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Chronique DVD

Jimi Hendrix : Blue Wild Angel - Live at The Isle Of Wight


Format : Stéréo, Dolby, DTS
Langue : Anglais

Sorti le : 26 novembre 2002
Distribution : Universal Music
"Le chant du cygne du gaucher prodige"
Nicolas, le 03/05/2010
( mots)
Blue Wild Angel, ou le chant du cygne de Jimi Hendrix . Ce DVD sorti en 2002 retrace en effet l'une des dernières prestations scéniques du gaucher prodige avant sa mort, et certainement l'une de ses moins bonnes. Vous l'aurez donc compris, l'intérêt de ce DVD ne réside pas tant dans son contenu musical que dans ce qui entoure le set, du documentaire sur l'organisation de l'un des plus impressionnants festivals jamais organisé (plus de 600.000 participants) aux témoignages des protagonistes de l'événement en passant, bien sûr, par l'observation du jeu scénique d'un homme éreinté, incapable de se transcender et qui lutte jusqu'à la dernière seconde pour assurer un show décent.

Si l'on remet le concert dans son contexte, il faut savoir que Jimi Hendrix était totalement opposé à l'idée de se produire à l'occasion du festival de l'Ile de Wight le 30 Août 1970, tout comme à celle de prolonger ce live par une tournée européenne. Seulement, l'homme était complètement fauché, et ce malgré le montant faramineux des cachets qu'il touchait à l'époque. La construction de son studio New-Yorkais, l'Electric Lady, avait passablement siphonné sa trésorerie, et Dieu seul sait de quelles magouilles crapuleuses s'était rendu responsable son manager Mike Jeffery autour du capital financier de la star. Toujours est-il que le Voodoo Child avait besoin d'argent, et que cette tournée européenne lui en promettait, et beaucoup. Il a donc consenti à délaisser pour quelques mois le travail acharné qu'il menait dans son studio pour achever son quatrième album afin de contenter les foules européennes. Mal lui en a pris.

L'échec de cette prestation (enfin échec, tout est relatif quand on connait les dons scéniques exceptionnel d'Hendrix) tient à une conjonction de plusieurs facteurs. Si la motivation du gaucher n'y était pas, si sa santé physique était sensiblement entamée (il était en effet fatigué par le voyage et le décalage horaire), la préparation du live avec son groupe (Band Of Gypsys, soit la paire Billy Cox - Mitch Mitchell) avait été quasiment inexistante tant Hendrix était sûr de son art et voulait axer ses performances sur un jeu toujours plus instinctif. Résultat, le trio n'avait pas répété une seule fois avant de se produire sur scène. Il faut ajouter à cela des conditions d'organisation loin d'être optimales : alors qu'une partie du l'événement aurait dû être gratuit, les organisateurs avaient décidé au dernier moment de faire payer tout le monde devant les frais annexes engagés. Beaucoup de fans ont dû ainsi rester en dehors de l'enceinte du festival, parqués derrières des palissades en tôle érigées à la va-vite, ce qui avait choqué le Voodoo Child. Last but not least, les conditions techniques sur scènes se sont avérées désastreuses : micros mal réglés, amplis disposés au mauvais endroit, sono captant les talkie-walkies de la sécurité (audibles sur le long jam brodé autour de "Machine Gun"), éclairage de la foule totalement inexistant ne permettant pas à Hendrix d'entrer en communion avec cette immense assemblée, tout était fait pour déstabiliser un esthète qui basait une énorme partie de son savoir-faire audio sur une parfaite maitrise du feed-back, maitrise mise à mal lorsque le matériel ne répond pas présent.

Ainsi, on voit le guitariste passablement énervé dès le début du set, faisant de fréquents allez et retours entre la scène et le backstage pour demander au staff technique de modifier tel ou tel paramètre. Ailleurs, c'est l'homme lui-même qui se bat contre sa Fender Stratocaster, mais surtout contre sa Gibson Flying V étrennée en interprétant les titres inédits qu'il enregistrait encore quelques jours auparavant. Ainsi, sur "Red House", on voit Hendrix re-régler une dizaine de fois ses micros avant de trouver le son qui lui convient. On n'omettra pas de mentionner l'épisode où le Voodoo Child perd à moitié son pantalon orange flashy en plein milieu de "Foxey Lady", l'obligeant une nouvelle fois à se réfugier derrière ses amplis en catastrophe et à meubler le morceau d'un jeu de larsens désemparés tandis que la paire Cox-Mitchell tâche de camoufler au mieux l'incident. Pas étonnant, donc, d'observer de la part d'Hendrix des mimiques décontenancées, de saisir ça et là des soupirs de mécontentement, des rictus crispés, et de comptabiliser le nombre de fois où il houspille ses compères pour relancer la dynamique des morceaux. Une odyssée épuisante sur le plan nerveux qui aboutit à un salut désabusé de l'artiste avant que celui-ci ne laisse choir bruyamment sa guitare sur scène et ne quitte les lieux avec abattement.

Malgré tout, les personnes les moins familières de l'œuvre de Jimi Hendrix trouveront dans ce DVD un motif de satisfaction musicale non négligeable. Car même diminué, même à 50 % de ses capacités réelles, Hendrix reste encore, et de loin, le meilleur guitariste de tous les temps. Même si chaque morceau peine à trouver son rythme, même si le grand Jimi n'explose pas tous les compteurs de virtuosité (le duo "hymne britannique - Sgt Pepper" s'avérant notamment bien décevant), on pourra ressentir une immense satisfaction durant la majeure partie d'un "Machine Gun" dépassant joyeusement les 20 minutes, quelques coups de génie acoustiques en plein coeur du blues "Red House", ou même le sprint final haletant de "Dolly Dagger". Et si "Foxey Lady" s'avère passablement raté, il n'en est pas du tout de même de la quadriplette suivante et notamment d'un "Purple Haze" en roue libre absolument jubilatoire. On picorera ainsi en permanence des petits grains de génie dans cet océan de marasme, alternant constamment entre la jouissance musicale et l'observation clinique d'un homme décidé à se battre jusqu'à la dernière minute pour sauver son honneur. En un sens, Blue Wild Angel est peut-être l'enregistrement live le plus humain de Jimi Hendrix, et rien que pour cela, il vaut largement le détour. Signalons enfin que cette version DVD ne reprend pas complètement l'intégralité du concert, puisque manquent à l'appel le trio ""Midnight Lightning" - "Hey Baby (New Rising Sun)" - "Hey Joe" que l'on peut retrouver dans la version audio double CD commercialisée dans le même temps pour un total dépassant les deux heures de blues-rock funky.
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