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Les dix albums indispensables de François


François, le 02/04/2020

A mon tour de m'y coller. En commençant par le titre. Pourquoi indispensables plutôt que préférés ? Parce que pour ces derniers, une liste interminable pourrait être écrite : je suis un dévoreur de musique rock doublé d'un collectionneur maladif de cd. Je vous propose dix albums, sans hiérarchie, qui auraient bien pu être remplacés par dix autres, mais qui, après réflexion, m'ont beaucoup apporté. 

 

J'ai donc décidé de mettre de côté les chefs-d'oeuvre incontournables de groupes plus que cultes. Pas de Led Zeppelin, d'Iron Maiden et autre Deep Purple, que j'affectionnent énormément. Même pas de Yes, ni de Genesis. Au lectorat averti, je ne ferais sans doute pas découvrir Machine Head ou Images and Words. Je me suis aussi retenu de mettre en avant des raretés improbables, dont le charme vient souvent du simple fait qu'elles se soient perdues dans les limbes du rock. Enfin, j'ai évité de parler d'albums déjà chroniqués par ailleurs (tant pis pour Wishbone Ash et Saxon, entre autres).

 

Ainsi, vous trouverez des albums que je trouve exceptionnels, qui ont compté dans mon cheminement musical, et qui ne viennent pas forcément immédiatement à l'esprit. L'occasion pour moi de remarquer que, malgré mon âge, j'ai vraiment bâti ma culture sur le terreau des 70's que je n'ai pas connues mais que j'affectionne. Je rédige beaucoup sur le Heavy des années 1980, mais j'y suis venu assez tard, de même pour le rock progressif actuel. Alors en avant Marty ! 

Dix albums indispensables

Spirit - Twelve Dreams of Dr. Sardonicus - 1970


Spirit est un groupe qui a eu une importance difficilement concevable quelques décennies plus tard, alors qu'il est un peu tombé dans l'oubli. Typique du son West Coast, leur musique ne tombe pas dans les excès du rock psychédélique. Surtout, le duo Randy California / Ed Cassidy fonctionne du tonnerre. Je les ai découvert en famille, via l'excellent live au Rockpalast de 1978. En creusant, je suis tombé sur leur chef-d'oeuvre, Twelve Dreams of Dr. Sardonicus. Cet album est un réel voyage musical, avec des idées originales et très variées. Avouons-le, ils sont beaucoup plus brillants que tous leurs camarades de l'époque. C'est pourquoi l'album n'a pas pris une ride. Si tous les titres sont bons, mon cœur vibre davantage sur le joyeux "Animal Zoo" (quelle basse !), "Street Worm" qui préfigure Atomic Rooster, et bien sûr, l'excellentissime "When I Touch You". Je n'en parlerai pas dans ce top, donc je renvoie également au génial Welcome to my Nightmare d'Alice Cooper, qui me fait le même effet de pérégrination musicale onirique. 

Ten Years After - A Space in Time - 1971


De Ten Years After, on a retenu le "I'm Going Home" déjanté de Woodstock. Certes. Enfin, le groupe d'Alvin Lee ne se limite pas à ça. Il ne se limite pas non plus à un groupe de blues-rock aux vagues relents psychés. Preuve en est, leur sixième album, A Space in Time. C'est le magnum opus du groupe, parfait du début à la fin, entre blues-rock incisif, bayou-song (ils sont Anglais ...), ballades, rock'n'roll. On est au début des 1970's, et vous trouverez de petites expériences bruitistes à droite à gauche. Alors lycéen, j'avais un groupe de rock, on reprenait du Creedence et du Ten Years After. D'où la place du groupe. On conseillera les pépites suivantes : "One of These Day", "Here they Come", "I'd Love to Change the World", "Let the Sky Fall". Par ailleurs, le groupe existe encore, et n'en déplaise aux puristes, le jeune Marcus Bonfanti (chant et guitare) est un remplaçant de choix. Leurs concerts sont toujours magiques. 

Mountain - Nantucket Sleighride - 1971


Toujours Woodstock, mais je ne pioche pas parmi les plus connus. De toute façon, je ne suis ni fan d'Hendrix, ni des Who (attention, je ne dis pas que je n'aime pas). Ce n'est pas un caprice d'initié : Mountain est vraiment un groupe majeur, et je suis admiratif de leurs deux premiers albums. Surtout du second, Nantucket Sleighride. Leslie West est aussi subtil au chant qu'à la guitare. On est entre un hard-rock bien heavy, des restes de flower-power, des essais progressifs, le tout enrobé d'une recherche de puissance sonore. Je me rappelle que la découverte de l'album, vers 2013, avait été une véritable claque. Il regorge de mélodies, d'émotions, et quelle pochette ! Je vous rend donc la pareille. Pour s'immerger : "Don't Look Around", "Nantucket Sleighride", "Tired Angels" et "Travelling in the Dark". 

