↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.

Les femmes du rock en 2021


Olivier S, le 08/03/2022

En soutien à la Journée Internationale des Droits des Femmes

État des lieux et plaidoyer pour la cause des Femmes dans le milieu musical en 2022 :


La journée internationale des droits des Femmes, ne devrait jamais constituer un format convenu, emballé dans un habillage de commémoration aseptisée et indolore et ainsi permettre à nos sociétés patriarcales de faire amende honorable de manière symbolique, pour tout le mal infligé à sa frange féminine. Il aura fallu attendre la fameuse affaire Harvey Weinstein et son "tsunametoo", pour que le raz-de-marée se propage dans d'autres milieux du monde artistique et dont quelques-unes de ses têtes connues se sont vues être publiquement impliquées dans de sordides affaires d'agressions sexuels en tout genre.

Le monde musical, n'en déplaise à certains, n'est pas ce havre de paix et d'inclusion souvent dépeint, cette société parfaite dans la société imparfaite, contrairement aux discours tenus par certains milieux. Un type de discours qui aime se complaire dans un déni éloquent, entré depuis lors en collision frontale avec la réalité du terrain, une réalité encouragée à sortir de l'ombre par les hashtag #metoomusic #musictoo ou #musictoofrance. Le travail des associations derrière ces appels de libération de la parole des victimes, a dressé un constat amer, loin de l'image d’Épinal véhiculée tantôt. Que ce soit par les témoignages de viols en festival autoproclamés "espaces sûrs", par les révélations de harcèlements sexuels au sein de sociétés de production ou collectifs, en passant par les agressions sexuelles d'hommes faisant office d'autorité dans le milieu, les années 2020 et 2021 auront été le théâtre d'un bon coup de pied dans la fourmilière.

Une cause première à ce sinistre constat peut rapidement être formulée. L'industrie musicale (pour ne parler que de celle qui nous concerne directement), est encore à l'heure actuelle très majoritairement masculine. Comment dans ce cas prévenir les risques d'omerta, lorsqu'une femme se retrouve dans un milieu artistique, entourée exclusivement ou presque d'hommes ? L'éducation, bien sûr, joue un rôle primordial dans l'évolution des mentalités. Est-elle toutefois suffisante, lorsqu’une femme accuse un collègue d'agression, n’occasionne dans le meilleur des cas, un "very bad buzz" pour sa maison de disques, sa société de production, son label, ou sa salle de spectacle ? Dans ces cas-là, la tentation de vouloir étouffer l'affaire, on le comprend, est un risque. Le risque d'y céder (si l'entourage de la victime est d'écrasante majorité masculine) est alors décuplé . Il faut alors pour la victime redoubler de courage pour briser la loi du silence et à défaut de bénéficier d'une réponse adaptée du milieu lui-même, n'aura que deux options : le dépôt d'une plainte au commissariat, avec toutes les difficultés pour la victime (illustrées encore très récemment dans l'actualité) ou la dénonciation en place publique. Cette dernière, jouant un rôle majeur dans la prise de conscience de l’ampleur du problème, risque de n'être qu'un catalyseur à court terme. La mise en place de chartes déontologiques, de pédagogie, de formations de personnels (à même de traiter humainement ces plaintes), doit permettre d'inciter plus de femmes à investir massivement ces milieux, car l'assainissement de l'ensemble de la profession devra forcément en passer par là.

Le combat contre toutes sortes de violences faites aux femmes dans le monde de la musique, s'il doit inévitablement se mener sur tous les fronts, ne saurait en exclure les médias qui la commentent. La presse spécialisée, au-delà de jouer un rôle de dénonciation de ces méfaits, doit avant tout se faire fort d'être le garant d'une représentation d'opinion plurielle et tendre idéalement vers la mixité parfaite de ses équipes de rédaction. Conscient de devoir balayer devant notre porte en montrant l'exemple (puisqu'en l’occurrence, Albumrock fait actuellement figure de mauvais élève en matière de parité), nous encourageons vivement les candidatures féminines auprès de notre Webzine, afin de pouvoir devenir le vecteur d'une vision plurielle, essentielle à l’élargissement de notre culture musicale.

Mesdames, nous avons plus que jamais besoin de votre point de vue sur le monde du rock et du metal en 2022, qu'on se le dise.

