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Critique d'album

Styx


Styx


(00/08/1972 - Wooden Nickel - Rock progressif / AOR - Genre : Rock)
Produit par

1- Movement For The Common Man: Children of The Land / Street Collage / Fanfar / 2- Right Away / 3- What Has Come Between Us / 4- Best Thing / 5- Quick Is The Beat Of My Heart / 6- After You Leave Me
Note de /5
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Note de 2.0/5 pour cet album
"« C’est sans espoir de retour que l’on passe les noirs torrents du Styx. » Sénèque"
Daniel, le 05/04/2021
( mots)

Université du Rock de Limerlé IV - Thèse de Doctorat 2021


Circa 1970, le rock progressif américain serait-il né (dans une ville fondée par un Français) de la rencontre improbable d’un saxophoniste de jazz préretraité et d’un petit prodige catholique de l’accordéon ?


Développez en tenant compte du fait que Rich Williams, le guitariste borgne de Kansas, prétend, en 2021, que ce n’est même pas vrai !


Chicago est la plus grande ville de la région des Grands Lacs. Pour ceux qui aiment les clichés, elle reste la capitale du crime organisé. Dans le district de Roseland, là où Styx va naître, la 100ème rue, en bordure d’autoroute urbaine, s’appelle encore Murder Row. 


En 1961, à l’âge de douze ans, les frères jumeaux Chuck et John Panozzo créent un duo musical. Logique. Le premier est à la guitare et le second à la batterie. Le boucan attire rapidement un voisin, Dennis DeYoung, de deux ans leur aîné. Dennis, un peu collet monté (en français dans le texte), chante et joue de l’accordéon. C’est un bon élève et un gamin doué pour la musique. Le trio devient The Tradewinds. Pas de bol, un groupe de la côte Est (avec, aux commandes, Vinnie Poncia, un futur mentor de Kiss) porte presque le même nom : The Trade Winds… 


A Chicago, on rebat les cartes. Chuck cède la guitare à un certain Tom Nardini (oublié depuis lors) pour se mettre à la basse et Dennis délaisse l’accordéon pour les claviers. 


Le quatuor se rebaptise TW4 (pour They Were Four). 


Un copain d’école, John Curulewski, remplace Nardini. Puis James J.Y. Young débarque avec sa voix rauque, sa guitare électrique et sa pédale de distorsion pour former un quatuor de… cinq musiciens.


Nous sommes en 1969, l’année de l’amour. Et du premier vol du Concorde. 


TW4 multiplie les concerts. C’est un cover band. Rien de fascinant. L’histoire aurait pu échouer là. Pas très loin de Murder Row, à moins d’un mile des eaux froides du Lac Michigan.


Mais Dennis DeYoung a des ambitions. Dans sa tête, il compose déjà des symphonies rock hors format. 


Bill Traut, un ancien saxophoniste jazz qui a écumé les bars de Chicago peu après le règne d’Al Capone, est le patron d’une petite maison de disques, Wooden Nickel. Il lui arrive de zoner dans les salles de concert, à la recherche d’un "truc". Ce soir-là, c’est TW4 qui occupe une scène improvisée dans un lycée catholique. Parmi une kyrielle de reprises, le groupe joue "Best Thing", une composition originale (signée DeYoung & Young). 


Bill Traut vient d’entendre ce qu’il cherche. Un mariage de rock couillu et d’harmonies vocales. Il signe les cinq de TW4 qu’il rebaptise Styx. Les critiques rock ont souvent glosé sur ce choix. Le Styx est le fleuve mythique qui, dans la Grèce antique, séparait le monde des vivants du monde des morts. Ce nom de groupe "typé" n’a jamais été un choix culturel. C’est le résultat d’un stupide tirage au sort dans une liste où figuraient une centaine d’autres possibilités. C’est juste que ça sonnait bien. Styx.


Enregistré et édité au printemps 1972, le premier album éponyme sort sous une pochette idiote et illisible où les musiciens (presque) nus sont entourés par les flammes de l’Enfer et par des illustrations dantesques. 


Wooden Nickel (qui signifie plus ou moins « monnaie de singe ») publie des albums avec une face "Face" et une face "Pile". "Fanfare For The Common Man" est le premier titre de la face "Face". C’est une catastrophe interminable qui s’étire sur plus de treize minutes. Mais – respect ! – il s’agit clairement de la première tentative de rock progressif américain du monde. Dans un musée consacré à la préhistoire, c’est l’équivalent du premier silex taillé. 


Il y a un peu de tout dans ce capharnaüm : une intro hard chantée par James Young, un solo de batterie (tout le monde aux abris !), un passage planant jazzy, des interviews de gens du peuple (pas très contents et on les comprend), une reprise malhabile de "Fanfare For The Common Man" de Aaron Copland (cinq ans avant Emerson, Lake & Palmer), un passage triomphant, une chanson baba avec quelques fulgurances (in)dignes de Tony Iommi, une ritournelle au flutiau, quelques riffs croisés de claviers et de guitare et un final pompier avec des sons de sirènes. 


Il manque juste une fraise et un anchois pour couronner l’indigestion.


Très logiquement, le disque peine à se remettre de sa première plage. Il y a évidemment le – très moyen - single "Best Thing" sur la face "Pile". Les harmonies vocales et les mariages de timbres sont là. C’est bancal mais les mêmes ingrédients feront frissonner le monde quelques albums plus tard. 


La construction dramatique de "What Has Come Between Us" mérite également une oreille attentive.


Pour le reste, l’auditeur patient retrouvera des chœurs entêtants, des claviers inspirants ou des notes folk/country mais aussi des petits riffs lourdauds qui lorgnent du métal naissant, des notes hendrixiennes, quelques ambiances à la Blind Faith, ... 


D’où viennent ces influences, plus souvent britanniques qu’américaines ? Peut-être remontent-elles simplement du Saint-Laurent, à contre-courant depuis le Canada jusqu’aux Grands Lacs ? 


Peut-être. Ou pas. Il est vrai que, durant plusieurs années, Styx sera catalogué comme un groupe canadien par ses compatriotes.


Tous les ingrédients essentiels sont là : la section rythmique bat au rythme naturellement synchrone de la gémellité Panozzo ; Dennis DeYoung est prodigieux d’aisance aux claviers et au chant ; James Young sait ce que sont des riffs et possède une voix d’airain. Il n’y a que le brave John Curulewski qui ne parvient guère à s’imposer dans ce premier effort. 


Le disque ne se vendra pas. Il va rester la mauvaise rive du fleuve de l’Enfer, celle où les vivants ne doivent pas s’attarder (à l’exception d’Orphée, qui reste une légende et un bel opéra de Monteverdi) …


Dennis de Young n’en nourrit aucune acrimonie. Il a le contrôle sur « son » groupe. Il a un contrat pour quatre albums. C’est un bonhomme ordonné et autoritaire. Il a le monde rock devant lui. Et il est déjà en train d’écrire Styx II.


 

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Witness


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Il leur aura fallu le temps, mais on peut désormais l’affirmer sans fard : sur son troisième album, Vola a trouvé tout à la fois son style et sa force de composition. Si les danois avaient su jusqu’ici faire preuve d’éclectisme et d’ouverture d’esprit dans leur metal progressif à accointances électro-djent, on ne les avait encore jamais vus aussi robustes que sur ce Witness qui jette un très gros pavé dans la mare du milieu, au point désormais d’éclabousser à grosses gouttes les cadors du genre, TesseracT en tête. Carrément.

"
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