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Solidays 2012


Emilie, le 06/07/2012

Samedi 23 juin

Here we go !


Après avoir raté une flopée de bons concerts la veille, je décide de suivre mes acolytes qui veulent arriver dès 15h. Métro avec option coude du voisin dans le nez, sortie vers le bus à l'unisson, et saut dans la navette question de pas se retrouver agrippées en haut des barres en fer, seule place disponible restante. Il fait beau, il fait chaud mais je décide de prendre le petit train qui nous mène de l'accueil presse à l'entrée presse, pour économiser mes forces bien évidemment.
Je me rappelle combien il est facile de se perdre dans les backstages du festival, mais arrête de suffoquer lorsque j'aperçois la porte du Forum me permettant de rejoindre la vie qui bat son plein sur l'hippodrome de Longchamps. L'exposition est à ma gauche ''il faut vraiment que je la fasse cette année'', les vendeurs de glaces italiennes en perdent leur accent qui n'a jamais existé, les granitas tournent sans repos, et des milliers de jambes grouilles et pétrissent le sol. On y est bien, et on n'oublie pas l'engagement premier des Solidays, la solidarité Sida.

Les deux pieds dedans



Pas le temps d'être nostalgique en repensant à 2011, je cours telle une festivalière au ralenti le cheveu collé sur mon front humide jusque sous le chapiteau du César Circus pour rejoindre la foule écrasée au sol. Tout le monde décide de se préserver pour plus tard, sage décision, je fais tout comme vous les copains. Grimpée sur mon passe-câbles favori (en dix minutes je l'ai trouvé très pratique au point de ne plus vouloir m'en séparer), j'observe ces deux premiers bonhommes sur scène.
Vincha ouvre le bal de la scène Découvertes Jeunes Talents. Je reste sceptique devant son look moustache/chemise/jean trop large mais me laisse prendre à son jeu au bout d'un seul morceau. Une tête sympa, un DJ bon et amusant, des morceaux agréables et des paroles non barbantes, je me dis que c'est une bonne découverte. Puis finalement il me plaît son look. ''On pensait que vous n'aimeriez pas du coup on va changer la set list'' glisse le jeune mate de peau mi DJ mi pianiste, ce qui me fait rire intérieurement pendant cinq bonnes minutes. Je commence à bouger du pied lorsqu'il entame son titre ''Petit con''. ''Haaaaan mais bien suuur ! En fait je savais pas que c'était lui'', dis-je sur un air des plus bêta. Si seulement je retenais les noms de tout ce que j'écoutais, je ne sortirais pas cette réplique classique en plein concert.

Bref, je suis conquise très rapidement, à la différence du public qui met du temps à se rendre compte qu'un concert à lieu devant eux. Entre ceux qui finissent leurs frites, et ceux qui baillent se rappelant que c'est l'heure de la sieste, Vincha à du fil à retordre mais ne se décourage pas. Il sort son arme magique, le morceau ''Mon fils'' qui fait réveiller les cœurs tendres et/ou les peureux de la paternité. L'ambiance est lancée ! C'est parti les gars on y va !! Ah bah non, car c'est la fin du set dans dix minutes et que Vincha va plier bagage pour laisser la place aux prochaines découvertes.



Maintenant que les festivaliers des Solidays présents sous la scène du César Circus sont lancés, il ne faut pas les freiner. We were Evergreen arrivent donc dans une ambiance bien chauffée, et face à quelques uns qui les attendent de pieds fermes. La foule est devenue beaucoup plus dense et compacte lors du changement de plateau, et va redevenir moins chargée à la fin. A croire que le groupe so parisien était noté dans les agendas. Les connaissant de nom mais ne les ayant jamais vus sur scène, je les aborde d'une manière typiquement féminine : leurs looks'et'bidules. A gauche une grande brune qui en fait pour sûr craquer plus d'un et qui pour sûr m'agace d'être aussi belle, arbore une combi short en jean derrière ses claviers, synthé vintage. Au milieu et dans un pantalon framboise, un mince brun aux fossettes parfaites et au regard séducteur se colle un ukulélé sur le bide, alors que son voisin de gauche à la même coupe que ses camarades de scène, joue les plus forts avec le modèle au dessus. Petite veste cintrée sur jean un peu large, barbe de trois jours parfaitement maîtrisée, une chose est sûre, We Were Evergreen ne lésinent pas sur les moyens.

