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Critique d'album

Monkey 3


The 5th Sun


(04/11/2013 - Napalm Records - Stoner Rock - Genre : Rock)
Produit par

1- Icarus / 2- Sun / 3- Birth Of Venus / 4- Pintao / 5- Once We Were.. / 6- Circles
Note de 4.5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"2013 L'Odyssée de l'Espace."
Pierre D, le 06/12/2013
( mots)

Nous sommes finalement peu, au sein de la presse musicale "généraliste", à défendre le stoner rock. Le site Desert-Rock.com est entièrement dédié au genre et ne saurait donc être vu comme généraliste. Les métalleux se contentent souvent du Songs For The Deaf des Queens Of The Stone Age et des médias comme Pitchfork ignorent royalement cette musique. Alors maintenant qu'Inside Rock semble avoir cessé sa grande entreprise de réhabilitation d'une part conséquente des années 90, on se sent un peu seul.

Peut-être même encore plus seul lorsqu'il s'agit d'évoquer Monkey3, cette formation suisse qui œuvre depuis près de 10 ans au sein de cette sous-niche qu'est le stoner instrumental. Dans ce sous-genre on peut distinguer deux catégories : d'abord l'école Karma To Burn qui travaille l'auditeur au corps et à la frustration engendrée par l'absence de chanteur dans des structures couplet/refrain ; ensuite Monkey 3 et la dette énorme que le groupe a envers Pink Floyd. Au lieu d'une sensation de manque (qui peut même saisir à la première écoute de l'instrumental "Asteroid" de Kyuss), c'est la plénitude que vise Monkey3 via des envolées aux frontières du rock progressif dont Pink Floyd fut l'un des fleurons. L'EP de reprises des Suisses les voyait d'ailleurs reprendre le "One Of These Days" des Anglais dans une version un peu trop respectueuse. La musique de Monkey3 se conçoit dès lors comme un monolithe noir et mystérieux, un bloc impossible à appréhender dès la première écoute où aucune ligne de chant ne vient guider l'auditeur.

Le précédent disque Beyond The Black Sky était tout à fait passionnant mais recelait de vrais moments de vide ("Tuco The Ugly"). The 5th Sun remédie à cela en concentrant la formule de Monkey3 sur 6 morceaux s'étalant sur pas moins de 50 minutes. Poursuivant l'idéal cryptique initié par le Floyd après le départ de Syd Barrett et avant la crise mégalomane de Roger Waters, Monkey3 vient de produire son grand-oeuvre, celui qui ne doit rien à personne. Le groupe s'est affranchi de l'ombre tutélaire de Kyuss en faisant fi de la part punk hardcore/hard rock du stoner pour se concentrer sur sa vision d'un psychédélisme actualisé. Tool s'était libéré des carcans du metal pour imposer une musique totalement neuve, énigmatique (élitiste?) et Monkey3 fait de même et trace une route que personne n'a arpentée, une route qui relie directement le désert et l'espace.

Avec The 5th Sun, le groupe a façonné un son incroyablement massif et il suffit de l'inaugural "Icarus" pour s'en rendre compte. Débarrassé d'accointances punk et de la nécessité d'orchestrer des courses folles sur des tempos effrénés, Monkey3 développe ses idées sur 15 minutes grandioses. Avec un pouvoir évocateur sans précédent, "Icarus" pose les enjeux de cette musique totalement cinématographique. Plus que le mythe d'Icare, le morceau peint la création du monde avec Ouranos comme divinité primordiale. Si la musique de Tool s'insinue dans le cortex cérébral, celle de Monkey3 projette le corps et l'esprit dans le cosmos. "Icarus" opère un panorama sur le chaos initial impossible à reproduire sans le clavier qui occupe sur The 5th Sun une place de premier plan. Après avoir accompagné le déchaînement originel il apporte l'apaisement tout au long du break central pour permettre à la section rythmique de revenir sur Terre.
C'est depuis les profondeurs de cette Terre que gronde le Balrog "Suns". Les tambours montent des abysses pour faire jaillir les guitares qui, même pendant les soli, suivent des lignes mélodiques très précises et évitent ainsi de verser dans la démonstration ou dans l'abstraction. La musique de Monkey3 se déploie sans accroc, avec la lenteur de la vie suivant son cours naturel. Elle glisse entre les coups de massue du groove monumental de "Once We Were..." dont l'intervalle presque silencieux ouvre un abîme où vents et torrents se fracassent avant qu'émerge la douce guitare wah-wah qui égraine quelques notes liquides tandis que les baguettes bercent le tempo de "Circles". Après ça, le Déluge, le tonnerre né d'une éreintante pluie de toms laissant place à un solo de guitare biblique.

Si l'absence de voix peut créer le manque, ici elle engendre l'énigme. Car la voix existe sur The 5th Sun. Elle est presque inaudible et crachotée par une vieille radio pendant l'interlude apocalyptique d' "Icarus". Elle se confond avec la machine sur "Birth Of Venus", si bien qu'il devient impossible de discerner si les chœurs émanent d'un être humain ou d'un synthétiseur. Sur "Once We Were..." l'organe vocal s'étrangle en des râles inhumains. À l'image de 2001 L'Odyssée de l'Espace, The 5th Sun dévoile un monde tour à tour pré-langage et post-langage. La parole n'est portée par aucune voix humaine et les instruments de musique ont remplacé les cris des singes et les sentences de l'ordinateur HAL 9000.
Monkey3 mène sa musique aux frontières de l'énigme mais, comme Tool, laisse des portes entrouvertes sur son univers afin qu'il ne vire pas à l'ésotérique. Le voyage n'en est que plus impressionnant.

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Witness


"

Il leur aura fallu le temps, mais on peut désormais l’affirmer sans fard : sur son troisième album, Vola a trouvé tout à la fois son style et sa force de composition. Si les danois avaient su jusqu’ici faire preuve d’éclectisme et d’ouverture d’esprit dans leur metal progressif à accointances électro-djent, on ne les avait encore jamais vus aussi robustes que sur ce Witness qui jette un très gros pavé dans la mare du milieu, au point désormais d’éclabousser à grosses gouttes les cadors du genre, TesseracT en tête. Carrément.

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