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Critique d'album

Perry Leopold


Experiment in Metaphysics


(00/08/1970 - Perry Leopold - Folk / psyché / prog - Genre : Chanson / Folk)
Produit par Perry Leopold

1- The Absurd Paranoid / 2- Cold In Philadelphia / 3- And Then, the Snow Came / 4- The 35th Of May / 5- Experiment In Metaphysics / 6- When You're Gone (Everything Goes) / 7- The U.S.S. Commercial
Note de /5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Perry Leopold s'invente comme porte-étendard de l'acid-folk philadelphienne "
François, le 20/11/2020
( mots)

Perry Leopold n’aura pas eu la chance de connaître la gloire et de figurer parmi les grandes figures des chanteurs folks étatsuniens à prix Nobel ... Pourtant, il est un personnage attachant qui proposa une musique d’une belle qualité, également originale – notamment pour ce qui est de ce second album. En effet, Experiment in Metaphysics, son premier opus, se cantonne au format guitare/voix dans la pureté folk la plus intransigeante. Une sobriété qui n’a d’égale que sa pochette, limitée à une enveloppe kraft … Vous allez comprendre. 


La plus belle partie de l’histoire demeure la distribution de l’album. Inspiré par les élucubrations philosophiques de la beat-generation, le jeune barde se place au tournant d’une rue de Philadelphie, la "ville de l’amour fraternel" dont il est originaire, et distribue ses trois-cent copies aux chalands, dans une performance digne des idéaux de l’époque. En effet, Leopold s’inscrit dans la contre-culture américaine qui remet en cause les valeurs consuméristes … Sauf quand il s’agit du corollaire de cette contre-culture, entendez la consommation de drogue à même d’amener ce qu’on appelle "l’acid-folk" (c’est-à-dire une musique écrite sous acide). 


Cet état d’esprit se retrouve sur la division en deux faces, la première plus "commerciale" (c’est-à-dire des chansons folk qui d’un point de vie musical sont très classiques), la seconde plus acide, psychédélique, expérimentale ... Elles sont ainsi intitulées "Kommercial" et "Acid-Folk", ça ne s’invente pas. Il faut être honnête, la nuance n’est pas flagrante. Peut-être faut-il comprendre cette division comme un passage de la réalité consumériste à la révélation (sous acide), de l'évasion qui commence par le confrontation à cette réalité (une vie de marginal) dont la sortie passe par l'expérience psychédélique ... 


Au-delà de sa tendance à philosopher, Perry Leopold exprime sa vie de "tramp" et de vagabond ("Cold in Philadelphia", "And Then the Snow Came") au fil des petites pièces acoustiques qui parsèment l’album portées par une très belle voix. Celle-ci est particulièrement maîtrisée sur le long titre introductif, "The Absurd Paranoid", quand il chante mais également quand il scande son message syncrétique (un tropisme religieux qui se déploiera dans son second opus). Un morceau plutôt envoutant, le plus réussi du répertoire. 


En ce sens et musicalement parlant, rien ne distingue réellement cette première partie de la seconde quoique celle-ci semble un peu plus aboutie et moins mélancolique. Elle commence sur l’instrumental qui donne son nom à l’album, une belle pièce de guitare électro-acoustique entre arpèges et accords plaqués, essayant de varier les ambiances et la puissance. Des contrastes qu’on retrouve sur "When You’re Gone" et "The USS Commercial" qui possèdent une couleur plus californienne, d’où les substances lui servant de muses venaient peut-être … 


Amateurs de musique folk américaine des années 1970, vous trouverez dans ce premier album une curiosité méconnue tout à fait recommandable. Une mise en bouche avant son chef-d’œuvre, Christian Lucifer, d’autant plus enfoui dans les limbes du rock qu’il dût attendre vingt-cinq ans après son enregistrement pour être publié …


 

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