Les artistes chroniquées par Albumrock en 2021 :


L'année 2021 aura été (à l'instar de l'année 2020), une période faste en termes de formations à présence féminine ayant trouvé grâce aux yeux de la rédaction. Mieux, elle traduit une augmentation de l'ordre de 30 % d'albums chroniqués par rapport à l'an passé. Une nouvelle réjouissante, qui, au-delà de montrer des signes encourageants sur l'évolution de nos univers musicaux, traduit a minima un intérêt grandissant pour les formations se faisant fort d'intégrer le genre féminin dans leurs rangs.

Toutefois, un constat s'impose à nous : l'existence persistante de postes genrés. Si une immense majorité des formations chroniquées ici en 2021, emploie une femme au poste de chanteuse (en ne prenant pas en compte les artistes solos ni les formations 100 % féminines), l'essentiel des instruments plébiscités par ces dames demeurent la guitare, le piano ou le violon. Deux bassistes (Tyler Hyde du groupe Black Country et Shannon Shaw du quatuor Shannon & the Clams ) font exception à une règle semblant tacite. Cette situation nous interroge sur le sentiment de légitimité pour une femme en 2022, d'occuper le poste de bassiste ou batteuse, dans un univers mixte ou exclusivement masculin. Dans ce domaine, il apparaît nécessaire de poursuivre un travail éducatif, afin de briser ces barrières mentales qui renvoient certains instruments à un symbole de virilité et privent par là même le monde du rock et du métal, de certaines de ses meilleures représentantes. Mais ne boudons pas notre plaisir et parcourons cette année musicale riche en apports féminin.

Et pourquoi ne pas commencer par le troisième opus du groupe Anglais Wolf Alice, qui opère un virage plus pop, après le très plébiscité et plus nerveux Visions of a Life. Un virage des plus réussis pour la formation, à même, selon Maxime, de détrôner son illustre prédécesseur. La faute à un travail remarquable sur les ambiances feutrées, aux textures subtiles et aux jeux de compositions diversifiés, laissant la part belle au timbre aérien et enlevé de sa chanteuse Ellie Roswel.

Traversons l'atlantique pour se pencher sur Daddy's Home, dernier-né du projet St Vincent (incarné par Annie Clark), qui aura réussi à décontenancer Diego par un virage stylistique à 180°, aussi bien visuel que sonore. En abordant des thématiques graves et matures, empreintes d'un féminisme assumé, dans un écrin sonore aux accents funky/soul vintage très typé 70°'s ; St Vincent réussit à faire groover comme personne ses 14 pépites rétro, sans jamais faire datées.

Restons au pays de l'oncle Sam en compagnie de Diego, qui ne tarit pas d'éloges sur la dernière production de Lucy Dacus ; confirmant avec Home Video, son statut de reine du songwriting, en 45 minutes de ballades nostalgiques douce/amer, empreintes d'une poésie incarnée.

Et parce qu'il faut bien boucler la boucle (initiée dans notre dossier "Les Femmes du rock en 2020 et 2021"), comment ne pas évoquer Little Oblivion, dernier effort de Julien Baker et troisième comparse du supergroupe Boygenius, formé avec Lucy Dacus et Phoebe Bridgers (Punisher de Phoebe Bridgers ayant fait l'actualité de 2020) ? Une réussite pour un troisième effort se voulant plus enclin à casser la monotonie voix/piano/guitare sèche de ses prédécesseurs, au moyen d'une section rythmique habillant soigneusement une écriture au fil du rasoir, entre introspection touchante et questionnements mystiques.

Repoussons maintenant les limites de la conception d'un morceau avec les Américains de Low, qui, non-contents d'offrir à l'auditeur des voyages sonores aux confins de l'univers, poussent avec HEY WHAT les réacteurs de leur navette dans leurs derniers retranchements et propulsent leurs compositions vers un monde totalement ouvert, ou les charges de saturation électriques et autres bidouillages électroniques en disputent avec l’élégance des harmonies vocales du duo, le tout flottant dans un espace infini de nappes de synthés atmosphériques.

Puisqu'il nous faut revenir sur terre, profitons de l'occasion pour évoquer la participation essentielle de la chanteuse Anaïs Mitchell (du trio folk Bonny Light Horseman), à How Long Do You Think It's Gonna Last ?, dernier effort en date de Big Red Machine (du duo Aaron Dessner (The National) et Justin Vernon (Bon Iver)). L'empreinte remarquable de sa plume comme de son timbre vocal sur ces trois titres, marquent le point d'orgue de l'album selon Diego.

