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Critique d'album

Liquid Bear


Heavy Ground


(05/03/2021 - - Heavy Psych Stoner - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- Goblin Crusher / 2- The Frog / 3- Waiting to Burst / 4- Billions of Crabs / 5- Heavy Ground
Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Un dosage parfait entre accessibilité et charges débridées pour une formation Heavy Psych / Stoner de haute volée"
Olivier S, le 08/02/2022
( mots)

Découvrir un nouvel EP de Liquid Bear en compétition pour la Sélection Albumrock n'a pas été sans surprendre l'auteur de ces lignes, tant ce talentueux groupe de rock psyché aux accents stoner progressif, représentait à ses yeux, une formation confirmée de tout premier plan pour le genre. Heavy Ground n'étant que le second EP de la formation, votre serviteur sentait dans son for intérieur qu'il y avait peut-être là, anguille sous roche. L'enquête allait mettre à jour une entreprise de bien plus grande ampleur et un cas d'école maintes fois usité dans le monde du rock. Et c'est là que ça devient très intéressant.

Car en lieu et place d'une formation fondée en 2018, date du premier EP de la formation, il s'avère que Liquid Bear dans sa version 1.0 se nommait  Abaendon et dont la première échographie remonte à 2010.
Liquid Bear peut en effet s'appréhender comme une nouvelle formation, au regard de la cassure très nette entre le dernier Ep d'Abaendon et le premier de Liquid Bear ou comme une version 2.0, en prenant en compte le changement minime de line up. En effet, il n'introduit dans ses rangs qu'un nouveau guitariste en la personne d'Ilya Franciosi (le précédent bassiste d'Abaendon ayant quitté le navire quelque temps plus tôt) et poussant par la même, l'ancien guitariste (et chanteur principal actuel)  Kostia Yordanoff à intégrer la section rythmique de la formation à la basse.

C'est à ce moment précis que tout bon enquêteur se demanderait ce qui a changé au point de renommer le groupe en 2018, alors qu'Abaendon dans son histoire, a pourtant vu plusieurs changements de Line up et notamment vocaux (lead vocal partagé sur le premier et troisième EP et chant principal féminin sur le second) ?
Tout peut se résumer par l'adage suivant : ne pas courir plusieurs lièvres à la fois.
Il est en effet assez difficile de définir la musique d'Abaendon tant elle convoque des références éparses, tels que l'onirisme débridé d'un King Crimson des débuts ou le psychédélisme ouaté typiquement floydien milieu de carrière, obligés tous deux de cohabiter dans un 20 mètres carrés avec un rock bruyant, groovy, parfois funky ; manœuvré à bord d'un célèbre dirigeable, lorgnant du côté jazzy de la force façon "Purple" side, voire même lourd et abrasif à la mode des reines de l'âge de pierre.
Si toutes les déclinaisons proposées fonctionnent à la perfection, incarnées tour à tour par un chant qui en magnifie chaque note ; elles se retrouvent malgré elles court-circuitées par leurs voisines et brouillent les repères d'un auditeur quelque peu décontenancé par autant de changements stylistiques.  

Tout va changer en 2018, lorsque Ilya Franciosi intègre la formation et apporte par son approche de la guitare plus débridée, un virage plus heavy, poursuivant de fait la mue teintée Doom, initiée avec Mind on Fire, le dernier EP d'Abaendon.  

Liquid Bear peut se prévaloir d'accueillir en son sein un noyau dur de musiciens se connaissant parfaitement sur le plan musical et dont les membres ont fait montre par le passé de solides compétences. L'expérience de Kostia Yordanoff à la guitare (ne cachant pas son penchant plus prononcé pour la rythmique que pour les envolés solistes), offre aux compositions du quatuor un groove entêtant et très lisible ("Waiting to Burst" et sa rythmique syncopée pachydermique), qui sont autant de pistes atterrissage sécurisées, lorsque la guitare d'Ilya daigne se poser pendant un morceau. Adrien Rouyer, l'homme derrière les fûts, parachève le dispositif bien huilé en permettant à la formation, par son jeu tout en souplesse, de jongler avec aisance entre les innombrables changements de tempo et signatures rythmiques.   

