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Compte-rendu de concert

The Neighbourhood


Date : 28/04/2014
Salle : la Flèche d'or (Paris)
Première partie : the Part-Time Friends
Raphaëlle, le 29/04/2014
( mots)

Au nom du groupe, on se dit qu'il s'agit d'un énième groupe indé au nom improbable, puisqu'après tout dans le même champ lexical il existe déjà le groupe Real Estate. L'orthographe laisse entendre qu'en plus ils sont anglais, donc on s'imagine un groupe à la the XX et on se dit que ce n'est pas ce soir qu'on va éliminer les chocolats de Pâques sur le dancefloor. Un tour sur Twitter achève de me convaincre qu'il va y avoir des barbus a chemise a carreaux dans la salle: nom raccourci en @thenbbd (plus chic), photos en noir et blanc... Au secours, des hipsters !

Oui mais non, car comme je vais rapidement le comprendre, The Neighbourhood n'est vraiment pas là où on l'attend. Spotify m'apprend que leur son se situe à un étrange carrefour entre Foster the People et Lana del Rey: le sens de la mélodie des premiers alliés à l'implacable mélancolie de la demoiselle. Ils ont fait un buzz énorme outre-Atlantique avec leur tube "Sweater Weather" et depuis, plus rien ne les arrête, ils ont même joué à Coachella en 2013, temple de la hype s’il en est. Google m'expliquera en effet qu'ils sont 100% californiens et que l'orthographe anglaise de leur nom n'est qu'une question de marketing. Ce concert était leur première date française et force est de constater que je vais devoir réviser mes jugements sur leur public. Dans la queue devant la Flèche d'or, ça parle révisions du contrôle commun de maths et ça s'instagrame en selfie duckface. Si vous n'avez rien compris à la phrase précédente, bravo vous avez bien fait de zapper ce concert. Avec une angoisse grandissante, je me demande où j'ai mis les pieds.

Dans la salle, une foule compacte attend ses idoles, moyenne d’âge estimée à 16 ans, public largement féminin. Cela va bénéficier à la première partie qui est par ailleurs une excellente découverte. Les Part Time Friends sont heureux d'être là et l'émotion de la chanteuse est palpable. Face à une salle conquise et enthousiaste, ils enchaînent les ritournelles mariant la jolie voix de la chanteuse à la guitare de ses deux compagnons. Quelque part entre Cocoon pour la folk à la guitare et les Dum Dum Girls pour les reverb qui donnent une pointe de nostalgie à l’ensemble. Leur album sort bientôt, affaire à suivre donc.

A 21h, la foule est surexcitée et the Neighbourhood décide qu'il est temps de rentrer dans la cage. Et là, choc total. Le batteur est caché par les volutes de fumée, un guitariste ressemble à l'intello que personne n'aime dans les teen movies us et l’autre guitariste a un visage juvénile auquel je donne 15 ans. S’inscrivant dans la tradition adolescente, il n'aura de cesse de chasser la mèche qui lui tombe devant les yeux (Albumrock se permet de suggérer un passage chez le coiffeur)... Surprise totale. Moi qui croyais avoir affaire à des hispters londoniens, je me retrouve face à des cousins de Justin Bieber! Que dire aussi du chanteur, affublé d'un bandana noué sur le front et dont les pans pendent sur sa poitrine… Hommage à Axl Rose? Adulé par des jeunes filles en fleur, pour reprendre l'expression en vogue sur une chaîne cryptée après 20h, il prend un plaisir manifeste à être là. Il communique beaucoup et il harangue régulièrement la foule à tout bout de champ pour solliciter son soutien. Ambiance "révise ton anglais LV1 avec The Neighbourhood" garantie. Sur la fin, sa voix finit même par s’essouffler, mais l’enthousiasme de la foule masque son manque de coffre. Est-ce parce qu’il a conscience de la faiblesse de ses chansons? En tout cas ces dernières sonnent terriblement rock fm. Où sont passées les nappes de synthés à la Lana del Rey ?

Drôle de concert où on oscille en permanence entre la pop fm sans intérêt ("Everyone is watching me", "Lurk", "Silver") et les instants de grâce tubesque ("Sweater Weather", "Afraid"). Au fur et à mesure, le son se fait plus lourd, parfois un rien brouillon ("W.D.Y.W.F.M ?"). Pendant tout le concert, la gestuelle du chanteur ressemble étrangement à celle d’Eminem. Sa diction et son débit le rapprochent d’ailleurs bien plus du rap que du rock. J’ai retenu ma leçon, the Neighbourhood maîtrise l’art de brouiller les pistes.

La mention spéciale du soir revient sans conteste à "Baby Came Home". Soudain les gamins devant moi n'ont plus d'âge, le guitariste intello sort un solo exceptionnel, le chanteur semble littéralement habité par sa longue plainte, on est ailleurs. Ils ne jouent plus à faire crier les jeunes filles en fleur. Comme tant d’autres rockeurs, ils ont vu dans leur guitare la façon la plus digne d'expier un chagrin d'amour et ils semblent exprimer pour la première fois l’étendue de leur talent.

Dommage qu'ils n'aient pas clôt le concert là-dessus. Au bout de 45 mn d'un set mené comme un tgv, les lumières se rallument. L'avantage du rock pour ados, c'est qu'il respecte les couvre-feux parentaux.

Allez voir the Neighbourhood si vous voulez regagner l’estime de votre petite sœur dans quelque mois, quand elle vous en parlera et que vous lâcherez d’un ton nonchalant que vous connaissez déjà. Sinon, attendez comme moi de voir si ces nouveaux venus vont arriver à délaisser la facilité du rock FM. Vu l'accueil qui leur est réservé partout où ils passent, cela semble compromis.

Set list:
Silver
Female Robbery
Everybody is watching me (Uh-Oh)
Jealousy
W.D.Y.W.F.M?
Baby Came Home
A Little Death
Lurk
How
Sweater Weather
Afraid

 

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