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Critique d'album

6:33


Feary Tales For Strange Lullabies: The Dome


(01/10/2021 - - Funk prog metal - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- Wacky Worms / 2- Holy Golden Boner / 3- Prime Focus / 4- Party Inc. / 5- Hot Damn Chicas / 6- Rabbit in the Hat / 7- Release the He-Shes / 8- Downtown Flavour / 9- Flesh Cemetery / 10- Act Like an Animal / 11- Hangover
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Les puristes y verront une hérésie, les autres se délecteront d'un album déjanté, inimitable et terriblement addictif"
Franck, le 14/12/2021
( mots)

Pourquoi un groupe devrait-il forcément s’en tenir à un genre musical précis ? Au-delà de l’éternel débat sur les étiquettes, ne serait-il pas mieux de faire simplement ce dont on a envie, et tenter de retranscrire tout ce qui nous passe par la tête ? Beaucoup d’artistes ont pu expérimenter différents registres tout au long de leur carrière, mais plus rare sont ceux qui décident de tout aborder au sein du même album ! Vous aimez le rock ? Pourquoi n’aimeriez-vous pas l’électro aussi ? Est-il possible d’associer du R’n’B et rock progressif ? Ou encore de la musique classique et du black metal ? 6:33 répond à toutes ces questions à la fois avec un album aussi déconcertant que revigorant. 


La tâche pouvait sembler ardue, mais il ne faisait aucun doute qu’un groupe aussi singulier répondrait présent pour relever un tel défi. Formé en 2008 en Région Parisienne, 6:33 fait partie de ces formations au style inimitable qui ont décidé de s’affranchir de toute barrière stylistique. Dès son premier album (Orphans of Good Manners, 2011), le groupe francilien a pu susciter la curiosité et l’engouement grâce à une musique complexe associant puissance et mélodie, pour un rendu plus ou moins bordélique. Pour résumer, nous tenons là un groupe complètement barré au nom peu commun, que l’on prononcera "6 heures 33". En référence à quoi... je n’en sais rien. Pourquoi faudrait-il forcément une explication ? N’allez donc pas chercher midi à quatorze heures, et écoutez sur le champ cette galette intitulée Feary Tales for Strange Lullabies : The Dome. La pochette annonce clairement la couleur avec son esthétique cyberpunk : valises à la main, un homme s’engouffre de manière hésitante dans une ville où tout semble possible. La soirée s’annonce animée et nous sommes loin d’être au bout de nos surprises…


Six ans après son précédent album, le groupe revient en force avec quelques changements significatifs : nouveau bassiste, intégration d’un véritable batteur, jeu de chaises musicales derrières les claviers, et rééquilibre des forces entre les différents chanteurs. Pour ceux qui craignaient un assagissement de la bande avec les années, soyez rassurés, le groupe remet immédiatement les pendules à l’heure et confirme qu’il n’a rien perdu de son audace. Dès l’inaugural "Wacky Worms", les Français nous embarquent dans une atmosphère déjantée faite d’électro déluré et de rock/metal survitaminé. Dès lors, le groupe impressionne par sa force de frappe (c’est quand même mieux avec un vrai batteur), son groove et son inventivité à toute épreuve. Il est tout simplement impossible de prédire là où un morceau va nous mener, et le combo prend soin de ne jamais se répéter à travers des compositions à l’intensité variable, dépassant pour la plupart les cinq minutes. C’est ainsi que le deuxième titre "Holy Golden Boner" nous prend complètement à contre-pied grâce à des passages swing-jazz particulièrement entrainants (qui nous rappelleront vaguement un groupe comme Caravan Palace), entrecoupés par des riffs metal explosifs.


Volontaires ou non, les influences sont nombreuses : certaines plus marquées que d’autres, nous ferons instinctivement penser aux travaux de Mike Patton (de Faith No More jusqu’à Mr Bungle), mais aussi à l’énergie décomplexée d’un groupe comme Shaka Ponk ou encore à la folie créatrice de Devin Townsend. Le duo de voix masculin-féminin ainsi que la façon d’évoluer dans des registres aussi bien électro que rock pourront aussi nous orienter vers des formations comme Pure Reason Revolution. On trouvera également un petit côté Haken (période Affinity) lorsque le groupe opte pour un metal technique teinté de sonorités 80’s.  


A l’instar d’une formation comme Moron Police, la musique proposée par 6:33 a clairement de quoi décontenancer lors de la première écoute, et ceci au point d’en devenir rédhibitoire. L’amalgame de style parfois incompatibles peut en effet sembler indigeste pour certains mélomanes, et flirter dangereusement avec le mauvais goût (sensation que l’on éprouve lors de la découverte du titre "Party Inc."). Une chose est certaine, nous ne pouvons que vous conseiller de dépasser cette appréhension, car l’expérience qui en résulte est tout simplement géniale. Une fois entré dans cet univers farfelu à la bipolarité quasi schizophrénique, l’auditeur pourra profiter du spectacle avec le rythme effréné de "Rabbit in the Hat", le funk irrésistible de "Flesh Cemetery", ou encore le metal incisif de "Act Like an Animal". Dès lors, quoi de plus normal que d'être absorbé par la finesse d'une magnifique pièce orchestrale émergeant au milieu de toute cette débauche musicale : avec son introduction aux élans cinématographiques et sa pop théâtrale, "Prime Focus" est une très belle réussite qui fera immédiatement penser aux meilleures réalisations des Américains de The Dear Hunter


En constante évolution depuis ses débuts, 6:33 nous offre une petite pépite à consommer sans modération. Audacieux et inventif, Feary Tales for Strange Lullabies (The Dome) est clairement le sommet d’un groupe complètement inclassable qui s’amuse à mêler les styles pour revenir à ce que la musique a de plus ludique à proposer. En résulte un album déroutant, déconcertant aussi, mais ô combien addictif. Un album qui conviendra autant aux amateurs de musiques barrées (progressives ou non) qu’aux personnes en quête de nouveautés.

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