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Critique d'album

Grandval


Descendu Sur Terre


(24/04/2020 - Vallis Lupi - Rock progressif (France) - Genre : Rock)
Produit par Grandval

1- Exondation / 2- Un nouveau destin / 3- Puissances de l'infini / 4- Descendu sur Terre / 5- Fractal et systémique / 6- Le chemin à l'envers / 7- Il existe une étoile / 8- La meute est dans la place / 9- Brûler dans les flammes de l'enfer / 10- La vie, pourtant, la vie / 11- La maison de Men-Tää (bonus track)
Note de /5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Deuxième album de Grandval, pour un rock progressif entre tradition et modernité"
François, le 23/11/2020
( mots)

Aérien puis chtonien, Grandval quitte les cieux de son premier volet pour descendre sur terre, ne délaissant pas pour autant les magnifiques paysages montagnards qui agrémentent ses pochettes sublimes, de véritables mises en perspectives visuelles d’une musique élaborée, toute en finesse, bref, de ce qu’il convient d’appeler du rock progressif. Nouveau fleuron national du genre, Grandval – alias Henri Vaugrand, à moins que ce ne soit le nom du groupe, ou les deux, cf Alice Cooper dans un autre registre – avait été remarqué par le public et la critique, à juste titre, pour son premier opus A Ciel Ouvert … (2016). Celui-ci était déjà paré d’une très belle illustration, photographie d’un site renommé d’Auvergne, terre d’accueil du rock progressif français contemporain (JPL, Monnaie de Singe …). Dans le rock progressif, la dimension visuelle est une donnée essentielle depuis les origines, et il est agréable que cette tradition se perpétue en s’adaptant aux possibilités techniques actuelles. 


Cette remarque pourrait également concerner la musique de Grandval. Fin connaisseur des musiques progressives – Henri Vaugrand est chroniqueur dans le magazine spécialisé BigBang – il emprunte, cite, s’amuse avec le répertoire du genre, de Yes aux Pink Floyd en passant par les Français d’Atoll qu’il reprend en fin d’album ("La Maison de Men-Tää", issu de Rock Puzzle, un choix malicieux puisqu’il est extrait de l’opus le moins prisé de cette formation culte) et par John Wetton auquel il dédie un titre ("Il existe une étoile"). Mais il se l’approprie, modernise le propos, bref, propose une œuvre originale. 


Le travail de Grandval constitue pour l’instant une trilogie, dont Descendu sur Terre est le deuxième volet. Sans parler d’album-concept, la dimension narrative et la construction de l’album semblent avoir leur importance. Ainsi, l’opus s’ouvre sur l’instrumental atmosphérique et floydien "Exondation", qui laisse petit-à-petit s’exprimer une guitare virtuose, et propose une mise en situation pour pénétrer dans un album tout de même conséquent (plus d’une heure de musique). En somme, ce titre est une introduction pour une épopée musicale. 


On se laisse facilement emporter par l’aventure progressive de Grandval qui louvoie entre des passages planants enrichis par de belles nappes de claviers ou des sons tirés du panel sidéral et des moments plus électriques et épiques. Cosmique puisque si les Pink Floyd viennent souvent à l’esprit, on peut aussi évoquer Eloy à l’écoute d’ "Un nouveau destin",  tant par le chant d’Henri Vaugrand que par les phases instrumentales de la seconde partie - il est vrai qu’on les surnommait le Pink Floyd allemand … De même, sur le quasi-instrumental "Fractal et systémique", les ruptures rythmiques et les sons spatiaux renvoient à cet univers musical, tout en se permettant des couleurs funk ou une introduction tribale. 


Autre référence substantielle, Yes, en partie dans les sons de claviers (comme sur le deuxième couplet de "La Vie pourtant la vie"), et surtout dans le jeu de basse qui est tantôt rond, tantôt à l’attaque plus agressive. 


Au regard du registre dans lequel il s’inscrit, il n’est pas étonnant qu’on se confronte à certaines pièces d’une belle longueur. Elles sont souvent fondées sur un contraste entre des parties assez douces et des montées en puissance parfois plus électriques (typiquement, sur "Il existe une étoile"). Musicalement, le résultat est bluffant, mais l’équipe est d’un haut-niveau avec des grands noms de la scène francophone : au-delà des musiciens du groupe, mettons en avant Kevin Serra mais surtout, Jean-Baptiste Itier et Jean-Pierre Louveton (aka JPL) venus de Nemo. Ceux qui connaissent savent qu’il s’agit de la fine fleur des ménestrels du prog’ français. 


Mais loin de s’enfermer dans un certain hermétisme, Grandval ponctue son album de moments plus accessibles – sans connotation -  comme "Descendu sur Terre", le très rock "Puissances de l’infini", caractéristiques du premier opus. Il va même jusqu’à proposer un hard-rock typé 1970’s – cherchez Deep Purple, avec un côté très blues-rock – sur "Brûler dans les flammes de l’enfer". 


Rock progressif français oblige, les paroles sont écrites dans la langue de Molière, et on remarque un certain talent à ce niveau. Gorgées de références littéraires (Du Bellay sur "Descendu sur Terre", Rimbaud et son "bateau ivre" …), elles sont également poétiques à la façon de Lautréamont … Ne tournons pas autour du pot, et disons à la façon d’Hubert-Félix Thiéfaine. Elles sont servies par le chant d’Henri Vaugrand qui a pu être blâmé, à tort selon nous (on se rappellera les mêmes remarques à propos de Nemo). Perfectible ? Sûrement, mais sa voix tamisée, qui tranche avec la théâtralité du rock progressif hexagonal des origines, incarne bien ses chansons et évoque le style de nos chansonniers (au hasard, Bashung sur "Le chemin à l’envers" dont la musique renvoie d’ailleurs à ses derniers albums). 


Ce dernier morceau permet d’évoquer le beau travail sur les mélodies (ici à la guitare) particulièrement bien amenées sur ce qui est l’un des plus beaux moments de l’album … Citons aussi "La Vie, pourtant, la Vie" qui est la plus réussie des longues pièces par sa construction très fluide et maîtrisée, et des passages instrumentaux d’une grande finesse, quel que soit le guitariste qui les exécute puisqu’ils sont deux à intervenir. Enfin, pour rendre hommage à l’ensemble de l’orchestre, soulignons la rigueur et l’audace de la  section rythmique, ainsi que la production impeccable. 


Album varié, plus mature et réussi que son prédécesseur, salué par Christian Décamps en personne (!) et par une partie de la presse anglo-saxonne (!!), Descendu sur Terre se révèle prometteur pour l’avenir de la scène française, pour celui de Grandval également. Une belle découverte qui montera sur scène, espérons-le, une fois l’épidémie passée, si cette dernière n’a pas fait trop de dégâts dans un milieu peu soutenu si ce n’est méprisé par les pouvoirs publics – cette remarque dépasse largement le cas du groupe évoqué dans ces lignes. 


 

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VOLA


Witness


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Il leur aura fallu le temps, mais on peut désormais l’affirmer sans fard : sur son troisième album, Vola a trouvé tout à la fois son style et sa force de composition. Si les danois avaient su jusqu’ici faire preuve d’éclectisme et d’ouverture d’esprit dans leur metal progressif à accointances électro-djent, on ne les avait encore jamais vus aussi robustes que sur ce Witness qui jette un très gros pavé dans la mare du milieu, au point désormais d’éclabousser à grosses gouttes les cadors du genre, TesseracT en tête. Carrément.

"
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