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Chronique Livre

L’odyssée du rock


Auteur : Florent Mazzoleni
L'éditeur : Hors Collection
Date de sortie : Mars 2011

Langue : Français
"Quand l’histoire s’écrit dans le roc. Textes et illustrations au service d’une parabole. Un livre de Florent Mazzoleni "
Matthieu, le 25/02/2013
( mots)

"Ecrire l’histoire, surtout celle des marges, prédispose à colporter les légendes", explique Gilles Tordjman dans la préface de L’odyssée du rock . Comment aborder un mythe comme le rock ? s’interroge l’un des plus célèbres critiques musical français. Comment résumer cette révolution terrible qui au delà de l’industrie de la chanson, à bouleversée les moeurs, dépoussiérée certains vestiges conservateurs des sociétés occidentales et dynamisée l’opposition au pouvoir, des britanniques de The Clash aux Russes des Pussy Riot ? Un exercice difficile auquel s’est frotté l’écrivain mélomane Florent Mazzoleni. Son ouvrage retrace plus de 50 ans de ce mouvement en perpétuelle évolution. Le résultat sonne juste malgré quelques bémols.

Une première version de L’odyssée du Rock était parue en 2004. Florent Mazzoleni a eu la brillante idée de mettre à jour son encyclopédie six ans plus tard, en 2010. Cette réactualisation livre donc les nouveaux venus, heureux élus, qui font perdurer la légende de notre style musical préféré. La présence d’artistes récents est une qualité notable de ce livre car il est assez rare de voir les auteurs prendre le risque d’inscrire des artistes récents à quelques pages de références incontestables. Si la présence d’interprètes tels Jeanne Cherhal, Anaïs ou encore Mika est très surprenante, l’arrivée de Radiohead, The Arcade Fire ou encore MGMT aux côtés de Noir Désir est bien plus logique.

L’héritage des musiques noires en plein contexte ségrégationniste

L’approche chronologique permet de retracer l’évolution année après année du rock à l’international. Pour l’auteur, l’histoire commence avec l’enregistrement de "That ‘s Allright Mama" par Elvis Presely. Cette reprise d’un morceau aux consonances rythm’n blues composé en 1946 par Arthur "Big Boy" Crudup, est enregistrée au studio Sun du producteur, et incroyable dénicheur de talents, Sam Phillips. L’énergie et l’exaltation sexuelle qui ressortent de l’enregistrement sont si novatrices que le tube envahit très rapidement les ondes de radio américaines. L’hystérie adolescente – très majoritairement féminine, certes – qui s’en suit est bien connue de tous. L’influence de la musique noire dans la naissance du rock n’est pas sous-estimée. Il ne faut pas oublier que Chuck Berry ou l’extravaguant Fats Domino deviennent les plus gros vendeurs de disques de l’époque. Un comble pour les Etats-Unis des années 1950 où les afro-américains peinent toujours à faire entendre leurs droits civiques.

Hormis des illustrations rares et bien intégrées aux textes, Florent Mazzoleni distille des anecdotes et des détails de l’histoire du rock plus croustillants les uns que les autres. Quelques exemples originaux. Animateur d’une émission radio à Cleveland, le disc-jockey Alan Freed popularise le terme "rock’n roll" en organisant des rock’n roll parties très prisées par les jeunes blancs de milieu aisé. L’album The Wall de Pink Floyd, sur fond de sadomasochisme, fascisme et aliénation, raconte l’histoire d’une rock star qui déteste profondément son public. Enfin, pour ceux qui croyaient à la mort de Jim Morrisson, leader charismatique des Doors, dans sa baignoire, le compositeur californien de "Light My Fire" est en fait décédé des suites d’une overdose dans les toilettes du Rock’n Roll Circus, une boîte de nuit Parisienne.

De Gainsbourg à Godspeed You ! Black Emperor, l’auteur réussit une belle rétrospective

Remontant les pages comme les années, les références changent aussi régulièrement que les branches du rock naissent. Led Zeppelin marque l’avènement du hard rock avec la sortie de son premier album éponyme en 1969 alors que dix ans plus tard, le groupe français Téléphone réveille le rock "made in France". Les auteurs de "Ca c’est vraiment toi", raniment une jeunesse furieuse encore marquée par mai 68. Dans ce livre, Serge Gainsbourg, les Beatles et AC/DC côtoient des artistes moins connus du grand public comme Television, The Smashing pumpkins et Godspeed You ! Black Emperor. Loin d’être exhaustif, les références classiques du rock’n roll sont privilégiées sans omettre des artistes moins célèbres. Du novice curieux au passionné collecteur de vinyles, personne ne peut nier l’enrichissement culturel qui découle de ce petit pavé de 346 pages.

Si l’objectif n’est pas de maitriser la biographie de tous les groupes, l’organisation année par année trouve parfois ses limites. Le choix d’évoquer un album par artiste nuance l’impact de certaines figures majeures comme Pink Floyd ou Joy Division dont on n’apprend pas grand chose d’original. Les focus sur certains genres musicaux, soul, funk, rock progressif, sont intéressants mais beaucoup trop d’entre eux comme le métal ou le rock psychédélique sont ignorés. Difficile de faire mieux pour Florent Mazzoleni qui ne manque pas de créativité et suggère avec originalité une "discographie idéale", histoire de faire perdurer la légende, avec ses oreilles désormais.
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