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Lo Nero


Maya Enib, le 22/01/2015

Interview de Bill Lo Nero, guitariste et fondateur du groupe

Après une tournée aux Etats-Unis aux côtés du légendaire Tony Macalpine et en plein enregistrement d'un nouveau CD, Bill Lo Nero a octroyé quelques minutes à Album Rock pour en dire plus sur ce groupe de rock instrumental si atypique et original.


1/Peux tu décrire LoNero à nos lecteurs d’Album Rock et expliquer en quoi consiste le Guitarcore stp?


Lonero est un quintette instrumental composé de trois guitares, une basse et une batterie. Nous venons de San Jose, en Californie. D’un point de vue musical, nous sommes vraiment uniques dans le genre parceque nous avons trois guitares, mais aussi parce que nous formons un véritable groupe. Il n’existe pas de rotation des musiciens et tout le monde a un droit de parole égal dans le groupe. Il n’y a pas de leader. Chacun fait partie du groupe et y contribue. Le Guitarcore c’est la chanson et non le rythme. Nous avons trois guitaristes dans LoNero et beaucoup d'harmonies, mais chacun apporte son empreinte musicale. Le Guitarcore c’est une ambiance et des chansons accessibles à tous même à ceux qui n’écoutent pas de guitare instrumentale. Le Guitarcore ne se résume pas à un seul gars. Il s’agit d’un groupe.


 2/LoNero c’est aussi ton nom, c’est toi qui a créé le groupe ? Comment as-tu rencontré les autres membres ?


C’est çà! J’ai sorti mon premier CD Slather avec Stu Hamm (Joe Satriani/Steve Vai) à la basse, Gigi Gonaway (Mariah Carey) et Mike Mangini (Extreme/Steve Vai/Dream Theater) à la batterie. Je savais que si je voulais jouer l’une de ces chansons en live, je devais former un groupe. Au départ je ne voulais pas donner mon nom au groupe, car les gens auraient fini par penser que tout ne tourne qu’autour de moi. J’ai toujours voulu créer un groupe.  Après avoir donné quelques idées de noms, on a décidé que comme les morceaux qu’on produisait sur scène étaient issus de mon album solo, nous allions nommer le groupe LoNero. Je n’ai toutefois donné mon accord qu’à condition que le nom du groupe soit écrit avec un “N” majuscule en opposition au “n” minuscule de mon nom de famille. C’est un petit détail, mais qui a son importance. J’ai rencontré le bassiste Mike McKaigg par le biais d’un ami commun. Mike est un bassiste solide et fiable. C’est également un excellent tromboniste.  A partir de là nous avons eu un bon nombre de batteurs et de guitaristes rythmiques. Notre groupe actuel composé de Mike, Marco Bicca (Batterie), James Manalili (Guitare) et Nasser Abdalla (Guitare) est définitivement le plus précis et globalement le meilleur que nous ayons formé jusque là. Marco a rejoint le groupe en 2010 et il était parfait. Il nous a apporté cette combinaison entre la technicité de Dream Theater et ce pur sentiment rock qui nous manquait jusque là à la batterie. James nous a rejoints en 2013. Quand nous avons rencontré James nous avons su immédiatement que c’était celui qu’il nous fallait. C’est un guitariste exceptionnel et une personne extraordinaire! J’ai rencontré Nasser au NAMM (l’association nationale des commerçants de musique) en janvier 2014. Il est venu faire un bœuf et çà a marché direct. Alors on lui a proposé de rejoindre le groupe en avril. Un autre super bon guitariste et avec qui on passe vraiment de bons moments. 


3/ Comment définirais-tu votre musique ?


Nous sommes à mi-chemin entre Dream Theater et Joe Satriani. Nous comblons ce vide entre le métal et la prog avec la guitare mélodique, sans tout ces éléments merdiques présents dans la plupart des versions instrumentales et qui dégoutent la plupart des gens de l’instrumental. Et ce n’est pas pour cracher sur ce genre de musique. Il a sa place. On ne veut pas critiquer ce style. Seulement ce n’est pas le nôtre. Toutes nos influences sont présentes dans notre musique. Sur mon album solo Slather, on trouve une chanson latine, une chanson classique, une de blues, à côté de chansons rock. Sur le second CD Relentless qui fut le premier album officiel de LoNero, on avait parmi des chansons metal, une chanson hawaïenne enregistrée à la slack-key guitar que j’ai écrite et qui s’intitule "Lahaina Nights". Pour moi la musique c’est de la musique. Peu importe le genre, tant que la chanson est bonne. 