Et musicalement ? On ne peut pas dire qu'ils manquent d'énergie sur scène ni dans leurs mélodies, ce qui les éloigne d'emblée de Cocoon. Mais après quelques morceaux je perds le fil et me retrouve en discussion avec moi même, le temps de me dire que c'est du déjà vu et entendu. Alors oui, on ne peut pas réinventer la musique à chaque nouveau groupe, mais l'on peut s'attendre à quelque chose de plus différent vu leurs looks bien plantés. Bien qu'ils restent un groupe pop un peu électro comme on en croise souvent, et que l'on pouvait s'attendre à ce genre de musique de la part d'un groupe émergeant, le concert est très agréable, dynamique, et le trio risque de bien poursuivre leur route. Dernier morceau plus électro où le chanteur sort de derrière son dos une trompette qu'il maîtrise assez pour changer l'allure de la mélodie initiale .. Bon ok, finalement je les aime bien.


Fin du concert, de la place sur le passe-câble se libère (retrouvailles chaleureuses), nous en profitons donc pour nous asseoir délicatement comme des masses par terre. Les changements de plateau sont rapide et à peine après avoir baillé trois fois, le dernier concert commence. ''Bah ? Je pensais que c'était un mec qui chantait ?'' se demandent les trois nana qui forment mon groupe d'amies dont moi. On se relève curieuses de voir à quoi ressemble cette damoiselle et découvrons un grand brun, très barbu, très chevelu, très testostéroné, bref très homme. Jon Malkin pour vous saluer. Pourquoi personne ne m'a prévenue que Frédéric Beigbeder s'était mis à la musique ? Et qu'en plus il jouait sur la scène découverte Paris Jeunes Talents ! Entre ses chansons, Frédéric nous prouve qu'il est bien un homme avec une voix -parfois- virile, ce qui rend encore plus impressionnantes ses prestations. Pendant que Fred nous envoûte dans son groove pêchu, une réunion de tenues insolites se tient sous mon nez. Trois jeunes garçons certainement dans l'attente de leurs résultats de bac ont piqué la combi extrêmement plaquante de tonton Bernard qui fait du vélo le dimanche. Je vous laisse imaginer la scène, il y a des tenues rigolotes, et des tenues qui ne le sont que dans le noir. En tous les cas, Fred Beigbeder nous avait bien caché son talent de frontman et sa longue chevelure soyeuse et bouclée, sous son nom de Jon Malkin il tient un concert chaud et accrocheur qui séduit visiblement les Solidays. Trop fort.


Nous quittons le César Circus pour faire 10 mètres et nous allonger aux pieds du même chapiteau, le nez au soleil, les doigts de pieds en éventail dans les boots. Les balances de Twin Twin se font tout doucement pendant qu'Antoine De Caunes traverse discrètement l'hippodrome, entouré de 30 personnes, 7 caméras, 6 micros et quelques curieux. J'ai eu un instant l'idée de bondir pour lui faire mon imitation de Cindy Troforte, puis me suis convaincue qu'il ne valait mieux pas.

Puis le courage poignit


Sous un élan de courage impressionnant, nous nous sommes relevées et avons rejoint la scène du Domino où Rover s'apprêtait à faire sonner sa guitare. Sur le chemin (la route est longue entre les scènes, je ne vous parle pas de la traversée d'une traite entre Domino et Bagatelle ..), j'essaye de convaincre mes copines en leur assurant que Rover est un génie. Après mon coup de cœur au Printemps de Bourges où il m'a sciée sur place, je peine à entendre que c'est ''lent et mou''. D'une part sa voix est tellement mélodieuse qu'on ne peut que être surpris et enchanté, et d'autre part l'ambiance qui dégage de sa guitare seule a une emprise sur vous difficilement explicable. Le public cloué sous le petit chapiteau semble être d'accord avec moi, car au premier ''Wah c'est cool'' sorti de la bouche du châtain clair, tous se sont mis à crier, à l'acclamer, voire à pleurer comme à l'époque Cloclo mais je n'en ai pas vu de mes yeux vus. Sous son style baroque, Timothée de son vrai prénom, impose une ambiance sensible et assurée, douce et rock'n'roll, rassurante et dérangeante. Dérangeante car on se sent pris au piège de ses accords et de sa présence pas des moins ordinaire. Au bout de quelques titres nous repartons, laissant le public dans la bulle Rover, pour rejoindre un autre monde bien décalé, celui des Twin Twin

Croisé au même endroit deux ans en arrière, je me retrouve devant les Twin Twin qui ont bien suivi leur petit bonhomme de chemin. Après une interview très sportive en 2011 (souvenez-vous, j'avais assisté à un concert atypique, qui finalement s’avérait être qu'une ébauche de ce qu'ils voulaient faire. DJ en fond de scène, danseuses, décor, les frères et Patrick donnent leur shows d'un pied plus ferme et plus sûr. Du sérieux dans leur folie scénique débordante, mais également dans certains textes qui pouvaient sembler décousus il y a un an de cela. Ils ont clairement pris de l'étoffe sous tous les angles et tout en gardant leur identité, bien joué !