Comment ne pas jeter une oreille curieuse ensuite, sur She walks in beauty, travail d’exhumation d'une série de poèmes romantiques anglais, porté par la diction grave et hantée d'une Marianne Faithfull au crépuscule de sa longue carrière ? Un projet porté par des arrangements signés Warren Ellis, qui de l'aveu de Daniel, aurait mérité d'échapper à l'aura mélancolique et désabusée de Nick Cave, pour constituer une œuvre littéraire et musicale majestueuse.

Retrouvons un peu de légèreté (toujours en Angleterre) avec Written and Directed, second opus du combo Black Honey porté par la chanteuse Izzy Baxter Phillips, qui propose un équilibre entre groove pop rock sucré et charges post-punk plus débridées. Un opus qui selon Diego, ne souffre que de sa production un brin étriquée pour exprimer son plein potentiel. Une formation néanmoins pleine de promesses, à suivre de près.

Black Country, New Road, voilà le nouvel OVNI britannique, qui, avec son premier effort For the Fist Time, réussit le tour de force de convoquer le math-rock débridé du Foals période Antidotes, le free-jazz habité du Black Star de David Bowie, l'urgence typiquement post-punk, avec des influences klezmer assumées ; le tout servi par un septuor au 3/7 féminin, comprenant un saxophone et un violon dans ses rangs. D'une effarante capacité à jouer entre ambiances délicates et déferlantes bruitistes, le combo s'inscrit dans les hautes sphères des formations de tout premier plan du rock anglais. On ne remerciera jamais assez Mathieu pour cette découverte des plus rafraîchissantes.

Et s'il nous prenait l'envie de souffler un peu pour prendre le temps d'aller doucement, pourquoi ne pas se passer le dernier Courtney Barnett ? Véritable petite bouffée d'oxygène pop rock, contrastant avec ses précédentes productions, Things take time, take time constitue une véritable expérience en mode avion. Dix petites sucreries dépouillées du faste habituel, dont la douce désinvolture ne saurait laisser Maxime de marbre.

En parlant de bouffées d'oxygène, Diego ne saurait que trop vous conseiller de vous ressourcer au bord de l'océan californien avec Year Of The Spider, dernier-né du quatuor Shannon & the Clams. À la faveur d'un album cathartique (la formation ayant pas mal essuyé de revers de fortune ces temps-ci), le groupe emmené par sa meneuse Shannon Shaw, propose un panorama de type grands espaces américains en mode rétroviseur 60's. Un road trip à la croisée des styles, entre doo-wop et surf rock, mâtiné d’accents vintage délicieusement bluesy.

Du bluesy justement, Diego en bon père Noël en cache encore dans sa hotte et vous propose après l’introspection, la révolution verte, avec le dernier effort de la formation d'Erika Wennerstrom : Heartless BastardsA Beautiful Life cultive le paradoxe de se battre pour un avenir meilleur, tout en lâchant prise et en savourant l'existence. Un exercice d'équilibriste savamment mis en musique, moyennant une négociation rock plus popisante qu'électrisante, ou le groove funky chatoyant, en dispute aux évasions psychédéliques harrisoniennes.
 
Mais trêve de nobles sentiments et puisqu'il nous faut maintenant embrasser les forces du malin, plongeons avec François dans le hard rock Doom rétro 70's de la nécromancienne Johanna Sadonis et sa formation LuciferLucifer IV, sans apporter une réelle évolution par rapport à ses prédécesseurs, a le mérite de taper juste en prolongeant une recette, certes, un peu classique, mais dont la qualité d'interprétation et l'esthétique racée ne laissent jamais indifférent.

Une prise de risque payante, voici ce qui caractérise justement le dernier effort de la formation de rock progressif hexagonale Nine Skies, avec un 5.20 qui fait le pari d'une proposition quasi-acoustique en évitant l’écueil de la monotonie. Mieux, la formation se paye le luxe de la présence d'invités de marque pour étendre son univers en contrés orientales, médiévales ou balkaniques, avec une aura World Music, mais sans jamais délaisser l'aspect progressif, garant essentiel de l'identité du groupe. Un troisième opus organique, contrasté et enthousiasmant.

Et puisque François sera notre guide, direction la Suède (of course), avec du revival (of course too), proposant une orientation garage rock matinée de Heavy bien senti. Hot Breath, emmené par sa chanteuse Jennifer Israelsson, propose avec Rubbery Lips (première galette de la formation), une production ramassée (1 demi-heure), aussi frontale qu'efficace, avec toutefois de réels efforts de recherche dans l'élaboration de ses parties de guitare. Le défouloir hard rock teinté 80's idéal, en somme.

