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De 2010 à 2020 : les dix albums préférés de Julien


Julien, le 06/11/2020

En cette période toujours si particulière, nous, rédacteurs d’Albumrock, avons décidé de vous proposer une nouvelle fois une sélection de dix albums. Cet exercice avait été l’occasion, en mars-avril, de partager avec vous nos dix albums préférés de tous les temps : nous recentrons cette fois nos écoutes respectives sur la dernière décennie avec une sélection de dix disques publiés entre 2010 et 2020. Il n’est toujours pas question ici de prétendre que tel ou tel est “le meilleur de tous”, l’exercice reste entièrement subjectif et retrace un parcours musical tout à fait personnel au cours de ces dix dernières années. 

Me concernant, ce coup d’œil dans le rétroviseur appelle des albums dans des registres du rock assez variés, tant sur les origines des groupes que dans le prisme des couleurs et ambiances diffusées. Etonnamment cette sélection s’est faite très rapidement et tout naturellement tant ces disques sont ceux qui définissent le mieux ma tranche de vie de ces dix dernières années. Chacun d’eux a également une résonnance particulière dans mon évolution musicale. Ultime précision, l’ordre présenté ici fait fi de toute forme de hiérarchie. 

Trêve de palabres !

Bonne lecture, et le plus important : bonne exploration musicale !

Royal Blood - Royal Blood (2014-Imperial Galactic Ltd)


Difficile de passer à côté de Royal Blood quand on se penche sur la dernière décennie tant le premier effort du duo Britannique a mis une claque générale au milieu du rock. Ce disque éponyme défie la chronique par ses compositions articulées autour du seul duo basse et batterie. Un schéma qui, sur le papier, parait bien pauvre mais qui va, en réalité, constituer tout l’intérêt de ce disque. Mike Kerr et Ben Thatcher font preuve d’une maitrise incroyable de leur art par leur science du rythme (la précision chirurgicale de Thatcher dans sa frappe est phénoménale) mêlée de riffs dantesques. Cet ensemble pose immédiatement une patte sonore qui, si elle reste tout à fait identifiable, est avant tout hors normes. Ajoutez à cela un chanteur à la voix tout aussi aérienne que possédée, des lignes mélodiques du bel effet enrobées de passage lyriques bien sentis (“I’ve got a gun for a mouth and a bullet with your name on it. But a trigger for a heart beating blood from an empty pocket”) et vous obtenez un album surprenant d’inventivité. Un disque tout bonnement unique.   


A écouter : “Out Of The Black”, “Figure It Out”, “Little Monster”

Kaleo - A/B (2016-Elektra/Atlantic Records)


Voici ce que j’appelle un album “au succès garanti”, qui a systématiquement fait mouche chaque fois je l’ai recommandé d’un modeste : “Tu devrais écouter ça, je pense que ça va te plaire”. Par la suite, RTL2 se chargera d’intégrer dans l’inconscient collectif de ses auditeurs le titre “Way Down We Go” matraquant sa diffusion au point de résumer le premier opus de Kaleo à un seul fait d’arme quand il y a tellement plus à écouter. 


A/B a une capacité assez incroyable à faire voyager son auditeur. C’est un petit tour du monde auditif dans lequel Kaleo nous emmène tout du long des dix compositions qui forment ce disque où l’on part des profondeurs des mines du Colorado (“Broken Bones”) pour atteindre le sommet des volcans de l’Islande natale du groupe (“Vor í Vaglaskógi”). Un voyage au sens propre comme au sens figuré tant le drakkar mené par JJ Julius Son navigue habilement dans toutes les eaux du rock : entre blues, balades folks et autre morceaux carrément épiques. Là aussi le talent vocal du chanteur joue un rôle prépondérant dans la qualité intrinsèque de ce premier opus du quartet islandais.


A écouter : “No Good”, “Vor í Vaglaskógi” , “I Can’t Go on Without You”

Last Train - The Big Picture (2019-Deaf Rock Records)


Si le choix d’un représentant du rock français dans mon premier classement avait été des plus cornélien, celui de la dernière décennie tombe comme une évidence : Last Train. Malheureusement il restait à faire un choix entre leurs deux albums, alors que Last Train est une des dernières oasis dans ce désert infini qu’est devenu le rock made in France. Si le premier album du quartet alsacien : Weathering, ravivait la flamme de la plus belle des manières, son successeur le surpasse sur presque tous les points. The Big Picture illustre un groupe qui a su apprendre et tirer partie des faiblesses d’un premier disque presque exclusivement taillé pour la performance live, en faisant mûrir et en agrémentant intelligemment son identité musicale pour créer, cette fois, un ensemble mêlant cohérence et justesse de composition entre titres épicuriens et uppercuts rock. 


