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Critique d'album

Saxon


Inspirations


(19/03/2021 - Silver Lining - NWOBHM - Genre : Hard / Métal)
Produit par

Note de /5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Aux racines de Saxon"
François, le 06/04/2021
( mots)

Un album de reprises trouve plusieurs intérêts pour l’auditeur. D’une part, si on s’intéresse au groupe qui le commet, il permet d’envisager les soubassements esthétiques et l’histoire qui l’ont porté, de même qu’on peut apprécier des versions interprétées par celui-ci de titres issus d’un autre répertoire que le sien. D’autre part, du côté des morceaux repris, on peut redécouvrir, voire découvrir, des pièces sous un angle nouveau. Pour autant, le risque n’est pas à sous-estimer : on peut vite tomber dans une simple liste de reprises sans grande inventivité, qui n’ont de valeur que parce qu’elles sont effectivement reprises, sans grands changements. On peut également louper une réinterprétation, faire moins bien que l’original sachant que la reprendre à la lettre est déjà faire moins bien – sans compter les mauvaises langues qui, de toute façon, avant même la moindre écoute, préféreront l’original. L’enjeu est d’autant plus grand quand on s’attaque à des monstres sacrés, comme le fait ici Saxon.


Nos piliers du Metal traditionnel n’en sont pas à leur coup d’essai : on se souviendra des choix étonnants comme "Set Me Free" de Sweet (Crusader, 1984) ou "Ride Like the Wind" (Destiny, 1988), qui pêchaient plus par la qualité initiale des titres que de leur réarrangement, ou de l’audace finalement très fidèle à l’original d’une interprétation de "In the Court of the Crimson King" (Killing Ground, 2001). De même, on peut ajouter l’album solo de Biff Byford (School of Hard Knocks, 2020) qui affichait un "Throw Down the Sword" très semblable à celle de Wishbone Ash ou la plus intéressante reprise de "Scarborough Fair" qui lui apportait une tonalité Heavy de bon aloi. Enfin, alors que leur ami et parrain Lemmy avait passé l’arme à gauche, ils lui rendaient hommage en live à travers "Ace of Spades", évidemment.


L’occasion faisant le larron, ou plus précisément, l’épidémie décalant la sortie de leur prochain album studio (presque terminé) à 2022, Saxon fait patienter ses fans en offrant ses Inspirations sur un plateau : à savoir une série de titres des années 1960 et 1970 qui ont souvent marqué l’histoire du rock et qui ont, semble-t-il, constitué une partie des racines de la formation. On sait les musiciens de Saxon très conscients et avertis sur l’histoire de leur genre, reconnaissants envers leurs ancêtres et contemporains : le résultat ne pouvait être plus honnête qu’opportuniste. D’ailleurs, en couverture, on retrouve en dessin l’ensemble des formations reprises à l’avant de la demeure qui a servi de studio : si c’est un album de Saxon, ils affichent leur dette dans la perspective d’un hommage.


Leur jeunesse, c’est avant tout les années 1960, l’émergence du rock anglais et le faux conflit entre les deux formations phares : The Rolling Stones et The Beatles. Refusant de trancher, Saxon propose à la fois un "Paperback Writer" dont le riff s’adapte parfaitement et étonnement à sa transition métallique, et un "Paint It Black" plus musclé mais finalement moins surprenant. Enfin, on retrouve les Kinks avec un "See My Friends", mieux accordé et produit que l’original, devenant presque un petit titre AOR dans cette version revisitée.


On se balade ainsi jusqu’à la fin des 1960’s avec une reprise qui fonctionne très bien : "Stone Free" de Jimi Hendrix. Le riff est davantage mis en relief que sur l’original, l’ambiance tamisée est remplacée par une dynamique énergique et puissante, rock’n’roll.


C’est à cette même période qu’émergèrent les groupes qui ont encore davantage influencé Saxon en posant les fondations du hard-rock. Ainsi, on a le droit à "Immigrant Song" de Led Zeppelin (Byford prouve ses beaux restes au chant, même si la version est un peu pataude – très saccadée - à la guitare), "Speed King" de Deep Purple (un morceau trop taillé pour Saxon pour être honnête, on dirait qu’il sort de leur propre répertoire – le chorus est sublime), "Evil Woman" de Black Sabbath, et dans une moindre mesure "The Rocker" de Thin Lizzy. A travers ses titres dont l’interprétation sonne comme le Saxon du début des années 1980, on se rend compte à quel point le groupe était imprégné de la décennie précédente alors même qu’il devait révolutionner la suivante.


Enfin, le hard-rock de la seconde partie de la décennie est également mis en avant avec ACDC bien sûr, Saxon commençant toujours ses concerts sur la diffusion de "It’s a Long Way to the Top" : il est question ici de "Problem Child" (Dirty Deeds Done Dirt Cheap). De plus, ils rendent hommage à leurs chaperons, Motorhead, avec "Bomber". Des morceaux qui s’inscrivent dans un registre si proche du groupe que la prise de risque s’avérait limitée.


On regrettera surtout l’absence de titres issus du répertoire progressif tant on sait, par des interviews ou par certaines dynamiques de leur œuvre (notamment au sein de leur premier album), que ce genre les a marqués. Il aurait pourtant été aussi intéressant que surprenant d’entendre ce genre d’audace, peut-être pour le volume 2 qui a été envisagé par Byford. Pourtant, Saxon ne refuse pas l’éclectisme, quitte à rappeler ses errements des secondes années 1980 : "Hold the Line", heavy et sans concessions, permettra à tout un chacun d’assumer d’être entrainé par ce morceau assez kitsch dans sa version initiale mais diablement entraînant.


Saxon a trouvé une bonne solution pour nous faire patienter, et raconter son histoire à travers le parcours musical de ses membres. On comprend comment la formation s’inscrit dans une longue histoire du rock, et que la NWOBHM fut moins une rupture qu’une évolution au sein d’une grande période s’étalant de la deuxième moitié des années 1960 au début des années 1980. Le tout est fait avec savoir-faire et honnêteté, un travail honorable en somme, pour un groupe définitivement culte.

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