Atomic Rooster - In Hearing of Atomic Rooster - 1971


Qui dit 70's dit rock progressif, courant dont je me suis fait missionnaire. Une cause perdue. J'évite les incontournables tels Yes, King Crimson, Genesis, ou ELP, mais je ne peux pas laisser de côté Atomic Rooster. Ce groupe est hélas beaucoup trop mésestimé et mérite plus de considération. Enfin, on ne va pas réécrire l'histoire. Leur leader, Vincent Crane, est un génie halluciné, compositeur plein d'idées. De plus, c'est un claviériste hors-pair. Ce troisième album tranche le précédent, beaucoup plus heavy. Si je devais faire connaître le rock progressif à quelqu'un sans lui faire peur, je choisirai In Hearing of ... Les morceaux sont à la fois tortueux et faciles d'accès, avec des mélodies et des riffs directs, parfois hard, sinon jazz. Bref, c'est dense et riche. On conseille "Breakthrough", "Break the Ice", "Black Snake", "Head inthe Sky". 

Camel - Camel - 1973


S'il y a bien un album qui se trouverait dans tous mes classements, c'est bien celui-ci. D'abord, j'adore Camel par dessus tout. Une poésie incroyable, des claviers d'une telle douceur, la guitare aérienne et la flûte pleines de tendresse de Latimer ... C'est un groupe magnifique dont l'héritage, immense, n'est pas mesuré à sa juste valeur : tout le rock progressif symphonique depuis les années 1980 est marqué par l'empreinte de Camel. Alors bien sûr, les trois albums qui suivent sont sûrement de plus haute volée, mais ce premier possède un charme difficilement exprimable. D'abord, la pochette, ce dromadaire en larme apparaissant dans la nuit à bord d'un train futuriste ... Mélancolie et modernité, elle résume l'album. Je dois dire que mon morceau préféré est "Curiosity", alors qu'il faut l'avouer, il a été oublié par les fans (sauf moi) et par le groupe. J'espère que vous serez emporté par le jazzy "Six Ate", le doux "Mystic Queen", le culte "Never Let Go", l'énergique "Separation". C'est un album vers lequel je reviens très souvent, et qui me provoque toujours autant de frissons. 

Kansas - Masque - 1975


Cet album est une énigme pour moi. Il y a parfois des disques qu'on adore et qui sont démolis injustement par la critique. Mais celui-ci est tout simplement oublié. J'ai vraiment lu des articles sur le groupe mentionnant son prédécesseur et les deux suivants (les cultes Leftoverture et Point of Know Return), sans dire le moindre mot de Masque. C'est d'autant plus incompréhensible que cet album est largement aussi bon que les autres, voire même, meilleur. Kansas, c'est un des rares groupes de rock progressif des Etats-Unis à avoir percé dans les 70's, le genre ne s'étant pas trop développé sur place par rapport à l'Europe. Mais c'est un rock progressif avec une touche locale (le violon) et des mélodies accrocheuses. Je ne suis pas la pour réhabiliter l'album à la pochette d'Arcimboldo, c'est réellement une de mes références. Les titres rentre-dedans comme les fresques épiques sont absolument forgés de mains d'orfèvres. Au hasard, jetez une oreille au dense "Icarus", ou au plus efficace "Child of Innocence" qui possède la meilleure outro du monde. 

Ted Nugent - Ted Nugent - 1975


Un peu de polémique ? Ted Nugent dit n'importe quoi, c'est un défenseur radical du port-d'arme et de la chasse, un républicain extrême, limite raciste. Mais quel musicien ! Etant guitariste (surtout quand je l'ai découvert), je suis tombé de ma chaise en écoutant pour la première fois "Stranglehold"'. On peut dire ce que l'on veut de Van Halen, le véritable innovateur, c'est l'oncle Nuge. Les riffs sont tous imparables, et les longs chorus de guitare sont maîtrisés, avec un brin de folie et de nombreuses variations. On a fait plus rapide, plus technique, mais rarement plus musical. Et puis, ce type de hard-rock encore bluesy rappelle le son des Etats-Unis, à la Grand Funk. C'est culte. Alors écoutez le fameux "Stranglehold", dansez sur "Snakeskin Cowboy", sautez sur "Stormtroopin'". Oui, Ted Nugent est excellent, mais c'est un idiot. 

Thin Lizzy - Bad Reputation - 1977


Comment être inscrit dans son époque et en avance sur son temps ? Paradoxe ? Eh bien écoutez Thin Lizzy, à partir de Fighting. Quand je suis tombé sur le groupe irlandais, j'ai acheté toute la discographie tant j'ai trouvé ça à la fois typé 70's et résolument moderne. On dirait qu'un pont s'est formé sur plusieurs décennies, qu'elles se sont écoulées en attendant le retour du son de Thin Lizzy dans les compositions. Et Bad Reputation est leur sommet (allez, avouons-le, Black Rose aurait pu être à sa place). Préparez-vous à un hard-rock racé, mais mélodique, parfois surprenant : "Dancing in the Moonlight" avec son saxophone, "Soldier of Fortune" épique. Et la bande sait jouer : les guitares sont magiques, la basse ronde et chaleureuse, le chant de Lynott. Si je suis certains qu'un album parmi cette sélection fera l'unanimité, c'est celui-ci : je ne conseille aucun morceau en particulier, vous avez bien 35 minutes pour tout écouter, et vous dire à chaque piste : "C'est génial, c'est mon préféré". 

