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Critique d'album

Steven Wilson


Hand. Cannot. Erase


(02/03/2015 - Kscope - Rock progressif - Genre : Rock)
Produit par Steven Wilson

1- First Regret / 2- 3 Years Older / 3- Hand Cannot Erase / 4- Perfect Life / 5- Routine / 6- Home Invasion / 7- Regret #9 / 8- Transience / 9- Ancestral / 10- Happy Returns / 11- Ascendant Here On...
Note de 5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Retour à un son plus moderne pour une histoire bouleversante qui prend aux tripes."
Alan, le 16/03/2015
( mots)

Exercice délicat aujourd’hui, puisqu’il s’agira ici d’appréhender un album de monsieur Steven Wilson, artisan messianique majeur du prog post-2000 qui baigne depuis plusieurs années déjà dans les louanges de la presse rock spécialisée, et ce à raison. Adulé par une fanbase aussi éclairée que fidèle, l’homme est devenu un pilier ainsi qu'un protagoniste majeur de la galaxie rock actuelle, acquérant une stature comparable à celle d’un Trent Reznor ou d'un Dave Grohl. Enfin, l’homme a aussi - et surtout - fait de 2013 une date cruciale dans l’histoire du rock progressif avec The Raven That Refused to Sing, chef-d’œuvre majestueux et pierre angulaire du prog moderne.


Voilà. L’histoire pourrait s’arrêter ici et se terminer en apothéose. Ce serait une belle fin, en soi. C’est pourtant bien mal connaître Steven Wilson que de croire que ce chapitre serait le dernier, celui-ci nous revenant deux ans plus tard avec une nouvelle production aux antipodes de sa Vénus de Milo : là où The Raven était un album organique s’apparentant à un recueil de contes anglais de l’ère victorienne, Hand. Cannot. Erase. se veut beaucoup plus moderne, plus poli, plus “pop”, et puise son inspiration dans l’histoire vraie de Joyce Vincent, jeune femme anglaise morte chez elle après plusieurs mois de réclusion totale et dont le cadavre n’a été découvert que deux ans plus tard. C’est donc l’histoire de H., relecture très romancée de Vincent incarnée par l’artiste et mannequin polonaise Carrie Grr, que nous raconte ce Hand. Cannot. Erase.


Brassant un très large éventail de thématiques (nostalgie de l’enfance, aliénation, mensonges et ressentiments, pour ne citer que celles-ci) aussi riche qu’impressionnant, Hand. Cannot. Erase. dresse au travers du personnage de H. un portrait lugubre d'une société contemporaine paradoxale qui, parce qu’hyperconnectée, pousse immanquablement à la réclusion. H., qui sombre peu à peu dans une isolation volontaire et interrompt progressivement sur une durée de cinq ans toute forme de communication avec le monde extérieur, continue néanmoins d’exercer un regard critique sur celui-ci : ses impressions, ses réflexions et son ressenti sont tous recensés dans un blog qui lui sert de journal et dans lequel elle dialogue avec elle-même - blog dont la lecture vous est fortement recommandée, celui-ci conférant davantage de relief à l’album sur son fond.


Par souci de vraisemblance, Steven Wilson - qui a fait part des difficultés évidentes qu’il a éprouvées à écrire une histoire à la première personne racontée par un personnage féminin, chromosome Y oblige - a tenu à ne pas être la seule voix derrière H., et s’est de ce fait octroyé les services de Katherine Jenkins, chanteuse classique anglaise, et Ninet Tayeb, chanteuse israélienne - qui s’est vue recommandée auprès de Wilson par son ex-collègue au sein de Blackfield Aviv Geffen - afin qu’elles prêtent toutes deux leurs voix à H. Mention spéciale à Tayeb dont les vocalises époustouflantes sur “Routine” prennent aux tripes, renforçant par ailleurs la dimension nostalgique émanant déjà de “Perfect Life” - dont le spoken word est justement énoncé par Katherine Jenkins - voire même de “Hand Cannot Erase”.


