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Compte-rendu de concert

Minor Victories


Date : 12/08/2016
Salle : Festival de la Route du Rock (Saint Malo)
Première partie :

Quoi de plus difficile à encaisser musicalement que la désastreuse représentation live d'un album de grande qualité ?

Clément, le 22/08/2016
( mots)

Minor Victories, c'est le side project de Justin Lockey (Editors) mobilisant son frère James Lockey ainsi que Stuart Braithwaite (Mogwai) et Rachel Goswell (Slowdive). Là dessus rien à dire, le line-up a de quoi faire baver. Et autant vous le dire tout de suite le résultat en studio est plus qu'à la hauteur des attentes, et ce aussi bien au niveau auditif que visuel de par les clips réalisés par James lui-même. Mais quid de la performance live du groupe ?

Alors que les groupes Belle & Sebastian et Hælos ont très efficacement préparé le terrain avec des sets mémorables, c'est au tour de Minor Victories d'investir la scène du fort de Saint-Père pour l'édition 2016 de la Route du Rock. Un festival connu pour sa volonté de promouvoir les artistes indépendants en affichant des line-ups qui ne parleront certes pas à tout le monde, mais d'une qualité certaine. Le flair de l'équipe de programmation du festival n'est plus à prouver. Lors d'une édition précédente, un certain groupe nommé Savages avait ouvert les festivités dans l'anonymat quasi complet. Cette année le même groupe se retrouve en tête d'affiche avec les qualités que nous lui connaissons aujourd'hui, et le cas n'est pas isolé. En ce qui concerne nos intéressés, le festival nous fait donc profiter de leur unique date en France en dehors de Paris.

Malheureusement, nous apprenons que le groupe jouera en l'absence de Justin, ce dernier étant trop occupé avec Editors et sa tournée actuelle. Dommage, sa voix offre pourtant une très bonne complémentarité avec celle de Rachel. Cependant on pourra se considérer chanceux d'avoir les trois autres. Après tout, Slowdive vient tout juste d'annoncer qu'il travaillait sur un nouvel opus et Mogwai nous a gratifié du très bon Atomic trois mois plus tôt. De vrais ministres musicaux.

C'est l'heure, la sono ambiante destinée à nous faire patienter s'arrête et nous percevons l'introduction du très bon "Give Up The Ghosts". Le morceau est en effet une magnifique entrée en scène et marque par ses sons saturés et sa puissante batterie... sur l'album. Mon corps tout entier appréhende l'arrivée des puissantes percussions qui sonnent finalement comme un pétard mouillé. La faute au plein air ? A la régie du festival ? Hælos avait juste avant livré une performance exceptionnelle marquée par un son de batterie ainsi qu'une balance générale frôlant la perfection. Point d'excuse pour nos amis.

Le suivant sur la setlist de la soirée n'est autre que "The Thief", qui reste heureusement marquant grâce à son groove de basse des plus plaisants. Néanmoins, la voix de Rachel Goswell figurant pourtant comme atout de taille du groupe, est absolument inaudible. Visuellement, la chanteuse nous a gratifié d'un bel ensemble à paillettes la mettant franchement en avant. Malheureusement, ce ne sera que sur le plan visuel. L'envolée musicale finale si particulière et propre au morceau aura le mérite de nous montrer un Stuart Braithwaite et un James Lockey absolument habités par leurs instruments respectifs, se donnant plus que jamais dans l'expression de chaque note qui viendra agresser nos tympans que l'on est tenté de boucher tant la bouillie de décibels qui en résulte est désagréable. Mes espoirs s'effondrent. Le chant semble d'un automatisme affligeant et les guitares ont certes l'air de prendre leur pied... mais dans leur coin.

Force est de constater que le groupe n'a aucune cohésion sur scène. Lors de l'interview des plus intéressantes que nous avons eu avant le concert (article à venir prochainement) le supergroup me confiait ne s'être jamais vraiment rencontré pour enregistrer les morceaux, et que l'ensemble avait été élaboré par correspondance. Fait d'arme très impressionnant lorsque l'on constate la qualité de leur première galette éponyme. Malheureusement il serait presque pertinent de leur préciser que le même processus est difficilement applicable sur scène. Car c'est exactement ce qu'il s'est passé ce soir-là au Fort de Saint-Père, lors du concert des Minor Victories, nous avons vu une performance live par correspondance. Sans âme, sans cohésion, sans communication.

L'enchaînement de "A Hundred Ropes" et "Cogs" (dont les clips ingénieux sont la preuve même que l'on peut marquer les esprits avec peu de moyens) nous fera tout juste profiter d'un jeu de lumières intéressant apportant davantage de visuel à l'ensemble. Mais bien que "Breaking My Light" profitera d'un son plus propre, il semble impossible pour une personne ne connaissant pas l'album de distinguer un morceau d'un autre, ou même l'once d'un thème. D'ailleurs, nous atteindrons le summum de l'aberration lors de l'interprétation de 'Higher Hopes", dont la conclusion bestiale est destinée à prendre tout son sens en live. Le rendu y est à peine correct et ne se démarque nullement du reste du set. Seul point positif, nous pouvons distinguer quelques paroles de Rachel sur ce morceau. Damned...

Nous profitons d'une belle conclusion visuelle  aussi bien sur le plan lumineux que du côté des musiciens qui se donnent sur scène (y compris Rachel, si si). Si bien que c'est à se demander si le rendu n'est pas meilleur de leur côté. Finalement, la plus grosse attente de la journée se sera transformée en seule grosse déception. Retenons que le studio et le live sont deux métiers bien différents. Certains groupes nous offrent parfois des expériences studio mémorables mais semblent incapables de les défendre sur scène, et c'est le cas de Minor Victories ce soir. Là où d'autres se démarquent justement pour l'expérience live qu'ils offrent malgré des œuvres correctes voire parfois médiocres (quelqu'un a dit Shaka Ponk ?).

Mais il y a quelque chose de plus dans la réalisation d'une performance live qui la rend unique. Nous avons tous déjà échangé sur les qualités scéniques d'un groupe avec une personne dont le discours semblait à 1 000 lieux de ce que nous avons nous mêmes expérimentés avec ce même groupe. Peut-on donc vraiment juger des artistes sur une performance unique ? Ou au contraire peut-on leur accorder le bénéfice du doute, d'un jour "sans" ? Peut-on espérer qu'un retour de Justin Lockey sur scène, le chef d'orchestre du collectif, permette cette réaction chimique nous promettant les étincelles tant espérées que ces morceaux méritent ?

Finalement, soucieux de vous donner quelque chose à vous mettre sous la dent après cet article loin d'être un essai dithyrambique, je vous invite à vous renseigner sur Hælos. Groupe dont la performance exceptionnelle a précédé celle de MV et a sublimé au plus haut point leur premier né très correct nommé Full Circle.

Bonne dégustation.

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