Jethro Tull - Heavy Horses - 1978


Bon d'accord, Jethro Tull c'est vraiment une grosse référence. mais avouez que Heavy Horses n'est pas exactement leur album le plus célèbre. C'est vraiment un groupe que j'ai longtemps considéré comme mon préféré, et qui reste dans mes favoris. Avec Heavy Horses, on est en plein dans leur période folk (mais toujours très rock et légèrement progressive), avec des réminiscences celtiques, médiévales, et sautillantes. Je suis toujours transporté par les excellents "Moths", "Acres Wild", "Rover", "Weathercock" ou par le long "Heavy Horses" avec ses violons emphatiques. Tantôt mélancolique, tantôt joyeux, cet album est mon petit préféré dans leur discographie fleuve. 

Blue Oyster Cult - Fire of Unknown Origin - 1981


Un petit écart dans les années 1980 avec un groupe plutôt inscrit dans les seventies : le BÖC. Encore une fois, c'est une formation que j'ai poncée comme un dingue, que j'ai adorée en concert (à Colmar, avec Deep Purple, ou en Angleterre), et qui revient souvent sur mes platines. Jusqu'à Fire of Unkown Origin, à l'exception de Mirrors, tous leurs albums sont grandioses. Mais celui-ci développe avec force un côté science-fiction, extra-terrestre, une ambiance étrange (une fois passé le tubesque "Burnin' for You"). J'aime particulièrement "Vengeance (The Pact)" et "Joan Crawford", mais franchement, tout l'album est merveilleux. Un voyage intersidéral s'ouvre à vous, sans décoller du canapé. 

Commentaires
Francois, le 14/04/2020 à 17:36
@rockfour. Merci pour le sympathique retour, du reste, Cactus et Colosseum sont de belles références dans leurs genres (bien différents l'un de l'autre il faut dire), Steppenwolf a été capable du meilleur et du pire (At Your Birthday Party, pour le pire), et pour les derniers, notre rédac' chef est le mieux placé pour en parler. Mais ce sont de bons choix également !
rockfour, le 13/04/2020 à 11:40
excellente sélection à base de groupes ricains et anglais (à part Thin Lizzy) qui a la particularité à chaque fois de ne pas mettre en avant un de leurs albums les plus célèbres (sauf pour Spirit). Pour ma part, j'aurais rajouté un Cactus, un Steppenwolf, un Colosseum et un Porcupine Tree
dun23, le 07/04/2020 à 12:07
Belle sélection, en effet.
Pierrot, le 07/04/2020 à 05:34
Merci pour la découverte Mountain, j'en suis qu'à la 4eme piste mais foutredieu c'est excellentissime ! Excellent conseil, du coup je vais redonner leur chance aux Roosters et à Kansas, après des premières écoutes mitigées il y a quelques années. Merci !
Alexx, le 06/04/2020 à 20:40
Il ne faut en penser que du bien :-). Et surtout que ma jeune culture rock a encore de beaux jours devant elle. Je ne me permettrais pas de critiquer. J'imagine bien qu'établir son top 10, c'est un peu révéler une partie de son âme. J'en ai écouté quelques uns, c'est vraiment du beau boulot, surtout BOC, Ten years after, atomic rooster & camel.
Ichabod, le 04/04/2020 à 13:42
Je suis resté assez circonspect face aux sélections des autres membres, mais là, ça fait clairement envie. Je suis d’ailleurs entrain de me faire le Ten Years After; merci bien.
Francois, le 03/04/2020 à 12:21
Merci beaucoup Raphaelle ! Pour Alex, je ne sais pas comment interpréter ton commentaire ahaha. Si tu as le temps et l'envie, écoute-les, et fais un bilan, je serai heureux de lire tes retours.
Alexx, le 03/04/2020 à 11:16
François, je savais que tu allais surprendre mais là je suis presque gêné, il y a pas un album que j'ai déjà écouté. :-)
Raphaelle, le 03/04/2020 à 10:46
De quoi parfair l'érudition des autres membres de la rédac... Merci François, c'est concis et accessible, ça donne envie de jeter une oreille !
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Mark Lanegan


Straight Songs Of Sorrow


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A peine 7 mois après la sortie de l’excellent Somebody's knocking , revoilà déjà un nouvel album de Mark Lanegan, Straight songs of sorrow . Si les fidèles du vieux loup américain sont habitués à la régularité stakhanoviste de ses sorties, ce douzième disque solo (le sixième en 8 ans) revêt un caractère particulier, car il parait conjointement à son autobiographie, sortie aux Etats-Unis sous le nom de "Sing Backwards and Weep".

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