Un groupe qui rappelle que les accomplissements rock sont aujourd’hui toujours réalisables, de manière magnifique, dans notre pays. 


A écouter : “On Our Knees” , “I Only Bet On Myself”, “The Big Picture”

Jeff Beck - Loud Hailer (2016-Deuce Music Ltd)


Avec les années qui passent tous les grands guitaristes qui se produisent encore de nos jours ne semblent plus uniquement porter en eux leur propre légende mais bien celle du rock en général. Voir se produire, de nos jours, des mecs comme Keith Richards ou Angus Young, revient un peu à regarder à travers eux tout cet héritage qui nous passionne tant. Impossible de ne pas ranger Jeff Beck dans cette même catégorie. 


Son album de 2016 Loud Hailer est cependant à l’opposé de cette intuition.


Accompagné des chanteuses du groupe Bones, Beck propose un album tout aussi moderne que qualitatif. Un mariage de deux univers où le garage de Bones épouse merveilleusement la guitare d’un Jeff Beck au sommet de son art et qui propose un éventail de registres impressionnant : garage, blues, funk, électro… tout y passe. Rosie Bones porte toute la charge émotive entre fureurs énergiques et douceurs contemplatives. 


A écouter : “Shame” , “The Balad of the Jersey Wives”, “O.I.L (Can’t get Enough of That Sticky)”

Ghost - Opus Eponymous (2010-Rise Above Records)


Ghost c’est le groupe qui m’a fait m’éloigner de mes premiers amours qu’étaient le rock alternatif et le rock indépendant. Pourtant le décorum de la bande de Tobias Forge réunissait tous les éléments pour me faire fuir : un clergé dédié à Lucifer, un leader anonyme (à l’époque) qui se cache derrière de multiples couches de maquillage et se fait appeler Papa Emeritus, des Nameless Ghoul qui font office de musiciens entièrement masqués… Oui mais voilà, Ghost ne s’arrête pas qu’à ce concept marketing occulte. 


La force des suédois réside dans leur originalité et dans une approche musicale qui les voit mêler, de manière toute aussi habile que brillante, les sonorités du métal avec des riffs tout droit sortis du rock alternatif surplombés par un chant mélodieux en parfaite harmonie avec l’ensemble du propos distillé. 


Une contraction des genres musicaux révolutionnaires qui, s'il on y prend goût, finit irrémédiablement par s'imposer sur le concept obscur. 


A écouter : “Ritual”, “Elizabeth”, “Stand By Him”

Opeth - Sorceress (2016-Moderbolaget Records)


Le chemin emprunté avec les écoutes quotidiennes de la discographie de Ghost m’a conduit tout naturellement dans les bras des Suédois de Opeth. Un disque à l’image de sa splendide pochette, tout en maîtrise technique, qui navigue dans des nuances de violences et de voluptueuses douceurs. Derrière son masque axé sur le hard-rock des années 70, Sorceress referme des trésors de légèreté aussi bien acoustique que jazz ou orientale. Le jeu tout en technique des nordistes fait de ce disque un hommage au sens propre du mot “artiste”, dans une recherche d’amélioration constante, d’harmonie et de juste juxtaposition d’influences prises dans tout ce que la musique a d’éclectique.


Enfin, ce disque est avant tout une découverte issue d’Albumrock. Une sorte de symbole de mon entrée dans l’équipe rédactionnelle. 


A écouter : “The Wilde Flowers”, “Will O The Wisp” , “A Fleeting Glance”

Danger Mouse & Daniele Luppi - Rome (2011-Parlophone Records)


Deux compositeurs et producteurs de génie (le premier nommé est en charge quasi systématiquement de la production des albums de The Black Keys) se réunissent autour de deux des plus brillants artistes de ses vingt dernières années : Jack White et Norah Jones, le temps d’un album. 


Rome c’est un disque qu’on croirait d’un autre monde, un de ces univers fantastiques si magnifiquement dépeints par Tim Burton. Une ode à l’évasion rendue magnétique par les interprétations alternées du chanteur de The White Stripes et de la pianiste New-Yorkaise. 


Une traversée onirique qui me renvoie systématiquement à mon année passée en Ecosse où ce disque semblait la bande son la plus adéquate pour sublimer les paysages si proches de l’irréel de ce beau pays. 


