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Critique d'album

Wytch Hazel


III: Pentecost


(30/10/2020 - Bad Omen Records - Hard-Rock Revival / Heavy trad - Genre : Hard / Métal)
Produit par Wytch Hazel

1- He Is The Fight / 2- Spirit And Fire / 3- I Am Redeemed / 4- Archangel / 5- Dry Bones / 6- Sonata / 7- I Will Not / 8- Reap The Harvest / 9- The Crown / 10- Ancient Of Days
Note de 5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Les quatre Anglais réalisent le hold up parfait sur le revival NWOBHM. Une nouvelle référence."
Nicolas, le 12/11/2020
( mots)

Rythmique puissante, guitares guerrières fabuleusement harmonisées, batterie rutilante tout juste sortie de sa forge d'airain, chanteur possédé par ses textes, “He Is The Fight” assomme d’emblée l’écoute de III: Pentecost qui, comme son nom l’indique, constitue déjà le troisième haut fait d’arme de Wytch Hazel, le groupe qui est au revival heavy des late 70’s ce que Rival Sons est à la mouvance moderne blues - hard rock : une référence, ni plus ni moins. Imaginer qu’une formation aussi talentueuse puisse encore à ce point passer inaperçu a de quoi laisser songeur. Est-ce en raison d’une distribution (très) confidentielle ? Ou de textes ouvertement chrétiens aux antipodes des élucubrations occultes des tenants du mouvement ? Allez savoir. Espérons qu’à force de vous rabâcher les oreilles avec les quatre chevelus de Lancaster - François tout d’abord, et maintenant votre humble serviteur -, vous finirez vous aussi par vous laisser prendre au piège. Et quel piège !


Si Prelude offrait un magnifique hommage au rock des années 70 en tissant une toile d’une fantastique variété, entre guitares lourdes, accents folks et pérégrinations progressives, II: Sojourn allait tutoyer la NWOBHM dans ce que ce courant peut offrir de meilleur : un heavy metal à l’ancienne, héroïque, enflammé, descendant en droite ligne des Thin Lizzy et autres Angel Witch avec un peu moins de raucité et un peu plus de nuances. Car ce qui caractérise le plus Wytch Hazel, outre un référentiel totalement digéré et restitué avec une ineffable classe par des musiciens solidement aguerris, c’est le raffinement, l’intelligence de l’écriture de Colin Hendra, l’homme à la barre de l’esquif depuis que celui-ci a pris le large en 2011 alors qu’il répondait au nom de Jerusalem. On se demandait à quelle sauce allait être servi ce troisième essai ? La réponse nous est vite arrivée avec les solides singles envoyés en éclaireurs, “Dry Bones” puis “Archangel” : III: Pentecost reprend les hostilités là où son prédécesseur les a laissées, à la croisée des mondes entre un Wishbone Ash musclé et un Iron Maiden sensible, exercice d’équilibriste qui atteint ici un niveau de finition assez effarant.


Petit aparté sur les textes, car il n’est pas si courant qu’un groupe de rock s’en prenne de manière aussi frontale à… Satan. Regroupés derrière la Sainte Croix, les preux chevaliers du hard rock se lancent dans des harangues contre l’ennemi juré du Très Haut, et ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère. “He Is The Fight” désigne clairement l’ennemi : “Beware the great deceiver, Angel of Light / He is a roaring lion, He is the fight”. “Redeemed” se la joue bravache (“Lucifer you’ll have no hold on me / For I am a slave made free, I am a slave made free / I am redeemed”) quand “Archangel” donne dans une certaine provocation naïve (“Why should that demon have all the glory? He was only Archangel at the start of the story”). Ce même “Archangel” - qui se réfère donc au premier archange tombé en disgrâce, Lucifer - va même plus loin qu’un simple dénigrement puisqu’il se complaît carrément dans une sorte de prosélytisme : “But one is greater, a mighty saviour / Lord and creator, Lamb of God”, tandis que le conclusif “Ancient Of Days” débute par une litanie apocalyptique annonçant la venue du royaume de Dieu. Néanmoins, le côté chrétien très assumé de Wytch Hazel se pare d’une touche moyenâgeuse - mythologique confinant davantage à l’heroic fantasy qu’à la purge religieuse, à l’image de cette épée en croix plantée dans le sol de la pochette. Il est ici davantage question de s’amuser avec ces symboles que de les asséner telles des vérités, tout comme les tenants du satanisme d’opérette du heavy metal préfèrent nous flanquer les chocottes que de nous faire basculer dans l’occultisme sanglant. On retiendra surtout le côté rafraîchissant de cette inversion des codes, d’autant que si d’habitude le rock chrétien s’avère passablement chiant aux entournures, Wytch Hazel nous fait entendre un tout autre son de cloche.


