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Compte-rendu de concert

Soen


Date : 15/10/2023
Salle : Elysée Montmartre (Paris)
Première partie : Terra, Molybaron

Une belle affiche qui confirme une nouvelle fois toute la diversité dont dispose la scène metal moderne

Franck, le 23/10/2023
( mots)

Si le fait de vivre en région parisienne amène son lot de galères au quotidien, un des gros avantageuses (pour les mélomanes du moins) reste l’accès à une quantité considérable de concerts. Profitant de la chose comme il se doit depuis le début de l’année (avec déjà plus de 10 concerts au compteur), il m’arrive d’avoir à faire des choix cornéliens entre différentes options se tenant le même jour (je ne ferai même pas mention du fameux match de rugby France-Afrique du Sud, ne remuons pas le couteau dans la plaie…). Dans ce cas de figure, le choix peut parfois être influencé par la salle (une soirée dans des lieux mythiques comme l’Olympia ou le Trianon se refuse difficilement), mais aussi par la qualité et la consistance de la (ou les) première(s) partie(s). Pour le coup, l’affiche du concert tenu à l’Elysée Montmartre ce dimanche 15 octobre s’avérait particulièrement alléchante de par sa générosité et sa dimension internationale. Pour faire court : un Soen (Suède) dans la fleur de l’âge et en pleine maitrise de son metal progressif, un Molybaron (France/Irlande) dont le nouvel album s’annonce tout aussi explosif que le précédent, et un Terra (Italie) en outsider ayant de sérieux arguments à faire valoir.

 

TERRA 

Et pour cause, le groupe italien a de quoi susciter la curiosité entre un look peu conventionnel (trois des quatre musiciens portaient des dreadlocks d’une longueur assez impressionnante) et une musique combinant des sonorités tribales avec du métal alternatif moderne. L’entrée en matière a été plus que convaincante, le quatuor romain livrant une prestation singulière, riche en riffs captivants et en mélodies obsédantes, le tout renforcé par un jeu de percussion omniprésent ; chacun des membres étant mis à contribution pour assurer la section rythmique grâce à plusieurs toms disposés sur toute la largeur de la scène. C’est d’ailleurs le batteur qui assure le chant principal, révélant au passage de saisissantes capacités vocales ; une voix claire et légèrement rocailleuse qui s’adapte parfaitement aux différents niveaux d’intensité proposés. Car si la musique de Terra se distingue par sa puissance et sa force de frappe, celle-ci sait également bifurquer vers des ambiances plus folkloriques et contemplatives à l’image de quelques transitions gracieuses menées à la flûte. Un groupe étonnant et prometteur. A suivre.

 

MOLYBARON

A peine le temps de se poser que Molybaron fait son entrée en scène. Le groupe franco-irlandais joue clairement à domicile (une partie du public semble être venu spécialement pour l’occasion) et déroule un set sans temps mort, faisant la part belle aux compos issues de son nouvel album (Something Ominous, dont nous vous reparlerons très prochainement). Ces nouveaux morceaux se révèlent d’ailleurs redoutables en live, exploitant des riffs explosifs et des refrains particulièrement fédérateurs à l’image des très efficaces "Set Alight" et "Breakdown". Si le chanteur Garry Kelly culmine par son charisme et sa voix très typée, les autres membres du groupe ne déméritent pas à l’image de plusieurs solos de guitare rondement menés (Florian Soum) et d’une section rythmique basse-batterie intraitable (Sébastien de Saint-Angel et Camille Greneron). Notons d’ailleurs que le groupe s’est parfaitement remis de ses multiples départs, Steven André et Aurélien Auzoulias ayant tous deux quittés l’aventure depuis l’enregistrement de The Mutiny (2021). Cela n’empêche pas le quatuor d’interpréter - pour notre plus grand plaisir - quelques titres issus de leurs précédents albums, dont les désormais indispensables "Animals" et "Lucifer" qui résument à eux seuls le style Molybaron : un rock musclé aux touches heavy, générateur de groove et de mélodies instantanée, renforcé par un phrasé atypique évoquant parfois System of a Down. Une chose est sûre : Molybaron a franchi un nouveau pallier dans son ascension vers les plus hautes sphères du metal moderne, et dispose désormais de sérieux arguments pour tenir les têtes d’affiche à l’avenir…

