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Solidays 2012


Emilie, le 06/07/2012

Dimanche 24 juin

T'as le look coco


Je n'ai pas abordé l'importance du style vestimentaire aux Solidays. Puisque c'est un festival, il faut avoir l'air cool, classe mais décontracté, extravagant mais pas ridicule, bref montrer notre identité inventée par nos bouts de tissus. Enfin c'est le cas pour au moins 80% des festivaliers. Je m'amuse donc à regarder ce défilé de mode sous le soleil du samedi, remarquer les efforts d'assemblage de couleurs, de jean troués pour faire classe, de T Shirt rigolos, et de coiffures piochés dans un bon catalogue de coiffeur pour créer le fameux coiffé décoiffé. Chacun se balade avec son portfolio sur le dos et regarde en coin un adversaire du look tout en réajustant ses lacets défaits.

Enfin c'était ainsi pour samedi, car pour dimanche la chanson sonnait autrement. Des trombes d'eau ont inondé l'hippodrome et les festivaliers, pas un seul moment de répit pour le sol spongieux ni pour les chaussures, la catastrophe vestimentaire et capillaire. Les minettes ont rangé leurs petits hauts au nombril visible pour des coupes-vent d'un bleu immonde, les belles coiffures ressemblent à des poulpes, et les chaussures les plus enviables sont des bottes en caoutchouc. Le défilé de mode ressemble à une défilé maritime, les envies de sexy et de hype croisées la veille ne sont qu'un vague souvenir.


Ici c'est les rangers, les capuches, la boue sur les joues et de l'eau absolument partout. Tout le monde rêve de sacs poubelles pour protéger ses jambes, de gros pull étanches et moches, et de ciré jaunes poussin. On ne regarde plus l'assemblage des matières, mais plutôt qui a de la gadoue le plus haut sur ses cuisses. Solidays jour 2, GO !

Dans mes belles bottes soyeuses, belles, rayonnantes et beiges (petite larme à l’œil), je déboule de nouveau sous la scène du César Circus à 16h. Il pleut beaucoup mais je ne sais pas encore que dans 30 minutes, je marcherais dans du nutella huilé.

Allez viens, on est bien



Un énorme kakémono nous rappelle que les concerts qui vont suivre sont le résultat du prix Chorus des Hauts de Seine. Hyphen Hyphen. Cela fait plusieurs fois que je vois circuler ce nom mais n'ai pas cherché plus loin ce qu'ils faisaient et ce qu'ils donnaient sur scène. Un batteur s'assoit, un brun et une brune s'installent en parallèle de chaque côté de la scène, le visage peinturluré, l’œil dans le vide, avant qu'une blonde frénétique n'arrive en courant les rejoindre. Elle se met à brailler dans son micro, je me demande quatre secondes ce qu'il se passe, avant de trouver ces cris agréables. Les deux bruns chantonnent des sons presque vaudou avant d'entamer une sorte de danse de la pluie. Voilà enfin du décalé et du passionnant ! Sans que l'on ne s'en rende compte, nous entrons dans leur bulle hypnotisante et clairement délurée. Un couple se prend en photo pendant que le groupe termine leur deuxième morceau sous les acclamations déchaînées du public. Il ne leur aura pas fallu longtemps pour chauffer les festivaliers congelés et mouillés. Une grosse casquette Hop Shop vient me boucher la vue alors que que le son sur scène devient de plus en plus électro, et que je ne veux pas louper une miette de ce qui se passe. Ca monte en puissance, la brunette au synthé, guitare et autres machines à son est en transe lors des explosions, puis redevient presque timide lorsque tout se ralenti. La voix de la chanteuse me fait penser à du Florence & the Machine mais sous excitant. Les Hyphen Hyphen ont un jeu de scène bien pensé et en coordination avec ce qu'ils font, entre des instants de folie claire et des regards envoûtants comme robotisés, le tout sur fond d'électro battante. Je suis complètement séduite pas ce groupe, qui reste clairement mon coup de cœur des Solidays !