Mais la force de Liquid Bear, tient pour beaucoup au charisme de son chanteur principal. Si le guitariste devenu bassiste avait déjà montré un certain potentiel vocal sur Abaendon, il passe ici du statut d'ajout à celui d'atout, avec une certaine maestria. D'une tessiture vocale pouvant planer en rase-motte à la Dave Gahan (l'ouverture de "Goblin Crusher") ou dans les hautes sphères (le refrain d'"Heavy Ground"), il se révèle d'une incroyable tenue dans un registre plus rugueux, répondant, de faite, parfaitement aux couches de fuzz et de distorsions des compositions. L'air de rien, Liquid Bear se paye le luxe de doter ses riffs sabbathiens d'un vocal au charisme bien plus proche des standards du rock alternatif que de la branche stoner doom. Une tendance renforcée encore un peu plus sur Heavy Ground, dont le mixage lui rend davantage justice que sur le premier EP et devient une véritable vitrine pour la formation (impériale sur "Billions of Crabs").

Si l'adjectif progressif est souvent prononcé pour décrire la musique de la formation, il conviendra de notifier que le groupe dans sa nouvelle mouture a pris soin de condenser son propos, se contraignant à mener ses conclusions narratives en moins de 7 minutes. Une réelle volonté qui participe à l'impression d'une plus grande richesse (densité ?) que par le passé. Mais cette impression d'ornementations baroques, nous la devons avant tout à la grande variété d'arrangements, dont la lisibilité tient d'une excellente gestion de l'espace sonore.
Une production qui magnifie des compositions aux changements de signatures rythmiques très fréquents, habillées de nappes de claviers omniprésentes, n'ayant jamais à s'effacer derrière la saturation des guitares.
Si à l'instar de ses comparses, l'orgue de Gaspard Kremer sert avant tout l'ambiance, il lui arrive de passer au premier plan et devenir essentiel (sur le refrain de "The Frog") et même de se tailler quelques beaux moments de bravoure (l’emballement de mi-parcours sur "Heavy Ground").

Mais comment venter les qualités intrinsèques de cette nouvelle mouture, sans évoquer l'autre force et valeur ajoutée de Liquid Bear : son fantastique guitariste.
Capable d'apporter une couleur différente à chaque situation, Ilya Franciosi est une recrue d'une polyvalence bluffante. Loin d'avoir été choisi pour faire office de second couteau, il se montre aussi essentiel pour déverser des torrents de fuzz poisseux (le riff rythmique sursaturé sur "The Frog") que pour appuyer, quelques mesures plus tard, les élans psychédéliques de Gaspard et d'en faire des moments d'euphories mémorables (le solo dantesque toujours sur "The Frog").
Il marquera toutefois définitivement les esprits par son approche aussi viscérale qu'émotionnelle des soli, portant des titres comme "Billions of Crabes" et "Heavy Ground" au sommet des plus belles montés crescendo et dont les envolées lyrics, évoquent avec nostalgie certains moments suspendus, lorsqu'un certain David Gilmour, ralentissait le rythme cardiaque de l'auditoire en prolongeant ses quelques notes, aussi aériennes que lourdes de sens.

Liquid Bear, projet plus pragmatique que sa précédente mouture, à su capter l'air du temps (Heavy Ground étant hanté par l'angoisse du  confinement) en rationalisant et en musclant la forme. Proposer une itération homogène de bout en bout, quitte à abandonner des chemins prometteurs, s'avère payant au regard de la qualité et de la cohérence de ces deux premiers EP. Le quatuor, grâce à un nouvel éventail de styles musicaux plus aisément combinables, semble armé pour se faire une place de choix dans les vastes terres délimitant la frontière ténue entre Rock et Métal. C'est en tout cas tout le mal qu'on leur souhaite.

Abaendon est mort, vive Liquid Bear !

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