4/ La particularité de votre groupe est de faire du rock sans voix. Cela donne plus de place à l’imaginaire pour ceux qui écoutent. Quelles émotions souhaitez-vous faire passer?


Nous voulons que notre musique accompagne notre public dans les différentes émotions qu’il peut ressentir. C’est notre boulot de créer la meilleure musique possible sans la rendre ennuyeuse. Quels que soient les sentiments qu’ils éprouvent, ce sont les bons. Certains nous écrivent pour nous dire que notre musique les a fait pleurer. D’autres nous disent que notre musique les a aidé à traverser les moments les plus difficiles de leur vie. Çà c’est l’un des meilleurs compliments qu’on puisse recevoir. Si nous parvenons à toucher ne serait-ce qu’une personne avec notre musique alors nous faisons quelque chose de bien. C’est fou qu’on puisse créer quelque chose qu’on ne puisse pas toucher mais qui touche le cœur des gens. Pour moi c’est çà la définition de la magie.


5/ Vous revenez d’une tournée aux Etats-Unis, quels sont les 3 pays dans lesquels vous aimeriez vous produire en concert ?


On vient juste de terminer notre tournée. Elle a duré un mois. On l’a fait avec le guitariste légendaire, Tony Mc Alpine. Chaque soir c’était juste incroyable. On adorerait se produire en GB, au Japon  ou en Amérique du Sud. On reçoit beaucoup de demandes de ces pays là mais malheureusement on en revient toujours aux mêmes problèmes : logistique, réservation des salles et aspect financier. C’est vraiment pas donné de faire une tournée. Surtout si loin. Mais on le fera un jour.


6/ Qu’est ce qui te traverse l’esprit juste avant de monter sur scène ? As-tu l’habitude de suivre un rituel ?


Pas vraiment. Généralement j’aime me mélanger à la foule et rencontrer les gens. Çà m’occupe l’esprit. Si je reste assis en backstage et pense au concert je vais me rendre malade. Alors j’aime tout simplement marcher un peu et rencontrer de nouvelles personnes. Çà me relaxe et me permet de me concentrer.


7/ Avec quels groupes aimerais tu partager la scène ?


Metallica, Dream Theater, AC/DC et Joe Satriani. Ce serait dément d’assurer la première partie de ces groupes là. J’ai déjà joué aux côtés de Cliff Williams d’AC/DC.  J’ai travaillé sur des enregistrements avec le batteur de Dream Theater Mike Mangini et je suis ami avec Joe. Donc je n’en suis pas si loin. J’espère qu’un jour çà arrivera.


8/ Composes-tu sur la route ?


Pas vraiment. Parfois un riff ou une idée me viennent mais généralement je compose à la maison ou parfois pendant une répèt’ si on est occupés de faire un bœuf. Je ne force pas les choses. Rien de bon ne sort jamais dans ce cas là. 


9/Peux tu nous expliquer comment se déroule le processus d’écriture ?


Et bien pour moi çà démarre par un riff. Çà pourrait être n’importe quoi. J’ai l’habitude de jouer de la guitare  lorsque je suis assis dans le canapé sauf si je suis en train de répondre à des questions pour une interview (rire) et tôt ou tard un nouveau riff surviendra et sera ma source d’inspiration. Une fois que je tiens un riff je vais le jouer pendant plusieurs jours pour voir si çà vaut le coup de rédiger une chanson dessus. Si c’est le cas, je lance généralement un morceau de batterie sur mon pc et j’enregistre le riff puis le construit à partir de là. Si çà prend une bonne tournure et que je pense le montrer au groupe je le travaillerai ensuite de manière à ce que l’enregistrement final se rapproche le plus possible d’une démo. Sinon çà part direct à la poubelle. Normalement je ne rédige jamais plus de chansons que ce qu’on a prévu pour le CD. Je ne suis pas du genre à écrire 50 chansons pour un CD. James a largement contribué à ce nouvel album et j’ai hâte que les gens puissent l’écouter. C’est un incroyable musicien et un excellent parolier. 


