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Interview Isaac Delusion


Clément, le 22/02/2015

Arrivé à la station Jean Jaurès, je m’empresse de rejoindre le Connexion Live Café pour ne pas manquer mon rendez-vous avec ceux que les anglais considèrent comme le groupe français le plus "flottant" de notre temps. J’ai nommé Isaac Delusion. Leur manager, Antoine, également DJ dans son projet solo Qosmonaut et l’un des fondateurs de CrackiRecords avec qui le groupe signe son premier album, m’accueille et m’accompagne dans les loges où je retrouve les quatre compatriotes originaires de la région parisienne : Loïc, Jules, Nicolas et Bastien. Nous voilà tous les six partis dans un échange ma foi fort sympathique.

 


Albumrock : Isaac Delusion, une allusion directe à Isaac Newton ? Une manière de remettre en question les théories de l'homme qui a rationnalise une grosse partie de ce qui nous entoure ? "We're prisoners of the gravity but we can still be free", phrase que l'on retrouve dans les paroles du morceau "Midnight Sun".

Loïc : Oui il y a de ça. Ca ne se limite pas à ça mais il y a cette dimension métaphysique que l’on aime bien aborder et Isaac Newton en est assez représentatif. Il y a une certaine part de....
Antoine : De flottement. De rêve.


Albumrock : Avant Isaac Delusion qui étiez-vous ? Que faisiez-vous ?

Loïc : On avait tous des projets un peu différents. Jules a beaucoup voyagé pour travailler dans la vidéo. Moi j’avais un groupe de musique folk qui tournait sur Paris. Nico avait un groupe de pop qui s’appelait les « Lovely Rita » et Bastien lui avait un groupe qui...
Nicolas : Il avait un groupe qui s’appelait « Des gars d’la boule » ! (Rires)


Albumrock : Vous avez créé un album qui s’enchaîne très bien avec parfois des outros aménagées pour accueillir l’intro suivante, ajoutons à cela le thème du rêve présent tout du long, aviez-vous une volonté de vous approcher de ce qu’était les « Concept Albums » qu’on retrouvait beaucoup dans la progressive ou le psychédélique ? 

Loïc : Bien sûr.
Nicolas : Je pense qu’on est tous influencés par notamment les Pink Floyd qui faisaient beaucoup ça.
Loïc : Oui bien sûr. La démarche est très Floydienne au final. Tu écoutes l’album Atom Heart Mother c’en est un très bon exemple. Le rock progressif pour moi c’est une grosse inspiration. Le psyché aussi un petit peu.
Nicolas : A petite dose quand même (rires) enfin pour moi personnellement.


Albumrock : D’autres grosses influences du genre à citer ?

Loïc : Oui. Je parlerai surtout de Godspeed You ! Black Emperor ! ou Mogwai....
Sinon après je citerai Sigur Rós, Archive etc.


Albumrock : Donc si j’ai bien compris tu es celui du groupe qui est beaucoup plus dans l’esprit progressif ? 

Loïc : Oui exactement.



Albumrock : Et toi Nicolas tu es celui qui a un peu plus de mal avec ça ? 

Nicolas : Voilà (Rires). Plus sérieusement le groupe, à la base, a été formé par Jules et Loïc qui ont des influences totalement différentes. Jules est beaucoup plus hip-hop, world music, soul etc. Là où Loïc est justement beaucoup plus dans la musique indépendante et progressive. C’est ce mélange qui a été intéressant je pense pour fonder les bases du style Isaac. Ensuite Bastien et moi avons amené notre sauce. Personnellement je suis plus funk ou pop à l’ancienne des années 70 et Bastien.... il est un peu de tout je pense mais il t’expliquera mieux que moi.  
Bastien : Euh... Un peu de tout (Rires).


Albumrock : Vos clips en général sont tout de même très abstraits et se rejoignent beaucoup autour du rêve. Est-ce que c’est quelque chose qui a été fixé dès le départ pour Isaac Delusion ? 

Loïc : Non je pense que ça s’est fait un peu naturellement.
Nicolas : Je pense que ça vient beaucoup de la voix de Loïc qui est très envoutante et planante.


Albumrock : Pour ça tu es beaucoup comparé à Anthony & the Johnsons aussi.

Loïc : Oui effectivement. Pourtant, même si j’ai beaucoup de respect pour lui, ce n’est à la base pas du tout une de mes influences. Je pense que c’est surtout un hasard des cordes vocales.
Nicolas : Justement je suis retombé sur Anthony & The Johnsons hier et c’est vrai que la ressemblance est assez frappante. Mais ce n’est pas voulu à la base.


Albumrock : Dans l’album vous avez décidé de mettre une nouvelle version de Midnight Sun, votre titre à 500 000 vues sur YouTube qui figurait déjà dans l’EP du même nom. On la sent plus douce, plus suave et davantage en accord avec l’album. C’est justement pour cette dernière raison ou est-ce que ce sont les moyens mis a disposition en studio qui vous ont donné envie de la retravailler ?