C’est simple : même du temps de sa superbe, la NWOBHM ne nous avait que rarement livré des disques d’un tel niveau. Il y a un côté à la fois très direct, très FM même, dans les dix titres proposés par les quatre anglais, avec des lignes mélodiques limpides servies par une instrumentation éblouissante, d’autant que le niveau de finition s’avère nettement au-dessus de la moyenne des productions du même tonneau. Rien que les harmonisations de guitares d’ “He Is The Fight”, revenons-y, ont de quoi flanquer le vertige tellement l’habileté mélodique se dispute à l’efficacité (superbe collusion entre Colin Hendra et Alex Haslam), et on ne parlera pas de la colossale batterie de Jack Spencer, racée, pugnace mais toujours d’une redoutable pertinence. Wytch Hazel maîtrise à la perfection la science du contretemps, celui qui fait dodeliner les têtes et taper du pied, tout en se montrant fédérateur quand vient l’heure du refrain (“Spirit And Fire”, d’une robustesse à toute épreuve). Le rythme se plie aux bretteurs en lice, de charges haletantes en trêves religieuses nappées d’orgue de cathédrale - sachant que l’orgue Hammond n’est jamais très loin (“I Am Redeemed”), à moins que le down tempo ne se voit convié dans toute sa force, aux exhortations ponctuées d’aigus homériques (“Dry Bones”). Colin Hendra va même jusqu’à donner des leçons de doom aspergées de giclées lumineuses aux cadors du genre, montrant qu’il maîtrise au poil toutes les nuances du rock heavy (“Reap The Harvest”, tour à tour terrifiant et élégiaque). On notera que l’homme a très nettement progressé au chant depuis l’album précédent : sa voix se pare désormais de nuances que ne renieraient pas un Eddie Vedder moins démonstratif. Le côté folk du groupe n’a pas disparu pour autant et irradie de mille feux sur le superbe “The Crown”, apaisé, éploré, soutenu par de majestueux violoncelles ainsi qu’une batterie presque champêtre. On irait presque jusqu’à dire que Wishbone Ash peut aller se rhabiller, mais ce serait tout de même un brin iconoclaste. Quoique… Quand Wytch Hazel cherche l’efficience, il déroule un redoutable arsenal de power chords pour servir de soutien à de grands refrains vibrants sur des titres qui n’oublient pas l’émotion (“Ancient Of Days”), à moins de nous apaiser à grands renforts de cordes et de claviers d’un autre temps avant de nous lancer son uppercut le plus fracassant (fantastique enchaînement “Sonata” - “I Will Not”, le meilleur moment du disque).


Mais il y a plus. Avec “Archangel”, les anglais signent un morceau d’une classe affolante, parfaite synthèse de toutes les couleurs et nuances explorées dans ce III: Pentecost qui fera date. Il y a tout là-dedans, un chant somptueux (doublé du début à la fin), des guitares tantôt massues, tantôt cajoleuses, des intermèdes apaisés, des soli même pas tape à l’œil (ou quand la technique s’efface derrière la musique), une rythmique détonante. On peine à voir la moindre faiblesse dans ce troisième opus qui marque une nette progression par rapport à II: Sojourn, comme un (pourtant remarquable) brouillon qui se voit ici fignolé par une production impeccable et une pertinence accrue dans la composition. Un sans faute, qu’on vous dit, et un disque à écouter de toute urgence.

Avis de première écoute
Note de 4.5/5
Que dire sur un des meilleurs groupes du moment ? Qu'ils ont définitivement créé leur univers musical et qu'ils parviennent à en développer les caractéristiques sans tourner en rond ? Qu'ils composent talentueusement si bien qu'à chaque nouvelle piste on hurle au génie ? Qu'ils savent donner dans l'épique sans tomber dans le kitsch ? "Archangel", "I Am Redeemed", "Spirit and Fire", "I Will Not", et les autres ... Ne cherchez plus à savoir quel groupe peut prétendre aux sommets des classements, la messe est dite.
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Commentaires
Nicolas, le 13/11/2020 à 12:43
Maxime : ça se bonifie avec le temps, clairement. Le "pas mauvais moment" peut donc aller crescendo !
MaximeL, le 13/11/2020 à 11:33
Vu comme vous faites les forceurs sur ce groupe, bah j'ai écouté...et même si ça n'est plus trop mon genre de prédilection, j'ai pas passé un mauvais moment, loin de là. Mention spéciale pour I Will not.
Nicolas, le 12/11/2020 à 09:29
Merci surtout à toi d'avoir mis ce groupe très peu médiatisé dans mon radar. Autant dire que je ne suis pas près de le lâcher !
Francois, le 12/11/2020 à 08:33
Un chef-d'oeuvre, heureux de lire ton enthousiasme. Et je suis tout à fait d'accord avec toi pour "Archangel" : quand il a été proposé en single, j'ai dû l'écouter 10 fois de suite, puis non-stop pendant deux semaines. Il y a vraiment du génie : le petit décalage entre la rythmique et le chant au début du refrain permet de mettre le chant et la mélodie en avant avec une solennité imparable. In Cauda Venenum ...