De la tendresse bon sang !



Mes années d'amour pour Debout sur le Zinc me titillent trop pour résister à l'appel de leur prestation. Je prends donc mon courage à deux jambes, traverse les kilomètres et les kilomètres qui séparent les scènes (bien sur que non je n'exagère pas) et me retrouve face à une foule qui déborde de partout. Je ne prends pas le risque de descendre devant la scène Bagatelle où le groupe est perché, et reste en haut et loin en arrière, derrière la régie, où beaucoup ont abandonné leur voyage également. Je vois le public suivre les pas de danse donnés par les Debout, je vois un écran géant où les garçons sont impeccablement filmés, et j'écoute des morceaux familiers. Comme pour les Ogres de Barback l'an dernier, le public se déchaine et profite d'un concert festif sous le soleil. Les morceaux sont un peu plus rapides, ''J'ai'' semble être passé à la vitesse supérieur, mais les Debout sur le Zinc tiennent parfaitement cette grande scène face à cette immense foule.


Demi tour vers la scène du Domino quelques minutes plus tard pour aller voir, enfin écouter, François and the Atlas Mountains. Le chapiteau est bondé et les sols qui l'entourent sont remplis de festivaliers prenant une pause sous le jour qui commence à filer. Nous décidons de nous plier au rituel, sous le grand arbre de néons déjà présent l'an passé. J'entends sortir de Domino des paroles en anglais, en français, que des mélodies agréable et un public qui réagit face à ce groupe que l'on croise partout en ce moment. Pause musicale pour certains curieux qui profitent de ce groupe pop folk aux allures pêchues -je me demande même si je suis à la bonne scène, car dans mes souvenirs flous, François était moins dans l'énergie. Ce qui fait me rappeler à certains instants d'abandon de mon cerveau, à du Saez de l'époque.

Du punk bordel !



Puisque l'on n'a pas peur, et que l'on vient de prendre une petite pause coquette, ni une ni deux nous retraversons l'hippodrome pour aller voir ce qui sera mon dernier concert de la journée, Skip The Use . Devant moi, une brune et une blonde tout droit sorties de leur château se prennent pour les nouvelles Brigitte. Elles étendent leur petit tapis de sol pour ne pas salir leur rorobe d'herbes sèches, pendant que derrière nous une brochette de mecs se vidangent contre les barrières en paille. Le contraste est amusant, je me sens équateur. Quelques minutes plus tard, tout naturellement, deux ou trois jeunes arrivent de notre côté avec des bateaux gonflables. Rien de plus normal, et rien de plus amusant lorsque pendant le concert ils vont les faire passer de main en main comme des bateaux sur l'eau. Solidays sont même solidaires du foot puisque pendant l'installation du plateau des Skip the Use, ils diffusent le match France-Espagne et c'est à des moments comme celui là que l'on prend vaguement conscience du nombre d'hommes dans le coin.

Après ces moments de distraction, les lillois arrivent pour ''transformer la scène en punk dégueulasse !''. Le terme dégueulasse a pris de belles tournures, car ils offrent encore une fois un spectacle survolté, gonflé à bloc, le public est pris dans cette frénésie que les Skip the Use dégagent. Leur single ''Ghost'' engendre autant de folie que les autres morceaux, ce n'était pas le moment de flancher, surtout pas au moment de la blague sur la victoire ironique de la France. Ce qui a fait rire toutes les filles et le chanteur, mais qui a du créer un ascenseur émotionnel chez 97% des garçons du public. Mais personne ne peut leur en vouloir face à un concert comme celui qu'ils ont donné, alors que le soleil commençait à rendre les armes.




Quelques peu ramollie par tous ces efforts que je vous ai conté, je m'en vais rejoindre la navette de retour, en passant devant le village solidarité où des groupes ponctuels venaient animer musicalement, devant les sauts à l'élastique où des cordes vocales se sont déchirées, à côté du Palmeraie (ambiance cocotiers, repas exotiques les pieds dans le sable) et à côté des restos et Artisans du Monde (ou comment faire le tour du monde culinaire à Longchamps). La grande scène Paris se repose pendant que le Village Partenaire grouille de curieux et que le César Circus se remet de ses émotions. Je regarde l'entrée de l'expo Sex and the City en lui faisant un clin d'oeil ''à demain Toi'', puis je tourne le dos au forum avant de rejoindre la sortie, où d'ailleurs bon nombre de festivaliers entrent.
La soirée de solidarité Sida n'est pas finie pour tout le monde …
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