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Critique d'album

The Jaded Hearts Club


You've Always Been Here


(02/10/2020 - Helium-3 - Supergroupe british de luxe - Genre : Rock)
Produit par Matthew Bellamy

1- We'll Meet Again / 2- Reach Out I'll Be There / 3- Have Love Will Travel / 4- This Love Starved Heart of Mine (It's Killing Me) / 5- Nobody but Me / 6- Long and Lonesome Road / 7- I Put a Spell on You / 8- Money (That's What I Want) / 9- Why When the Love Is Gone / 10- Love's Gone Bad / 11- Fever
Note de 3.5/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Un résultat bien en deçà de la somme des talents répertoriés dans ce supergroupe"
Julien, le 23/10/2020
( mots)

Depuis 2009 et Them Crooked Vultures aucune formation rock n’a fait autant fantasmer que The Jaded Hearts Club, tant et si bien que l’appellation supergroupe, qu’il convient d’employer dans le cas présent, paraît dérisoire en regard du talent et de la renommée des membres qui composent ce groupe.
The Jaded Hearts Club se présente en sextuor dans lequel on retrouve : Miles Kane (The Last Shadow Puppets) et Nic Cester (Jet) pour le chant, Matthew Bellamy (Muse) à la basse, Sean Payne (The Zutons) derrière la batterie et enfin Graham Coxon (Blur) et Jamie Davis pour les guitares.


Ce dernier est à l’origine du groupe. Le guitariste américain convie tout ce joli monde à son quarantième anniversaire dans le but de donner un concert tribute de The Beatles. Les six musiciens se présentent pour la première fois sous le nom Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band. L’alchimie prend immédiatement, le groupe donne six concerts entre 2017 et 2018 à Los Angeles avec en apothéose une participation de Sir Paul McCartney à leur côté. L’histoire continue de faire son chemin en se détachant peu à peu de l’étiquette « Tribute Band » des Beatles. Matthew Bellamy pose finalement le véritable credo du groupe qu’il résume ainsi :
De la même manière que le jazz réinvente de vieux morceaux, nous entretenons la tradition de groupes comme The Beatles ou The Rolling Stones à leurs débuts : trouver de bons standards de blues et de soul pour ensuite les jouer dans une veine plus moderne”.


C’est ainsi qu’un premier album live, issu d’un concert donné au 100 Club de Londres, est publié (dans une magnifique édition vinyle) en 2019. Le résultat est de prime abord saisissant et dévoile clairement les prémices de l’album qui nous intéresse aujourd’hui. Non content d’être un génie de la guitare et du piano, Matthew Bellamy se promène à la basse comme sur un parcours de santé. Les prestations vocales de Miles Kane et Nic Cester transportent n’importe quel morceau dans les hautes sphères du rock (voir ici l’énorme “Gloria” en ouverture de l’album live). La guitare de Graham Coxon appose la marque de sa si évidente signature en un savant mélange où le propos original épouse une juste dose de réappropriation.  Les six musiciens s’accordent pour enregistrer un premier disque. Les sessions ont lieu dans le studio privé du chanteur de Muse où seul Miles Kane ne pourra pas se rendre, captant donc ses parties vocales de chez lui : un léger détail pourtant synonyme de première faiblesse pour ce You’ve Always Been Here


Le chanteur du duo The Last Shadow Puppets et Nic Cester se passent le relais au chant, sur neuf des onze titres de ce premier opus et les morceaux du premier s’avèrent nettement inférieurs à ceux interprétés par le second. Ce constat établi, il n’est pas étonnant de retrouver Miles Kane sur le titre le plus faible de ce disque. Sur “Love Gone Bad”, l’ancien chanteur de The Rascals semble totalement perdu quant à la force à envoyer ou non sur le refrain, pas franchement aidé, il est vrai, par un clavier qui débarque là sans crier gare dans une lourdeur bien maladroite. Le britannique retrouve sa hargne sur les titres “Money (That’s What I Want)” et la reprise de The Sonics, “Have Love Will Travel” : deux titres présents sur le live de Londres qui voient leurs versions studio surproduites avec une exubérante présence de la basse de Bellamy : le défaut majeur de la galette du sextuor. 


