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Critique d'album

The Mars Volta


De-loused in the comatorium


(24/06/2003 - Universal - Rock progressif barré - Genre : Rock)
Produit par

1- Son et lumiere / 2- Inertiatic esp / 3- Roulette dares / 4- Tira me a las arenas / 5- Drunkship of lanterns / 6- Eriatarka / 7- Cicatrize esp / 8- This apparatus must be unearthed / 9- Televators / 10- Take the veil cerpin taxt
Note de 4/5
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Note de 5.0/5 pour cet album
"La bombe rock-psyché-latino progressive du début du siècle. Indispensable."
Maxime L, le 25/02/2022
( mots)

Eté 2000 : At The Drive in s’installe à la table des grands, grâce à un Relationship of Command, qui n’en finit plus d’affoler les compteurs de ventes et les notes dithyrambiques (justifiées) dans toute la presse spécialisée.


Ce troisième album permet à la formation d’El Paso d’acquérir une stature et une envergure internationale, jusque là inespérée, avec pour conséquence le contre-coup des “problèmes de riches” : satisfaire un public de plus en plus nombreux, par le biais de tournées de plus en plus longues ; ainsi qu’une réelle remise en question artistique quant à la suite à donner à une telle œuvre.


Profitant de la pause bien méritée après le succès de Relationship of Command, Cedric Bixler-Zavala et Omar Rodriguez Lopez, (respectivement chanteur et guitariste d’ At The Drive In), décident de s’extirper de la hype grandissante pour aller jouer avec leur side project commun, et bien plus confidentiel : De Facto, formation qui tente alors d’allier rock et dub.


Du côté des pontes en cols blanc d’At The Drive In, on ne goûte que très peu à ces velléités d’éloignement. A tel point que Blade James, manager du groupe, soucieux de perdre ses poules aux œufs d’or du post-hardcore, menace Bixler-Zavala et Rodriguez-Lopez de les virer d’At The Drive In s’ils ne reviennent pas au bercail continuer à assurer les tournées post Relationship of Command.


Entre cette tentative de chantage et les divergences musicales sous-jacentes entre les différents membres du groupe, Bixler-Zavala et Rodriguez Lopez sautent sur l’occasion pour filer à l’anglaise.


At the Drive In explose alors en plein vol, et les fragments se dispersent entre deux nouvelles émanations : d’un côté, “Sparta” avec Jim Ward, Paul Hinojos et Tony Hijar, et de l’autre : Omar Rodriguez Lopez et Cedric Bixler Zavala, auxquels se rajoutent Ikey Owens aux claviers, Jeremy Ward, le frère de Jim Ward du camp d’en face, qui va s’occuper des bidouillages sonores, d’Eva Gardner à la basse et de l’excellent Jon Theodore à la batterie (qu’on verra plus tard chez les Queens of The Stone Age). The Mars Volta est né.


Tout ce petit monde se retrouve avec l’ambition de ne se fixer ni limite ni contrainte et de combiner les références post-hardcore d’At The Drive In avec des influences plus aventureuses, du jazz fusion au rock progressif, parsemé de psychédélisme et d’éléments chers aux deux têtes pensantes et à leur culture portoricaine. Voilà qui plante le décor. Un beau patchwork en perspective.


Une première démo est enregistrée, connue sur certains forums internet sous le nom de “Summer Demos”, mais qui ne verra jamais le jour. Puisqu’entre temps, le groupe, par l’entremise de deux musiciens des Red Hot Chili Peppers, fait la connaissance de l’inénarrable producteur Rick Rubin. Omar Rodriguez-Lopez et Cedric Bixler-Zavala s’empressent de balancer les Summer Demos au fond d’un tiroir*, pour remettre à plat les compos du premier album que voilà : “De-loused In The Comatorium”.


