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Compte-rendu de concert

Placebo


Date : 24/05/2015
Salle : Europavox (Clermont-Ferrand)
Première partie : Heymoonshaker, Izïa

Une belle affiche pour l'Alesia du rock !

Stéphane, le 10/06/2015
( mots)

Europavox, le festival auvergnat qui conjugue les courants musicaux accueillait Dimanche 24 Mai 2015 Heymoonshaker, Izia et Placebo sur la scène du polydrôme. C'est devant un parterre de 5300 personnes que ces artistes ont évolué. Clermont-Ferrand était pour un soir l'Alesia de l'electro-rock.

19h15 : Heymoonshaker, duo anglais formé en nouvelle-zélande est un combo electro-blues/rock. Il a surpris son auditoire avec une configuration originale, beatbox et guitare/chant. La rythmique matrixienne venait donner de l'ampleur à une guitare définitivement rock. Entre ballades au dobro, solos de beatbox et hymnes blues, les kiwis sont très convaincants. La voix rauque du guitariste vient se placer quelques aigus au dessus des références que sont Mark Lanegan et Chris Cornell. Le jeu de scène est assuré par Mr Beatbox alias Dave Crowe qui transforme son corps, ses bras, en une machine extraordinaire, un thérémine rythmique. Entre deux chansons il vient nous expliquer le contenu de ce qui va être interprété par son comparse, Andy Bacon. Le français est approximatif mais l'effort est suffisant pour permettre une bonne compréhension, le tout, avec une bonne dose d'humour. Heymoonshaker a fait son job, séduire et chauffer la salle pour accueillir Mlle Higelin.

20h30 : Izia investit la scène, à la manière d'une teenager qui s'empare du dancefloor aux premières notes du dernier David Guetta. Ne nous méprenons pas, la comparaison avec le DJ s'arrête là. Balayant entre deux titres du nouvel album les hits des prédécesseurs, la constitution du set est d'une logique implacable. La vague / So much trouble / Autour de toi / Twenty times a day / Bridges / Les ennuis / Let me alone / Penicilline / Reptile /  Disco ball. Pour ce qui est de la prestation scénique, l'énergie déployée par la demoiselle est bluffante, elle saute, danse, joue avec le public, et raccroche au chant sans accroc. La voix d'Izia est au rendez-vous, d'une justesse impeccable malgré cette prestation très dynamique. Elle se permet même des variations complexes sur les vieux titres comme "Twenty times a day". On assiste à une performance digne de ce nom, la nouvelle direction artistique de La vague plus électro est l'occasion de revisiter les titres de ses deux premières galettes. Le très rock "so much trouble" a rempli son objectif avec une version retravaillée : les claviers prennent de l'ampleur, les samples aussi, la batterie est chirurgicale, les guitares sont fredonnées. S'ils n'avaient pas été devant nous, nous aurions supposé que les guitaristes jouaient dans une pièce voisine. C'est d'ailleurs le bémol qui ressort de cette prestation, le changement a amené un mix général dans lequel on ne reconnaît pas le son de mademoiselle Higelin. Toutefois la voix particulière de la sauterelle nous rappelle que c'est bien Izia qui fait le show ce soir! En parlant de show, c'est dans une tenue sexy à souhait, mini short et top en vinyle, que la belle chauffe son public. Sans en faire des caisses, elle impose son style. Elle l'impose d'ailleurs un peu trop... Un peu trop pour un public qui n'en demande pas tant. Elle le remarque d'ailleurs fort bien, essaie d'obtenir un retour de ces personnes mais sans résultat. Cela ira même jusqu'à cette phrase "Y a une demoiselle qui se bouche les oreilles au premier rang, [...] visuellement c'est très destabilisant..."  sans oublier au début du concert "Vu d'ici , ça a pas trop l'air d'aller, [...]on dirait que vous avez un peu tous envie de mourir" .
Cette heure passée en compagnie d'Izia n'aura pas réellement convaincu malgré ses efforts. C'est donc maintenant au tour de Placebo de clôturer cette soirée.