 

SOEN 

Pour l’heure, les stars de la soirée sont bel et bien suédoises ! Les cinq membres de Soen prennent place dans un cadre apocalyptique magnifiquement illustré par un décor d’arrière-plan nous projetant dans une cité ravagée par une guerre nucléaire. Le groupe de metal progressif débute son show avec le classique mais efficace "Sincere", rendu d’autant plus percutant par une restitution sonore impeccable permettant de ressentir toutes les nuances du jeu proposé. Car si la redondance de certaines structures mélodiques est souvent pointée du doigt sur les albums du quintette, force est de constater que celui-ci sait y faire avec la scène. Particulièrement à l’aise dans l’exercice, le chanteur Joel Ekelöf porte littéralement certains morceaux à l’aide d’une voix puissante et charmeuse - dotée d’une tessiture plus large qu’il n’y paraît -, tout en occupant la scène en se dandinant telle une anguille dans son costume ajusté. A l’instar des opus studio, le groupe se démarque grâce à l’explosivité de certains riffs, renforcés par un batteur de très haut niveau en la personne de Martin Lopez. Ce dernier fait incontestablement partie des meilleurs batteurs de sa génération ;  ce genre de cogneurs qui par leur simple jeu de percussion parviennent à apporter singularité et authenticité à une composition. 

Autre trait de caractère qui se voit encore plus prononcé en concert : le groupe scandinave met le paquet lors des passages les plus épiques… quitte à en fort trop. Nous avons ainsi droit à des refrains un peu mielleux mais fichtrement efficaces auprès du public ("Unbreakable"), ou encore des mises en scène un peu trop forcées (à l’image d’un porté de drapeau au-dessus de la foule sur fond de rythmique guerrière). Que l’on aime ou pas cette grandiloquence et cette expressivité un tantinet surjouée, ces aspects font partie intégrante de Soen, et force est de constater que ce registre convient à merveille aux Suédois (ce qui est important à souligner tant le groupe s’est cherché une identité durant ses premières années de carrière). Le temps passe sans que nous le voyions défiler, pris dans l’engouement d’un show particulièrement équilibré, alternant entre compositions musclées et envolées plus légères et intimistes. Si le set fait la part belle au trio d’albums Memorial-Imperial-Lotus, nous avons également droit à deux titres issus du tout premier album du groupe (Cognitive, 2012) ramenant aux origines nettement plus Tooliennes du quintette. La soirée se termine sur un traditionnel rappel lors duquel le groupe laisse le choix du morceau au public. La foule s’est fait entendre et c’est le titre "Lunacy" qui retentit dans l’enceinte parisienne avant de conclure pour de bon avec le plus virulent "Violence".

 

Voilà un concert qui s’est clairement montré à la hauteur et qui confirme une nouvelle fois la diversité sidérante dont bénéficie la scène metal. Il convient également de féliciter les équipes techniques de l’Élysée Montmarte pour l’organisation générale, chaque transition se faisant en une dizaine de minutes seulement (ce qui est loin d’être courant), rendant la soirée d’autant intense et appréciable.

 

Set-list (Soen):

Sincere (Memorial, 2023)

Martyrs (Imeprial, 2021)

Savia (Cognitive, 2012)

Memorial (Memorial, 2023)

Lascivious (Lotus, 2019)

Unbreakable (Memorial, 2023)

Deceiver (Imeprial, 2021)

Ideate (Cognitive, 2012)

Monarch (Imeprial, 2021)

Fortress (Memorial, 2023)

Illusion (Imperial, 2021)

Modesty (Imeprial, 2021)

Lotus (Lotus, 2019)

Antagonist (Imeprial, 2021)

Lunacy (Lotus, 2019)

Violence (Memorial, 2023)

 

Set-list (Molybaron) :

Something Ominous

Set Alight

Twenty Four Hours

Animals

Breakdown

Lucifer

Vampires

Incognito

 

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