Pause expo



Il pleut toujours énormément sur Longchamp mais nous nous sentons d'attaque pour aller patienter dans la longue de l'exposition Sex in the City. Nous avons commencé la file avec beaucoup d'espoir ''Youplaa dans une demi heure on sera rentrées !'', finalement 4 jours plus tard nous étions toujours coincées sous la tente, à quelques mètres de la porte d'entrée. Heureusement que nous avions de la distraction. Tout d'abord ces deux jeunes fous en short qui ont décidé de rire de ce déluge en ce jetant à corps perdu dans la gadoue, afin de glisser le plus loin possible. Puis ce bénévole à l'entrée qui a su occuper les centaines de têtes qui piétinaient en reprenant des chansons grivoises ou plus légère. Tout le monde a chanté en cœur ou en riant, avant l'entrée tant attendue dans l'expo qui commençait à paraître inatteignable. L'exposition (est elle la même tous les ans?) s'ouvre sur un couloir présentant différentes ambiances, à vous de laisser libre cours à votre imagination, avant de reserver un espace de découverte en tout genre. Des bénévoles sont là pour présenter tous ces objets, expliquer, et répondre aux questions. La visite se poursuit sur les maladies sexuellement transmissibles, photos à l'appui, des informations concernant la contraceptions ou les risques d'infections, ce qui laisse le temps aux visiteurs de lire, découvrir, voire être répugnés. L'attente en valait le coup car l'exposition est très bien montée et imaginée, on se sent à des kilomètres du festival à l'extérieur, et surtout on se rappelle pourquoi on est là.

Douh la gadoue



Lorsque l'on ressort, on s'enfonce directement jusqu'aux genoux dans la gadoue. La fin du monde continue les amis. Nous visons donc le chapiteau le plus près, et mettons dix minutes à l'atteindre car soit nous perdons une chaussure, soit nous glissons. Je n'ai jamais été autant concentrée pour marcher. L'abri sous le César Circus est difficile car 1/5ème du festival est en dessous pour protéger, et pour rester au ''sec'', ils supportent même ce qui passe, Messe des Soeurs. Heureusement qu'une flaque grosse comme le lac Lément m'a dissuadé de ressortir, sinon je ne serais pas restée devant ce spectacle. Alors non, ce n'est pas leur accoutrement façon carnaval italien ni leur homosexualité assumée qui m'a dérangé, mais bel et bien leur braillements dans le micro et leur discours ridicule à la fin de leur set. Ce discours mi politique mi inconsistant m'irrite tellement que je prends la tangente et préfère retrouver la pluie glaciale.

De l'Air


Quelques minutes plus tard, je reviens sur mes pas mais pour un groupe différent que je ne connais pas jusque là, les Airnadettes. ''Mais siiii le leader c'est Gunther Love !! me crie mes amies dans les oreilles. ''Ah'' me dis-je. Gunther Love, moustache sous le nez, aussi connu pour être le champion du monde de air guitar, c'est d'ailleurs peut être pour ça que je ne le connais pas vraiment vraiment, le air guitar n'étant pas totalement ce qui m'attire. Je regarde le monde sous le chapiteau, je me tourne pour partir, puis vois les litres d'eau qui s'écrasent au sol et les flaques d'eau qui me séparent de l'extérieur, et décide de rester plantée où je suis. Faiblesse. Mais bonne idée au final, car les Airnadettes ne sont pas que des mecs qui simulent de tenir une guitare entre leurs mains, mais plutôt une joyeuse bande mixte qui monte un spectacle avec un patchwork de répliques de films. Je ne vois pas vraiment la scène à cause des armoires à glace qui ont été plus malines que moi en s’avançant, mais je m'amuse à reconnaître les répliques tirées des films. Tout le monde reprend en chœur ''Quand je suis content je vomis'' avant de rigoler en donnant un coup de coude à son voisin en équilibre entre deux trous d'eau. Je décide quand même de me hisser sur la pointe de mes pieds mouillés pour regarder un peu ce que ça donne. C'est coloré, c'est vivant, ce n'est pas vulgaire et c'est vraiment plaisant. Je me dis que j'aimerais bien les revoir dans un contexte moins .. dense dirons nous, ça doit vraiment en valoir le détour vu le spectacle qu'ils donnent.

