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Critique d'album

McLuhan


Anomaly


(00/00/1971 - - Rock progressif / jazz fusion - Genre : Rock)
Produit par

1- The Monster Bride / 2- Spiders (In Neals Basement) / 3- Witches Theme and Dance / 4- A Brief Message From Your Local Media
Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Une œuvre surprenante et unique, aux influences multiples qui naviguent entre rock progressif et jazz-fusion"
François, le 04/01/2021
( mots)

Il y a un doute sur la date de sortie de cet album. Sur la version cd que je possède, la seule date indiquée est 1970, mais il semble que ce soit la date d’enregistrement. On trouve sur plusieurs sites 1972, mais l’écart entre l’enregistrement et la sortie paraît alors vertigineux. Sur le site d’un des membres du groupe, c’est 1971 qui est indiqué, ce qui semble le plus probable. 


Les Etats-Unis n’ont été qu’au second plan de la vague progressive des années 1970. Ce n’est pas faute d’avoir un public important pour cette scène qui fut très populaire outre-Atlantique. Mais un nombre limité de formations émergèrent dans la décennie, se réduisant à une peau de chagrin quand il s’agit de mettre en avant celles qui ont connu le succès (Kansas …). Par contre, une scène annexe, le jazz-fusion (qui mêle jazz et rock), a été beaucoup plus productive : là encore, certains groupes sont vraiment proches de l’univers progressif par leur coloration rock importante, d’autres beaucoup plus fidèles au jazz, Return to Forever ou The Flock étant deux exemples fameux. McLuhan fait partie de ces groupes qui naviguent entre deux eaux, et son seul album, Anomaly, est un OVNI dans l’univers musical du rock. 


La formation de Chicago est pléthorique (sept membres), et en effet, l’instrumentation est d’une richesse incroyable. Au-delà des instruments typiques du rock, on trouve une section à vent faramineuse (flûte, saxophone, clarinette, trompette …) qui permet au groupe d’avoir un propos dense et surtout, de marier des influences multiples. Avec seulement quatre titres dont trois qui atteignent (ou frôlent) les dix minutes, le registre est celui d’une musique exigeante mais difficilement catégorisable. 


Origine géographique oblige, le jazz est très présent dans l’écriture de McLuhan, mais toujours avec une perspective rock et une volonté d’être atypique – finalement, seul "Spiders in Neils Basement" est presqu’intégralement dans le registre fusion avec des touches de soul ou jazz-latino. 


Ainsi, "The Monster Bride" introduit des séquences jazz nombreuses, notamment dans des passages solistes expérimentaux qui confinent au free-jazz (le chorus de saxophone), mais souhaite donner un aspect cinématographique au titre. Il commence ainsi sur une ambiance de film hitchcockienne puis visite des sentiers plus originaux quoique tout aussi cinématographiques – de la course-poursuite des Looney-Tunes au générique de la 20th Century Studios. Seulement, il possède également des moments plus progressifs dans un second temps, lors d’une phase plus calme qui évoque, par l’usage de la flute, King Crimson


C’est, semble-t-il, la grande référence progressive du groupe. La première partie de "A Brief Message from your Local Media" est ainsi complétement moulée dans la musique de la bande de Fripp ("In the Court of the Crimson King"), quand sa seconde phase retrouve à nouveau les références filmiques et un jazz-fusion enlevé. "Witches Theme and Dance" est sûrement le titre qui s’approche le plus du rock progressif par un chant et une guitare plus présents, des claviers inventifs et prégnants, ou encore le basson qui lui donne un côté folk. Malgré tout, les nombreux passages type brassband rappellent le tropisme jazz. On notera, ici encore, une seconde partie instrumentale très intéressante avec des chorus assez expérimentaux. 


L’intérêt de l’album de McLuhan repose sur la diversité des univers musicaux convoqués pour formuler un propos très riche et original. Du point de vue du rock progressif, il dépasse de loin la plupart des groupes de jazz-fusion qui ne font que des excursions limitées à ce genre voisin, en s’engageant à fond dans ce sentier. Encore une fois, c’est une chose très rare aux Etats-Unis dans ce début des 1970’s. Pour autant, il ne perd jamais ses soubassements jazz qu’il teinte d’une couleur orchestrale du type des musiques de films et auxquels il emprunte sa forte dimension instrumentale et parfois expérimentale. Vous n’entendrez pas ailleurs ce qui est développé dans les portées du groupe, sauf peut-être, pour le côté cinématographique, dans le long "Salisbury" d'Uriah Heep. Bref, Anomaly est un album certes très peu connu mais unique en son genre et assez intriguant. Il sera également le seul de l’histoire d'un groupe au faible rayonnement local et au seuil de la séparation après son enregistrement. 


 

Commentaires
none, le 31/01/2021 à 23:29
Thank you for this brilliant review. I wanted to mention a few things if you don't mind. Mainly that McLuhan was not a band member. Dave Wright who was our trumpet player and who conceived the concept of the group named the group McLuhan after the Canadian philosopher Marshall McLuhan best known for his "The Media or Medium Is The Message" concept. Dave conceived and composed and we developed three of the pieces in rehearsal. Marvin Krout wrote Spiders In Neal's Basement and again all of us developed it and orchestrated it in rehearsal that summer of 1970. Both David and Marvin are unfortunately no longer with us. The other members have got together over the past few years and have played some live performances and we expect to do more after the pandemic winds down. The thing I should emphasize is that what the McLuhan theory told Dave and us to do is to let anything happen without conventional boundaries. This in terms of type of music (Rock, Jazz, Prog, etc) and juxtaposition of these elements. We could go from one venue to another and use any instrumentation and visuals for live performance at the time. We actually played the movie Bride of Frankenstein in live performance. Some of this experimentation brought us all the way to free style jazz and such in parts and we were able to use things like slide whistles, woodwind devices and studio effects raising flute parts to piccolo, layering of trumpets, etc. to maximum advantage. When we finished we knew we had something very unconventional that would likely not go anywhere commercially but that we considered unique and ground-breaking. Funny thing is the very thing that we talked about in "Brief Message From Your Local Media" when we chanted "Electric Man" over and over at the end many years before the real birth of computers turned out to give the album an audience such as yours all these years later. The Medium really was the message! Anyway I do thank you for recognizing the unique artform that we created.
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Witness


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Il leur aura fallu le temps, mais on peut désormais l’affirmer sans fard : sur son troisième album, Vola a trouvé tout à la fois son style et sa force de composition. Si les danois avaient su jusqu’ici faire preuve d’éclectisme et d’ouverture d’esprit dans leur metal progressif à accointances électro-djent, on ne les avait encore jamais vus aussi robustes que sur ce Witness qui jette un très gros pavé dans la mare du milieu, au point désormais d’éclabousser à grosses gouttes les cadors du genre, TesseracT en tête. Carrément.

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