Antoine : C’est un tout en fait. Le titre original avait un côté tout de même assez “low-fi“ et peu produit donc il fallait la réarranger si on voulait l’intégrer à l’album.
Bastien : C’est aussi un titre que Loïc et Jules ont fait avant que Nicolas et moi nous greffions au groupe pour apporter notre sauce.


Albumrock : Quel est votre processus de composition ?

Nicolas : Ca part souvent des lignes de basse en fait. Non c’est pas vrai. (Rires)
Loïc : Non en général ça part vraiment d’un son, d’une mélodie et puis ensuite c’est un peu une pyramide. Ou un château de cartes. Tu ajoutes des cartes petit à petit et le but du jeu c’est de ne pas tout faire s’écrouler.
Jules : Loïc c’est métaphoreman en interview c’est génial ! Franchement celle-là elle est belle, il faut la garder ! (Rires)
Loïc : Oui à chaque fois je les mets de côté. (Rires)


Albumrock : Est-ce qu’il y a un morceau qui a guidé l’album en particulier ? 

Jules : Houlà !
Loïc : Je dirais peut-être Midnight Sun.


Albumrock : C’était un peu votre chouchou ? 

Loïc : Pas vraiment en fait mais ça a été un morceau pilote car c’est vraiment celui qui nous a fait connaître un peu partout dans le monde et qui a été très bien reçu. C’est celui qui nous a lancé sur une belle voie de créativité. Ensuite il y a d’autres morceaux qui ont découlés de cette figure de style tu vois, comme Early Morning par exemple. D’un autre côté on est arrivé en studio avec des morceaux ultra produits et à côté : Midnight Sun. Donc on s’est vraiment demandé comment faire cohabiter l’ensemble.
Bastien : Parfois on a même essayé de simplifier des morceaux “surproduits“ pour coller à un son comme Midnight Sun.
Nicolas : Après c’est volontaire aussi,  pas de “surproduire“, mais de produire un maximum les morceaux pour avoir le choix derrière.


Albumrock : Est-ce que ça n’est pas aussi un piège lorsqu’on a plus de moyens pour produire justement de vouloir faire trop et de “surproduire“ ?

Bastien : Plus de moyens.... Tout est relatif. Avec les moyens qu’on avait on a essayé de faire le maximum surtout.
Nicolas : Ca n’étaient pas des moyens c’était surtout du temps qu’on avait à passer ensemble pour travailler sur les morceaux. Alors qu’avec juste les live on ne prenait pas forcément ce temps pour les peaufiner.
Antoine : En fait à la base on n’a pas vraiment eu de moyens pour cet album. Il y a eu un peu de retard. On a eu les moyens après l’album.
Jules : C’était hyper pratique !
Antoine : Mais vraiment prendre le temps de travailler chaque ligne nous a permis de le faire à la manière que l’on souhaitait sans forcément avoir tant de moyens. On a emprunté du matériel à droite, à gauche et voilà le résultat.
Bastien : Après de notre point de vue il y a toujours des choses que l’on regrette. Ce n’est jamais parfait et en même temps c’est aussi l’intérêt du côté artistique du projet.
Loïc : Et puis la limitation créé l’imagination.
Bastien : Tu n’as pas grand chose et il faut produire avec. Toujours essayer d’aller plus loin. Essayer d’innover avec ce que l’on a.


Albumrock : Vous revendiquez des influences essentiellement britanniques. Pourtant les critiques vous voient justement de plus en plus comme un groupe porteur d’une nouvelle version de la « French Touch ». Est-ce que vous pensez que c’est simplement une étiquette qui vient parce que vous êtes français ou est-ce qu’il y a quelque chose derrière ?

Bastien : Nous on continue à faire ce qu’on fait après...
Loïc : Honnêtement c’est vraiment naturel. On ne réfléchit pas vraiment à ça. On se contente de faire la musique qui nous parle le plus. Après je pars du principe que pour musicalement faire plaisir aux gens il faut se faire plaisir à soi-même.


Albumrock : Comment a démarré le partenariat avec CrackiRecords ?

Loïc : Alors tout simplement les fondateurs étaient des amis de longue date en fait. J’ai fait une école d’ingénieur du son avec eux. Ils ont écouté notre première démo et nous ont ensuite lancé à faire des petits concerts il y a bientôt 3 ans et ça a démarré comme ça. On a prit des chemins un peu différents depuis mais on garde vraiment à l’esprit que ce sont eux qui nous ont permis de faire ça au début.


Albumrock : Aviez-vous tous dès le départ une envie d’en faire votre vie ?

