
Kerrigan
Wayfarer
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Peut-être en sera-t-il de la New Wave of Traditional Heavy Metal comme il en fut de la New Wave of British Heavy Metal : les années passant, le genre continue de voir naître des formations mais il perd son souffle et surtout sa nouveauté, et seuls certains groupes finiront par avoir une carrière sur le long terme et à maintenir discographie de qualité. Ainsi, la magie s’est un peu dissipée et le chroniqueur devient de plus en plus exigeant lorsqu’il est question de sélectionner les albums qui méritent d’être mis en avant dans ce registre.
En 2026, Wayfarer est de ceux-là.
Il s'agit du deuxième opus de Kerrigan, un groupe allemand qui s’était fait remarquer en 2023 pour son très beau démarrage discographique, Bloodmoon, dont Wayfarer reprend les codes pour sa pochette (on parlera peut-être un jour de Red album et de Blue album), mais aussi pour sa musique – entendre du Heavy Metal classique, parfois Power, toujours très mélodique voire épique tout en restant direct et accrocheur. Même le long, "Red Light Tower", qui dépasse les 6 minutes, voit sa taille justifiée par de belles envolées instrumentales et un final envoûtant : le titre avance des mélodies assez pop tout en travaillant beaucoup le tranchant des guitares, quitte à reprendre en introduction la touche de Wishbone Ash du début des 80s.
Il apparaît tout au long de l’album que Kerrigan possède un vrai talent de composition et rares sont les titres à ne pas disposer d’un potentiel tubesque. Les mélodies, les riffs, les soli et les lignes de chant sont toujours finement travaillées pour saisir l’auditeur dès la première écoute. En outre, le groupe parvient à marier le Heavy Metal classique avec une esthétique modernisée, notamment sur les lignes de chant, comme en témoignent "Torchbearer" ou "Asylum" qui s’inspire en même temps d’Iron Maiden pour ses lignes de guitare. C’est aussi ce groupe qui vient à l’esprit sur l’introduction de "Dystopia", assez typique de l’écriture de la Vierge de Fer depuis le début des années 1990 (et jamais reniée depuis), de même que sur celle de "Wayfarer", qui regarde aussi du côté de Queensrÿche.
Pour apprécier l’album, il faut ainsi s’arrêter sur le refrain et le pont de "The Ice Witch", judicieusement mis en avant par le groupe pour la promotion de l’album, ou sur la puissance épique de "Blood and Steel", très marquée par le Power Metal américaine, là où c’est davantage la version germanique qui domine sur les tubes "Surrender" ou "Fighter". Ce dernier revisite le riffing de Running Wild en le remettant parfaitement au goût du jour (le chorus est particulièrement élégant).
En confirmant les espoirs que les amateurs avaient placé en lui dès son premier album, Kerrigan peut être considéré comme une figure importante de la scène actuelle qui mérite sa place aux côtés de formations reconnues comme Enforcer, dont le style est assez proche.
A écouter : "Red Light Tower", "Surrender", "Fighter"

