L'album narrant une histoire qui s’inscrit dans un set-up actuel, Wilson bat ses cartes et remodèle une nouvelle fois son identité sonore, délaissant le caractère vintage et organique de The Raven pour revenir à un son résolument plus moderne, réminiscent des dernières productions de Porcupine Tree et Blackfied, et marqué par un retour à l’électronique, qu’il s’agisse des samples et des sonorités synthétiques d’un “Perfect Life” nostalgique rappelant à H. le souvenir des six mois passés avec sa soeur J., adoptée peu de temps avant le divorce de leurs parents, ou de l’instrumental “Regret #9” sur lequel Adam Holzman et Guthrie Govan s’en donnent à coeur joie, entre un solo de clavier extraterrestre et un solo de guitare épique tous deux jubilatoires. Pour ce nouvel opus, Wilson a effectivement de nouveau fait appel à la troupe qui l’accompagne depuis la tournée qui a suivi Grace for Drowning en 2011 - Theo Travis en moins, sa flûte malicieuse ne résonnant que sur les dernières minutes d’“Ancestral” avant un riff rammstanien à souhait.


“Ancestral” qui se démarque d’ailleurs avec brio, et qui constitue aisément le point d’orgue de l’album, sa structure libre, partagée avec “3 Years Older” et “Home Invasion” et semblable à celle que l’on retrouve sur des titres tels que “Luminol”, “The Watchmaker” ou même - en remontant quelque dix ans en arrière - “Moonloop” et “The Sky Moves Sideways” permettant d’opérer une montée en puissance dont le final marque la catharsis de H., celle-ci entreprenant par la suite de renouer le contact avec son frère perdu de vue sur “Happy Returns” par l’intermédiaire d’une lettre, initiative qui n’aboutira cependant à rien, H. disparaissant avant d’arriver au terme de sa rédaction : “I’m feeling kind of drowsy now/So I’ll finish this tomorrow”, ne laissant derrière elle que des cadeaux de Noël destinés à son neveu et à sa nièce - Joyce Vincent ayant elle aussi été retrouvée avec des cadeaux emballés, sans pour autant que l’on sache à qui ils étaient destinés.


Jonglant avec aisance entre la chevauchée fantastique d’un “3 Years Older” tantôt paisible, tantôt majestueux, la mélancolie et le spleen de “Transience” et de “Routine”, ou l’angoisse d'un “Home Invasion” dont les sept premières secondes sauront à elles seules vous glacer l’échine, Steven Wilson manipule ici les états d’âme à sa guise et induit chez l’auditeur autant de sentiments qui témoignent des différents ressentis par lesquels transite H. au cours de son isolement progressif, avant que celle-ci ne finisse par s’évaporer mystérieusement ce 24 décembre 2014. Bien que le sort de H. reste formellement inconnu, quelques indices laissés ici et là - les multiples manifestations de ceux qu'elle appelle les “visiteurs” et l’histoire de Lena Springer pour ne citer que ceux-ci - laissent à chacun la possibilité de se faire sa propre idée : mort ? enlèvement ? surnaturel ? C’est à vous de décider.


En définitive, Steven Wilson livre ici un quatrième opus qui, bien que plus conventionnel que son illustre prédécesseur sur la forme, bénéficie d’une richesse époustouflante sur le fond : de par la minutie dont bénéficie le background de l’histoire, Hand. Cannot. Erase. se doit d’être abordé non pas par le seul prisme du disque, mais au travers de l’ensemble des médias regroupés autour de cette histoire atypique et bouleversante. Musique, blog, photos : autant d’éléments qui facilitent une contextualisation indispensable à la juste appréciation de cet album qui passe avant tout par une immersion, voire même par une identification au personnage de H. Beau, touchant, poignant, le verdict est sans appel : avec Hand. Cannot. Erase., Steven Wilson signe un nouveau chapitre exceptionnel de l’histoire du prog post-2000.

Note de 3.5/5
Wilson abandonne sa quête nostalgique des 70's sublimée par The Raven That Refused To Sing et revient à un répertoire plus proche de celui de Porcupine Tree, avec de jolies pop songs modernes et des digressions instrumentales entre ombre et lumière. Beau et touchant.
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