Loïc : Je pense que oui quand même.
Bastien : Faire ce qu’on aime en tout cas.
Loïc : Quelque part on est tous des artistes. On aime bien faire de l’art. On aime bien créer. Et c’est vrai que chaque créatif rêve de gagner sa vie grâce à ça. Il y a plusieurs moyens d’y arriver. Nous on a choisi la musique. On commence à y arriver, à gagner notre vie, mais ça n’a pas été facile.
Bastien : C’est un travail quotidien. Y a des jours très difficiles c’est le cas de le dire mais comme on dit, quand tu fais un travail que tu aimes tu ne travailles pas vraiment.  
Jules (sur un ton solennel) : Confucius a dit « Trouve un travail qui te plaît et tu n’auras plus à travailler un seul jour de ta vie. » (Rires)


Albumrock : Une vision particulière du groupe pour les années à venir ? Des projets particuliers ou déjà un 2ème album en tête ? 

Loïc : Oui. Je pense qu’il ne faut jamais s’arrêter. C’est la règle d’or. Et toujours surprendre les gens. C’est vraiment ce que je veux. Les faire voyager et les surprendre. Être capable de balancer quelque chose complètement à l’opposé de ce que tu as fait avant.


Albumrock : Est-ce que vous n’avez pas du coup une certaine appréhension pour le 2ème album et des réactions qu’il suscitera après des retours aussi positifs du 1er ? Notamment parce que l’approche d’un 2ème album paraît complètement différente.

Bastien : Evidemment. Il y a de ça oui. Après nous on ne sait pas de quoi va être fait demain. On a très envie de faire un 2ème album car on a encore plein de choses à donner qu’on n’a pas donné au premier. L’idée c’est que tant qu’il y a encore des choses à faire, nous, on produit encore. Après c’est vrai que l’on est probablement attendu au tournant mais on fera le truc à notre sauce comme on l’a déjà fait.
Loïc : Ce groupe est assez jeune aussi. On a la particularité de ne pas avoir fait de la musique depuis 10 ans ensemble. Donc on a le sentiment d’être encore au tout début de notre potentiel de création. Tu vois, j’ai le sentiment que cet album c’était un peu une recherche mais maintenant on sait où on veut aller, on a vraiment trouvé notre son et on ne sera pas un groupe qui fera un album remarqué et après plus rien.


Albumrock : Les nuits électriques à Lille en ouverture notamment de Sébastien Tellier et Cassius, les Inrocks à Londres, un concert mémorable qui se démarque des autres ?

Bastien : Houlà... Le dernier marquant ça reste le Trianon qui était quand même une grosse date très importante pour nous. Mais on s’est tout autant éclaté au Rossi Bar à Zürich. C’était un petit bar qui ne payait pas de mine et c’était complètement bondé.
Nicolas : C’était vraiment petit. On se demandait même comment on allait faire pour jouer. Au final ça l’a fait. On a mis le feu et on s’est vraiment éclatés.
Bastien : On a besoin des grandes salles mais de temps en temps un bon Rossi Bar ça fait vraiment plaisir.
Nicolas : Et en même temps on adorerait faire un gros festival !


Albumrock : Vous avez un départ bien accueilli. Qu’est-ce qui selon vous fait la différence ? Que ce soit par rapport à votre musique ou même votre manière d’aborder cette expérience. 

Loïc : Déjà je pense que physiquement on est pas mals. Par rapport à tous ces mecs genre comme Frànçois & The Atlas Mountains tu vois. (Rires)
Bastien : Ca casse sur les potes ! (Rires)
Loïc : Je plaisante bien sûr ! Alors ce n’est pas évident comme question parce que la réponse pourrait sous-entendre un peu d’égocentrisme. Mais je pense que ce qui nous différencie et que les autres, ou plutôt certains autres n’ont pas, c’est qu’on est vraiment 100% naturels dans la démarche. On pense au public car c’est un échange mais on ne calcule pas notre image ou ce que l’on fait etc. On fait tout au feeling. Certains groupes je trouve ont tendance à être un peu trop dans le calcul de leur promo et j’ai un peu de mal avec ça même si ça n’enlève rien à la qualité de leur musique. Beaucoup de gens me disent que ce qui les surprend le plus c’est le fait que je n’ai pas du tout le physique qu’ils imaginaient en écoutant ma voix. Au final je suis habillé naturellement et je reste moi. Certains s’entourent trop de personnes qu’ils vont payer pour leur dire quoi faire et je suis assez fier de dire qu’on est arrivé à ce niveau sans que personne ne vienne interférer avec notre recherche personnelle.


Albumrock : Si vous prenez du recul par rapport à vos débuts. Quel serait LE conseil que vous donneriez à un groupe qui débute ?

Bastien : La patience je dirais.
Antoine : Rester indépendants les gars ! (Rires)
Nicolas : Et prendre sur soi aussi. (Rires)
Loïc : Rester naturel et être patient oui. L’important c’est d’être soi-même et de se faire plaisir.
Jules : Mangez des légumes aussi ! 5 fruits et légumes par jour. (Rires)


Albumrock : C’est noté ! Un grand merci pour l’accueil et à tout de suite sur scène ! 
Un grand merci à toute l’équipe du groupe Isaac Delusion pour avoir répondu à mes questions et du Connexion Live Café pour leur accueil.
http://isaacdelusion.com/
 27/11/2014 - Connexion Live Café – Toulouse    

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