt l'ensemble de fort belle manière sur deux thèmes lancinants gonflés par des couches successives de voix et d'harmonies musicales.

Avec Amor Vincit Omnia, le rock progressif vient de se trouver son Myths Of The Near Future en rattrapant en un seul disque près de vingt années de retard en terme d'utilisation des techniques électroniques. Pure Reason Revolution est même passé à deux doigts d'avoir terrassé l'électro-rock, et y serait certainement parvenu si la formation avait fait preuve d'un peu plus de constance. Toujours est-il que même si cet album est un peu moins abouti que The Dark Third, il n'en demeure pas moins infiniment plus original et surtout générateur de fantasmes futurs on ne peut plus excitants. PRR est décidément un groupe à surveiller de très, très près.

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