10/ Quels artistes t’influencent le plus ?


Sans hésitation : Angus Young. Il est et sera toujours mon guitariste préféré. J’aime tout de son jeu. Techniquement il n’est pas parfait et c’est ce qui est génial avec lui. 85% de son jeu c’est de l’attitude. Ses solos racontent une histoire. Il n’en rajoute pas. J’échangerai 100 shredders contre un seul Angus. A la fin de la journée vous savez que c’est Angus qui joue dès la première seconde d’écoute. Je dirai aussi Joe Satriani. C’est le roi de la guitare instrumentale. Il est mélodique et il écrit des chansons. Et en plus de çà c’est une des meilleures personnes qui existent. Steve Vai fait incontestablement partie de mes influences. Il est tellement unique. Il n’existe aucun clone de Steve Vai parceque son jeu est en fait une extension de lui-même.


11/ Quel est le dernier album que tu as acheté? 


Hank Williams III Straight to Hell. Hank III c’est de la bombe. Si tu veux écouter de la vraie musique country et non pas cette pop cuntry (prononciation volontaire) qu’ils passent à la radio en ce moment, alors écoute Hank III. C’est le portrait craché de son grand-père Hank Williams et je le trouve même plus country que son père Hank Williams Jr. J’adore Hank Williams Jr aussi. L’anecdote cool sur HankIII c’est qu’il fait parti d’un groupe trash et d’un groupe punk en plus de son groupe country et quand il se produit en live, il joue pendant trois heures et ce sont ses trois groupes qui jouent les uns après les autres. 


12/Quels sont vos projets pour le futur ? Est-ce que vous travaillez sur un nouvel album ? Et si oui où et comment pourra-t-on se le procurer ?


Oui on travaille sur notre nouveau CD The Defiant Machine. Il sera disponible sur notre site www.LoNero.net tout comme sur iTunes et les autres sites webs habituels sur lesquels les gens achètent de la musique. Notre but c’est de faire des tournées et d’acquérir un nombre de fans à la hauteur de notre passion pour la musique. Si on n’est pas passionné on ne peut pas s’attendre à ce que les fans le soient. Il n’y a aucun titre bouche-trou sur nos CDs ; chaque chanson qui s’y trouve est là parce qu’elle nous plait. 


13/ J’ai fait un tour sur votre site internet et il est vraiment pro ! Super boulot et vos t-shirts sont juste : wow !!! Qui les a dessinés ? 


Merci ! C’est moi qui aie dessiné les artworks sur nos t-shirts, pochettes d’album etc. Je m’occupe de la totalité du design de notre site internet également. Pour moi il s’agit de la continuité de mon amour pour la musique. C’est un autre moyen de transmettre nos messages. On pourrait payer quelqu’un pour le faire à notre place, mais pourquoi? Je sais exactement quelle image on veut donner du groupe et fort heureusement je suis capable de faire le boulot moi-même. Alors mieux vaut que je le fasse comme je veux que çà soit fait, plutôt que d’essayer de l’expliquer à quelqu’un d’autre...


14/ As-tu une anecdote particulière ou marrante à nous raconter sur le groupe ?


Tout le monde s’entend super bien dans ce groupe. Nous rions et blaguons constamment ensemble. Nous sommes amis et nous nous respectons. Chacun de ces gars-là est un musicien hors pair et je ne pourrais pas être plus fier que de faire partie du même groupe qu’eux et surtout, de faire partie de leurs amis. Je ne sais pas si çà peut être considéré comme une info "inédite" mais c’est quelque chose que je suis vraiment heureux de dire à propos du groupe.


15/ Comment évaluez-vous le succès ?