22h00 : Guitares saturées à l'appui, il ne fait aucun doute que la prestation des anglais sera du goût des amateurs de rock. On commence avec un titre que peu connaissent, "B3", présent sur l'EP du même nom. Ce titre sans concession offre une bonne entrée en matière. On se laisse surprendre par un gros son qui étouffe la voix de Molko : après quelques titres et 15 minutes de jeu le public réagit. La voix de l'ex-androgyne ne ressort pas assez du mixage, et suscite le mécontentement d'une partie du public. Ce sera l'occasion pour le leader de Placebo de rappeler ses origines luxembourgeoises avec un français chatié "Si vous parlez tous ensemble, je ne vais rien comprendre... [...] La ferme ! Merde ! [...] On n'entend pas quoi ? Ma voix ? [...] Ok on va faire quelque-chose pour arranger tout ça, d'accord ? Mais rendez-moi une faveur, prenez soin l'un de l'autre, ce soir soyez gentils avec respect, ok ? Merci". On a l'impression d'assister à un duel artiste vs public, le public ayant eu raison d'Izia au premier round, Placebo sera-t-il plus farouche ?
Après quelques réglages de micro c'est reparti. L'alternance Loud like love / greatest hits est assez hasardeuse, Placebo donne l'impression d'un groupe qui veut finir sa tournée. Cherchant des artifices pour dynamiser son set... B3 / For what it's worth / Loud like love / Every you every me / Scene of the crime / A million little pieces / Blackeyed / Twenty years / Too many friends / Special needs / One of a kind / Space monkey / Exit wounds / Meds / Song to say goodbye / Special K / The bitter end . Rappels : Teenage angst / Running up that hill / Post blue / Infra-red. Comme si l'on visitait sa collection, Brian Molko change de guitare après chaque chanson, ressortant quelques titres du grenier comme "Space Monkey". L'impression de lassitude qui se dégage du groupe est modérée par la longueur de la prestation, et la présence d'un rappel. Placebo placera une grande partie de ses hits au cours de la soirée, le public sera d'ailleurs plus sensible à ces instants populaires. Leur dernier album Loud like love est mis en valeur, mais les titres qui paraissaient à l'écoute du disque prometteurs ne seront pas tous interprétés ce soir. On regrettera notamment l'absence de "Purify". La prestation scénique est classique, l'espace n'est pas tellement investi. Une clope, une guitare laissée à l'abandon d'un larsen nous rappellent que nous sommes en présence d'un groupe de rock qui a marqué les deux dernières décennies. Le set principal se finit, laissant cinq minutes au public avant les rappels.  4 titres dont cette reprise qu'ils se sont magnifiquement bien appropriée "Runnig up that hill" de Kate Bush. Cette soirée se termine sur un larsen maitrisé par des pedalboards débordant d'effets divers, du delay au fuzz, du flanger à la disto high gain : Placebo sait jouer avec les effets. On voit les deux membres originels du groupe s'amuser, le public a cependant du mal avec ce concept de larsen maïtrisé, espérant un dernier titre peut-être. Mais il est temps de dire au revoir à la capitale auvergnate. Un salut des membres de Placebo (originels et additionnels) viendra ponctuer la fin de cette soirée. Ce salut ressemble à s'y méprendre à celui d'un vainqueur venant remercier son adversaire pour sa combativité.
EuropaVox avec sa programmation éclectique cherche à ouvrir l'horizon musical d'un public consommateur de musique, mais les commentaires entendus ça et là laissent dubitatifs sur le résultat : "en fait elle fait pas trop pareil que son père...", "je pensais pas que c'était ça le rock, il s'appelle comment le dernier groupe ?". Le constat de la soirée, mitigé, laisse une impression très curieuse. Le public n'était pas au rendez-vous malgré un ensemble d'artistes relativement volontaires.
Pour faire un bon concert il vous faut :

  • Une tête d'affiche qui a sorti plus d'un disque
  • Une première partie qui sache faire le show, et qui soit en adéquation musicale avec la tête d'affiche
  • Une partie du public qui connaït les paroles des chansons
  • Un public qui bouge
  • Un public qui est heureux
  • Un putain de public !

Presque tous les ingrédients étaient réunis...
A l'année prochaîne Clermont-Ferrand.

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Album de la semaine

Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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