Du rock progressif, The Mars Volta prendra les chansons alambiquées aux structures complexes, mais également la notion toujours un peu pompeuse de “concept-album”. De-loused In The Comatorium est issu d’une nouvelle, imaginée par Rodriguez-Lopez et Jeremy Ward, qui narre l’histoire de Cerpin Taxt, un homme qui cherche à se suicider par overdose de morphine. Taxt échoue, se retrouve dans le coma(torium) avec des visions déespérées quant à l’humanité globale et finira par mettre fin à ses jours à son réveil du coma.


Cette trame narrative ferait écho au destin tragique de Julio Venegas, artiste d’El Paso proche du groupe, mais sera surtout presque prophétique, puisque peu de temps avant la sortie de De-loused In The Comatorium, Jeremy Ward décèdera d’une overdose (d’héroïne en l’occurrence).


Qui connait The Mars Volta en détails sait pertinemment qu’une certaine dose de mystère et de mysticisme rode autour de la formation. Un peu à l’image de Led Zeppelin et de l’interêt que portait Page à l’occulte. Et si on compare The Mars Volta à Led Zeppelin, c’est avant tout en raison des similitudes entre les deux têtes pensantes : la voix haut perchée de Bixler-Zavala évoque forcément celle de Plant, là où l’aspect compositeur en chef et jeu flamboyant de Rodriguez Lopez fait écho au rôle de Jimmy Page.


Mais comparaison n’est pas raison, et les Texans brassent bien plus large que le classic rock seventies. Il suffit d’écouter “Inertiatic Esp” pour s’en convaincre. Ce premier vrai titre (après une intro oppressante et déjà un peu expérimentale) est un de ces morceaux coup de poing dont on se souvient avec précision où et quand on l’a entendu pour la toute première fois.


Bâties sur une rythmique supersonique (les parties de batteries de Jon Theodore sont hallucinantes), les 4 minutes défilent à vitesse grand V, entre riffs surpuissants, presque métal, et habitées par le chant de Bixler-Zavala qui n’en finit plus de tutoyer les sommets.


A peine le temps de reprendre notre souffle et nos esprits que le groupe nous balance un deuxième uppercut de suite avec Roulette Dares, LE morceau phare de l’album, sorte de jumeau encore plus maléfique sue "Inertiatic Esp", encore plus véloce, et encore plus jusqu’au boutiste dans la volonté d’exploser dans tous les sens, et qui parvient de surcroit à alterner accalmies et accélérations à double break intertriphasés (et un refrain gorgé de lyrisme immédiatement identifiable). Un morceau qui appartient à la caste des indispensables des années 2000.


Nos deux ex At The Drive In sont tout simplement au coeur d’une alchimie palpable, et accompagnés par des pointures, tant à la section rythmique, avec Flea, échappée de la pop mollassonne des Red Hot Chili peppers, et qui vient prêter sa basse sur 95% du disque, mais aussi par un des chouchous d’une partie de la rédaction (en gros, juste moi), à savoir John Frusciante, derrière sa guitare (très reconnaissable) sur l’extraordinaire "Cicatriz Esp", et qui deviendra un collaborateur fidèle et régulier de The Mars Volta.


Le reste de l’album est du même niveau et vogue toujours dans des eaux finalement assez indescriptibles, et au jeu des étiquettes, le groupe se plait à nous perdre et à nous proposer des fausses pistes, entre vraies parties prog instrumentales et recherches mélodiques, le tout parfois au sein d’un même morceau.


Ce premier album est une véritable bombe d’énergie prog psychédélique, aux ambiances très fortes ("Televators", "Eriatarka", entre autres) à l’aura incroyablement puissante, et qui est un de ces disques éminemment importants du début des années 2000, en plus d’être la porte d’entrée parfaite (accessible ?) pour découvrir l’univers un peu déjanté du groupe Texan.


À écouter : "Inertiatic Esp", "Roulette Dares", "Cicatriz Esp".


*disponible depuis sur les différents sites de streaming sous le nom de "Landscape Tantrums".