Quelle plus belle occasion pour évoquer Stings of Soul, dernière production d'Acid's trip, formation d'Acid, ex comparse de Jennifer Israelsson (du temps ou elles officiaient toutes deux au sein de leur formation commune : Honeymoon Disease) ? Si Stings of Soul (paru le même mois que Rubbery Lips d'Hot Breath), semble de prime abord arborer tous les stigmates d'un rock brut et vintage, dopé aux stéroïdes punk'n'roll, il se démarque toutefois du premier effort de la bande à Jennifer Israelsson par un contrepoids plus subtil, magnifiant certaines pistes majeures, par d'opportunes nappes de claviers, lignes de guitares et chorus enlevés. Une réussite du genre.

Leurs compatriotes Heavy Feather, fournissent avec Mountain of Sugar (second disque de la formation), une madeleine de Proust des grandes heures du hard-rock californien du milieu des 60's, avec une touche de Soul, qui n'a rien à envier à Blues Pills, puisque les prouesses vocales de sa chanteuse Lisa Lystam, supportent sans sourciller la comparaison avec le timbre de son modèle. En résulte un album oscillant entre Heavy rock bien saturé et ballades folk-soul apaisantes. Des plages californiennes aux méandres du Mississippi, la bande-son parfaite pour un trip suave et coloré.

Profitons maintenant de cette évasion au pays de l'oncle Sam, pour nous pencher sur la dernière déclinaison du prolifique groupe de rock-progressif 90's Glass Hammer, qui propose avec Skallagrim Into the Breach, une suite à son récit d’héroïque fantasy, initié par son prédécesseur. Un durcissement des guitares (dans la continuité de son aîné donc), sonnant désormais metal. Un changement de taille est toutefois à noter : sa chanteuse principale (Hannah Prior intégrant la formation à cette occasion). Une production solide et inspirée, qui malgré une relative longueur selon François, s'avère être une franche réussite.
   
Bouclons enfin notre rétrospective 2021 (concernant le rock revival suédois), avec le premier effort de WytchExordium, bien qu'ayant du mal à se démarquer du moule "Lucifer", enracine son hard-rock ésotérique un peu plus profondément dans des abîmes doomesques, ce qui constitue un argument de séduction pour les aficionados d'influences plus proches d'un proto-metal à la Black Sabbath. Un effort louable qui peine à briller au milieu de la prolifique scène rétro suédoise, mais toutefois porteur de belles promesses.

Il est maintenant temps de faire un saut de puce chez leurs voisins norvégiens, pour vous présenter la nouvelle pépite rock alternative/progressive nommée Meer et son premier album : Playing House. À l'instar d'Angus & Julia Stone, la formation est constituée d'un double vocal masculin/féminin, incarnant tour à tour la multitude de chemins stylistiques et émotionnels empruntés par ses onze titres. La production aux petits oignons, se fait fort de rendre justice aux compositions très inspirées et par là même, propulser les arrangements de violons, alto ou clavier au niveau des meilleures formations sœurs, telles qu'AnathemaPure Reason RevolutionBig Big Train ou Alt-J. Et comme l'évoque Franck, si des prises de risques seraient souhaitées par la suite (dans les passages les plus progressifs), on ne peut que lui donner raison d'attendre la suite avec une impatience non dissimulée.

Terminons enfin notre tour des meilleures formations à composante féminine, chroniquées en 2021 sur Albumrock, avec Vigesimus, dernier-né du combo Mexicain Cast. D'un naturel très démonstratif (induit par la virtuosité de ses membres), le groupe propose une expérience progressive proche de ce que peut proposer Dream Theater, avec toutefois une variété dans les ambiances bien plus importante, servant des compositions inspirées et mélodiques. Un vingtième album studio abondant, qui confirme la stature du groupe sur la scène progressive sud-américaine.


 


Le P.S de Mathilde:


Mathilde here speaking, comme l'an dernier j'ajoute un petit mot. Etant la seule rédactrice du collectif Albumrock, et même si y a pas qu'un jour pour l'ouvrir, bon ben c'est le jour. Je réitère ici mon expérience de vie/ de Manoeuvre car en un an ces anecdotes n'ont évidemment pas changé. Je vous raconte un peu plus ma vie, et mon point de vue.


Je suis critique rock au sein d'Albumrock depuis 2011 et bien qu'il y ait eu quelques filles à la rédaction, l'égalité n'a jamais été atteinte, et aujourd'hui je suis la seule girl. Jamais je n'ai décelé de volonté de la part de mes confrères d'aller contre la présence féminine, et la seule gêne que j'ai ressentie c'est finalement celle de constater le peu de femmes qui proposait leur candidature au webzine.