Faire ce que l’on aime. C’est tout. Si tu arrives à faire ce que tu aimes alors tu auras une grande avance sur le reste du monde. Trop de gens abandonnent leurs rêves trop tôt pour une raison quelconque. Çà peut être à cause de la famille, être financier. Ça Peut-être pour des raisons de santé. Peut-être que c’est le manque d’envie. Quelle que soit la raison, aucune ne justifie d’abandonner son rêve. A la fin de la journée tout ce qu’il vous reste ce sont vos rêves. C’est à la fois métaphorique et littérale. Enfants on nous raconte qu’on peut devenir qui on veut. En grandissant on nous dit qu’il faut travailler, fonder une famille, s’installer puis mourir. Alors où est passée la promesse de poursuivre ses rêves? Il y aura toujours des gens pour vous dire que vos rêves sont irréalisables. J’appelle ces gens là des lâches. C’est le genre de personnes qui ne sont satisfaites qu’une fois tous vos espoirs anéantis. Ne les écoutez pas. Ils ne comptent pas. La seule chose qui compte c’est d’écouter son cœur. Tu peux poursuivre tes rêves et quand tu auras 80 ans, tu regarderas en arrière tu te diras "J’ai donné le meilleur de moi-même et je n’ai jamais renoncé". Si tu fais çà, tu as réussi. Ou tu peux regarder en arrière une fois 80 piges et penser "Et si j’avais au moins essayé? Où en serais-je maintenant? ". Ce n’est pas çà vivre. C’est exister. Les plantes existent. Les gens devraient vivre.


16/Que fais tu d’autre pour vivre ?


La musique c’est mon boulot à plein temps. Les heures sont longues mais chaque minute en vaut la peine.


17/ Il y a "No Regrets / No Excuses" gravé sur vos guitares. As-tu des regrets ? 


Absolument aucun. La manière dont je vois les choses est la suivante : si je regrette quelque chose alors je n’aurai jamais dû le faire dés le départ. Et si tu fais quelque chose que tu regrettes alors accepte-le et passe à autre chose. Ne perds pas ton temps à ruminer là-dessus, ce qui est fait est fait. Apprends de tes erreurs pour ne plus refaire les mêmes. La vie est trop courte pour te prendre la tête avec des regrets. La vie c’est accepter et grandir. C’est pour ça qu’il y a "No excuses" gravé sur ma guitare : pour me rappeler que les excuses ne sont rien d’autres que de mauvaises justifications. Tout le monde se trouve des excuses parce que personne ne veut admettre qu’il a tord ou qu’il ne peut rien y faire. Ils ne veulent pas perdre leur fierté mais en réalité c’est leur fierté qui les perd.


18/Quelle est ta plus grande faiblesse ?


Mmmmmmm là y a vraiment rien qui ne me vient à l’esprit..


19/Quel est l’info qui t’as touché le plus ces derniers temps ?


Je ne suis pas les infos. Aux Etats Unis les seules infos sont de mauvaises nouvelles. Les médias adorent tourner les infos les plus insignifiantes en désastre. Ils ne sont satisfaits que lorsque le monde est déprimé. Je n’ai pas besoin des infos. Si c’est une vraie info, j’en entendrai parler quoiqu’il arrive. Sinon çà prend généralement des proportions surdimensionnées pour faire paniquer les gens. Qu’est il advenu de la Malaysian Airlines qui a disparu ? Juste que les infos ont cessé d’en parler. Des centaines de personnes innocentes ont disparues et les médias sont juste passés à autre chose. CNN, FOX, MSNBC…C’est que de la merde. Comment ils peuvent dormir la nuit, ça me dépasse. Ils n’ont aucune âme. Pas d’intégrité.


20/Un petit mot à nos lecteurs ?


Merci pour avoir lu ceci, et merci de m’avoir écouté. Maintenant sortez et écoutez de la musique live. Découvrez de nouveaux groupes. Sans vous, les auditeurs, il n’y aura plus de nouveautés musicales. 


 


Crédit photos:


photos 1 et 5: Neil Zlozower 


photos 2,3 et 6: Paul Ferradas


photo 4: Michael Strider


 

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