Du british sous accalmie


Toute guillerettes nous quittons le César Circus et ô miracle il ne pleut plus !! On se dirige alors vers la scène Paris, pas en sautant car le risque de chute et d'étalage dans la boue est toujours très imminent, mais au moins rassurées. On se poste sur des coins de pailles au sol, un grand brun crie mon nom pour que je retrouve mes copines et on attend ce cher Charlie Winston jusqu'à ce que la pluie recommence à tomber. Bon au moins elle aura essayé de s'arrêter. La casquette sur le côté, le britannique nous tente un ''il pleut un peu'' en sautillant sur sa scène couverte. Crois tu. Derrière moi un duo de rigolos me fait bien rire entre leurs ''Je crois que je suis amoureux'', et leurs moqueries en imitant les demoiselles un peu trop fan du beau Charlie, ce qui ne les empêche pas de reprendre les refrains des chansons. Bande de cœurs tendres va. Medi a laissé sa place à la batterie pour un remplaçant aux cheveux un peu plus ras, mais qui ne manque pas de peps.

Deuxième essai de communication en français ''un peu de feu pour le chauffage de vous'', Charlie Winston est comme la pluie, il fait des essais d'améliorations mais ça rate donc il arrête. Pendant ''Rockin' the suburbs'', un rappeur vient au devant de la scène ce qui donne une toute autre couleur, sympathique, au morceau déjà bien pêchu. La bande joue encore avec ses miroirs loupes, le public réagit au quart de tour bien que la pluie aie diminué le nombre de spectateurs. Charlie Winston tient son heure de concert avec énergie, mélange des morceaux phares du premier album, et des titres sur second, il offre même un inédit. Difficile de rester stoïque face à ce que toute la troupe dégage, c'était encore un très bon concert du très bon britannique électrique.



J'ai fortement envie de partir, mais ne me sens pas prête à affronter le sol boueux jusqu'à l'entrée, alors je passe faire un tour curieux vers JoeyStarr. Qui l'eut cru, moi devant Joeystarr. Enfin devant, mais loin derrière malgré tout, car la pente en gadoue me semble insurmontable. Rien que d'imaginer la descendre, je me vois arriver les deux pieds devant dans la foule tel un boulet de canon, sur le dos. Je reste sage et épargne cette distraction et humiliation, et reste sur le sol de plastique. L'écran géant suffira. Glissé dans un T-shirt multicolore, l'ex NTM traverse la scène de gauche à droite, parle un peu fort dans son micro, et se lance dans les avis politiques. Je me sens plus la force de supporter et décide d'affronter LE RETOUR.

Des kilomètres de boue de plus en plus remuée, liquide, et profonde me sourient et me menacent. Je regarde mes boots avec un dernier air de compassion, leur dis un dernier adieu, et m'enfonce dans ce qu'était il y a encore quelques heures, le sol de l'hippodrome de Longchamp. J'ai l'impression de traverser le Sahara tellement c'est long et dangereux, un bonhomme se casse la figure dans la gadoue ce qui me fait rire avant de me faire peut ''et si c'était moi'', mais je continue ma traversée à 0,002 km/heures.
Une dernière fois je passe devant toutes les installations des Solidays, pense à tous les bénévoles qui font que ce festival se passe aussi bien, et admire tout ce qui est mis en place pour Solidarité Sida.

En attendant 2013


Encore une fois le public a été au rendez-vous, les concerts ont attiré bon nombres de curieux ou de conquis, les stands ont fait voyager les festivaliers et chacun a pu se balade au fil de ses envies.
Certains ont peut être oublié quel était le but principal des Solidays, mais des artistes comme Shaka Ponk l'ont bien rappelé sur scène, les hommages et les expositions étaient des clins d'oeil.
Je quitte le sol de Longchamp avec l'envie de déjà y retourner, exténuée de m'être tant concentrée pour marcher, je croise un jeune brun avec un masque de cheval remonté sur le dessus de sa tête qui se dirige lui aussi vers la navette gratuite qui nous ramène tranquillement à porte Maillot, là où tout commence et tout se termine.


Merci merci à Jérémy Richet de chez Brigitte Batcave, merci à chaque membre des Solidays, des bénévoles aux organisateurs, et merci à nos parapluies.

Le site de Solidays
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Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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