↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Critique d'album

The Pineapple Thief


Give It Back


(13/05/2022 - Kscope - New Prog - Genre : Rock)
Produit par

1- Wretched Soul / 2- Dead in the Water / 3- Give it Back / 4- Build a World / 5- Start Your Descent / 6- 137 / 7- Shoot First / 8- Boxing Day / 9- Warm Seas / 10- Someone Pull me Out / 11- Last Man Standing / 12- Little Man
Note de 4/5
Vous aussi, notez cet album ! (7 votes)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 3.5/5 pour cet album
"Comment faire du neuf avec du vieux"
Franck, le 06/06/2022
( mots)

Si The Pineapple Thief est désormais une formation reconnue et respectée au sein de la planète prog (et rock alternatif), il faut bien admettre que le succès de Bruce Soord serait encore relativement confidentiel si ce dernier n’avait pas croisé le chemin de Gavin Harrison. Depuis l’intégration du batteur émérite de Porcupine Tree en 2016 (avec l’excellent album Your Wilderness), les Britanniques ont vu leur cote de popularité grimper de manière exponentielle. Devenu une véritable tête d’affiche pour son label Kscope, le groupe profite désormais de salles de concerts de plus en plus prestigieuses et d’une influence qui commence sérieusement à s’étendre au-delà des frontières européennes (le groupe étant actuellement en pleine tournée américaine).

Même si nous avons pu émettre des réserves face aux dernières réalisations du voleur d’ananas (en particulier un Versions of the Truth un peu terne), nous nous réjouissons de cette reconnaissance amplement méritée après plus de vingt ans d’existence et 13 albums au compteur. Une reconnaissance qui sonne clairement comme une consécration pour Soord, qui, pendant de nombreuses années n’aura eu de cesse de peaufiner son œuvre et de nous offrir bon nombre de pépites aussi sensibles que mémorables. On en était presque à se demander si le timide et besogneux artiste anglais serait en mesure d’appréhender ce nouveau statut ! Les premiers signes n’étaient pas forcément rassurants tant le package semblait peu à peu prendre le dessus sur le contenu. La Harrison-mania est belle et bien lancée, et ce n’est pas moins de sept albums qui ont pu voir le jour ces six dernières années (dont quatre albums live !). Autant dire que l’annonce d’une nouvelle compilation avait de quoi laisser perplexe… Et pourtant, cela faisait un moment que la magie n'avait pas opéré de la sorte !

Give it Back est un recueil d’anciennes chansons de Soord (publiées entre 2001 et 2012) entièrement réinterprétées par la bande. C’est l’inarrêtable Gavin Harrison qui fut à l’initiative du projet : « Quand j'ai commencé à travailler avec The Pineapple Thief, je n'avais joué que sur l'album Your Wilderness, donc quand est venu le temps des concerts, j'ai dû assimiler un certain nombre de chansons que je ne connaissais pas et que je n'avais pas jouées auparavant. Pendant mes quelques années au sein de King Crimson (où j’ai régulièrement été confronté à un tel défi), Robert Fripp suggérait d'aborder chaque chanson comme si elle était nouvelle, peu importe quand elle a été écrite. Donc, avec la bénédiction de The Pineapple Thief, j'ai développé ma propre version de certains anciens morceaux. Au fil des tournées, j'ai été curieux de connaître leur énorme catalogue et je me suis retrouvé à écouter et à appliquer le processus "ancienne chanson/nouvelle chanson" et à imaginer comment je pourrais (parfois radicalement) les retravailler. Initialement, le but était juste de trouver d'autres chansons à jouer en concert. Cependant, Bruce m'a encouragé à aller aussi loin que je le voulais (y compris en écrivant de nouvelles sections entières), alors pourquoi ne pas insuffler une nouvelle vie à ces chansons ? Il ne s'agit pas d'un album de compilation ou d'un quelconque "best of" - mais plutôt des morceaux qui m'ont inspirés. ». Il n’en fallait pas plus pour inspirer à son tour Bruce Soord, qui après avoir écouté ce que Harrison avait mis sur pied, se mit également à retravailler les différents morceaux, en rajoutant des couplets, retirant d’autres sections, ou encore en repensant certaines conclusions.

On se rend rapidement compte que la démarche n’est en rien opportuniste, et que le choix des différentes pistes s’avère particulièrement pertinent. Le groupe a en effet pris soin de ne pas reprendre des morceaux déjà interprétés en live avec Gavin Harrison, favorisant ainsi l’effet de surprise à l’écoute de ce nouvel opus. Cinq anciens albums de The Pineapple Thief sont ainsi représentés (en particulier All the Wars et Little Man) pour un rendu plutôt homogène et cohérent. Nous prendrons alors plaisir à retrouver (ou à découvrir) des compositions nettement plus datées comme l’emblématique "137" - une des toutes premières pépites de Bruce Soord - qui fait peau neuve en gagnant en qualité de production.