A écouter : “Season’s Trees”, “Two Against One”, “Problem Queen”

The Wytches - Annabel Dream Reader (2014-Heavenly Recordings)


The Wytches se sont clairement mes “chouchous” actuels et croyez-moi, ce Annabel Dream Reader a musicalement quelque chose de très familier avec Bleach de Nirvana. Derrière les “sorcyers” se cachent trois gamins d’à peine vingt ans totalement habités par leur musique qui semble naître de leurs plus sombres cauchemars. Et cette obscurité, la bande de Kristian Bell la renvoie dans tout ce qu’elle a de plus brute. Quand celle-ci est édulcorée, elle laisse place à une plume splendide, pleine de poésie, proposée par son chanteur qui lui vaudra une nomination au NME Music Awards de 2015 dans la catégorie Best Lyrics


All I look for was never through my eyes. All I dream of was never through my mind. And all I wanted was never apparent in our lives” (“Tout ce que je regarde n'est jamais vu au travers de mes yeux. Tout ce dont je rêve ne provient jamais de mon esprit. Et tout ce que je voulais n'a jamais été présent dans nos vies”).


A écouter : “Digsaw”, “Burn Out The Bruise”, “Weights And Ties”

All Them Witches - Dying Surfer Meets His Maker (2015-New West Records)


Quand l’heure sera venue de faire le bilan des albums sortis cette année, aucun doute : le dernier album de All Them Witches, Nothing As The Ideal, se retrouvera très haut dans mon classement. Le dernier né de la bande de Nashville doit presque tout à son parent sorti cinq plus tôt : Dying Surfer Meets His Maker


Le trio américain a une capacité assez incroyable à irrémédiablement plonger l’auditeur dans son atmosphère. Une immersion systématique rendue possible grâce au registre si particulier, quasi indéfinissable, dans lequel évolue le groupe où se mêlent blues, psychédélisme et stoner. 


De la contemplation acoustique (“Mellowing”) à l’harmonie électrique (“Talisman”) en passant par des textes tout aussi poétiques que troublants : “Chew up your love and swallow”. Je retiens ce groupe, et plus particulièrement ce disque, comme ma découverte la plus marquante de cette dernière décennie : un refuge pacifique à la réalité. 


A écouter : “Mellowing”, “Open Passegeways”, “Talisman”

The Longshot - Love Is For Losers (2018-The Longshot)


Je ne vais pas faire dans la demi-mesure : ce disque est pour moi le meilleur effort du chanteur de Green Day, Billie Joe Armstrong, depuis American Idiot. C’est bien le leader du trio d’Oakland qui se cache dans ce projet The Longshot. Si l’album combine à merveille les émulations garage et power-pop de Armstrong, il tombe d’un point de vue personnel à point nommé, un peu comme un miroir caricatural de l’inconscient. Derrière ses hymnes pour solitaires endurcis se cachent des parties de guitares tout bonnement délicieuses entremêlées de textes où le chanteur de Green Day manie l’ironie comme aux belles heures de Insomniac et Nimrod (“Thanks for the the sympathy and the punch in the nose”).  Avec Love Is For Losers, Billie Joe Armstrong a une nouvelle fois cette capacité incroyable de me connecter avec son univers de l’instant qui apaise les tourments, exalte les élans de joie en entrant en communion avec les émotions. 


A écouter : “The Last Time”, “Chasing A Ghost”, “Love Is For Losers”

Commentaires
MathildeAR, le 12/11/2020 à 12:30
"On Our Knees" tourne en boucle sur ma playlist en ce moment !! Magnifique groupe
MaximeL, le 09/11/2020 à 16:16
Royal Blood met tout le monde d’accord en effet, et je te rejoins sur Rome et Last Train. J’ai mis en playlist l’album de Jeff Beck et de Kaleo.
Francois, le 06/11/2020 à 12:59
Beaucoup trop de sorcières dans ce top ... ;) Très belle sélection qui, au-delà du magnifique Opeth, mérite d'être approfondie par des écoutes !
FranckAR, le 06/11/2020 à 11:42
De très beaux albums dans cette liste ! Pour moi aussi, Royal Blood a été une sacrée claque à sa sortie. J'ai bien peur qu'ils aient beaucoup de mal à retrouver le niveau de ce 1er opus. On se rend également compte que Ghost a sacrément marqué cette dernière décennie, les albums Meliora et Prequelle étant des albums que j’écoute régulièrement. All Them Witches, aussi, un superbe album ! Je n'ai pas encore réussi à apprivoiser leur nouvelle réalisation, il faut que je réécoute la galette ! Je ne connaissais pas l'album solo de Billie Joe Amstrong, j'irai y jeter une oreille :) Merci pour cet article !
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