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Critique d'album

Jacuzzi Boys


No Seasons


(03/11/2009 - Floridas Dying - Indie rock - Genre : Rock)
Produit par Ed Rawls / Justin McNeight

1- Blow out Your Lights / 2- Smells Dead / 3- Fruits / 4- Island Ave / 5- No Seasons / 6- Komi Caricoles / 7- Throwing Stones / 8- Planet of the Dreamers / 9- Dock / 10- I Saw It All / 11- Burn It Down / 12- The Park (Dig It)
Note de 2.5/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Quand Miami met son grain de sel dans la scène indé américaine, ça fait des étincelles."
Hugo, le 04/06/2020
( mots)

Il règne comme une atmosphère toute effervescente. Le temps d'un album décapant - trente minutes montre en main et cheveux au vent -, les longues avenues de Miami auront défilé à une vitesse toute abrasive : exit chemins tortueux et sentiers escarpés, mettre la gomme est le seul plan de route.
A défaut de peigner la girafe, le power trio des Jaccuzi Boys fait bombance avec, au menu, guitares frénétiques et martèlements de batterie. Dans le rétro se profilent déjà les sourires en coin goguenards des Ramones et consorts, fiers de leurs bruyantes progénitures. L'ensoleillement donne en revanche le change à la grisâtre new-yorkaise.


No Seasons résonne ainsi comme une belle ode au garage rock des littoraux. Premier opus des Jacuzzi Boys réalisé en 2009, il propulse le trio en brillant chef de file de la relève supersonique. Il s'attire même l'adoubement du mythique Iggy Pop. La preuve ? L'Iguane aurait montré le signe le plus tangible de son approbation musicale : c'est dans son costume préféré - torse nu - et en se contorsionnant - comme à son habitude - qu'il aurait accueilli les furieuses vagues musicales des Jacuzzi Boys lors d'un concert. Plusieurs premières parties de la rock star confiées au trio de Miami plus tard, la réputation des Jacuzzi Boys a explosé. Un rêve de gosse pour la bande, qui aimait à ses débuts reprendre les titres des incorrigibles... Stooges. En parallèle, c'est en 2013 que Gabriel Alcala, frontman du trio, répond ceci au The Daily Texan , alors qu'on lui demande 3 mots pour décrire un show de son groupe : « Wild, smoke and sex ». Triptyque lapidaire d'obédience divine – le Père, le Fils et le Saint-Esprit –, qui donne la tonalité et le dernier coup de pinceau au portrait de famille.


Faut-il se rendre immédiatement à l'évidence que No Seasons ne fait pas dans la dentelle. Vertical, tendu, catégorique. Les adjectifs ne manquent pas pour décrire le déchaînement sonique mise en branle par les Jacuzzi Boys. Le réveil de la Floride voudrait sans doute être orchestré par le trio, où la scène rock'n'roll de Miami demeure perpétuellement à l'ombre de ses voisines, Californie en tête. Un comble pour cet océan de chaleur écrasante, où crocodiles et retraités côtoient cuisine hispanique et bikinis. Est-ce un hasard que le label au nom significatif Floridas Dying ait été choisi pour ce No Seasons ?


Le nom que s'est attribué le trio provient d'ailleurs plus d'une blague que d'une recherche esthétique proprement dite, de l'aveu des protagonistes. Diligents dans leur impétuosité, ils crachent des enceintes une philosophie bien trempée et partisane d'une simplicité à toute épreuve. No Seasons est un album net et sans bavures, expéditif et débridé. Et, en bout de course, jouissif.


Jacuzzi Boys fait la part belle à une ardeur naturelle et totalisante. Pour en avoir les tympans nets, la plus évidente illustration de cette humilité désinvolte reste, de tout temps, la batterie. Jamais rassasiée, les explosions endiablées de Danny Gonzales s'attachent à décupler la puissance du trio. Les fûts collent de la meilleure des manières au style invoqué : épais et sans fioritures, ils s'adaptent, frappent ou s'entêtent avec une constante volonté de donner toujours plus de volume à l'ensemble. En même temps l'occasion de rendre de flagrants hommages. Il suffira d'écouter les patterns rythmiques de ''Planet of the Dreamers'' pour se remémorer immédiatement les meilleures heures du punk des années 1970, notamment ; ceux de ''Fruits'', et sa belle cloche au son si prononcé, pour se replonger une nouvelle fois dans la houle d'un surf-rock rieur, entre autres.


Car le trio slaloment allègrement entre les styles, sans jamais se prendre au sérieux. Lo-fi, garage rock, surf rock... Loin de vouloir changer les codes, ils s'en amusent. Quand ''Blow out Your Lights'' se situe aux confluences du garage et du punk, ''Komi Caracoles'' se voudrait plutôt une balade d'un folk psychédélique et incantatoire. ''Island Avenue'', ''Throwing Stones'' ou ''Burn It Down'' confirment d'autre part un goût irrépressible pour un jeu sans ambages. Les riffs de guitares emmènent tambour battant un rythme fiévreux. Le déferlement des 6-cordes, jamais invasives malgré leur prédominance logique, enjoignent au tohu-bohu et témoignent de sonorités néanmoins claires et éclatantes. L'influence ensoleillée floridienne débarque ainsi à fond de train. Dans le même registre, la voix détonante de Gabriel Alcala montre une belle aisance. Son chant translucide sous-tend une juste précision, introduisant gouaille et exaltation dans des compositions décomplexées.


Les hommes au jacuzzi fonctionnent à l'instinct. Car si les paroles du morceau ''No Seasons'',  ''Well I ain't got no seasons at all'' (''Eh bien, je n'ai pas de saisons du tout''), paraissent faire la nique à leur État d'origine et son climat aride, elles pourraient tout autant refléter l'esprit truculent qui anime le groupe. Ils perçoivent odeur funèbre (''Smells Dead'') ou couleurs chatoyantes (''Fruits''), avant de se livrer à une petite incursion marine sur ''Dock'' où, derrière son refrain irrésistible, se cache un sous-entendu sexuel à peine voilé. Le ton léger, les Jacuzzi Boys préfère écarter les considérations musicales pompeuses et prolixes pour mieux se fendre la poire.


Bien que son entrée dans l'empyrée du genre ne soit certainement jamais actée, No Seasons est un joyeux triomphe. Parce qu'il offre un poilant moment d'écoute, un exutoire garage-rock de bon aloi et une dose louable d'authenticité chaleureuse et carabinée.  N'est-ce pas le but ultime de ce registre musical ? Jacuzzi Boys remplit pleinement sa mission, et c'est très bien comme ça.

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Critique d'album

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