Note de 4.0/5 pour cet album
"Un album complètement fou from America !"
Lilian, le 22/07/2003

Annoncée fin mai sur le site officiel du groupe, la mort de Jeremy M. Ward - le type qui apparemment s'occupait du son - n'a pas empêché la sortie du tout premier opus du groupe : "De-loused in the comatorium". Avant pour être indépendant, il fallait avoir signé dans un label indépendant, mais depuis un moment, le statut "indépendant" s'applique comme un style musical à part entière. S'il faut trouver des références pour définir un éventuel style indé, je choisirais maintenant sans hésiter The Mars Volta. Voilà un album complètement fou fou fou livré pas les deux ex-membres de At The Drive In (Omar et Cedric) et leurs compagnons de route ; dont un certain Flea (Red Hot Chili Peppers) derrière la quatre cordes. Les morceaux, les mélodies, le chant, la guitare, les styles, les références, ... , tout s'enchaîne sans aucune logique ! A la première écoute, la surprise est au rendez-vous. Des breaks qui sortent de nulle part, des accélérations innatendues, des séquences jazzy qui succèdent à des métaleuses, qui elles succèdent à des solos de guitares posés... un truc de dingue, mais franchement bon. Bizarre, mais bon. La voix de Cédric Zavala est impressionnante (c'est d'ailleurs pour ça que j'ai acheté l'album !), dans un registre plutôt aiguë, voire limite féminin, mais très naturelle. Sans forcer quoi. C'est un peu dur d'expliquer ce que j'entends (ou ressens), mais au final, ça donne plutôt un rock à la fois lourd et gracieux, à la fois rapide et mélodieux, à la fois classique et extra-terrestre. Un rock étouffant et jouissif à la fois. Un truc que justement, on arrive pas à cadrer, comme devrait l'être la plupart du temps les groupes "indés". Allez ça va pour aujourd'hui [stop], mais c'est sûr, demain je me le refais !

Note de 4.5/5 pour cet album
Matt, le 26/07/2003

Un véritable chef d'oeuvre "indé" mêlant technique hallucinante, bizarreries sonores en tout genre et constructions rythmiques alambiquées, le tout arrosé par une voix masculine aigue et pure. Dommage que les titres soient aussi longs : 6 minutes, 7 minutes, 12 minutes ... On y prend du plaisir mais on a parfois tendance à décrocher.

Note de 5.0/5 pour cet album
Josselin, le 05/04/2005

Parmi la masse extravagante de bons et nouveaux groupes, lequel vous a vraiment surpris, touché, impressionné, fait réellement réagir ? Je ne parle pas de technique instrumentale, mais bien de l'impact de la musique. The Mars Volta est l'un de ces groupes qui ne peuvent laisser indifférent quoi qu'on en pense. Il est donc, à mon sens, l'un des groupes rock-prog les plus intéressants depuis longtemps. Ces ex ? At the drive in touchent à tous les styles (rock psyché, punk, acousmatique, pop rock, rock 70'...) et le font avec brio. Cet album est complet et a une réelle cohérence du début à la fin. Il se suffit à lui-même, et pour cause, il a été inspiré par l'histoire d'un de leur ami, artiste peintre fou, mit en prison pour meurtre. Il est aujourd'hui décédé. Pas très gai je vous l'accorde, mais l'émotion est bien présente. A l'écoute de De-Loused in the Comatorium, votre salon, votre chambre deviennent hétéro-topiques. La voix de Cédric, la musique d'Omar ont le don de nous transporter, de nous faire pénétrer dans des univers aussi variés que leur musique. "Roulette dares (the haunt of)", "eriatarka", "televators", "take the veil cerpin taxt" sont des titres (énigmatiques) incontournables ainsi que leur site où l'on peut voir que les arts visuels, l'artwork, les clips vidéos font partis et illustrent leur univers. Pour résumer The Mars Volta : ça joue rudement bien (flea à la basse, le batteur est exceptionnel, la voix flirte avec le sur-naturel !), c'est une musique, riche, libre, intense et inventive. Il nécessite tout de même de l'attention mais la curiosité nous pousse à l'écouter en boucle afin d'en saisir toutes les subtilités.

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