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Critique d'album

Marilyn Manson


We Are Chaos


(11/09/2020 - Loma Vista Recordings - Metal industriel - Genre : Hard / Métal)
Produit par Shooter Jennings

1- Red Black And Blue / 2- We Are Chaos / 3- Don't Chase The Dead / 4- Paint You With My Love / 5- Half-Way & One Step Forward / 6- Infinite Darkness / 7- Perfume / 8- Keep My Head Together / 9- Solve Coagula / 10- Broken Needle
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Manson surprend encore et le résultat est une nouvelle fois savoureux "
Julien, le 18/09/2020
( mots)

Qu'elle semble loin l’époque où Marilyn Manson portait à lui seul les maux et les dérives de l’Amérique. Un personnage à l’image dérangeante que les médias n’ont pas hésité à jeter en pâture quand il a fallu « expliquer » pourquoi des adolescents avaient fusillé, de sang-froid, les élèves et professeurs de leurs collèges. Manson répondait à ces accusations de façon toute aussi constructive qu’intelligente dans le documentaire de Michael Moore Bowling For Columbine sorti en 2002. 


Nous sommes en 2020 et celui qu’on appelait « God Of Fuck » n’est plus. Ce personnage et la musique qu’il arborait ont été tués après le best-of Lest We Forget. On ne ressassera pas ici l’évolution musicale et médiatique de Manson : les chroniques d’Albumrock de ses précédents albums vous la raconte très bien. Toutefois, concernant ce qui touche à la médiatisation du chanteur américain, si la légende Marilyn Manson était restée ce qu’elle était, on peut se demander si la publication de son dernier opus, un 11 septembre, aurait connu l'indifférence constatée aujourd’hui.
Car le personnage crée par Brian Warner est devenu un fantôme voguant dans l’univers du rock. Son manteau d’invisibilité sur les épaules, il s’adonnait à un travail de laboratoire pour expérimentation des genres, en 2012, avec le très bon The High End of Low. Il restait inaperçu lorsqu’il publiait, en 2015, le sublime The Pale Emperor à l’héritage blues. Mais ce don, qui permet d’aller et venir dans les territoires sonores au gré de ses envies se paie au prix de l’oubli. Regrettable parce qu’en écoutant ce We Are Chaos, et au vu de son indéniable qualité, il serait malheureux de ne pas à nouveau croiser le regard de Marilyn Manson


Cet album est placé sous les lumières de l’accalmie aux nuances mélancoliques. Parler d’un opus calme ou apaisé serait une erreur (on y reviendra plus tard), on peut en revanche y voir un disque plus personnel, voir, pour certains titres, introspectif. Une intuition perçue au travers de la plume de son auteur dans le titre “Solve Coagula”, où l’on entend sur le pré-refrain un troublant “I'm not special, I'm just broken and I don't wanna be fixed” (“Je ne suis pas quelqu’un de spécial, je suis simplement une personne brisée qui ne veut pas être réparé”). Les inspirations et ambiances musicales puisent allègrement dans la sensibilité, et Manson sait se mettre au niveau en faisant parler son éventail vocal pour conférer à l’ensemble une forme de sincérité des plus prenante. Une combinaison qui fonctionne à la perfection sur le morceau de clôture “Brocken Needle”, avec un premier couplet quasi-intégralement acoustique ; ou encore sur la balade au piano “Half Way & One Step Forward”. Cette dernière, qui aurait pu tomber dans la monotonie, se trouve revigorée par une production qui allie justement efficacité et discrétion : d’intelligents arrangements relancent ici la dynamique du morceau et lui apportent un surplus mélodique sans jamais pervertir la couleur dépeinte tout au long de ses trois minutes.
C’est bien le travail du producteur Shooter Jennings (qui s’est occupé d’enregistrer lui-même la guitare et le piano sur les titres de la galette) qui magnifie We Are Chaos. Il pousse Manson dans des sentiers que le chanteur avait commencé à explorer trois ans plus tôt sur Heaven Upside Down avec le titre “Kill4Me”. Sur le titre éponyme du disque qui nous intéresse aujourd’hui, on retrouve des aspirations électro, jamais vulgaires, qui n’ont pour unique objectif que de faire briller ce nouvel accoutrement qui sied parfaitement à l’artiste américain. Un registre et une évolution travaillés, réfléchis et inspirés.  Alors oui, les mauvaises langues verront au travers de ce titre une évidente volonté du Révérend de charmer la déesse FM. Est-ce blâmable ? Est-ce un mal ? Clairement non. La démarche reste toujours honnête et ne dénature jamais l’essence de ce qu’est Marilyn Manson. Une nature première qui n’est pas éludée, au contraire.
Après avoir distillé un angoissant monologue qui verrait la terre recouverte de miel pour que les hommes se dévorent entre eux (“cover the Earth in honey so everyone will eat themselves”), entendu sur le titre d’ouverture “Red Black and Blue”, on retrouve les sons si caractéristiques du Révérend époque Antichrist Superstar : rentrée d’une batterie pachydermique, riff de guitare dont la lourdeur n’a d’égale que son obscurité avant que le tout ne se retrouve dissimulé derrière un chant qui renvoie à cette si savoureuse et terrifiante violence. Une performance vocale si caractéristique de Manson qui s'exprime également dans le titre “Infinite Darkness”.
Dès lors, il n’y aura rien d’étonnant à ce que le point culminant de ce disque soit un titre mariant la sensibilité mélancolique et les inspirations plus anciennes. Ce mariage prend place dans le titre “Paint You With My Love” après un départ piano voix d’une enchanteresse harmonie, un léger interlude interrompt la tranquillité ambiante, avant qu’un hurlement venu des profondeurs des abysses ne déchire le voile de lumière pour plonger la fin du morceau dans une nuit de torture. Marilyn redevient alors Manson et exergue toute sa douleur pour irrémédiablement kidnapper l’auditeur dans sa souffrance et la lui faire partager. Une ode synthétique de la palette aux couleurs sombres de cet opus qui forme sans doute un des tous meilleurs titres de la discographie du Révérend.   


Marilyn Manson dévoile une nouvelle palette sonore dans un album qui forme un ensemble des plus cohérent . Un album décrit par son auteur comme une masterpiece et le résultat lui donne totalement raison. La production impeccable de ce We Are Chaos met en valeur les aspirations mélancoliques du chanteur et lui laisse la place suffisante pour faire une nouvelle fois étalage de son impressionnant éventail vocal. Un disque qui prouve qu’évoluer n’est pas forcément synonyme de dénaturer. Après l’excellent The Pale Emperor en 2015, on va commencer à s’habituer aux sorties qualitatives d’un artiste qui avait été trop prématurément éludé. La dernière production a tout pour redonner à Warner les habits de lumière qui furent les siens il y a une quinzaine d’années . Pour autant ses meilleures productions, Manson les a sorties tapi dans l’ombre. Et cette dernière semble lui réussir vraiment bien.     


 

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