Une nouvelle fois le leader de Muse cumule les paradoxes. Pourtant voir Bellamy refaire du vrai, du bon rock, en 2020 , tout en s’attelant à la production, fait plaisir après les immondices que le magicien de Teignmouth  a sortis en solo cette année dont  “Tomorow’s World”, sa version revisitée de “Unintended” ou encore “Behold, The Glove”. Il était d’ailleurs étonnant de le voir simplement cantonné à un rôle de bassiste au sein de ce supergroupe.  N’y voyez pas une quelconque insulte ou propos réducteur envers l’instrument à quatre cordes, mais vu l’aura du bonhomme dans l’industrie musicale actuelle, on aurait pu s’attendre à ce que sa présence et sa place soient d’avantage mises en avant ne serait-ce qu’à des fins cyniquement marketing ou commerciales. Il n’en est rien et c’est une très bonne chose (voir même une démarche noble, à vous de juger). Ce qui est gênant, c’est que cette mise en avant le leader de Muse  se la crée lui-même au sein de sa propre production : les titres “Have Love Will Travel”, “Why When the Love Is Gone”, “Money (That’s Waht I Want)” et “This Love Starved Of Mine” sont tous compactés par l’impact de la basse, ne laissant presque aucune expression aux guitares et agissant comme un anesthésique sur la batterie de ce pauvre Sean Payne. Mais-là encore, il convient d’apporter une nécessaire nuance puisque “Nobody But Me” se pose comme un parfait contre-exemple avec un solo démentiel couplé à cette disto démesurée qu’arbore Bellamy pour accompagner à la perfection l’interprétation d’un Miles Kane complètement retrouvé dans ce titre.
En revanche comment interpréter autrement que par un excès mégalo cette consternante et disgracieuse conclusion qu’est “Fever” ? Une fin totalement hors sujet du propos musical distillé dans cet album, quasi schizophrénique où les gémissements de Bellamy sont uniquement soutenus par son nouvel instrument de prédilection.
Enfin, on retrouve Matthew Bellamy une seconde fois au chant, avec une reprise de Vera Lynn pour l’ouverture de ce You’ve Always Been Here : “We’ll Meet Again”, titre hommage à la chanteuse décédée quelques jours avant la sortie du single. Le morceau fait également office de magistrale transition vers la seconde piste, “Reach Out I’ll Be There” : l’œuvre originale de The Four Tops, seconde moitié de ce single donc, vraie merveille qui porte, en elle, la belle surprise de ce disque et du groupe : Nic Cester.


Le chanteur de Jet réapparait dix ans après la publication du dernier album de son groupe original et l’âge ne semble avoir aucune emprise sur sa voix, au contraire, elle se savoure comme un bon vin que l’on redécouvre après l’avoir oublié pendant des années et que l’on déguste en appréciant encore plus ses saveurs. Sa performance sur “Reach Out I’ll Be There” pose une couleur rock indélébile qui sera le crédo de l’ensemble de ses performances dans l’album. Pour en avoir confirmation, il suffit de se plonger dans “I Put A Spell On You”. Le chant de l’australien est tout aussi habité que celui entendu dans la version de Screamin’ Jay Hawkins. Graham Coxon peut enfin laisser parler la pleine de mesures de ses riffs à grands coups de distortion et fuzz, pour une version pleinement réappropriée. On retrouve le jeu si caractéristique du guitariste de Blur sur “Long And Lonesome Road” dans un fabuleux mariage avec la force vocale du leader de Jet


Il faut bien s’attarder sur les cinq titres chantés par Nic Cester pour trouver un ensemble musical alchimique dans le petit jeu de la reprise auquel s’est adonné The Jaded Hearts Club. Pour le reste on était en droit d’attendre beaucoup plus du sextuor au regard de leur C.V. et de leur performance live captée un an auparavant. Force est de constater que la formule fonctionne beaucoup moins bien en studio.
Une fois l’album fini, il demeure un manque de chair, un sentiment d’inachevé bien loin des attentes légitimes autour d’une œuvre réalisée par six musiciens au talent indéniable si ce n’est exceptionnel. You’ve Always Been Here, n’est, malheureusement, qu’un disque sympathique dont se dégage l’impression qu’il n’a été fait que pour le fun et le plaisir de ses auteurs.

Avis de première écoute
Note de 3/5
Un recueil de reprises relookées rock de standards des années 50-60, sous la houlette d'une bande de potes qui n'ont d'autre but que de se faire, et de nous faire, plaisir. Jamie Davis (Graham Coxon's side project, Transcopic) réunit autour de lui Miles Kane (The Last Shadow Puppets), Nic Cester (Jet), Matt Bellamy (Muse), Graham Coxon (Blur) et Sean Payne (The Zutons). Bien qu'inégale, cette compil de covers se laisse écouter avec intérêt.
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Commentaires
Ben, le 23/10/2020 à 10:37
Je ne vois pas l'intérêt de descendre Bellamy sur cette critique.. il fait son taf, il a voulu se faire plaisir avec sa bande de pote en revisitant de la bonne musique rock, pas besoin de s'acharner sur ce qu'il fait ou a fait en solo ou avec Muse.
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