Il s’agit également d’une occasion parfaite pour renforcer et approfondir certains morceaux qui peinaient à convaincre entièrement. C’est le cas notamment de "Give it Back" et "Build a World", exemples flagrants de la fébrilité rencontrée par Soord au moment d’aborder des registres plus incisifs ou de cantonner son écriture à des structures binaires couplet/refrain. C’est dans ce genre de cas que l’expérience de Harrison (nettement plus à l’aise dans de registres se rapprochant du metal) se montre la plus bénéfique. "Give it Back" prend alors une approche plus efficace en remettant au premier plan la section rythmique basse-batterie, et en repensant complètement un break final boosté par une batterie effrénée. Quant à "Build a World", on appréciera l’ajout de petites touches de xylophones qui s’intègrent tout naturellement (Harrison avait commencé à utiliser l’instrument sur Versions of the Truth) et viennent soutenir les magnifiques partitions de violons déjà présentes sur la version originale. Voilà deux morceaux qui gagnent en puissance et en impact, et qui semblent désormais tout disposés pour faire des merveilles en concert !

Si certaines modifications sont plus subtiles ("Shoot First") et ne révolutionnent en rien la formule, d’autres permettent de porter un regard complètement nouveau sur le titre en question : on pourra ainsi être surpris - voire perturbé - par le remaniement rythmique opéré sur "Warm Seas". Pour autant il est indéniable que l’équilibre mélodique s’en retrouve amélioré grâce à une batterie qui revient à l’essentiel en maximisant son impact. Si certains doutaient encore de l’apport esthétique des percussions sur une composition musicale, amusez-vous à comparer l’avant/après ! Finalement, tout est une question de rythme, d’équilibre et de gestion de l’intensité. Attention tout de même aux excès de générosité à l’image de cette section survoltée de double-pédale sur "Wretched Soul" qui semble quelque peu disproportionnée (même si cela reste totalement subjectif).

Le procédé fonctionne tout aussi bien avec les ballades les plus épurées, lors desquelles le jeu de cymbales tout en finesse de Harrison fait des merveilles. Certaines de ces ballades, qui pouvaient se limiter au seul duo chant-guitare ("Little Man"), rayonnent désormais comme jamais : un nouveau break aux superbes harmonies vocales sur "Boxing Day", ou encore le rajout d’un orgue (probablement généré par les claviers de Steve Kitch) qui sonne dès la première écoute comme une évidence sur "Start your Descent".

Give it Back est également un reflet du chemin parcouru par le voleur d’ananas. Tout d’abord en constatant l’évolution du chant de Bruce Soord, désormais plus assuré et nuancé, mais aussi en assumant le passage de projet solo à groupe à part entière, permettant à chaque musicien de s’épanouir de manière optimale. Le jeu de basse de Jon Sykes ne s’en retrouve que plus libre, ce dernier ayant de plus en plus d’occasion de s’illustrer depuis quelques années.  Pour finir, Give it Back fait partie de ces disques qui présentent une saveur particulière dans le sens où il sonne comme une conclusion mais aussi un nouveau départ pour le groupe. Difficile à ce titre de ne pas évoquer la réinterprétation de "Dead in the Water" : insatisfait de la première version, Soord avait déjà eu l’occasion de retravailler le morceau dans le cadre de son Best-of 3000 Days (2009). Avec cette ultime version, ce morceau chargé en mélancolie (issu de l’album Little Man) gagne enfin ses lettres de noblesses. La boucle est désormais bouclée, et une nouvelle page débute pour The Pineapple Thief.


Contre toute attente, cette nouvelle compilation se montre particulièrement savoureuse, et confirme encore une fois l’incroyable richesse dont recèle le catalogue de The Pineapple Thief. Le binôme Soord-Harrison fait preuve d'une belle complémentarité et nous offre un opus qui ravira les amateurs de la bande, mais qui deviendra également une porte d'entrée idéale pour les néophytes. On espère désormais que cette petite escapade dans le passé permettra au groupe de revenir plus fort.

Commentaires
Soyez le premier à réagir à cette publication !
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Barème
Sans intérêt
Raté
Très faible
Décevant
Moyen
Bon album
Très bon album
Coup de coeur
Excellent
Culte
Critique d'album

The Pineapple Thief


Dissolution


Album de la semaine

Pure Reason Revolution


Above Cirrus


"

La résurrection inespérée de Pure Reason Revolution, survenue en plein premier confinement, a maintenant laissé place à la perspective d’un groupe de nouveau pérenne, en témoigne cet Above Cirrus paru moins de deux ans après son grand frère - autant dire qu’on n’en espérait pas tant, et surtout pas aussi vite.

"
À lire également