Mes consoeurs sont certainement un peu non binaires comme moi, ce fameux qualificatif apparu récemment, tout comme le pronom "iel" rentré dans le Robert fin 2021. En fait, on est tous non binaires. Après on veut le voir ou pas. Mon éducation et personnalités n'ont jamais mis le doute là-dessus, j'ai jamais dû "être femme" via les fringues, la façon de parler, mes choix... Pour ça, je pense être chanceuse sans le savoir.


Etre une grande tige d'1m80 fait aussi que j'étais avec les gars du fond dans la classe, car sinon je cachais le tableau. En EPS (ça s'appelle encore comme ça aujourd'hui?), je faisais de l'athlétisme aussi avec la gente masculine pour pas trop fausser les résultats de sauts en hauteur. On me dit régulièrement "toi t'es le genre de meuf à trainer avec des gars". Bon oui, et non. Le physique quand même (encore et toujours malheureusement) fait beaucoup pour collecter ce genre de réflexion. J'ai une voix grave, et ça doit jouer aussi.


Jamais vraiment complexée ni oppressée non plus. A de rares moment (par rapport à la moyenne) emmerdée dans la rue (la taille toujours?) et à chaque emmerde, je saisis limite la justice ou le manager (la personnalité toujours?). Jugée oui, mais ça m'a pas empêchée de faire la batterie. Et donc je ne me suis pas vraiment personnellement sentie freinée. A part ma taille qui gênait l'égo de ceux qui l'ont dans les chaussettes. Mais pour mes consoeurs proches, j'ai vu des trucs moches. Et je pense qu'on est carrément jugeantes entre nous, ce qui n'aide pas. Ça arrive à la pré-adolescence. C'est comme s'il fallait être un peu "bitchy" pour être girly. Non. Et d'ailleurs qui veut et pour qui et pourquoi être "girly"?


Le problème avec les phénomènes relous ou toxiques, c'est qu'ils se cachent dans les détails. Il suffit d'une réflexion, d'une répétition sociale (mais aussi des proches) pour que le conditionnement se mette en place insidieusement, et qu'on se refuse à faire telle ou telle chose. C'est illogique quand on y pense. Illusoire, carrément. Et ça enferme. Et du jour au lendemain, on s'imagine ne pas pouvoir être critique rock. Et on peut pas dire qu'on soit aidées par les bonhommes du milieu déjà en place.


J'avais un (seul) bouquin écrit par un certain Philippe Manoeuvre (salut l'ami si tu nous lis!) que je suis allée faire dédicacer alors qu'il présentait un (autre) bouquin. Lorsque je lui ai tendu l'ouvrage pour qu'il y signe ce qu'il peut y voir à travers ses lunettes, le monsieur m'a dit de sa voix de porte mal huilée "Ouah mais Mathilde une fille de ton âge qui aime le rock, incroyable, mais c'est toi la star aujourd'hui !!". J'aurais pu être flattée, mais je me suis sentie amère. Du Nord. Cette sensation d'incompréhension face à des propos idiots et tout de même assez formés dans la tête de monsieur de sa génération pour qu'ils sortent comme ça, en one shot, toute honte bue (par Philou). On est loin de La Philo selon Philippe.


La morale inchangée de l'histoire, en mode pub nulle Nana "on peut faire des tas de trucs cools quand on a nos règles" (faux), c'est qu'il n'y a pas de trucs plus femme qu'homme ou qu'homme que femme. On est ce qu'on est, on n'est pas notre genre donné par la nature. Il y a l'expérience (en plus de la nature) qui forge tout autant. Laissons la nous forger vers ce qu'on est. On est toujours dans du désolamment "enfonçons des portes ouvertes", mais le problème c'est qu'il y a un sacré paquet de bonhommes, d'égos, de mauvaises éducations, et de rivalités entre femmes qui bloquent bien la porte et pas façon Hodor pour ceux qui ont la réf.


Alors si vous aimez le rock, et l'écrire, y a plus qu'à rentrer !


 


 

Commentaires
Soyez le premier à réagir à cette publication !
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Album de la semaine

Pure Reason Revolution


Above Cirrus


"

La résurrection inespérée de Pure Reason Revolution, survenue en plein premier confinement, a maintenant laissé place à la perspective d’un groupe de nouveau pérenne, en témoigne cet Above Cirrus paru moins de deux ans après son grand frère - autant dire qu’on n’en espérait pas tant, et surtout pas aussi vite.

"
À lire également